‹ La médecine, histoire et doctrinesChapitre 115 sur 118 · AS · texte numérisé non relu

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service du bureau central et dans les remplacements dont ils ont pu être chargés. De plus, ils sont en quelque sorte responsables du diagnostic qu’il portent et du traitement qu’il emploient devant les élèves attachés à leur service ou qui suivent leur visite; ils ne peuvent leur cacher, ni les erreurs de diagnostic que l’autopsie vient souvent redresser, ni les fautes de leur thérapeutique. — Les élèves attachés aux services divers exécutent, avec une intelligence et un zèle qu’on ne trouverait nulle part ailleurs, les prescriptions des chefs. Leur intervention est indispensable comme aides dans les opérations chirurgicales et comme secours en cas d’accidents consécutifs. La présence continuelle d’un interne de garde dans les établissements hospitaliers est encore une garantie contre les accidents imprévus qui peuvent survenir. — Quelque bien organisés que soient des bureaux de secours à domicile, on ne pourra jamais remplir ces conditions diverses.

2° Les malades trouvent dans les hôpitaux des conditions hygiéniques beaucoup meilleures que celles qu’on pourrait leur procurer chez eux, même avec des secours assez élevés, — Il suffit d’avoir exercé quelque temps comme médecin des bureaux de bienfaisance, 'pour connaître l’insalubrité des logements des pauvres malades qu’on visite, leur dénûment absolu, l’absence complète d’objets de literie et de linge, et enfin la misère de tout ce qui les entoure, pour être parfaitement convaincu des dépenses qu’il faudrait faire pour remédier seulement à quelques-unes de ces conditions, et même encore de leur insuffisance pour changer un tel état de choses; et pour bien comprendre le découragement du médecin qui, en présence de toutes ces impossibilités, se voit obligé de conseiller l’hôpital. Là, en effet, les pauvres malades trouvent un air, sinon parfaitement pur, du moins beaucoup plus salubre que chez eux, des salles où ils respirent plus librement, du linge à discrétion, des lits sains et des aliments qui, s’ils n’égalent pas ceux qu’on sert sur la table des riches, sont du moins infiniment préférables à ceux qu’ils auraient pu se procurer chez

APPENDICE

eux. Enfin , ils trouvent dans leur convalescence des conditions de salubrité plus grandes encore, au moyen des promenades qu’ils peuvent faire dans les jardins que possèdent les hôpitaux , et dans la continuation des soins médicaux qu’ils reçoivent jusqu’à leur guérison complète.

3° Les secours donnés dans les hôpitaux profitent tout entiers au malade et sont adressés à la maladie. On doit insister sur cette considération; car les secours donnés par les bureaux à des malades soignés à domicile s’éparpillent nécessairement sur leur famille entière, plongée dans la misère; le bouillon fait pour le malade, le vin qui lui est donné pour rétablir ses forces, sont absorbés par les autres membres de la famille aussi bien que par lui ; enfin, l’argent qui est remis [pour l’aider est bien souvent employé pour payer des dettes, ou absorbé par un père, un fils, un mari, pour être dépensé au cabaret. — Les pensions que l’administration des hôpitaux s’est décidée à donner à un certain nombre de vieillards des deux sexes, pour remplacer leur admission à Bicêtre ou à la Salpêtrière, sont, ainsi que je l’ai déjà fait observer, exactement dans le même cas. Elles apportent un peu de soulagement dans la famille du vieillard auquel on l’accorde, cela est vrai; mais ces secours s’éparpillent sur une famille entière malheureuse et indigente, et ils ne profitent pas à l’individu âgé, épuisé par les infirmités ou une longue misère, et qui, à la fin de sa carrière, n’aurait pas trop de toute la somme que l’administration lui donne et que sa famiille absorbe.

4» Les malades guérissent aussi bien , si ce n’est mieux dans les hôpitaux que chez eux.

C’est une des questions qui ont été le plus controversées, et qui cependant me paraît assez simple. Pour la décider d’une manière absolue, il faudrait baser son opinion sur une statistique raisonnée : connaître, d’une part, le nombre de malades de la classe •peu aisée soignés à domicile, et la proportion de leurs décès, et de l’autre, faire la même opération pour les malades des hôpitaux, mais en supposant qu’ils y ont été apportés dès le commencement de leur

HOPITAUX ET HOSPICES

maladie et sans distinction de gravité ; car un grand nombre d’admissions dans les hôpitaux sont relatives à des malades déjà soignés à domicile, et qui, arrivés au dernier terme de leur maladie, sont envoyés dans les maisons hospitalières pour y mourir.

Une telle stafistique raisonnée est impossible à demander et à exécuter. Il faut donc se contenter des documents que l’on possède. Eh bien, ces documents prouvent qu’avec toutes ses mauvaises chances d’admission de malades arrivés à la dernière extrémité, la mortalité des hôpitaux n’est pas très-considérable, et qu’elle n’est que de 1 sur 11, à peu près. Yoici un tableau statistique des admissions, des décès et du nombre de journées de séjour dans les divers hôpitaux de la capitale pour l’année 1848. Je reproduis ce document complet, à cause de son grand intérêt.

-ANXÊE 18 48.

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