Mémoires secrets, de Bachaumont; Jacob, p
5. IIazon : Eloge historique de la Faculté de Médecine, p. il.
de l’arrêt du Parlement contre l’inoculation avec une plus grande honnêteté.^ »
Malgré ces réflexions et des nouvelles lettres de M , de la Condamine, qu’on appelait alors le don Quichotte de l’inoculation 2, l’inoculation fut à peu près abandonnée à cette époque.
Petit à petit l’inoculation réapparaît les années suivantes; on lit dans les Annonces de Normandie, du 15 avril 1768, l’àvis divers suivant :
« Le chirurgien major des grenadiers à cheval de la Maison du Roi d’Angleterre, très habile inoculateur, instruit dans les nouvelles et plus sûres méthodes de faire cette opération et d’en conduire la cure, vient à Rouen ce printemps suivre la méthode de tailler de M. Le Cat. Voilà une belle occasion pour les parents qui voudraient sauver leur enfant de la petite vérole naturelle si souvent meurtrière, par une inoculation dont les succès sont démontrés dans toute l’Europe. Ce chirurgien inoculateur est le gendre de M. Maty ; on peut juger par cette seule circonstance de son mérite. »
Au commencement de l’année, la Faculté de Paris avait rendu un décret de tolérance à l’égard de l’inoculation; les Rouennais pouvaient donc profiter de l’occasion qui leur était offerte. Les inoculistes étaient alors protégés par le Gouvernement à un point de vue tel, qu’un jeune auteur ayant composé une pièce de vers sur les reproches d’une mère a son époux qui, ayant voulu faire inoculer son fils, est supposé l’avoir perdu, la police fit saisir les exemplaires de cette oeuvre^. Louis XVI devenu roi se fit inoculer avec ses frères et la comtesse d’Artois (juin 1774). L’inoculation était alors à son apogée. Des maisons d'inoculation luxueuses furent créées; un chirurgien de Caen, de la Parre, en établit une dans cette ville, en 1775 \
Lepecq de la Clôture estimait, à cette époque, que l’inoculation est surtout utile pour tranquilliser ceux qui sont effrayés par la maladie; malgré cette opinion sur l’inoculation, Lepecq, après avoir essayé vainement de donner à ses deux filles la petite vérole naturelle, se