Elle est e.xtraite des Antiquités nationalés, de Milun
la porte et le mur crénelé qui y fait suilc. Quelques mètres seulement séparent la porte des maisons voisines. Cette porte est bien la même que celle reproduite dans l’esquisse du xvi® siècle ; c’est une porte élégante ouverte à travers une simple tour carrée sans flanquements, qui n'a pas la lourdeur des portes basses et étroites du XII® siècle. Ce massif carré présente des meurtrières dans sa partie supérieure: on en voit quatre du côté du faubourg dans le mur en encorbellement au-dessous duquel sont figurés des mâchicoulis; ce mur présente a l’est une petite ouverture grillagée. Dans le toit, au nord, une fenêtre en mansarde, et à l’est une petite cheminée.
Les détails de la porte que nous ne pouvons distinguer dans la gravure nous sont donnés par de .lolimont. La porte était ornée d’un écusson aux armes de la maison de Brézé, qui étaient d’azur à huit croisettes d’or posées en orle autour d’un écusson d’or comblé d’azur, et l’azur rempli d’argent. Les supports de cet écusson étaient peu distincts à la fin du xviii® siècle; ce devaient être des levrettes'. A côté des armes du mari de la célèbre Diane de Poitiers, se trouvaient les armes de la Ville de Rouen. Du côté du faubourg, au-dessus de la porte, entre les deux jambes du pont-levis, il y avait, suivant un usage du Moyen-Age, une statue de la Vierge, avec ces vers :
Le modèle de cette image Est un modèle si parfait.
Que le Créateur qui fa fait S’est enfermé dans son ouvrage.
Nous possédons peu de renseignements sur l’amphithéâtre luimême. On accédait primitivement à la partie supérieure de la porte par deux escaliers ; quand la Ville offrit cet emplacement â Le Cat, un seul seulement était encore praticable ; celui de gauche, l’escalier de droite tombant en ruine. Le dessus de la porte était divisé en deux pièces, l’une située du côté de la ville, l’autre vers les faubourgs. D'après une délibération de THôtel-Dieu, l’appartement du côté du midi n’aurait eu qu’une seule croisée; celui du nord n'avait pas d’ouvertures quand Le Cat en prit possession; on en aurait fait deux, d’environ deux pieds, et on y aurait mis des croisées^. Sur la gravure tirée de l’ouvrage de Millin, il n’y a qu’une seule fenêtre
1. De i.A Galissonnikiik : Recherche sur la Noblesse de Rouen. (Manuscrit. île la Bibliothèque de Rouen.)
2. Délibération de l’Hôtel-Dieu delà Madeleine de Rouen, du 28 décembre 173l).
cil mansarde au nord. Une erreur a dune été laite, soit par l'artiste, soit sur le registre des délibérations.
En 1738, Le Cat fit construire dans l’amphithéâtre une tribun pour les dames, qui fut « munie des précautions dues à la décenc et à la délicatesse » '. Le Cat fut dédommagé par l’Hôtel-Dieu d’en viron la moitié des frais d’aménagement de l’amphithéâtre. Il dirigea lui-même les travaux de la salle dont il avait conçu le plan : cet aménagement dans les fortifications de Rouen lui rappelait les années de sa jeunesse pendant lesquelles il était passionné pour le génie militaire : ce fut de ses premières études sur l’architecture militaire qu’il conserva son talent de dessinateur.
Le Cat habitait alors à peu de distance de la porte Bouvreuil, au Coq. On appelait ainsi le carrefour formé par les rues Beauvoisine, du Cordier, et par celle qui conduit à la place de la Rougemare. Il n’avait que quelques pas à faire pour se rendre à l’Ecole d’anatomie ; cela lui évitait une perte du temps qui pour lui était si précieux, car il enseignait à lui seul les matières confiées, à l’Ecole Saint-Côme de Paris, à cinq professeurs : Petit, Audouille, Verdier, Morand et Garengeot. La Communauté des chirurgiens de Rouen, en apprenant qu’il était question de créer dans cette ville une Ecole publique de chirurgie, avait élaboré un projet d’Ecole qui est conservé aux Archives départementales ^ Les chirurgiens y étudient le moyen de trouver les fonds nécessaires; ils reconnaissent la nécessité de trois démonstrateurs : Le traitement de chaque démonstrateur y est fixé ; l’un d’eux touchera une somme double de celle perçue par ses collègues; il sera en quelque sorte le directeur de l’Ecole. La Communauté va même jusqu’à calculer ce que rapportera au démonstrateur chacun de ses cours. Rien n’est oublié : on règle la manière de procéder à la nomination des démonstrateurs et du directeur ; des concours et des prix sont institués. La Ville ne tint aucun compte du projet de la Communauté des chirurgiens, et Le Cat fut nommé seul démonstrateur de toutes les matières enseignées à l’Ecole de la porte Bouvreuil : il pouvait donc appeler très justement cette Ecole « son Ecole »^. Le caractère de Le Cat ne lui faisait malheureusement pas racheter cet accaparement. Un étranger de passage à Rouen a puéerire, après avoir causé quelques heures