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leur réfringence et leur grande résistance aux causes de destruction.
D'après leur groupement, les microcoques ont été divisés de la façon suivante :
1° Les monocoques^ se présentant sous l'aspect de petites sphères bien isolées les unes des autres;
2<* Les diplocoques^ constitués par deux coques accolés;
y Les streptocoques^ formés de coques réunis en chaînettes plus ou moins longues, c'est-à-dire ayant de 3 ou 4 à 40 ou 50 grains; on peut comparer leur aspect à celui d'un collier de perles;
4** Les staphylocoques^ groupés en amas qu'on a comparés à des grappes de raisins;
5° Les tétracoques ou iétragè?ies, formés de quatre coques accolés et placés dans un même plan;
6" Les sarci7îes, dans lesquelles la division se fait dans tous les plans; ce sont de petits cubes formés par 8 coques, 4 sur chaque côté;
7** Les leuconostocs, constitués par un chapelet plongé dans une gangue gélatineuse;
8*^ Les ascocoques, réunion de coques enfermés sans ordre dans une gangue;
9° Les ^ooglées, représentées par des amas de microcoques réunis par une sorte de gelée.
Les BACILLES se divisent en sept groupes :
i<> Les bacilles proprement dits, bâtonnets minces et pour\'US de cils vibratiles qui assurent leur mobilité;
2" Les bacteriia/is, bâtonnets plus gros;
3° Les bactéridles^ bâtonnets gros et immobiles; le bacille du charbon rentre dans ce dernier groupe;
4° Les leptothrix, longs filaments cloisonnés;
5° Les beggiatoa, longs filaments plus épais;
6^ Les crénothrix, filaments analogues, mais entourés d'une gaine ;
7° Les cladothriXy bactéries qui paraissent ramifiées. Leur aspect est dû à ce fait que les éléments secondaires naissant par scissiparité, restent accolés au point où ils se sont développés; le bâtonnet primitif continuant à s'accroître, on prend
facilement les bâtonnets qui lui adhèrent pour des ramifications latérales.
Les spiROBACTÉRiEs sont des bactéries courbes qui comprennent :
I** Les spirosonia, bacilles en forme d'S, dépourvus de cils;
2° Les vibrio7is, caractérisés par des bâtonnets incurvés pourvus de 2 ou 3 flagelles à chaque extrémité;
3" Les spirohacilles, remarquables par leurs grandes dimensions et leurs spores endogènes;
4* Les spirilles^ microbes longs, en spirale peu serrée. Il ne faut pas les confondre avec les spirochètes^ qui sont pourvus d'une membrane ondulante et rentrent dans le groupe des protozoaires.
On appelle cocco-BAcrLLEs des h aciéries ovoïdes, provoquant chez les animaux et les hommes des septicémies hémorragiques. Le type du genre est représenté par le microbe du choléra des poules. Lignières range une partie de ces bactéries ovoïdes dans le genre pasieurella de Trevisan et désigne les maladies qu'elles provoquent sous le nom de pasteurelloses.
Entre les bacilles et les champignons existent des formes de transition, qu'on peut réunir en deux groupes principaux, les corynebactéries et les mycobactéries.
Les CORYNEBACTÉRIES sout remarquables par les ramifications qui apparaissent quand elles vieillissent ou quand elles se développent sur des milieux spéciaux. Tels sont le bacille de la diphtérie (Qorynehacterium diphieriœ) et le bacille de la morve (C. viallei).
Les MYCOBACTÉRIES coustitueiit un groupe très important que quelques auteurs rangent d'ores et déjà parmi les champignons dans la grande classe des Oospora. Le Bacille de la tuberculose^ le B. de la lèpre et, d'une façon générale, les bacilles dits acido-résistants, donnent dans certaines conditions des formes ramifiées et des éléments renflés en massue dont l'aspect est tout à fait semblable à celui de l'actinomycète. A l'analogie botanique se superpose une analogie clinique : il y a des ressemblances frappantes entre l'actinomycose et la tuberculose. Cultures et caractères généraux des bactéries. — La plupart des bactéries peuvent être isolées et cultivées sur
RoGEiu — La Môdocino. o
des milieux artificiels. La culture des bactéries est incontestablement la méthode qui a rendu le plus de services à l'étude de ces êtres et qui a permis de résoudre la plupart des problèmes que soulève l'histoire des infections.
On peut utiliser des milieux liquides ou des milieux solides.
Comme milieux liquides, on a employé des solutions minérales dont on a donné bien des formules, depuis les premières recherches de Cohn et de Nœgeli. On se sert aussi d'infusions végétales, et on utilise souvent des liquides préparés avec du foin, de la paille, de l'orge, du touraillon, etc. Dans la plupart des cas, on a recours à des substances animales; on emploie du bouillon de viande additionné ou non de peptone. D'autres fois, on donne la préférence à des produits naturels, sang défibriné, sérum, urine, lait, liquide d'ascite, humeur aqueuse, blanc d'œuf, etc.
Le deuxième procédé consiste à cultiver les microbes sur des milieux solides. On prend une infusion végétale ou animale et on la solidifie par l'adjonction de gélatine; ce milieu solide fondant à 23°, ne peut être placé à l'étuve. Pour faire des cultures à des températures de 37 ou 38°, on remplace la gélatire par une autre substance, la gélose ou agar-agar, qu'on trouve dans le commerce, sous le nom de varech corné.
Quand il s'agit de liquides naturels fortement albumineux, on se contente pour les solidifier de les coaguler par la chaleur. C'est ce qu'on fait pour le sérum sanguin, le sang défibriné, le blanc d'œuf. Enfin on utilise fréquemment des tranches de légumes cuits, pomme de terre, carotte, artichaut, etc.
On modifie encore les milieux en y ajoutant diverses substances nutritives, giycose, maltose, glycérine, ou certaines couleurs qui servent de réactifs, couleurs d'aniline ou teinture de tournesol.
Les milieux ayant été stérilisés par un chauffage convenable, on y dépose une parcelle d'une culture antérieure, ou bien on y sème le sang, l'exsudat, le suc d'organe qu'on suppose contenir un microbe. On peut laisser le développe-
ment se faire à la température ambiante. Le plus souvent on place la culture dans une étuve réglée à 38 ou 39°.
Suivant l'élément qu'on étudie, la culture est laissée à l'air libre ou mise à l'abri de l'air. Dan^ ce dernier cas, on emploie des tubes dont l'air a été extrait au moyen de la trompe ou qui ont été remplis par un gaz inerte. Il suffit souvent de recouvrir le milieu d'une couche d'huile stérilisée ou simplement de déposer le microbe au fond d'un tube contenant une assez grande quantité de gélose; l'air ne pénètre pas dans les parties profondes. Enfin, on a parfois recours à un dispositif qui permet d'absorber l'oxygène au moyen de l'acide pyrogallique et de la potasse.
L'examen des cultures même à l'œil nu, renseigne sur le développement des microbes. Les milieux liquides se troublent, les milieux solides se couvrent de petites taches plus ou moins volumineuses, plus ou moins saillantes, parfois translucides et peu visibles, plus souvent opaques, blanches ou colorées. Ce sont des colonies bactériennes, dont l'aspect varie notablement d'une espèce à l'autre et, pour quelquesunes, est tout à fait spécial.
En prélevant une parcelle de ces colonies et en pratiquant des examens microscopiques, on détermine facilement l'aspect morphologique des microbes, mais on constate en même temps que cette morphologie n'est pas fixe. Aussi la doctrine du monomorphisme soutenue par Cohn, a-t-elle dû céder devant la conception du polymorphisme développée par Nœgeli et appuyée par Pasteur. C'est une vérité banale aujourd'hui que la forme des bactéries, surtout de^bacilles,se modifie constamment.
Il convient de distinguer deux ordres de modifications.
Les microbes changent d'aspect à certaines périodes de leur développement; tel est le cas du colibacille qui affecte d'abord la forme de filaments, puis de bâtonnets et enfin d'éléments ovalaires. Des modifications non moins marquées s'observent dans les cultures anciennes où certains éléments, souvent renflés en massue, constituent ce qu'on appelle des formes d'involution.
Dans certains cas, les variations se produisent parce qu'on
a modifié le milieu et surtout parce qu'on y a ajouté des substances antiseptiques, à doses minimes; le développement est possible, mais la morphologie est bouleversée; de courts bacilles s'allongent en longs filaments, parfois se contournent en spirilles ou se segmentent en petits éléments arrondis.
Ce polymorphisme, bien que fort marqué, ne doit pas trop surprendre; c'est un cas particulier des grandes lois de l'évolution; le milieu variant, l'être ne saurait rester identique.
Certaines bactéries, le pneumocoque, le pneumobacille, le tétragène, sont entourées d'une capsule; mais ce caractère est aussi contingent que les autres. Les bactéries perdent leur capsule dans certains milieux, quelques-unes peuvent en acquérir accidentellement, c'est le cas du bacille charbonneux et de quelques streptocoques.
La propriété sporogènc n'est pas plus fixe : par certains artifices, on crée des races nouvelles dites asporog'enes. La bactéridie charbonneuse, après avoir été cultivée dans des bouillons additionnés de chromate de potasse, perd la propriété, dans les générations suivantes, de donner naissance à des spores, même si on la reporte dans des milieux ordinaires.
Sous l'impulsion des idées de Pasteur, on a pensé qu'on trouverait une base de classification dans l'étude à^?, fervientalions que produisent les microbes. Mais le pouvoir fermentatif, comme les autres propriétés, se modifie dans une foule de circonstances. Son étude fournit des renseignements importants, mais ne saurait suffire aux besoins d'une classification.
On ne peut se baser davantage sur la fonction chromogcnc des microbes. Il en est qui produisent divers pigments, du vert, du rouge, du jaune, du violet. Mais, en les plaçant dans des conditions dysgénésiques, en les soumettant à des températures élevées, à l'influence de l'oxygène comprimé ou à l'action des substances antiseptiques, on arrive à supprimer cette fonction, parfois d'une façon permanente.
D'après leur habitat et leur action sur les êtres vivants, les
microbes ont été divisés en trois groupes, les saprophyteSy les parasites et \qs patJiogènes.
Les saprophytes sont ceux qui pullulent sur les matières mortes; les parasites sont ceux qui vivent sur les êtres vivants, sans leur nuire d'une façon notable; les pathogènes sont ceux qui provoquent le développement des maladies. Cette distinction n'est pas absolue. Certains saprophytes, tombés accidentellement dans un organisme vivant s'accoutument à ce nouveau milieu et s'élèvent au rang de parasites ou d'agents pathogènes. Vincent a réussi cette transformation en cultivant des saprophytes dans des sacs de coUodion qu'il insérait dans le péritoine de divers animaux; c'est ce qu'il a obtenu avec le B. megateriuin et le B. mesentericus viilgatus. Les parasites, que nous portons sur nous, se modifient dans une foule de circonstances : l'exaltation de nos hôtes habituels est une des principales causes des maladies infectieuses. Réciproquement, les agents les plus virulents perdent, à certains moments, leur action pathogène et retombent au rang de parasites ou de saprophytes. Sur ces variations fonctionnelles est basé le grand principe des vaccinations par les virus atténués.
Il faut se rappeler enfin que lés cultures ne sont jamais homogènes. Les microbes, en tant qu'êtres vivants, ont leur individualité. Dans une colonie quelconque, il y a toujours certains individus plus exaltés ou plus résistants que d'autres. C'est ce qui nous explique pourquoi les petites doses d'antiseptiques ne tuent pas tous les microbes à la fois, mais diminuent seulement leur nombre : ce sont les plus faibles qui périssent. De même, une colonie d'un microbe chromogène, largement étalée sur une surface nutritive, donnera naissance à des colonies nouvelles, dont quelques-unes seront fortement pigmentées, dont quelques autres seront incolores. Les mêmes remarques s'appliquent aux propriétés pathogènes. Les variations fonctionnelles, les atténuations et les exaltations sont des modifications individuelles.
Nous conclurons que, pour déterminer une espèce microbienne et savoir quelle est sa place dans la classification, on doit poursuivre des recherches fort longues; car il faut tenir
compte de toute une série de caractères. Il faut étudier com- J
plètement sa morphologie, ses affinités pour les matières "
colorantes, l'aspect de ses cultures sur les divers milieux, ses propriétés fermentatives et son action pathogène. C'est en se basant sur l'ensemble des propriétés du microbe qu'on arrive à une conclusion. Encore est-il qu'il est parfois fort difficile de se prononcer et de reconnaître l'espèce qu'on a sous les yeux.