CONCLUSION
Mais de tels hommes sont extrêmement rares. A peine en pourrait-on trouver un par siècle. Que peuvent donc faire les médecins consciencieux, philanthropes, qui veulent, malgré toute l’incertitude de la science, soulager les misérables qui appellent à l’aide? Ils peuvent tout de même beaucoup. Quel que soit le système qu’ils appliquent, ils n’ont, puisqu’ils sentent leur faiblesse, qu’à invoquer ou à évoquer la force toute puissante de l’Esprit. Cet invisible auxiliaire est à l’affût de toutes les bonnes volontés, je vous l’affirme. Sachez qu’il se tient à votre service; que votre élan de compassion est le charme infaillible auquel il obéit; il peut donner à n’importe quel médicament, à n’importe quelle parole, une vertu extraordinaire. Oubliez-vous un peu seulement, vous, le souci de votre fortune et Tinquiétude de votre réputation; le plus savant ne sait rien, le plus puissant ne peut rien sans Lui : appelez-le ; et toutes
les fois que la demande sera juste, elle sera exaucée.
Le malade paie une dette ; si vous lui évitez la souffrance corporelle, il paiera par sa richesse, par sa réussite, par ses affections, par sa célébrité ; il y a donc des cas où même un envoyé du Ciel laisse les choses suivre leur cours, malgré la licence qu’il a de puiser dans le trésor divin. Quand une épreuve arrive, son destinataire reçoit aussi l’aide pour la supporter. NeVeuillez donc pas guérir à toute force; savez-vous si vous ne donnerez pas au malade le malheur en échange de la santé ? Il faut obéir à la volonté du Ciel, tout en mettant en œuvre nos ressources les plus complètes pour alléger le prochain. Et là encore, l’observance de la loi morale est le critérium infaillible, la médication certaine, le dynamisme énergique, la sagesse suprême. C'est pourquoi il est également vrai, en thérapeutique, que si Ton cherche d'abord la justice de Dieu, c’est-à-dire la plus belle vérité et la meilleure bonté, le reste, soit les guérisons im¬
probables, sera donné par ticien croyant.