LEE PAS
vais : récidive des douleurs, déchirures, ont été les
conséquences habituelles de cette façon de procéder.
Même le sulfate de soude à dose classique nous & donné des mécomptes. Ces constatations cliniques nous ont enseigné à professer le respect profond de l'intestin en éréthisme douloureux. Nous ne donnons de sel purgatif qu’au moins douze heures après la cessation des douleurs et toujours par doses fractionnées en solution dans l’eau tiède. Nous avons également expérimenté l'emploi de la purgation huileuse (ricin) dont l'inconvénient est d’être difficile à faire absorber.
D'une façon générale, dans nos mains, l’opium s’est montré un merveilleux calmant et nous avouons que nous n'avons que très rarement constaté les nombreux insuccès que lui imputent certains auteurs.
A en croire Gobert (4), l'opium n'aurait que des inconvénients. « Si l’opium, dit-il, peut être utile dans les coliques de congestion intestinale, il est absolument contrindiqué dans les coliques d’indigestion : nous ne voyons pas comment une médication qui arrête les mouvements et les sécrétions de l'intestin, qui entrave la digestion, pour sait combattre l’indigestion. Il combat un effet qui est la douleur, laquelle s'exprime par des coliques; mais, non seulement il pe détruit pas la cause, il l’aggrave, et nous ne pour vons mieux comparer le traitement de l’indigestion
(1) GoBerT. — Thérapeutique vétérinaire. Encyclopédie Cadiou, 1898,
SO
par l’opium à haute dose qu'à celui qui consisterait à pratiquer une névrotomie pour une lésion aiguë du pied. »
L’argumentation de notre confrère ne manque pas de logique, mais sa comparaison ne nous touche pas. Il est souvent utile de supprimer la douleur, momentanément, pour permettre à un malade de supporter une crise. Névrotomiser un pied est un acte définitif, qui ne doit être employé que pour une lésion définitive. Il serait irrationnel et mauvais, ceci est certain, de l’employer pour une lésion telle qu’une fourbure aiguë; mais, en semblable occurence, supprimer momentanément les douleurs épouvantables ressenties par les fourbus, au moyen d’une injection de cocaïne sur le trajet des nerfs, est un traitement palliatif parfaitement rationnel, l’analogie cst évidente.
Green, Caulton Reeks, Tutt, vétérinaires anglais déjà cités, ne sont pas loin de professer la même Opinion que Gobert. Nitzschke (1), qui a expérimenté le traitement dit « de Dassonville » à l’école vétérinaire supérieure de Berlin, s'en montre fort peu parüsan. Il prétend n'avoir pas calmé des chevaux avec cant grammes de teinture d'opium et n’avoir pas obtenu la narcose avec 300 grammes. Ce résultat ne nous surprend pas. Nous avons montré, par un
exemple pris entre plusieurs autres, qu’il est néces-
(1) NITZSCHKE. — Le traitement des coliques avec la teinture d'opium d'après Dassonville. Monatshefte für praktische Thierbeilkünde, 1905,
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saire, souvent, d'employer de très fortes doses puisque nous sommes presque arrivé à employer, assez fréquemment, des doses égales à \celle avec laquelle Nitzschke s'attendait à obtenir la narcose. Nous pensons qu'il ne s’agit pas d'obtenir le sommeil hypnotique, auquel on arriverait avec d’autres agents, si besoin était. |
Un des inconvénients signalés par le même auteur : la perte de l'appétit à la suite de l’administration de l’opium, ne nous à pas non plus inquiété et nous ne nous souvenons pas qu'aucun de nos traités ait tardé bien longtemps à manifester, devant une poignée d'avoine, l’euphorie que nous avions contribué à lui procurer.
On a également reproché à l'opium d’être un médicament cher. Cet inconvénient est réel. Toutefois, en pratique courante, tout est trop cher quand on ne réussit pas. Dans le cas contraire, le prix est un moindre inconvénient.
Roger (! trouve à l'opium un plus sérieux désavantage. Il s'exprime ainsi à son sujet : « Dangereux dans le cas où il y a intoxication intestinale, car il prolonge la durée de la traversée digestive et, de ce fait, permet la dislocation de la molécule albuminoïde par les protéolytiques jusqu'à un stade avancé. Sa vertu sédative peut être obtenue avec d’autres agents à bien meilleur compte. » L'action, incontes-
tablement antifermentescible de l’opium, ne contre-
on —e———————— À
(4) ROGER. — Les coliques du cheval.