PRÉFACE
Dans notre Cours théorique et pratique d’accouchemens, nous n'avons point discuté les differentes questions de Médecine légale relatives à cette branche de Fart; ce n’était point alors notre affaire. Nous n’y avons pas songé non plus dans nos Traités des maladies des femmes et des enfans , la nature des matières le permettait encore moins.
Toutefois, dans chacun de ces trois ouvrages, nous avons établi des bases ou principes qui doivent nécessairement retrouver place dans celui-ci , et nous aider à développer 1 a science de l’accoucheur-expert; science sans laquelle il est impossible aux gens de Fart, soit médecins, soit chirurgiens, d’éclairer les tribunaux qui invoquent leur assistance et leurs lumières ; science en même temps des plus délicates, puisqu’elle enj seigne à éviter la méprise et l’erreur dans la poursuite judiciaire de crimes qui ou-
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tragent la nature, la justice et la morale.
D’abord, dans le Traité d’accouchemens, nous avons décrit T état naturel du bassin et des parties génitales, tant externes qu’internes de la femme, les signes caractéristiques de la grossesse, et les changemens qu’elle occasionne dans les mamelles, dans le système delà matrice et dans les parois de l’abdomen ; nous y avons aussi exposé l’époque , les causes et les phénomènes de l’accouchement; expliqué le mécanisme de cette fonction ; présenté le tableau des accidens qui peuvent la compliquer et la rendre plus ou moins difficile; enfin, indiqué lés suites naturelles des couches, et les marques ou traces ineffaçables qu’ellesimpriment le plus communément sur le corps de la femme.
Nous y avons parlé encore du foetus et de ses dépendances, de ses accroissement dans le sein de la mère, dont il est l’annexe et pour ainsi dire le parasite durant la grossesse; nous avons considéré la pesanteur, les dimensions^ la conformation de son corps, en un mot, l’état de ses organes au terme de sa maturité ou à l’époque de sa
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naissance , lorsqu'il passe de la vie commune, intérieure, à la vie propre, extérieure. Nous avons principalement insisté sur la circulation ou progression de ses fluides, et sur les changemens ou modifications qu’elle éprouve pendant le travail de l'accouchement, et par l’effet de la respiration ou de la vie complète ; enfin, nous avons signalé les dangers auxquels il est naturellement exposé en venant au monde.
Dans le Traité des maladies des femmes , nous avons tracé le tableau des affections relatives à la menstruation, à la génération et à la lactation : ce qui a dû nous conduire nécessairement à parler encore de la grossesse , de l'accouchement et des modifications ou changemens qu'ils occasionnent dans les mamelles, dans la matrice et les autres organes de la génération.
Le Traité des maladies des enfans nous a fourni également l’occasion deconsidérerle nouveau-né, et de passer en revue les diverses affections avec lesquelles il peut venir au monde, soit qu’elles dépendent de la conception ou de la grossesse, soit qu’elles ré-
PRÉFACE, sultent de l’accouchement naturel ou non naturel : affections qu’il importe de Lien connaître en médecine légale, puisqu’il s’agit quelquefois de les distinguer d’avec les sévices ou blessures que l’enfant peut avoir reçues d une main homicide pendant ou après sa naissance.
Or, qui pourrait contester que toutes ces notions préliminaires sur la femme et sur l’enfant ne soient utiles, même absolument indispensables, quand il s’agit d’examiner et de juger les questions médico-légales de défloration, de viol, de grossesse, de superfétation, d’accouchement, de viabilité, de suppression de part, de naissances prématurées ou tardives, d’avortement, d’infanticide : questions qui intéressent l’honneur, la fortune et la vie des individus, le bonheur des familles et le repos delà société ?
Mais ces notions étaient trop éparses, trop isolées, trop vagues, et même trop générales dans les ouvrages où nous les avons consignées, pour former un corps de doctrine médico-légale relative à l’art des