LE PRÉSIDENT DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
doit avoir un éclat qui lui soit propre, et ne pus l'emprunter uniquement à sa position ; car sa position, au lieu de l'élever, l'écrase, s'il u'apas d'autre soutien. Il donne en ceci plus qu'il ne reçoit. Voilà pourquoi les sociétés savantes ou lettrées ont, en général, toujours choisi, par instinct, pour les représenter, les noms les plus brillants et les plus célèbres. A l'éclat de la renommée, il convient aussi de joindre la facilité de la parole, la correction du langage et un talent littéraire de quelque distinction. Ceci posé, il n'est pas besoin d'ajouter que si, au lieu de satisfaire à ces conditions pour ainsi dire vitales, une Académie est assez mal inspirée pour s'annuler aux yeux du monde en la personne d'un représentant insuffisant, illettré, et peu familiarisé avec les exigences de la grammaire, c'est une des plus grandes fautes qu'elle puisse commettre.
2° Indépendamment des facultés, qualités et vertus morales, précédemment indiquées, il faut que l'extérieur du président, sa personne même, soient en harmonie avec son fauteuil et n'y paraissent pas déplacés. Le maintien, le geste, l'action, en un mot, pour parler comme nos maîtres de rhétorique, doivent concorder en gravité, en mesure et en dignité avec le langage, et le langage et tout le reste avec la fonction et la position. Ainsi, un président, dans son fauteuil, n'est pas un juge sur son tribunal, ni un magister de village sur sa chaise, ni un prédicateur dans sa chaire. Il y a pour les professions savantes une tenue spéciale que le goût comprend, juge, et sait observer. Il y a
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aussi en ce genre un milieu à tenir; en deçà ou au delà se trouve l'excès. Un président fashionable serait fort ridicule ; mais aimeriez-vous un quaker ?
Voilà les observations que nous nous proposions de présenter avec la modestie qui nous convient sur les conditions d'une bonne présidence d'Académie, en général, et de l'Académie de médecine en particulier.
Nous pensons que ce n'est pas trop de demander quelques mois de délai pour faire cette trouvaille. Ainsi donc, à l'an prochain.
L'Académie de médecine et la graine de moutarde.
Sed deerat pisci patinae mensnra. Vocantur Ergo in consilium proceres...
(Juvénat,. Rhombus. Sat. iv.)
J'entends dire souvent autour de moi que la comédie est morte, que le secret en est perdu, qu'on n'en fait plus. C'est une erreur. La comédie est toujours quelque part, ainsi que la tragédie. La vie humaine n'est qu'une suite de scènes tragiques et comiques ; mais comme dans le domaine du réel nous sommes nousmêmes sur le théâtre et toujours acteurs à quelque degré, il arrive que nous ne voyons jamais les choses d'ici -bas comme un spectacle véritable. Pour ceux qui parviennent à sortir du cadre et à laisser passer sous leurs yeux la lanterne magique à la distance voulue pour qu'il y ait perspective et tableau, les hommes sont des comédiens, et les choses des drames larmoyants ou burlesques. L'assemblage d'un petit Sa-