‹ La Médiastinite SyphilitiqueChapitre 21 sur 29 · PRONOSTIC ET TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PRONOSTIC ET TRAITEMENT

Le pronostic de la médiastinite syphilitique est sérieux en raison de la région particulièrement délicate où elle évolue et surtout parce qu'elle est, le plus souvent, méconnue et que c'est trop tardivement qu’on vient lui opposer un traitement approprié. C'est néanmoins la moins grave de toutes les médiastinites, car le médecin dispose envers elle d’une thérapeutiqué véritablement active. Le pronostic si grave de l’'oblitération de la veine cave supérieure s'amende par la notion de cette possibilité d'une compression due à la syphilis. Les observations de Comby, de Barth, témoignent de guérison de malades qui seraient très probablement morts sans le lraitement.Certains troubles fonctionnels dus à l’anévrysme de l'aorte peuvent être très améliorés lorsqu'ils dépendent d’un processus de médiastinite concomittant et accessible au traitement. Toutes les compressions au médiastin nerveuses, bronchiques, vasculaires, si graves lorsqu'elles sont dues au cancer ou à la tuberculose permettent quelque espoir lorsqu'on peut les rattacher à la syphilis.

L'efficacité du traitement dépend surtout de sa

précocité. Il sera sans action sur des tissus fibreux,

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déjà selérosés ; il n’agira que sur des lésions gommeuses en évolution.

Ilest capital de faire le diagnostic le plus tôt possible et en présence d'un syndrome médiastinal, si l’on soupçonne la syphilis,il faudra se hâter d’instituer un traitement mercuriel intensif.

On donnera la préférence aux sels solubles et l’on pratiquera des injections intra-musculaires de benzoate ou de biiodure de mercure à la dose de deux centigrammes par jour, par séries de quinze piqûres.

Le mercure convient à tous les malades, et l’élimination urinaire étant bonne, on peut continuer le traitement pendant plusieurs mois en laissant un repos d’une dizaine de jours entre chaque série d'injections.

Chez les syphilitiques tuberculeux, l’hectine pourra rendre des services. On pratiquera tous les jours une injection intra-musculaire de dix centigrammes pendant quinze jours.

Chez tous ces malades on se défiera beaucoup de l'iodure de potassium qui pourrait déterminer des poussées congestives et œdémateuses.

Quant au salvarsan, il peut être employé prudemment à petite dose, en cas d'échec du traitement parle mercure. M. Vaquez l’a expérimenté sans inconvénient chez des malades atteints d'ectasie aortique. On ne dépassera jamais la dose de 30 centigrammes hebdomadaire. On s’abstiendra de cette médication héroïque chez les cachectiques, les congestifs, les

malades trop âgés ou présentant des ‘6sions très marquées du foie ou du rein.

Dans les cas de lésions trop anciennes, le traite-

ment médical le mieux ordonné est impuissant et

certains chirurgiens ont pratiqué la thoracotomie pour aller lever les adhérences fibro-scléreuse du médiastin.

Décrite sous le nom de cardiolyse par Brauer cette opération aété pratiquée en France par Lejars,Lecène, Hirtz et Delbet.Elle s'applique surtout à la médiastinopéricardite calleuse et à la symphyse du péricarde, mais ne change pas de technique pour toutes les médiastinites fibreuses.

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