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L'ALIÉNATION MENTALE ET LES ALIÉNISTES

l. Objet et domaine de la médico-psychologie. — 2. Siège organique et anatomie pathologique de la folie.

L'ensemble des études relatives à la médecine mentale forme aujourd'hui une des spécialités les plus importantes de la science médicale et de l'art. Il n'en est pas de plus vaste par le nombre et la variété des recherches, de plus intéressante par les conséquences pratiques auxquelles elle peut conduire, de plus relevée spéculativement par la nature de son objet immédiat, l'esprit humain. La médecine mentale, en effet, h. i

se rattache plus ou moins étroitement à la religion, à la morale, à la jurisprudence, à l'éducation, à l'administration. Elle est immédiatement liée à la philosophiepar sa racine même, la psychologie. Elle offre à tous ces titres le champ de recherches le plus curieux, le plus attachant pour l'esprit, et, ce qui vaut mieux encore, le plus noble attrait pour le cœur, car, de toutes les maladies qui affligent l'espèce, il n'en est pas de plus digne de compassion et de respect que la perte de ce bien de l'intellect (1), qui nous fait membres de l'humanité. Rendre la vie intellectuelle et morale à l'infortuné qui l'a perdue est à la fois le plus beau triomphe de l'art salutaire et le plus grand service qu'un homme puisse rendre à un autre homme. Quelle science, quel art pourraient revendiquer une aussi belle part ?

La folie est une maladie ! les fous sont des malades ! Rien de plus clair pour la science, et même, grâce à Dieu, pour l'opinion publique, qui, sur ce point, a, contre son habitude, suivi la science. Que de temps n'a-t-il pas fallu pourtant pour faire triompher cette vérité, en apparence si simple et si évidente! Son établissement définitif, sinon en théorie, du moins dans les faits, ne date pas de bien loin. C'est une des conquêtes philosophiques de la fin du dernier siècle. Un grand nom médical français, celui de Pinel, y est resté attaché. Jusqu'alors les fous avaient été considérés tantôt comme des êtres sacrés, tantôt comme des criminels, tantôt comme des animaux féroces, et traités en conséquence; ici objets d'une vénération et

(1) Il benedelï intelletlo. Dante-

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