‹ La Médiastinite SyphilitiqueChapitre 8 sur 29 · ÉTUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE CLINIQUE

En dehors des cas de lésions mixtes, créés par la tuberculose chez des hérédo-syphilitiques, la médiastinite syphilitique de l'enfant est exceptionnelle. On peut observer à cet âge des adénopathies médiastines améliorées par le traitement mercuriel et dans la formation desquelles la syphilis paraît jouer un certain rôle, mais la médiastinite syphilitique telle qu'on l’observe chez l’adulte, doit être une rareté et P. Lambour, dans sa thèse, inspirée par le professeur Hutinel, sur la « Médiastinite chronique chez l'enfant », ne rapporte aucune observation de médiastinite syphilitique.

C'est un accident de la période tertiaire, survenant le plus souvent chez des malades insuffisamment traités. La syphilis peut être ignorée, les malades étant de fort bonne foi. Dans son Traité de la syphilis, Fournier arrive à cette conclusion que la syphilis se présente ignorée chez l’homme dans la proportion de 3 o/o et chez la femme dans la proportion de 18 o/o environ.

L'application de la séro-réaction de Wassermann au diagnostic de la syphilis latente a démontré que

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ces chiffres étaient au-dessous de la vérité, surtout en ce qui concerne la femme.

Quelle que soit la forme anatomique de la médiastinile syphilitique, elle peut affecter suivant ses localisations prédominantes un polymorphisime clinique varié, selon qu’elle comprime les vaisseaux, la trachée, les bronches, les nerfs, l’œsophage.

D'après l'anatomie du médiastin,il est facile de concevoir les troubles qui peuvent être observés suivant que la lésion existe ou prédomine en telle ou telle région. AP |

Le début se fait le plus souvent d'une façon insidieuse et obscure. Les malades éprouvent dans le thorax une sensation plutôt gênante que douloureuse; puis les douleurs s’aflirment, sourdes, profondes, tantôt continues, tantôt rémittentes avec des exacerbations. En même temps, on observe une gêne plus ou moins considérable de la respiration. Bientôt les douleurs s’accentuent davantage, la dyspnée est plus marquée, la toux survient, quelquefois convulsive et suffocante, elle s'accompagne souvent de l’expectoralion de crachats spumeux ou visqueux. |

Le syndrome médiastinal peut ainsi se constituer d’une façon lente et progressive, mais quelquefois c’est l'apparition rapide d’un symptôme important et suffisamment précis qui révèle la médiastinite. Ces symptômes sont évidemment ceux de toutes les compressions du médiastin. Nous insisterons particulièrement sur ceux qui dominent la symptomato-

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logie des cas de médiastinite syphilitique rapportés par les différents auteurs. Parmi ceux-ci, les plus constants et les plus précoces sont des phénomènes de compression veineuse.

La compression de la veine cave supérieure et des troncs veineux brachio-céphaliques est le syndrome le plus fréquemment observé (Martin Solon, Comby, Barth, Dieulafoy, Dovies, Babonneïx et Baron). Très rapidement on voit apparaître de la congeslion de la face.surtout au moment des efforts. Quand le malade se baisse, il est pris d’étourdissements et tomberait s’il ne se hâtait de se relever. La face est cyanosée, les lèvres et les oreilles sont violacées et froides, les yeux injectés et larmoyants. Le malade éprouve des vertiges, des épistaxis. de la céphalalgie, des troubies de l'ouïe (obs. Comby, Dieulafoy).

Les veines du cou sont turgescentes. Le malade que nous avons observé avec le Dr Lacapère présentait sur le trajet de la jugulaire externe gauche une tuméfaction du volume d’un œuf de pigeon, molle, facilement réductible et sans battements. L'œdème ne tarde pas à apparaître. Il peut être considérable, envahir successivement la face, le cou, la poitrine, les membres supérieurs. C’est un œdème dur, non dépressible, qui s'accompagne souvent d’une teinte violacée des téguments, de refroidissement et de troubles de la sensibilité. Peu à peu la circulation veineuse collatérale s'établit. Des marbrures bleuâtres apparaissent sur le devant de la poitrine, sur les épaules et sur les bras. Les veines

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superficielles sont dilatées, exubérantes. Généralement elles n'apparaissent qu'après le commencement du traitement et persistent après la disparition des autres symptômes.

L'apparition de la circulation veineuse complémentaire est importante, car-elle assure une voie de retour au sang veineux du territoire cave supérieure et permet ainsi la régression des troubles dus à l'obstruction veineuse. MM. Lian et Baron (1) ont étudié avec beaucoup de soins les systèmes apastomotiques veineux les plus fréquents au cours de la médiastinite syphilitique et grâce à leur obligeance nous pouvons rapporter le schéma d’une de leurs observations (fig. 1).

Chez cette malade « la circulation veineuse collatéraleest particulièrement marquée à la face antérieure du thorax et aussi à la face antéro-interne du bras. Il y a là un lacis veineux très développé, où à côté de veinules, il y a des cordons veineux gros comme un porte-plume ou même comme le petit doigt. Tout ce riche lacis veineux semble se déverser dans deux grosses veines, qui descendent dans chaque flanc sur la paroi antérieure de l'abdomen pour aboutir à la racine de la cuisse dans les veines , fémorales ». |

Dans une autre observation de Castaigne rapportée par les mêmes auteurs (obs. 10) la circulation

1. Lian et Baron, De la médiastinite syphilitique. (Progrès médical, novembre 1912).

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| milieu de larégion inguinale (veine épigastrique infék rieure légumenteuse de Braune), longe le bord

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