‹ La médecine, histoire et doctrinesChapitre 7 sur 118 · Horat., Epist., I, i · texte numérisé non relu

Horat., Epist., I, i

2, César, chap. 4 et 42.

DE LA MÉDECINE

porte), qui l’accompagnait dans ses expéditions; même pour attirer et fixer à Rome les médecins et tous ceux qui enseignaient les arts libéraux, le dictateur leur donna le droit de cité. Cette mesure prouve que depuis longtemps on était en commerce régulier avec la médecine et avec les médecins.

S’il est vrai qu’Archagathus fut le premier médecin grec qui vint tenter la fortune à Rome, il est également certain que la brèche, une fois ouverte, ne se referma plus derrière lui; et dès cette époque Pline aurait déjà pu dire : « Nous n’avons que ce que nous méritons. Personne ne veut plus savoir ce qui est nécessaire à son propre salut. Nous nous promenons par les jambes d’autrui.... nous ne vivons que par autrui. Les biens précieux de la nature et les instruments de la vie sont perdus pour nous; nous ne gardons comme à nous que nos délices. Nous périssons sous la multitude des médecins. »

Mais aussi pourquoi la « gravité romaine» {romana gravitas) a-t-elle dédaigné de cultiver la médecine, et pourquoi le peu de Romains qui s’en sont mêlés ont- ils passé immédiatement aux Grecs iad Grœcos transfugœ) ? La confiance qu’inspirent au vulgaire la nouveauté et rinconnu, le dédain orgueilleux des Romains pour les arts, où la main intervient forcément , d’anciennes préventions contre la médecine, la faconde entraînante des nouveaux venus et leur mérite incontestable, nous expliquent comment les médecins grecs eurent immédiatement à Rome le gros de la belle et bonne clientèle, comment l'histoire enregistre si peu de noms libres parmi les médecins romains, et, en même temps, com-

DANS LES POÈTES LATINS

ment la lille d’Esculape, si honorée sur le sol de la Grèce, fut abandonnée à Rome aux étrangers ou aux mains des esclaves et des affranchis, d’où ce mot flétrissant : œgroti imperantes; on commandait^ on ne mandait pas le médecin ^

ENKIÜS.

Mais il est temps de revenir à nos poètes, chez qui nous trouverons, même chez les plus anciens, vivant en assez bonne intelligence, toutes les diverses espèces de médecine en honneur à Rome, celle des dieux aussi bien que celle des hommes, celle d’Hippocrate comme celle de Caton.

Donc, pour entrer immédiatement en matière, nous commencerons par le commencement, c’est-à-dire par Ennius, Ennius le sage, le hrave, cet autre Homère, comme disaient les critiques du temps d^Horace :

Ennius, et sapiens et fortis et alter Homerus ,

Ut critici dicunt®...

M. Malgaigne a trouvé dans le vrai Homère la matière de deux dissertations aussi attachantes qu’ins-

1. Cicéron, inPison. 34 ; Sénèque, de Benef.,\l, 16 et 38. OnTOit aussi , par différents passages rassemblés dans la dissertation de Schlaeger {Historia litis de medicorum apud veteres romanos degenlitim conditione, p. 311, de l’édit. d’Ackermannl , que beaucoup de médecins se livraient à toutes sortes de métiers plus ou moins ignobles, sans excepter celui de bourreau. L’histoire du moyen âge offre de pareils exemples.

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