‹ La médecine légale, relative à l'art des accouchemensChapitre 35 sur 40 · QUINZIÈME EXEMPLE · texte numérisé non relu

QUINZIÈME EXEMPLE

Rapport qui constate un avortement dont la mère ri* est point coupable.

Nous soussigné, docteur en médecine de la Faculté de...., habitant de la ville ou commune de — , canton de — , arrondissement de....,

département de ; sur la réquisition de....,

à nous signifiée par le sieur N — , huissier ,

nous sommes transporté aujourd’hui ,

jour du mois de — , année , à l’heure de... ,

avec les sieurs N. N , dans la maison de....,

sise rue de.... , n°.... , chambre.... , étage...., pour y visiter la demoiselle ou dame , fille ou

femme — , âgée de , exerçant la profession

de.... , qui venait de faire une fausse couche, et pour constater son état.

Arrivé dans la maison et chambre désignées , nous avons trouvé ladite , alitée et souf-

frant par intervalles de douleurs dans l’abdomen ou ventre.

Nous avons observé qu’elle avait un œil poché, avec une ecchymose sur la paupière gauche et sur une portion de la pommette correspondante : désordre qui doit avoir été occasioné par un instrument contondant ou par un coup de poing.

La peau était sèche , un peu chaude ; le pouls petit > accéléré , mais régulier.

En visitant les parties génitales, nous avons observé qu’elles étaient légèrement gonflées , et couvertes de sang; la matrice avait plus de volume que dans l’état ordinaire ; l’orifice en était souple et dilaté; il avait donné issue à une grande quantité de sang , dont une partie était réduite en caillots, et l’autre avait traversé les linges placés sous la malade.

Les mamelles étaient un peu douloureuses , mais d’un volume , d’une forme et d’une consistance ordinaire ; il 11’en sortait aucune humeur, même par la pression.

On nous a présenté ensuite, dans une cuvette , une masse assez considérable, spongieuse, irrégulière , d’un rouge foncé , entourée de sang, partie fluide , partie coagulé , que ladite.... avait également rendue par la matrice. Après avoir lavé cette masse à grande eau , nous avons reconnu que c’était l’arrière-faix auquel paraissait attachée une vessie membraneuse , un peu opaque ^ recouverte de quelques filaraeris graisseux , rougeâtres , remplie de liquide et contenant un embryon de huit lignes de longueur à peu près.

Nous avons interrogé ladite... . sur les causes et circonstances qui avaient produit et précédé l’état où elle était. Elle nous a répondu que l’avant veille, dans une rixe , elle avait été frappée rudement par un homme robuste qui l’avait jetée par terre ; qu’elle s’était retirée aussitôt

chez elle, et avait appeléson chirurgien qui l’avait fait mettre au lit et l’avait saignée ; que depuis elle avait observé la diète et le repos ; que , malgré toutes ces précautions, elle avait eu une perte de sang , avec des douleurs aux reins v et au ventre , qui avaient augmenté graduellement jusqu’après l’expulsion de la masse sus-mentionnée.

D’après toutes ces observations , nous concluons que ladite a réellement fait une

fausse-couche ; que l’embryon qu’elle a rendu avait à peu près un mois et demi de conception , et que son expulsion prématurée hors de la matrice a été occasionée par les coups que ladite — a reçus , et dont elle porte encore des marques au visage, ainsi que par la chute violente qu’elle a faite à terre.

En conséquence , nous avons dressé le présent rapport que nous avons clos à l’heure de — , en présence de.... , et que nous certifions conforme à la vérité et aux principes de l’art des accouchemens.

Fait à... , les jour , mois et an ci-dessus*

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