OBSERVATION X
(Lian et Baron, Progrès médical, 16 novembre 1912.)
Fièvre, adénopathies, hépatite et médiastinite syphilitiques longtemps méconnues. — Guérison par le traitement
mercuriel puis arsenical.
M. Z.., trente ans, n’a rien d’intéressant à signaler dans
ses antécédents. En mars 1910 apparaissent les premiers
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de constriction à la gorge. Presque asphyxié, congestionné, il rentre à pied chez lui, Dans le courant de mars et avril, des spasmes glottiques se reproduisent souvent au moindre effort. Un médecin consulté trouve la paroi postérieure du pharynx rouge, œdémateuse, et constate une température de 3805. Le malade depuislors prend régulièrement sa température, et, nous pouvons le dire dès maintenant, il conserva de la fièvre jusqu’à son entrée à l'hôpital Beaujon en novembre 1911. En mai 1910, il a un accès de suffocation tel qu'il tomba sans connaissance. .
Le malade passe le mois de juin à Saint-Honoré-les-Bains. Là on remarque que le pouls est à 100-120 pulsations. Depuis lors. le malade prend régulièrement son pouis, qui restera toujours troublé, accéléré ou ralenti. Le malade maigrit (17 kilos de mars à septembre 1910). Deux médecins conseillent un séjour en Suisse. Le malade séjourne en Suisse pendant trois mois et augmente de 3 kilos, mais la fièvre persiste. Quant aux troubles du pouls, ils se modifient: le pouls est tantôt rapide, 100, 120, 130 ; tantôt très arythmique, tantôt ralenti, 50, 45 et même 4o. Tendances syncopales.
Il rentre en France en février 1911. Contracte une pneumonie du sommet droit. Il est soigné dans un service hospitalier. L'examen bactériologique des crachats ne révèle ni bacille de Koch, ni pneumocoques. Au bout de quinze jours, il quitte l'hôpital, sa température est normale, le pouls est
lent.
Après trois semaines d’apyrexie la fièvre réapparaît, en
même temps que les gangiions du cou grossissent un peu.
La tachycardie devient constante. Deux accès de spasme
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glottique, dont l'un avec perte de connaissance complète. En juin 19171, il entre dans un autre service hospitalier. On fait plusieurs hémocultures qui sont négatives ; une séroréaction de Wassermann négative; deux biopsies de ganglions cervicaux, dont l'examen microscopique, l’ensemencement, l’inoculation ne fournissentpas de renseignements intéressants.
Le malade rentre dans sa famille. Le foie, malgré des séances de radiothérapie, augmente de volume.
En novembre 1911, le malade consulte le D' Castaigne. La palpation du foie lui suggère le diagnostie de syphilis hépatique. Une nouvelle séro-réaction de Wassermann est positive, une intra-dermo-réaction à la tuberculine est négative. Le malade entre à Beaujon dans le service du professeur Debove. |
L'examen radioscopiqueetradiographique du médiastin est pratiqué par M. Desternes. En position frontale, l'opacité aortique est surmontée par une zone d'une opacité un peu moins grande. En position oblique antérieure droite et oblique postérieure gauche, on voit les deux tiers supérieurs de l'espace clair rétro-cardiaque obscurcis par une zone opaque, surtout à la jonction des ombres cardiaques et aortique. Cette zone n'est pas uniformément opaque et présente des contours irréguliers (Pas de battements).
On constate de la circulation veineuse collatérale. Tachycardie. Pas de tabès.
On pratiqua deux séries de 10 injections quotidiennes de 2 centigrammes de biiodure, séparées par dix jours de repos. Dès la troisième piqûre, la fièvre persistant depuis plus
d'un an s atténue pour disparaître à la cinquième (page 46).