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CHAPITRE PREMIER NOTIONS PRÉLIMINAIRES

Définition des mots : médecine, santé, maladie. — Influence des agents externes sur les manifestations vitales. — Les causes des maladies. — Leur division, d'après la nature de ragent patJiogène, en causes mécaniques , physiques, chimiques et animées. — Les prétendues causes internes. — La maladie et Vaffection.

La Médecine est une science et un art, science par ses moyens d'étude, art par ses applications.

La Science médicale a pour objet l'histoire des maladies; VArt médical a pour but le maintien et le rétablissement de la santé.

Ces deux termes, sanié, maladie, paraissent exprimer des idées si simples et si précises qu'on pourrait regarder comme inutile toute tentative de définition. Ne semble-t-il pa^ évident que la santé est caractérisée par le jeu régulier des organes, la maladie par un trouble de leur fonctionnement; que la maladie est un état contre nature, une sorte d'anomalie, une dérogation aux lois biologiques, une véritable désharmonie? Ne doit-on pas opposer constamment la santé à la maladie, comme on a opposé et comme on oppose encore la vie à la mort?

Au lieu de s'en tenir à ces considérations un peu vagues, si l'on veut serrer de près le problème, si l'on a la prétention de

Roger. — La Médccino. I

délimiter le sujet et de donner une définition précise, on éprouve un réel embarras. Il en est ainsi de toutes les idées abstraites. On ne définit bien que les sujets dont l'esprit peut saisir les limites. Or, la santé et la maladie ou, comme on dit parfois, Vétat hygide et Vétat morbide, sont reliés par une foule de troubles plus ou moins bien caractérisés. Aussi est-il fort difficile, pour ne pas dire impossible, de tracer une démarcation nette entre ces deux états qui, absolument différents dans leurs expressions les plus hautes, se touchent en plusieurs points et parfois même tendent à se fusionner. Ce qui augmente encore les difficultés, c'est que la santé parfaite n'existe pas : les organismes vivants sont toujours dans un état d'équilibre instable, qui trouve son explication et sa cause dans les conditions mêmes de la vie.

On sait, en effet, que la matière vivante est le siège d'une série d'actes qui ne dépendent pas, comme on le croyait autrefois, d'une/orc^ vitale^ animant et dirigeant l'organisme, mais qui doivent être considérés comme des réactions provoquées par des agents extérieurs.

Il fut admis pendant longtemps que l'être vivant, doué d'une force spéciale, était constamment en lutte avec le monde ambiant. On le considérait comme un microcosme, échappant aux lois générales, ayant en soi sa raison d'être, de se déterminer et d'agir. On pensait que l'enveloppe matérielle ne fait qu'entraver l'essor du principe dirigeant et l'on était ainsi conduit au dogme de l'immatérialité de ce principe. Cette théorie dualiste, bien qu'elle compte encore des défenseurs éminents, cède peu à peu devant la conception uniciste ou moniste. En étudiant les êtres vivants, les plus élevés comme les plus infimes, on s'aperçoit bien vite que leurs actions ne sont que des réactions; leur prétendue spontanéité n'est qu'apparente : ils sont tributaires des forces ambiantes et leur empruntent les éléments de leur activité. Ils nous apparaissent comme des machines, dont le fonctionnement est soumis aux lois de l'énergétique et qui, par des procédés chimiques, accumulent ou libèrent la force nécessaire aux diverses manifestations de leur activité.

Supposons un instant qu'il ne se produise aucune modifi-

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