NOTIONS PRELIMINAIRES
cation dans les forces cosmiques, aucun changement dans les rapports d'un être avec les objets qui l'entourent : l'équilibre ne tardera pas à s'établir entre cet être et le monde ambiant. On conçoit que, dans ces conditions, la vie ne soit pas anéantie : mais elle restera latente, comme on disait autrefois, ou, ce qui est plus exact, elle restera à l'état statique. Qu'à un moment donné, une variation externe se produise, l'équilibre sera rompu; l'être vivant, pour s'adapter aux conditions nouvelles, présentera une série de réactions qui rendront la vie apparente, c'est-à-dire la feront passer à l'état dynamique.
Dans la réalité, les forces cosmiques varient constamment, les objets se déplacent et se modifient; le monde où nous vivons change et, la vie n'étant qu'une adaptation au milieu, la matière vivante est sans cesse agitée d'oscillations réactionnelles, destinées à contre-balancer l'influence des agents externes. Ainsi s'explique l'état instable dont nous parlions tout à l'heure.
Si les variations ambiantes sont légères et lentes, la compensation se fera facilement et la santé persistera; si elles sont intenses et brusques, la compensation sera plus difficile; on verra survenir l'indisposition, la maladie, la mort. Supposons, par exemple, un homme placé dans une chambre dont la température est fixée à 20°; l'organisme de cet homme est réglé de telle façon que la production et la perte de calorique maintiennent sa température à 37°. Le milieu étant supposé fixe, la thermogenèse va se régler d'une façon invariable. Supposons maintenant que la température de la chambre s'élève ou s'abaisse d'un degré. L'équilibre est rompu et la thermogenèse est changée; pour que sa température reste toujours à 37®, l'être va modifier en plus ou en moins la production ou la dépense du calorique. Quand la variation est légère et progressive, l'adaptation est facile : elle se fait inconsciemment; les modifications organiques ne sont pas perçues et ne provoquent aucun trouble. Mais, si brusquement la température monte à 50° ou tombe à — 10°, ce changement énorme bouleverse complètement l'équilibre de l'organisme et provoque une série de troubles qui pourront aboutir à la maladie.
Ce que nous disons de la chaleur s'applique aux autres
agents physiques. Les variations du baromètre, inappréciables si elles sont légères, provoquent du malaise si elles sont intenses. Quand on subie de grands changements de pression, par exemple quand on s'élève en ballon, quand on se soumet à l'action de l'air comprimé et surtout quand on est pris dans une explosion de gaz, les accidents sont souvent fort graves et parfois mortels.
Ce ne sont pas seulement les variations physiques qui sont capables d'impressionner l'organisme : toutes les modifications survenues dans nos rapports avec les objets ou avec les êtres qui nous entourent, peuvent avoir le même effet. On est aussi conduit à transporter en médecine les données classiques des sciences physiques et naturelles, et à diviser très simplement les agents pathogènes en quatre groupes : les agents mécaniques; — les agents physiques; — les agents chimiques (caustiques et toxiques); — les agents animés, se subdivisant en parasitaires et infectieux (ces derniers renfermant la plupart des bactéries pathogènes). On voit par cette énumération que les maladies ne sont pas provoquées par des causes nouvelles, spéciales, mystérieuses. Elles dépendent des diverses influences cosmiques, des objets et de's êtres qui nous environnent.
L'attaque qu'il subii ne laisse pas l'organisme indifférent; elle provoque des actes réactionnels qui ont pour but, sinon pour effet, de ramener l'économie à un état compatible avec la vie. Ainsi, dans toute maladie il faut envisager deux ordres de phénomènes : ceux qui relèvent directement de la cause, ceux qu'explique la réaction de l'organisme. Ces derniers sont de beaucoup les plus importants. Mais, dans une bonne définition, il faut, à l'exemple de Bouchard, tenir compte de la double série de manifestations morbides. On est ainsi conduit à la formule suivante :
« La maladie est l'ensemble des actes fonctionnels et secondairement des lésions anatomiques qui se produisent dans un organisme, subissant l'action d'une cause morbifique et réagissant contre elle. »
La maladie et V affection. — Nous avons supposé jusqu'ici que les causes morbifiques sont <'.vo^^Wf?5, c'est-à-dire en dehors de