‹ La médecine, histoire et doctrinesChapitre 93 sur 118 · DU MALADE ET DU MÉDECIN · texte numérisé non relu

DU MALADE ET DU MÉDECIN

ue faut tailler ni trop courts ni trop longs, afin qu’ils servent dans les opérations et qu’ils ne gênent pas pour tâter le pouls ; jusqu’à la barbe enfin et aux cheveux qu’on peignera avec soin. Il n’oublie ni les odeurs que le médecin doit rechercher, ni celles qu’il doit fuir ou combattre, soit qu’elles lui viennent du parfumeur, soit qu’une nature peu bienveillante l’en ait gratifié, — ni l’orientation et la décoration de son cabinet et de son officine*, — ni la forme et le degré de propreté de ses meubles ou ustensiles ; ni enfin la manière de se présenter et de tenir conversation. Il lui interdit également l’air sombre ou affairé, les façons bruyantes ou affectées, le ton humble ou arrogant, les paroles rudes ou facétieuses; le tout, bien entendu, en vue du bien des malades et de la dignité de l’art. Un poète, je veux dire un versificateur du moyen âge ajoute quelques détails : il veut que le médecin laisse briller une belle bague à son doigt et qu’il enfourche une monture de grand prix:

Clemens accédai medicus cum veste polita;

Luceat in digitis splendida gemma suis ;

Si fieri valent, quadrupes sibi sit pretiosus.

Mais moins désintéressé qu’Hippocrate, il affirme que plus le médecin affichera de luxe, plus le client sera généreux :

Splendidus ornatus plurima dona dabit;

Viliter indutus munus sibi vile parabit ;

Nam pauper medicus vilia dona capit.

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