Traité de la Pneumonie, seconde édition. Paris
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tion, fondée d’ailleurs, de faire profiter la pratique de l’expérience accumulée par une longue suite de siècles. Sans ce double contrôle, l’histoire delà pathologie est lettre morte et étude stérile, et la pratique actuelle est privée d’un de ses plus solides appuis.
Malheureusement l’histoire a, je le sais, comme la médecine elle-même, ses fantaisistes et ses mystiques, qui ont horreur des textes , qui affichent même la prétention de ne pas suivre les sentiers ordinaires, qui se soucient autant de l’érudition que de la chronologie, et courent après les idées sans pouvoir toujours les atteindre. Paix à ces ouvriers de la dernière heure ! Ne troublons pas le bonheur qu’ils éprouvent à parler avec abondance et stérilité des sujets que les plus experts n’abordent qu’en tremblant.
Ainsi deux écoles se disputent la médecine et son histoire ; dans l’une, on redoute le matérialisme brutal des faits et des textes, dans l’autre, on est persuadé qu’une science d’observation et que son histoire ont tout à craindre de l’idéalisme, et tout à gagner dans l’étude de faits bien constatés et de textes bien établis. Comme médecin et comme historien, j’ai toujours appartenu à cette dernière école ; j’y reste fidèle parce que je crois que c’est la bonne et la vraie.
Si le lecteur, en parcourant ce volume, trouve que, malgré la diversité des sujets qui y sont traités , les principes de critique n’ont pas varié , mon ambition
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INTRODUCTION
sera satisfaite, et je n’aurai pas trop à me repentir d’avoir suivi la mode et cédé, un peu malgré moi, je l’avoue, aux sollicitations de mon honorable éditeur.
Les chapitres qui composent ce livre viennent tous, à deux exceptions près ‘ , du Journal des Débats , dont les portes m’ont été gracieusement ouvertes par M. Berlin et par M. de Sacy.
C’est un événement dans la vie et un événement des plus heureux, que d’être compté au nombre des rédacteurs àw Journal des Débats; ce n’est pas seulement un honneur, c’est un avantage littéraire inappréciable; il n’y a pas en effet d’exercice plus salutaire que les efîorts auxquels on doit se livrer journellement pour ne pas trop rebuter des lecteurs curieux, mais pressés, et qui demandent aux journaux, en matière d’érudition et de science, des résultats et non pas des discussions.
1. L’Histoire de l’École de Salerne (voir note 1, p. 130, de ce \o\.)^etla Philosophie de Galien, destinée d’abord au Dictionnaire des sciences philosophiques, publié par M. Franck, puis réimprimée, avec des additions, dans la Gazette médicale de Paris.
Paris, le 28 mars 1863.
Ch. Daremberg^