INFLUENCE DU TABAC SUR L'HOMME
Quoi qu'en dise Aristote et sa docte cabale, Le tabac est divin; il n'est rien qui l'égale.
Lorsque, dans son Festin de Pierre, Thomas Cor-
(1) C'est le titre d'une brochure de 282 pages, par M. le docteur A. Grenet.
neille, traduisant en assez bons vers la prose bien meilleure de Molière, mit dans la bouche de Sganarelle ce fameux distique, il écrivait la légitime épigraphe du livre que nous annonçons. Ce livre est, en effet, la plus belle apologie qui ait jamais été faite de cette herbe, la plus illustre des infundibuliformes, la plus intéressante des solanées, la plus glorieuse de la pentandrie monogyne, dont la providence a semé partout les innombrables espèces pour le service des nez. L'épigraphe que l'auteur a choisie, quoique digne du sujet (1), ne vaut pas celle de Sganarelle.
Cette nouvelle tabacologîe offre des méditations si transcendantes et une telle originalité de pensée et de forme qu'il serait téméraire d'en essayer une analyse. Aussi aurons-nous recours le plus souvent aux citations.
L'ouvrage s'ouvre par une courte préface, où l'auteur expose le point de vue général qui a présidé à la conception de son livre et à la distribution de ses différentes parties. Il croit aussi devoir initier ses lecteurs à certaines qualités de son caractère, de son tempérament et de son esprit, pour justifier ce qu'il pourrait y avoir d'insolite dans les allures de son style et de ses idées: « Ce dont il faut que je vous prévienne, « dit-il, c'est que sous un langage parfois virulent pour « un commerçant, acerbe pour un historien, mignard « pour un médecin, vous trouverez une indépendance
(1) « Le tabac est de toutes les plantes modifiant par leur emploi usuel les fonctions de l'économie, celle qui a le plus d'action sur les facultés du cœur et de V esprit. »