OBSERVATION XIV
(Sergent, Presse médicale, 3 août 1912.)
Médiastinite chez une femme syphilitique et tuberculeuse.
— Amélioration par le traitement mercuriel.
Femme de cinquante-septans, dont le mari est mort subiie ment à cinquante-sept ans. Ni enfant, ni fausse couche. En 1892, pleurésie gauche. En 1906,éruption généralisée sur tout le corps, accompagnée de chutes des cheveux. En janvier 191 1,bronchite à la suite de laquelle elle conserva de l’oppres sion ; une dyspnée assez considérable se manifesta progressivement s’exagérant si la malade se couchait sur le côté gauche. Peu à peu apparurent des crises de suffocation, il semble à la malade que l'air ne peut plus pénétrer par suite d’une obstruction des voies aériennes. Expectoration de crachats nummulaires striés de sang,légère élévation de température, sueurs nocturnes et amaigrissement.
Lorsqu'elle entra dans le service,la dyspnée était considérable, orthopnée, bruit de cornage strident, tirage sus et sous-sternal. Toux coqueluchoïde.
Développement des veines présternales.
Pouls et cœur ne présentent aucun caractère anormal.
Aux deux sommets, signes d'infiltration tuberculeuse à forme fibro-caséeuse, Au niveau du hile, zone de matité et souffle bronchique bi-latéral surtout à gauche.
Pas de modifications des réflexes. Pas d'Argyll, mais inégalité pupillaire.
Sur le bord antérieur de la jambe gauche, ulcération
syphilitique. Séro-réaction de Wassermann nettement positive. Bacilles de Koch dans les crachats.
A la radioscopie, opacité du médiastin, pas de centre de mouvements expansifs.
Oninstitue le traitement spécifique. La plaie de la jambe se cicatrise rapidement, La médiastinite diminue considérablement d'étendue, l’espace clair rétro-cardiaque supprimé au début devient nettement visible à la radioscopie. Les troubles fonctionnels sont améliorés, le cornage diminue
peu à peu, un certain degré d’oppression persiste,
OBSERVATION XV (Inédite)
(En collaboration avec le Dr Baudoin.)
et troubles laryngés. — Amélioration par le trailement
arséno-mercuriel.
as Mn: La..., trente ans, ne présente aucun antécédent intéressant. Son mari âgé de soixante-dix ans est atteint d’ulcères 4 variqueux des jambes à forme gommeuse. Une fillette de sept ans bien portante. Pas de fausse-couche.
Au début de 1909 apparurent des douleurs au niveau de Ja région thoracique antérieure gauche et une voussure douloureuse à la pression. Peu de temps après, des accès de suf- focation avec angoisse et cyanose survenaient plusieurs fois par jour, s’accompagnant de troubles de la voix : dysphonie
et aphonie passagére.
La malade fit un séjour à la Pitié et éprouva une amélioration considérable à la suite d’injections de biiodure. C Au début de 1912 les mêmes symptômes réapparurent. La dyspnée est très marquée, des accès asthmatiformes très fréquents, la voussure thoracique douloureuse, la dys-
phonie intermittente. Aucun signe d’anévrysme, les deux
pouls radiaux sont égaux et bien frappés. ;-
La radiographie révèle une ombre très opaque du a “4 d’une noix, bien limitée, au-dessus du cœur, presque sur la M ligne médiale, dans la région ganglionnaire péri-trachéale. | À
/ La séro-réaction de Wassermann est positive (D° Gastou).
On pratique une série de biiodure de mercure. La Malade .
LÉ supportant mal ce traitement, on fait le 10 février une injec-
tion de o gr. 30 de 606. La dyspnée est améliorée, la voussure
thoracique diminue et devient moins douloureuse, les accès de suffocation sont moins violents. *
ro mars. — Deuxième injection de ogr.4o de 606 sans “e
aucun incident. A la fin de mars, la malade n’est plus dysp-
néique, elle peut facilement monter les escaliers. Les acc
Ne asthmatiformes ont disparu. La voix est normale. La vous-
palpation.
ne CONCLUSIONS
#4 1° La syphilis est la cause la plus fréquente des ‘4 médiastinites chroniques chez l’adulte ; 2° Au point de vue anatomique elle peut se pré-
senter :
du médiastin ; b) Associée à des manifestations tertiaires por-
tant sur les ganglions du médiastin, sur le poumon, sur la plèvre ou l’arbre trachéo-bronchique ;
c) Associée à l’anévrysme de l'aorte ; 3° Cliniquement, la forme la plus fréquente de
médiastinite syphilitique est réalisée par le syndrome d’oblilération de la veine cave supérieure ;
a) Sous forme de syphilome diffus scléro-gommeux
RSR — Î :
VERS 6° Le traitement mercurielintensif est indiqué dans le cas des lésions scléro-gommeuses du médiastin. : Le traitement chirurgical peut seul agir sur les ‘à séquelles fibreuses déla médiastinite.
Vu : le Biens de la thèse,