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figuier, etc... Plusieurs botanistes anglais ont idenüifié ainsi les plantes décrites par Sucrura et elles sont toutes à peu près connues.
À la suite de cette botanique viennent de longues dissertations sur la valeur curative des pierres précieuses et de certains minéraux. Comme dans les poèmes ophiques, le cristal guérit les rhumatismes, l’opale est souverain au doigt des femmes nerveuses et rend aux hommes âgés la vigueur de leur adolescence ; le jats calme les douleurs d’entrailles et neutralise le venin des serpents.
L’ouvrage se termine par un traité de pratique
chirurgicale. La nomenclature de cent trente instruments, au nombre desquels figure le cautère, prouve combien SuerurA était plus avancé que Craraka dans la pratique de cette science. Il décrit assez bien, et à la manière de Cecse, la lithotomie : sa gynécologie témoigne de connaissances avancées, on y trouve Pindication de toutes les causes de dystocie; la pratique de lopération césarienne. Certaines phrases feraient même supposer qu’il possédait des notions d’auscultation abdominale.
Rapports des docirines biologiques de Sucruta avec les doctrines philosophiques de Kapila. — Comment Sucrara est-il arrivé à dégager la médecine de sa chrysalide théologique ? Depuis longtemps existait dans l’Inde une secte philosophique qui devint puissante, à cette époque, la sankhya, à laquelle il se fait gloire d’appartenir dans la préface de son anatomie. La sankhya eut comme fondateur le sage Kariza, qui est le premier, en date, des Rationalistes.
— Un résumé de sa doctrine ne sera pas ici un hors d'œuvre; car elle montrera par quel mécanisme la médecine se réveilla: —Le but tenté par la Sankhya est l'abolition de la douleur; la réalisation en est réservée à la science qui, seule, peut arracher les âmes au cercle des transmigrations. Il y a deux forces primordiales, incrées, qui sont égales, la matière et l'esprit. La première évolue et produit toutes choses, excepté la seconde ; et par le fait même de cette évolution la matière est loin d’être inerte, car elle possède trois qualités qui sont : le sattva (pureté et lumière), le radjas (activité, passion), le {amas (inconscience). Tous les êtres contiennent en proportions diverses ces trois principes. Le premier domine dans le monde divin; le second, dans le monde psychique; le troisième, dans le monde matériel. L'état de perfection est leur équilibre au sein immobile de l'infini. La rupture de cet équilibre est égale à une création ; le monde se manifeste alors, les trois forces entrent en lutte, la série des évolutions commence et continue Jusqu'au jour où, l’équilibre s’étant rétabli, le monde se résorbe et rentre dans son repos.
L'intelligence émane de la matière, elle est la forme supérieure du manas(sens interne) et l'affirmation de la personnalité, c’est la conscience du mor. Les cinq éléments, terre, eau, feu, air, éther, lui sont soumis. Elle possède cinq organes pour entrer en relation avec eux (ouïe, vue, odorat, goût, tact), et six pour les asservir àses besoins(langue, mains, pieds, poitrine, parties génitales et anus).
L'esprit tend à s'évader de la matière et pour cela il est avide de science, car la science seule le libérera. L’ignorance est une lourde chaîne: il faut savoir. Apprendre, c’est s’émanciper ; et le jour où l’homme aura détruit le dernier mystère, ce jour-là, le terme de ses incarnations sera venu, il entrera dans l’inconscience qui est la suprême volupté.
On le voit, cette doctrine, toute métaphysique qu’elle soit, est un défi jeté à la philosophie védique qui indique comme moyen de salut la contemplation intérieure du moi et la soumission aveugle aux desseins incommensurables de Brahma. La doctrine de KariLa est une réaction, elle prépare la réforme du bouddha Cakva-Mounr.
« Seule la science peut te délivrer de l’esclavage de la matière. » — Ce précepte du maître fut la révélation du génie de Sucnura. Il étudia pour sauver son âme,et comme il était hanté par les idées de fraternité humaine émises par Karira dix siècles avant le Christ, il étudia la médecine comme étant la science la plus propre à satisfaire ses aspirations de charité. Il se fait une haute idée du sacerdoce médical, qu’il oppose, un peu ironiquement parfois, au sacerdoce religieux.
Les disciples de Sucruta. — C’est donc un mouvement d'espoir et de pitié qui créa la médecine scientifique dans l'Inde. — Sucrura eut des disciples ; les plus remarquablesfurent VacgnaTra, qui vivait au ixe siècle, et VANGASEMA, au xive.
Malheureusement, la science qu’il avait créée ne fil point de grands progrès ; les brahmanes lui firent
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une systématique opposition et furent, en quelque sorte, victorieux. L'ouvrage de Sucrura reste depuis dix-neuf cents ans ce qu'il y a de plus nouveau dans la matière et les fakirs médecins qu’on rencontre aujourd’hui dans l’allée extérieure des temples diagnostiquent et soignent avec la même ignorance que les prêtres d'il y a trois mille ans.
Résumé des doctrines biologiques de l'Inde. — Il nous reste, avant de terminer ce chapitre, à résumer brièvement les connaissances biologiques de l’Inde. — Pendant la première période, aucune idée des phénomènes vitaux; la maladie, nous l’avons vu, est un châtiment; l’âme coupable se réincarne dans un corps contrefait, les démons et les mauvais génies tourmentent les pécheurs. Aux justes, Brahma peut envoyer des maux, c’est alors pour les éprouver et pour que leur âme laminée par la souffrance soit digne d’une réintégration divine plus complète et plus rapide. Nous retrouvons ailleurs des idées à peu près semblables; elles découlent logiquement de la grande loi morale de mérite et de démérite.
Avec SucrUTA nous voyons apparaître une biologie plus rationnelle. Elle naît de sa philosophie. De même que trois qualités sont l’apanäge de la matière, trois humeurs forment la substance des corps vivants; ce sont : le vata (l'air), le pitta (la bile) et le c/eshman (phlegme). La vie résulte de leur activité. Qu’elles deviennent inertes, c’est la mort. La santé dépend de leur répartition exacte et proportionnelle et de la régularité de leurs mouvements dans les diverses régions du corps. — Le sang est