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CHAPITRE VII

Principales bactéries pathogènes. — Bactéries spécifiques et non spécifiques. — Caractères principaux et action pathogène. — Les champignons pathogènes et les mycoses. — Description et action des principales espèces. — Les parasites animaux. Les helminthes. — Les protozoaires pathogènes. — Les virus filtrants.

Principales bactéries pathogènes. — Nous ne pouvons donner la description de toutes les bactéries pathogènes. Nous nous contenterons de signaler brièvement les principales espèces.

Dans le groupe des microcoques, nous trouvons sept espèces pathogènes dont quatre non spécifiques et trois spécifiques.

Parmi les microcoques non spécifiques, nous citerons d'abord la staphylocoque (Rosenbach, 1884) formé de petits éléments réunis en amas, et dont on admet trois variétés, d'après la coloration des colonies développées sur les milieux solides; le staphylocoque doré, qui est le plus pathogène, le staphylocoque citrin et le staphylocoque blanc.

Très répandus dans la nature, sur le sol, dans l'^au, la glace, l'air, les poussières, les staphylocoques végètent à l'état de parasites sur nos téguments et nos muqueuses. Quand ils s'élèvent à l'état d'agents pathogènes, ils déterminent des suppurations. Suivant le siège des lésions et l'activité des germes, les effets sont variables et se traduisent par des pustules d'acné, des furoncles, des anthrax, des phlegmons

circonscrits ou diffus, parfois même gangrér parties profondes sont atteintes, on obse suppuratifs, soit dans les viscères, soit dans le: myélite, par exemple, est, le plus souvent, sou du staphylocoque doré. Dans certains cas, suppuration il se fait une destruction des (endocardite ulcéreuse). Quand l'infection s( nombreux foyers microbiens se développent, à la formation de petits abcès multiples, c'est 1 lente ou pyémie. Si le microbe est très virule ne peuvent se produire; l'individu succc l'autopsie révèle des lésions : il s'agit alors du désigne sous le nom de septicémie.

Du staphylocoque on rapproche le streptc par Coze et Feltz, Pasteur et Doléris, isolé d Fehleisen (1883) et des suppurations par Ro il est formé de grains arrondis ou ovalaii chaînettes plus ou moins longues, à la mani de perles.

Ce microbe, dont il existe un grand non différentes, produit quatre ordres de manifesta des œdèmes inflammaioires, dont le type le est rérysipèle; des suppurations comme les ac et surtout les phlegmons dilTus; il déterm lésions inflammatoires dans les viscères qu'il quand il se généralise il provoque, comme le plus souvent que lui peut-être, la pycmie et cémie. C'est un des principaux agents de la fi

Le rôle du streptocoque dans la formati

Talamon, complètement étudié par Frasnkel q avec le microbe de la septicémie salivaire de pneumocoque se présente sous l'aspect de graii le plus souvent réunis par deux ou en courtes entourés d'une capsule claire.

Plus délicat que les espèces précédentes, le p est moins répandu. Cependant, on l'a décelé da poussières, mais il est parasite plutôt que saprc trouve une fois sur cinq dans la salive des gens b on peut le déceler aussi dans le mucus nasal e l'intestin.

Rencontré d'abord dans la pneumonie fibrinei mocoque peut provoquer, même dans l'appareil des affections très diverses, des broncho-pneu bronchites. Il détermine fréquemment des suppi les séreuses : des méningites, des péricardites, d des péritonites qui ont pour caractère particuliei d'exsudats épais, verdàtres, semi-concrets, extrêrr en fibrine; il peut produire encore des arthrite; des parotidites, se localiser sur l'endocarde et y p endocardites végétantes ou ulcéreuses. Plus envahit tout l'organisme et détermine le dévelop] septicémie.

Le TÉTRAGÎoNE (Micrococcits telragenus seplicu 1883) dont on a décrit onze variétés différentes, par quatre microcoques, maintenus accolés sur un souvent entourés d'une capsule. Il donne, sur milieux, des colonies humides et blanches (on ei variété jaune). Il ne liquéfie pas la gélatine, f

lente, un abcès du poumon, ou contribuera à la formation des cavernes tuberculeuses. C'est un agent assez fréquent de septicémie et de pyémie.

Les microcoques spécifiques sont, avons-nous dit, au nombre de trois. C'est d'abord le go7iocoqiie (Neisser, 1879), l'agent de la blennorragie, qui est constitué par l'accouplement de deux éléments ayant un peu la forme de deux haricots se regardant par leur face concave. On en rapproche le méningocoque [Diplocociis intracellularis meningitidis de Weichselbaum) qui produit la méningite cérébro-spinale épidémique. Signalons enfin le Micrococcus melitensis (Bruce) qui est la cause de la Mélitoccie ou fièvre de Malte.

En tête des bacilles non spécifiques se place le colibacille (Bacilliis coli, Bacterium coli commune) découvert par Escherich.

Le colibacille est un microbe fort répandu, le plus répandu de tous peut-être. On le trouve dans l'air, sur le sol, dans l'eau; on le rencontre constamment dans le tube digestif de l'homme et des animaux, dans la bouche, dans l'estomac et surtout dans l'intestin. Chassé avec les matières fécales, il souille facileme;it les organes génitaux externes, où sa présence est également à peu près constante.

Son rôle en pathologie est assez discuté. 11 faut bien se rappeler qu'il ne suffit pas, pour affirmer qu'une lésion est sous la dépendance du colibacille, d'en constater la présence dans les cadavres. Après la mort ou plutôt pendant l'agonie, le colibacille quitte le tube digestif et envahit les organes et, spécialement, le foie. Au cours des affections les plus diverses, notamment de celles qui s'accompagnent de troubles digestifs, il pullule avec une telle abondance qu'il peut étouffer toutes les autres bactéries de l'intestin. C'est à cause de ce fait qu'on lui a attribué le rôle principal dans le développement des affections intestinales les plus diverses, entérites, choléra nostras, choléra infantile, diarrhées dysentériformes, colites, rectites, appendicites. On a encore admis que bien des inflammations développées dans les glandes annexées au tube digestif, glandes salivaires, foie, voies biliaires, pancréas, sont sous sa dépendance, soit qu'il remonte par les conduits excré-

leurs de ces glandes, soit, comme on tend à l'admettre actuellement, qu''il y soit amené par le sang. Dans d'autres cas, passant par la veine porte, il se localiserait dans le foie, et serait capable d'y déterminer des infections dégénératives comme l'ictère grave.

On lui fait souvent jouer un grand rôle dans la pathologie urinaire, et on lui attribue le développement des cystites et des néphrites ascendantes. Enfin on lui a rattaché certains cas de fièvre puerpérale.

Ce qui donne à l'étude du colibacille un intérêt considérable, c'est que ce microbe représente le prototype de toute une série de bacilles qui lui sont reliés par des transitions insensibles.

Le tableau ci-après donnera une idée des principales espèces rentrant dans ce groupe.

Nous y trouvons d'abord quelques variétés ne se distinguant que par leurs actions fermentatives (B, coli communior^ B. diwde7ialis), et par l'intensité des gaz qu'elles dégagent {B. lactis aerogcnes^ B. capsulatus septicus). Un groupe un peu spécial est formé par les Bacilles encapsulés dont le principal est le Pneiimohacille de Friedlànder^ qu'il ne faut pas confondre avec le pneumocoque. Il produit, chez l'homme, des angines, des broncho-pneumonies, des septicémies. On en rapproche le Bacille de Vo^ène (Lôwenberg), le Bacille du rhinosclérofiie (V. Frisch), le B. hominis capsulatus^ le B. endocarditis capsulatus.

Au colibacille on peut rattacher le B. acidi lactici^ ferment lactique, qui se trouve dans le lait et provoque sa fermentation.

Mais ce qui donne un intérêt considérable à cette classification, c'est que des agents hautement différenciés comme le B. typhique et le B. de la dysenterie se rattachent au colibacille par toute une série de formes de transition. On peut en rapprocher encore le Bacille de la psittacose décrit par Nocard, Gilbert et Fournier. Très répandu sur les perroquets, ce bacille produit chez l'homme des broncho-pneumonies extrêmement graves.

Le Bacille typhique, décrit par Eberth en 1880, diffère du colibacille par certains caractères importants. Il est plus

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mobile, ce qui tient à ce qu'il est pourvu d'un plus grand nombre de cils, 8 à 24 répartis sur toute sa surface. Les colonies sur agar et gélatine sont plus transparentes; sur pomme de terre, elles sont peu visibles, ou forment un enduit léger, blanchâtre. Contrairement au colibacille, le bacille typhique ne donne pas de coloration verte, quand on le cultive sur des tranches d'artichaut. Il ne produit pas d'indol dans le bouillon peptoné, ne fait pas fermenter le lactose, et ne coagule pas le lait. Il résiste beaucoup moins à l'action des antiseptiques, phénol ou acide arsénieux.

Il semble, d'après cette description, qu'on ne puisse confondre les deux microbes. Mais il existe entre eux de nombreuses formes de transition qu'on peut grouper en deux classes parallèles : l'une est constituée par les bacilles paratyphiques dont on peut admettre deux types principaux réunis par des bacilles iiifcnnédiaires; l'autre est représentée par des bacilles du type Gartner. Les uns et les autres donnent naissance à des infections assez analogues à la fièvre typhoïde (infections paratyphoïdiques, infections d'origine alimentaire).

On conçoit donc que plusieurs savants persistent à penser que le bacille typhique n'est qu'une variété du colibacille. Cette théorie, émise et soutenue par Rodet et G. Roux, a paru fort séduisante, car elle explique les cas où la fièvre typhoïde est née spontanément, c'est-à-dire en dehors de toute contagion. Cependant l'idée de spécificité du bacille typhique trouve un nouvel argument dans les recherches de Remlinger et Schneider. Ces auteurs ont constaté que le bacille typhique se rencontre dans l'intestin des individus normaux; il pourrait donc provoquer la maladie à l'occasion de causes débilitantes, telles que le surmenage. Ainsi exalté, il produit un cas qui apparaît spontanément et devient le point de départ d'une épidémie qui se propage par contagion.

La plupart du temps, l'infection <i lieu par l'intermédiaire de l'eau, exceptionnellement du sol ou de l'air.

L'origine hydrique de la fièvre typhoïde n'est plus discutable. De nombreuses obsen^ations établissent que la maladie subit des recrudescences quand les eaux sont polluées, qu'elle diminue quand on met en vigueur les mesures d'hygiène.

On ne peut donc qu'approuver les précautions prises depuis quelque temps contre les eaux malsaines. Mais, si les observations sont fort concluantes, les expériences le sont beaucoup moins. La difficulté de distinguer le bacille typhique de certains colibacilles fait qu'on ne peut admettre la plupart des analyses où l'on a signalé le bacille typhique dans l'eau. Le colibacille existe dans toutes les eaux et rend les recherches très délicates. C'est ce qui ressort d'une expérience de Grimbert : cet auteur introduit dans un litre d'eau I centimètre cube d'une culture de colibacille et i centimètre cube d'une culture typhique; il agite le mélange et montre qu'il est impossible de retrouver le bacille typhique, de l'isoler, de le différencier du colibacille.

Le Bacille de la dysenterie, ou bacille de Schiga, signalé antérieurement par Chantemesse et Widal, ressemble au bacille typhique dont il se distingue par son immobilité. Entre le B. dysentérique et le colibacille se placent de nombreuses formes de transition. On admet actuellement plusieurs variétés de bacilles dysentériques. Il en existe au moins deux types : le type Shiga-Kruse et le type Flexner; ce dernier se subdivise en deux variétés (Flexner-Manille et Flexner-Strong).

Il faut remarquer, en passant, que des parasites bien différents du bacille dysentérique peuvent donner lieu à des affections plus ou moins analogues. En face de la dysenterie bacillaire, se place la dysenterie amibiernie, remarquable par la lenteur de son évolution, par sa tendance à la chronicité et par la fréquence des abcès hépatiques. Nous devons encore mentionner les dysenteries produites par divers protozoaires et les entérites dysentériformes dues à des bacilles plus ou moins bien déterminés.

Bacilles ovoïdes. — Le groupe des bacilles ovoïdes {coccohacilles de certains auteurs), dont le type le plus anciennement connu est le bacille du choléra des poules, comprend divers agents septicémiques {B. des septicémies hèmorrogiques) et quatre microbes pathogènes fort intéressants : le bacille de la peste, le bacille du chancre mou, le bacille de la coqueluche et le bacille de Pfeiffer.

Le Bacille de la peste, découvert par Yersin, en 1894, est un élément ovoïde, court, trapu, pathogène pour la souris, le rat et, à un degré moindre, pour le cobaye et le lapin.

Le Bacille du chancre mou, décrit par Ducrey en 1889, est un bacille fin, un peu allongé, isolé, réuni par deux ou disposé en chaînettes.

Les recherches de Bordet et Gengou ont établi que le Bacille de la coqueluche est un petit bâtonnet analogue à celui de la peste. On le trouve dans les expectorations recueillies au début de la maladie.

Ce microbe est assez voisin du Bacille de la grippe, ou plutôt du bacille découvert par Pfeiffer en 1890 dans les expectorations des malades atteints de cette infection. C'est un bacille grêle, immobile, isolé ou groupé en amas ou en chaînettes de 3 ou 4, qui semble, en réalité, Tagent de manifestations secondaires, les travaux les plus récents tendant à démontrer que la grippe est due à un virus filtrant.

Il faut placer dans le même groupe le bacille de la conjonctivite aiguë contagieuse (Bacille de Weeks).

11 est un microbe assez curieux par ses propriétés biologiques : c'est le Bacille pyocyanique, découvert par Gessard en 1882, et bien étudié par Charrin. Il a la propriété de verdir les milieux de culture en produisant une belle substance bleue, la pyocyaiiine^ que le chloroforme permet d'extraire et qu'on peut obtenir à l'état cristallin (Fordos). Ce microbe végète souvent sur les plaies donnant une coloration bleue, non au pus, mais aux pansements. Il produit chez l'homme des septicémies, mais il est surtout intéressant par les recherches expérimentales auxquelles il a donné lieu. C'est en poursuivant son étude qu'on a découvert l'agglutinement des bactéries (Charrin et Roger).

Le Proteiis vulgaris est un agent de putréfaction qui peut provoquer des diarrhées, et même des septicémies.

On peut en rapprocher le Bacillus septicus putidiis^ découvert dans une septicémie consécutive au choléra (Roger). C'est un microbe très répandu dans le tube digestif et y produisant d'importantes fermentations (A. Horovitz).

Parmi les bacilles spécifiques, un des plus importants est le

Bacille du charbon ou bactéridie charbonneuse, Bacilliis anfhracis, découvert par Davaine en 1850. Il se présente dans le sang des êtres qui ont succombé à la maladie, sous l'aspect de bâtonnets immobiles, entourés parfois d'une capsule; les bouts sont coupés carrément et légèrement sinueux. Dans les milieux artificiels, surtout dans les milieux liquides, les bâtonnets s'allongent sous forme de filaments segmentés, souvent fort longs, qui ne tardent pas à donner des spores. Il n'y a jamais de spores ni dijns l'organisme, ni dans les cultures faites dans du sérum sanguin.

Grâce à ses spores, le bacille charbonneux résiste facilement aux causes de destruction. Il persiste pendant un temps fort long dans le sol et dans l'eau, causant ainsi des épidémies et des épizooties très meurtrières.

Nous devons reconnaître cependant que, le plus souvent, la contamination se fait autrement. L'homme est surtout atteint en maniant les cadavres des animaux charbonneux, en manipulant les produits qui en proviennent^ laines, cornes, peau, etc.

CoRYNKBACTERiuM. — Nous avous déjà dit que le groupe des corynebacteries tend à établir une transition entre les bactéries et les champignons, transition qui s'accuse encore davantage quand on étudie le bacille tuberculeux. C'est surtout dans les vieilles cultures qu'on trouve les éléments renflés et ramifiés, analogues à ceux des oospora.

Dans le groupe des corynebacteries on fait rentrer le bacille de la diphtérie ( Corynehacierium diphieriœ) et le bacille de la morve (Corynchacierium niallci).

Le Bacillk de la diphtérie, entrevu par Klebs en 1883, bien décrit par Lœffler en 1884, est un bâtonnet droit ou arrondi, immobile. D'après la longueur des bâtonnets, on en a décrit trois variétés : le B. long, qui est le plus caractéristique; le B. moyen; le B. court, dont l'identification avec le B. diphtérique n'est pas acceptée par tous les bactériologues.

Les éléments sont isolés ou réunis par deux, souvent bien alignés ou, comme on dit, placés en rang de bataille. Dans les vieilles cultures, on voit fréquemment des formes involutives, ayant l'aspect de poires ou de fuseaux; dans les cultures

sur blanc d'œuf cuit, ou observe des formes mycéliennes, ramifiées, donnant au bacille l'aspect d'un streptothrix.

Le bacille diphtérique pousse rapidement quand on le sème sur sérum de bœuf gélatinisé. Au bout dç douze heures, le milieu nutritif, maintenu à 38°, est couvert de petites colonies ayant le volume d'une tête d'épingle, blanches ou grisâtres. Ce fait a été mis à profit pour établir le diagnostic de la diphtérie.

Ce microbe peut se rencontrer à l'état de saprophyte, de parasite ou d'agent pathogène. Saprophyte, il vit dans le fumier, les chiffons; parasite, il végète dans la cavité buccale des individus bien portants; pathogène, il détermine des lésions pseudo-membraneuses, occupant généralement la gorge, envahissant le larynx et les fosses nasales, parfois la conjonctive, exceptionnellement les bronches; il peut encore atteindre les autres muqueuses exposées à l'air, comme la muqueuse génitale, ou le tégument cutané.

A côté du bacille diphtérique de Lœffier il faut placer le Bacille pseudo-diphtériquk ou bacille d'Hoffmann dont la plupart des auteurs allemands font une espèce particulière, que les auteurs français considèrent généralement comme une forme atténuée du B. diphtérique.

Le Bacille de la morve, Bacilliis mallei, bien décrit par Lœffier et Schutz en 1883, se présente sous l'aspect de bâtonnets minces, mobiles, renfermant souvent dans leur intérieur des vacuoles mal colorées. Les bâtonnets se développent avec grande facilité sur la gélose glycérinée, dans le bouillon où ils forment un précipité visqueux, sur la pomme de terre où ils produisent un enduit épais, d'un bleu verdàtre, dont l'aspect est presque caractéristique.

La maladie frappe surtout les équidés qui la transmettent à l'homme. Le peu de résistance du microbe explique pourquoi on n'observe généralement que la contagion directe.

Bacilles acido- résistant s. Les bacilles acido-résistants constituent un groupe extrêmement important, renfermant le bacille de la tuberculose et le bacille de la lèpre.

Le Bacille de la tuberculose, découvert par Koch, en 1882, est un bâtonnet immobile. Il possède une réaction tinctoriale

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tout à fait caractéristique : il se laisse très difficilement pénétrer par les couleurs d'aniline; il faut employer des mordants énergiques et maintenir les microbes dans le bain colorant pendant vingt-quatre heures ou bien chauffer le liquide jusqu'à ce qu'il émette des vapeurs; la coloration se produit alors en quelques minutes. Une fois colorés, les microbes se décolorent difficilement; ils résistent à Faction de l'acide nitrique au tiers, qui décolore les autres bactéries; ils apparaissent seuls dans la préparation ainsi traitée.

Le bacille de la tuberculose se développe facilement sur le sérum sanguin, sur la gélose sanglante, les bouillons et les géloses additionnés de glycérine ou de divers sucres, sur la pomme de terre glycérinée. Il forme sur les milieux solides des écailles sèches ou légèrement humides, sur les milieux liquides des voiles écailleux et fendillés.

La forme bacillaire que nous observons semble l'état dégradé d'un parasite relativement élevé en organisation, rangé souvent parmi les oospora ou placé dans un genre spécial, le genre mycobacterium.

Le bacille tuberculeux est remarquable par son haut pouvoir pathogène. Il frappe également les mammifères, les oiseaux et même les animaux à température variable, ophidiens et poissons. Comme pour beaucoup d'autres microbes, il existe plusieurs variétés de bacilles tuberculeux; on en décrit quatre principales : le bacille de la tuberculose humaine qui se rencontre chez l'homme, certains mammifères et, parmi les oiseaux, chez les perroquets; — le bacille de la tuberculose bovine qui frappe les bovidés, mais il est également pathogène pour certains mammifères tels que le lapin, et même pour l'homme; — le bacille de la tuberculose aviaire, qui atteint surtout les gallinacés; — le bacille de la tuberculose des poissons.

Frappés par les différences, quelques auteurs ont voulu voir dans ces agents des espèces distinctes. Cette opinion ne semble guère avoir été acceptée : on tend de plus en plus aujourd'hui à considérer les bacilles tuberculeux comme de simples variétés, qu'on peut transformer les unes en les autres, bacille pisciaire (Dubard, Bataillon, Terre), pathogène

pour les poissons, les batraciens, les ophidiens, peut devenir virulent pour le cobaye. Terre y voit une variété de bacille de Koch. Beaucoup d'auteurs rangent ce microbe dans les bacilles acidophiles.

Le bacille tuberculeux est doué d'une, très grande vitalité et résiste facilement aux causes de destruction, ce qui explique déjà sa grande extension. A Paris, la tuberculose amène 4,9 décès par i 000 habitants; dans les villes ayant moins de 5 000 âmes, la proportion est de 1,81.

Parmi les mammifères, les bovidés sont le plus souvent atteints. Contrairement à l'opinion habituelle, la tuberculose est fréquente chez les carnassiers domestiques; elle n'est pas rare chez le chien (Cadiot).

La tuberculose peut être transmise des animaux à l'homme notamment par le lait des vaches tuberculeuses. Plus souvent, la contagion a lieu de l'homme à l'homme et peut donner naissance à de vrais foyers épidémiques. Ce sont les crachats desséchés qui servent à la transmission des bacilles, soit que l'inoculation se fasse, comme on l'admet généralement, par les voies respiratoires, soit qu'elle se produise, comme le soutiennent quelques expérimentateurs, par les voies digestives.

A côté des bacilles tuberculeux on peut placer plusieurs microbes ayant des propriétés tinctoriales analogues, tels sont le bacille de la lèpre et les bacilles acidophiles.

Le Bacille de la lèpre découvert par Hansen (1873) ressemble au bacille de Koch, mais il se colore plus facilement.

Les Bacilles acidophiles, c'est-à-dire les bacilles qui résistent à l'action décolorante des acides, ont une très grande importance, car ils sont facilement confondus avec le bacille de la tuberculose. On en a trouvé 13 espèces dans le lait et ses dérivés, beurre, fromages; on en rencontre sur les graminées, dans la terre, parfois dans les excréments des animaux.

Les mêmes bacilles peuvent être décelés chez l'homme sain, dans les diverses sécrétions, dans le cérumen, le mucus nasal, dans les cryptes amygdaliennes, le smegma prépucial.

Chez l'homme malade, on les trouve dans les matières fécales, dans l'urine au cours des affections uro-génitalesi

dans les exsudats oculaires, dans les expectorations et surtout dans les foyers gangreneux du poumon.

Ces microbes, appelés quelquefois ParaUihcrcit,Iibaciîles (Potel), se cultivent très facilement et provoquent chez le cobaye Téclosion de lésions nodulaires. Aussi quelques auteurs les considèrent-ils comme des formes atténuées du bacille de Koch.

Bacilles anakrobies. — Pendant longtemps, le groupe des bacilles anaérobies ne comprenait que deux bacilles pathogènes : le Bacille de la gangrène gas^euse^ décrit par Pasteur sous le nom de vibrion septique et le Bacille du tétanos.

Le Bacille du tétanos ou bacille de Nicolaier (1884) est constitué par des éléments très fins, ayant de 2 à s i^ de long, et pourvus pour la plupart d'une spore terminale plus large, qui leur donne l'aspect d'épingles. De nombreux cils répartis sur toute la surface assurent sa mobilité.

Grâce à ses spores, le bacille du tétanos est très résistant et très répandu; on le trouve sur la terre, dans la vase, le fumier, dans les poussières; il se rencontre dans le tube digestif des herbivores, et passe en abondance dans leurs excréments. Quand il devient pathogène, il se développe au point contaminé, qu'il ne quitte pas et provoque une intoxication de l'organisme par les substances qu'il sécrète.

On a observé chez l'homme et chez les chevaux des épidémies et des épizooties de tétanos, qui s'expliquent par le transport des germes au moyen d'instruments mal désinfectés.

Le Bacille de la gangrène gazeuse, décrit par Pasteur sous le nom de vibrion septique^ se présente tantôt sous la forme de petits bâtonnets mobiles, isolés ou accouplés, renfermant souvent une spore terminale ou médiane; tantôt sous l'aspect de filaments ne contenant jamais de spores. Les formes courtes, pouvues de cils nombreux et larges, sont douées de mouvements rapides.

Comme le bacille tétanique, avec lequel il coexiste fréquemment, le bacille de la gangrène gazeuse est extrêmement répandu; on le trouve presque constamment dans la terre, dans le fumier, dans la vase des eaux; il se rencontre souvent dans le tube digestif de l'homme et des animaux.

Jusque dans ces derniers temps, on l'a considéré comme le seul agent de la gangrène gazeuse. Les travaux qui ont été poursuivis pendant la dernière guerre ont montré que cette redoutable infection n'a rien de spécifique. Elle peut être provoquée par les agents les plus divers. Un grand nombre de microbes anaérobies ont été décelés dans les foyers gangreneux : six semblent surtout importants. Ce sont par ordre de fréquence : Bacillus perfr ingens ^ B. œdema tiens, le vibrion septique, B./allax, B. aerofœtidiis, B, sporogenes.

Le bacille qu'on désigne en France sous le nom de B. perfringens (Veillon et Zuber) avait été plus ou moins bien étudié et décrit par Achalme, Welch et Nuttal, E. Fr.^nkeL C'est un bacille épais, à bouts à peine arrondis, immobile et encapsulé. Extrêmement répandu dans la nature, il se trouve à peu près constamment dans l'intestin de l'homme et de la plupart des mammifères. Rejeté avec les matières fécales, il peut souiller les vêtements, surtout dans les conditions de malpropreté où se trouvaient les soldats, et contaminer facilement les plaies et les blessures.

B, œdematiens (Weinberg et Séguin) dont on peut rapprocher B. bellonensis (Sacquépée), B. fallax et B. aerofœtidiis tous deux décrits par Weinberg et Séguin, B. sporogenes (Metchnikoff) sont tous des anaérobies, qu'on trouve souvent réunis dans un même foyer morbide et auxquels s'associent encore d'autres microbes, les uns anaérobies, comme B. pu irijlc lis (Bionstok), B. teriii(s{¥{.. Henry), B. bifernientans (Tissier et Martelly); les autres facultativement aérobies comme B. coli et B. proteiis. Il n'est pas rare enfin de déceler des germes pyogènes, parmi lesquels les streptocoques sont les plus fréquents.

Quand ils se développent dans une plaie', et ce sera surtout dans les plaies contuses, anfractueuses, souillées par de la terre ou des morceaux de vêtements, ces microbes provoquent de larges foyers de gangrène avec dégagement de gaz qui vont infiltrer les parties ambiantes. C'est une véritablj putréfaction des tissus vivants à marche extensive, provoquant un état général tort grave et aboutissant fréquemment à la mort.

Du vibrion septique de Pasteur, on rapproche un anaérobie

qui produit chez le bœuf une affection gangreneuse, décrite sous les noms assez impropres de charbon symptomatique, charbon emphysémateux^ charbon bactérien. Ces dénominations, fort mauvaises, pourraient établir une confusion avec le charbon véritable qui est dû à un bacille aérobie, la bactéridie de Davaine. Le bacille du charbon symptomatique, découvert par Arloing, Cornevin et Thomas, est fort important en médecine vétérinaire et en pathologie expérimentale, car il a servi à de nombreuses recherches. Il serait intéressant de reprendre rétude du charbon symptomatique, pour savoir si dans cette maladie des bovidés, comme dans la gangrène gazeuse humaine, d'autres anaérobies ne peuvent pas intervenir.

Ce n'est pas seulement dans les lésions gangréno-gazeuses qu'on trouve des anaérobies. On en décèle fréquemment dans les suppurations fétides, les gangrènes cutanées ou viscérales; dans les suppurations des voies biliaires ou de la vessie; dans les lésions du tube digestif; les foyers consécutifs aux entérites et aux appendicites; dans l'utérus des femmes atteintes de fièvre puerpérale. Contrairement à une opinion ancienne, les anaérobies passent facilement dans le sang; au cours des états morbides les plus divers, ils quittent l'intestin, où à l'état normal ils pullulent en grande abondance, et provoquent de véritables septicémies.

Parmi les anaérobies, on peut encore citer, B. ramosiis (Veillon et Zuber) et Bacillus fusiformis (id.), qui sont, avec B. perfringens^ les principaux agents de l'appendicite; B. serpens ou radiiformis] B. fragilis ; B. fitrcosus'. Streptobacillus fusiformis; B. nebulosus (Halle), un des agents de la grangrène pulmonaire; Streptobacillus fusiformis liquefaciens (Hartmann et Roger), découvert dans l'urine de malades atteints de cystite* Streptobacillus pyogenes floccosus (P. Courmont), isolé d'un bubon, etc.

Les microcoques anaérobies sont moins nombreux; nous citerons : Staphylococcus parvulus, rencontré dans l'appendicite (Veillon et Zuber) et les cystites (Hartmann et Roger); Micrococcusfœtidus (Veillon); Diplococcus rcniformis (Cottet), fréquent dans les suppurations périuréthrales.

Il faut faire une place à part à B, botulinus (Van Ermen-

gen), gros bâtonnet- qui secrète une toxine active. C'est à ce microbe qu'on doit rapporter la plupart des cas de botulismes, comme le démontrent les recherches confirmatives de Romer et de Herman.

Leptothrix. — Dans le groupe des Leptothrix nous ne trouvons à citer que Leptothrix buccalis, qui est capable de provoquer chez l'homme des angines (pharyngo-mycoses) très particulières, des abcès, et même d'envahir l'économie.

Spirobacticries. — Le groupe des spirobactéries comprend, avons-nous dit, quatre genres : Spirosoma., Vibrio^ Spirobacillns^ Spirillum.

Le genre Spirosoma renferme 5. nasale et 5. linguale, simples saprophytes du nez et de la bouche.

Le genre Vihrio est plus important. On y trouve V. coma, appelé encore Spirille du choléra, Vibrion cholérique, Bacillevirgule, Coma-bacille. C'est l'agent du choléra qui a été isolé et cultivé par Koch en 1884. Il se présente sous l'aspect d'une demi-parenthèse, d'un S ou de la lettre grecque 03 : parfois cependant certains éléments sont rectilignes ou allongés en filaments. Dans les vieilles cultures on trouve des formes sphériques d'involution. Ce microbe est mobile, ce qui tient à la présence de nombreux cils. *

Le bacille cholérique vit en saprophyte dans les eaux, en parasite dans le tube digestif d'hommes bien portants. Quand il s'exalte, il pullule dans la cavité intestinale qu'il n'a aucune tendance à quitter; les accidents qu'il provoque doivent être attribués à l'absorption des toxines auxquelles il donne naissance.

Du vibrion cholérique on peut rapprocher le vibrion de Massouah et le V. de Finkler.

Le troisième genre, ou genre Spirobacillus comprend des spirobactéries de grandes dimensions, non pathogènes pour l'homme.

Le genre Spirillum renferme un très grand nombre d'espèces, vivant pour la plupart en saprophytes dans les eaux croupies ou les matières organiques en putréfaction. Rist a décrit dans les suppurations fétides de l'oreille un spirille, Spirillum Jiigrum.

Classiflcation des bactéries pathogènes. — Kn tenant compte de leurs caractères taxinomiques, de leurs propriétés biologiques et de leur action pathogène, nous avons essayé de classer les principales bactéries.

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