‹ La médecine publique en AngleterreChapitre 8 sur 35 · RÉSUMÉ DE L'ORGANISATION ANGLAISE · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DE L'ORGANISATION ANGLAISE

Après avoir pénétré dans les détails de l'organisation de la médecine publique en Angleterre, peutêtre ne sera-t-il pas inutile d’en rassembler ici les traits les plus significatifs, et d'appeler l'attention sur les divers points où l'exemple de sa voisine pourrait suggérer à la France les modifications qu'il lui serait profitable d'apporter à ses propres institutions.

En confiant à un seul département ministériel la haute direction du service de santé, les Anglais ont agi suivant le principe qui veut, pour la bonne marche des affaires, l'unité d'action. On peut reoretter que ce principe n'ait pas été appliqué dans toute sa rigueur. Tout en étant partisan du système de décentralisation conforme aux aspirations d’indépendance et d'initiative dont le caractère national est si fortement imbu, on peut déplorer le défaut d’autonomie dont souffre le pouvoir central : à l'inverse de ce qui se passe en France, c’est le pouvoir central qui est mis en échec par les communes : on s'étonne

de trouver réunies les questions les plus étrangères les unes aux autres et que les mêmes fonctionnaires aient la haute surveillance de l'exécution des lois relalives aux pauvres, à l'instruction primaire, et aux affaires communales, concurremment avec celles ayant trait à l'hygiène ; enfin qu'ils forment un corps politique appelé à changer avec le gouvernement. On a aussi critiqué la faculté laissée aux municipalités d'adopter ou de rejeter les prescriptions de la loi de 1875. Ainsi que nous l’avons exposé, le législateur a dû céder devant des considérations dont 1} était contraint de reconnaître la légitimité. Cependant un moment viendra où, soutenu par l'opinion publique, il se sentira autorisé à compléter, par la sanction de l'obligation, les mesures qui, sans elle, sont demeurées dans certains comtés à l’état de lettre morte. Toute modification, nous ne nous le dissimulons pas, sera hérissée de difficultés. Elle demandera à être introduite avec le plus grand tact. Ces questions d'initiative administrative sont des plus délicates ; elles risquent de devenir abusives. Mais on peut dire que le droit de l'Éat prime les autres, et même, n'en déplaise aux partisans de l'autonomie communale... en France, celui des communes. L'état est muni par essence d’un pouvoir coercitif contre celles qui montrent de la mauvaise volonté, et son intervention en cas d’hésitation ou de refus, ne saurait passer pour arbitraire. C'est la profonde aversion qu’on professe en Angleterre pour tout changement subit qui produit de

Page 1