I. — Instruments
Avant dépasser en revue les connaissances otologiques de ces trois médecins de Rouen, il est utile de se rendre compte des moyens employés à cette époque pour examiner l’oreille : la pauvreté des moyens d’examen explique le peu de développement de cette branche de la médecine avant le xix“ siècle.
Pour faire un examen de l’oreille, on se servait généralement de la lumière solaire sans spéculum ; les médecins rouennais ne parlent pas du spéculum auris, qui avait pourtant été inventé par Fabrice de Hilden en 1646. Leschevin conseillait de mettre le malade au soleil et « dans cette situation, en plaçant son œil vis-à-vis du conduit auditif, et en relevant d’une main l’oreille externe, pour effacer la courbure du canal cartilagineux, le chirurgien peut porter la vue
presque par delà le conduit osseux’ ». Ce redressement du conduit, encore indispensable aujourd’hui, même avec l’emploi du spéculum, pour examiner entièrement la membrane du tympan et le conduit auditif, ne permettait de voir le tympan que chez les personnes dont le conduit auditif était très large.
Les moyens d exploration de l’oreille sont aussi primitifs au xviii® siècle que les instruments destinés au traitement des affections de l’oreille.
Les médecins rouennais s étendent peu sur la question des instruments; mais dans le Cours d'opérations de chirurgie de Dionis, ouvrage classique à cette époque, on trouve le tableau des instruments employés pour les oreilles : nous reproduisons ici cette figure; on y voit, qu’en réalité, il n’y a pas d’instrument très spécial à l’oreille.