Cité par M. Goiselin ; Académie de Rouen
Jes pauvres mis et couchés en l’aumône, hommes ou femmes, de quelque état ou condition qu’ils soient; qu’ils poi'teraient une chandelle allumée pour partir et aller aux lieux qui seront ordonnés, et ce, afin qu’ils puissent être veus et congneus, et qu’aucune fraude ou abus n’y puisse être fait ou commis ».
Puis on reconnut que « les dites chandelles étaient de petite utilité et de grand coût », que beaucoup de pauvres éteignaient leur chandelle et « la rnuchaient ».
On remplaça l’obligation de porter chandelle allumée par celle de porter journellement sur leurs habits une marque en drap de couleur, « laquelle obligation pourra estre occasion que plusieurs voudront plutôt quitter l'aumône que porter ladite marque ».
La Chambre des pauvres s’occupe des enfants des pauvres-mendiants ; elle les loge, habille, nourrit jusqu’à 5 ans, les confie à maîtres et maîtresses jusqu’à 10 ans, puis les place chez des « maîtres » pour leur apprendre un métier pour les mettre en état « de vivre à l’avenir et de ne demeurer inutiles à la chose publique ». Ces quelques lignes ne nous montrent-elles pas, déjà esquissée, toute l’organisation de nos crèches et écoles maternelles, des cantines scolaires, des écoles communales, des écoles professionnelles.’
En 1544, le Parlement avait pris la direction de la Chambre des pauvres et lui avait donné le nom de Bureau des pauvres, nom qui était employé récemment encore dans le peuple pour désigner l’Hospice-Général. A côté du Bureau des pauvres fonctionnait le Bureau de la santé, dont le nom indique suffisamment le but. Les deux sociétés se réunissaient dans une des chambres de l’Hôtel-Dieu.
Vers la même époque (1522) on eut l’idée ingénieuse d’organiser des concours de poésie en l'honneur de la Charité. M. de Beaurepaire a été assez heureux pour retrouver, à la biblioihèque de Versailles, le Trésor immortel, recueil de 50 pièces couronnées à ce concours. Ce recueil, publié par ses soins pour \ai Société des Bibliophiles normands, est précédé d’une introduction dans laquelle sont exposées les circonstances qui ont donné naissance à ces concours.
Parlant de l’état aigu du paupérisme à cette époque, M. de Beaurepaire ajoute : « Accessoirement, et comme à dessein de jeter quelque ornement sur un fond si sombre et si lugubre, l’idée vint
■1 . Le nom de la rue des Bons-Enfants nous a conservé le souvenir de ces institutions de prévoyance.
d’instituer un concours de poésie en faveur de la Charité envisagée comme œuvre de religion, et ce concours, on l’appela le Puy des Pauvres ». Ce n’était pas d’ailleurs une innovation, et des concours de poésie avaient déjà eu lieu. Le rondeau suivant, que nous reproduisons légèrement modifié pour en rendre la lecture plus facile, donnera une idée de ce que fut cette poésie spéciale. ‘