Ibid., p. 276, 24 mai
4. Annonces, afjlches et aris divers de la Haute et Basse Normandie, 2 juin
décidti ù. Igs inociilô! , Gtcint convaincu cju6 cGttG opGrcition 6st Scins danger *.
C est a cette époque qu une nouvelle panacée fît son apparition, et quelques partisans de l’électricité, entre autres, à Rouen, Adam, rappellent combien 1 inoculation donna lieu à des discussions nombreuses ; il ne faut pas s’étonner que le public doute des effets de 1 électricité, écrit-il, car : « telle est la marche de l’esprit humain que toute nouveauté est exposée à la contradiction ^ *.
Quelques personnes essayèrent de lancer un nouveau préservatif contre la petite vérole; il fut publié à trois reprises différentes dans le journal local de l’époque, à Rouen. Il consistait à exprimer le liquide contenu dans le bout fœtal du cordon ombilical, avant d’en faire la ligature ^ Ce procédé ne paraît pas avoir eu beaucoup de succès.
A la fin de l’année 1786, les administrateurs de l’Hospice-Général eurent à s’occuper de l’inoculation de la petite vérole ; ils reçurent la lettre suivante :
Rouen, le 7 octobre 1786.
M. le Contrôleur général, Messieurs, me marque que les intentions du Roi étant d’étendre dans les provinces de son royaume le progrès de l’inoculation, Sa Majesté a agréé le projet de faire inoculer tous les enfants trouvés qui sont dans les hôpitaux et dans les campagnes, ainsi que les enfants orphelins ou autres reçus dans les hôpitaux ou qui sont à leur charge. Jugeant en conséquence nécessaire de charger d’un objet aussi important un médecin expérimenté dans l’art de l’inoculation, le Roi a fait tomber son choix sur le sieur Jauberthou, qui a justifié sa confiance lorsqu’il a été chargé de l’inoculation de la personne même de Sa Majesté, de M®’’ le Dauphin, de M"® fille du Roi et de toute la famille royale. Je désirerais, Messieurs, pour contribuer au succès de ce projet intéressant pour l’Etat, et remplir en même temps les intentions du Ministère qui a bien voulu me le communiquer, que vous me procurassiez des éclaircissements circonstanciés sur le régime adopté dans votre hôpital, tant pour le traitement de la petite vérole, que pour Péducation, l’entretien des enfants trouvés, orphelins et autres qui sont à sa charge. Vous voudrez bien aussi, Messieurs, me faire connaître la destination ordinaire de tous les élèves de
1 . Collection d’obseroations sur les maladies et constitutions épidémiques, par Lf.pecq de la Clôture, 1778, t. II, p. 2ül et 262.
2. Annonces, afflches et aeis dicers de la Haute et Basse Normandie, 27 mars
3. Ibid., 4 décembre 1772 ; 13 novembre 1778 et 30 avril 177Ü.
l’hôpital, me donnant un aperçu du nombre des enfants qui périssent annuellement par la petite vérole, et me marquer laquelle proportion il peut être avec la quantité ordinaire des enfants trouvés. Je vous serai enfin obligé de me faire part des observations particulières dont ces différents objets pourraient vous paraître susceptibles.
J’ai l’honneur d’être, avec un sincère et profond attachement, Messieurs, votre très humble et très obéissant serviteur.
De VILLEDEUIL.
MM. les Adminisirateurs de V Hôpital- Général de Rouen.
A celte lettre étaient jointes les instructions suivantes :
Instruction relative aux opérations de M. Jauberthou pour l’inoculation
des enfants trouvés et orphelins dans les différentes Généralités du royaume.
Le sieur Jauberthou, chargé par le Gouvernement de l’inoculation des enfants trouvés et orphelins du royaume, se rendra dans la Généralité qui lui sera désignée par M. le Contrôleur général, et il prendra les ordres de M. l’Intendant, qui lui indiquera le lieu où il doit commencer son opération :
L’ Il choisira, de concert avec les Administrateurs des hôpitaux, l’endroit le plus convenable pour placer les enfants;
2" Le choix étant 'fait et les sujets préparés, il procédera de suite à leur inoculation ;
3^' Comme depuis le moment de l’insertion jusqu’au développement de la maladie pro[irement dite, il se passe sept à huit jours sans fièvre ni autres accidents marqués, que ceux de la petite vérole locale, le sieur Jauberthou profitera de cet intervalle et ira faire successivement la même opération dans les principales villes voisines ou autres lieux jugés les plus convenables ;
4“ Cet intervalle étant ainsi employé, ce médecin reviendra sur ses pas pour suivre le traitement principal des premiers inoculés, et il continuera ensuite ses fonctions, toujours dans le même ordre ;
5° Pendant ses absences, il confiera les premiers soins des inoculés à un médecin instruit de sa méthode, dont il sera accompagné dans toutes ses tournées ;
6" Quoyque toutes les saisons de l’année soient propices à l’inoculation de la petite vérole, on choisira de préférence le printemps et l’automne comme le temps le plus favorable pour remplir cet objet ;
7" Indépendamment des ordres que MM. les Intendants donneront aux médecins et chirurgiens des épidémies pour suivre la méthode du sieur Jauberthou et la pratiquer ensuite, les autres gens de l'art seront invités à suivre également ce traitement, afin que, par la connaissance des uns et des autres, celte méthode devienne assez familière pour être pratiquée de proche en proche sur les gens de la campagne. Il en sera de même à
l’égard de toutes les personnes instruites, et surtout les curés et autres ecclésiastiques, comme les plus propres, vu leur état et leurs lumières, à inspirer la confiance et détruire le préjugé qui règne dans les provinces sur l'inoculation et même sur le traitement de la petite vérole naturelle ;
8'' Outre ces connaissances pratiques qu’il sera facile à chacun d’acquérir en peu de temps, le sieur Jauberthou, afin de rendre l’inoculation plus familière, publiera une instruction simple et abrégée sur cette méthode, qui fera connaître la manière de la pratiquer avec succès.
Les Administrateurs del’Hospice-Général chargèrent le chirurgien en chef de cet établissement de répondre à M. de Villedeuil : il donne dans sa lettre les renseignements sur le traitement pratiqué à l’Hospice-Général, mais ne parle pas de l’inoculation L
Nous n’avons pas retrouvé dans les registres de délibérations de l’Hospice-Général les traces du passage à Rouen de Jauberthou ; il est possible qu’il n’y soit pas venu.
Deux médecins rouennais eurent une certaine réputation comme inoculateurs ; Lemaire-Ternante^ sur lequel nous possédons peu de renseignements, et Hardy. Sur ce dernier, les documents abondent.
Hardy, avant de venir s’établir à Rouen, habitait Caudebec, oü il suivait déjà la méthode des inoculistes ^ En 1788, Hardy fut nommé médecin inoculateur pour la Généralité de Rouen, à la suite de la correspondance suivante, échangée entre de Villedeuil et l’Intendant de Rouen :
Versailles, le 4 novembre 1788.
Je vous envoie, Monsieur, un mémoire par lequel le sieur Hardy, médecin à Rouen, demande un brevet qui lui accorde le litre de médecin de la Généralité pour l’inoculation de la petite vérole. Je vous prie de me donner sur ses succès dans cette partie et sur l’établissement qu’il a formé les éclaircissements nécessaires, et me marquer si vous le croyez dans le cas d’obtenir la grâce qu’il sollicite. Lorsque j’étais à Rouen, il m’a paru qu’il y jouissait d’une réputation distinguée.
J’ai l’honneur d’être, avec un profond attachement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
De villedeuil.
M. V Intendant de Rouen.
1. Archives du département do la Seine-Iiiférieure. Fonds de l’IIospice-Général. Cote provisoire. G. 3o.
2. Observations sur les effets de la vaccine comparée à V inoculation varioleuse et parallèle de ces deux méthodes d’inoculer, par le C. Lemaiiuc-Tiîknantk, cliirurgien en chef de la force armée nationale de la ville de Rouen. Frimaire an X.