‹ La médecine et les médecins (volume 2)Chapitre 27 sur 89 · LE PRÉSIDENT DE 1/ ACADÉMIE DE MÉDECINE · texte numérisé non relu

LE PRÉSIDENT DE 1/ ACADÉMIE DE MÉDECINE

raie, le président n'avait qu'une instruction bornée et spéciale, il arriverait qu'il ne saurait le plus souvent ni interrompre, ni laisser parler à propos, et qu'il donnerait à juger des questions d'anatomie à des pharmaciens, ce qui serait fort niais, sans compter les autres inconvénients qui en résulteraient pour les intéressés. 2° Il doit être ferme. Sans une fermeté soutenue un président ne saurait présider convenablement pendant un quart d'heure, surtout une réunion de médecins. La présidence est un pouvoir fort doux, mais enfin c'est un pouvoir, et il n'y a pas de pouvoir sans la force. Il faut que cette fermeté soit bien réglée, bien appliquée; il faut qu'elle soit naturelle, simple et tranquille; il faut qu'elle s'exerce à propos suivant les circonstances et les personnes; il faut qu'elle puise son autorité dans la justice, dans les convenances et dans le caractère de celui qui l'exerce. Car si cette fermeté n'était qu'un petit despotisme puéril; si au lieu d'être calme et mesurée, elle était remuante et tracassière ; si, au lieu d'avoir toujours le ton modéré et digne d'une autorité raisonnable et bienveillante, elle prenait l'expression de la mauvaise humeur d'un petit esprit absolu et chagrin, elle serait alors un défaut très-fâcheux. Il ne faut pas non plus qu'elle soit impérieuse, ni qu'elle affecte l'allure du commandement. La fermeté d'un président n'est pas celle d'un maître d'école ; le symbole de son autorité n'est ni un sceptre, ni, encore moins, un fouet ou une férule. Il y a une nuance assez forte, ce semble, entre le ton d'une invitation qui tire toute son autorité du respect des convenances et des

loS MŒURS MÉD. ET CRITIQUE MÉDICO-LITTÉRAIRE.

usages de la société polie, et le ton d'un ordre de police. En ceci, il faut du tact, du goût, de la mesure. Si Ton manque de tout cela, on est inconvenant, ridicule et insupportable.

3° 11 doit être grave. La gravité tient un des premiers rangs parmi les vertus présidentielles. Un président bouffon est impossible. Le rôle étant sérieux, il convient que le personnage soit tel. Il n'y a pas de mal qu'un président ait de l'esprit, mais il faut qu'il s'en serve le moins possible en séance. Il doit écouter beaucoup, parler peu, ne dire que l'exact nécessaire dans les termes les plus courts et les plus simples. J'ajouterais volontiers qu'il lui est défendu de rire, s'il s'agissait ici d'une autre Académie; mais pour l'Académie de médecine, il ne faut pas trop exiger. C'est donc un axiome d'une vérité universelle qu'un président d'Académie, et même d'Académie médicale, doit être grave.

Mais il y a gravité et gravité, et la vertu devient vice si elle sort d'un certain milieu. Un homme de sens et d'esprit sait trouver ce point; un sot le dépasse ou le manque. Il ne faut pas confondre un air refrogné et morose avec un air grave, ni un maintien boudeur avec un maintien sérieux. La gravité, comme la fermeté, demande du naturel. On l'a ou on ne Ta pas. La gravité véritable impose; la gravité mal comprise ou mal jouée fatigue et fait rire.

4° Il doit être poli. On pourrait croire cette clause superflue, et trouver que cela va sans dire. On se tromperait. Cette aimable qualité, vraiment humaine et so-

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