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breuvage avec soixante grammes de teinture d’opium ne procure aucun soulagement. Une heure après une seconde dose de soixante grammes est administrée. Lorsque nous revoyons le patient deux heures plus tard, on nous apprend qu’il a été un peu plus calme pendant une demiheure, puis que les douleurs ont réapparu avec plus d'intensité. A ce moment, le cheval était couvert de sueur, les yeux hagards, tremblant de tout son corps; le pouls incomptable, le cœur affolé et faible. Le malade se tenait appuyé au mur en geigant. Jugeant la situation presque désespérée, et sur la prière du propriétaire de calmer son cheval coûte que coûte, nous lui donnons cent cinquante grammes d’alcoolé d’opium en une seule fois. Dans le quart d’heure qui suivit, tous les symptômes s’atténuèrent progressivement. Une heure après, l’animal, calme, avait repris un aspect presque normal et ne présentait même pas l’hébêtement que nous nous attendions à lui voir manifester. Une purgation de 250 grammes de sulfate de soude, par doses fractionnées de 30 grammes toutes les heures, eut raison de la coprostase.
Nous insistons sur ce point : nous avons observé combien il faut manier les purgatifs avec doigté et circonspection après une crise similaire. Au début de notre exercice, hanté par la crainte classique des inconvénients de l’opium, antisécrétoire qu’on accusait d'engendrer des constipations incoercibles, nous donnions souvent, dans l'heure qui suivait une administration d’opium per os, un bol de 20 ou 30 grammes d’aloes ainsi que le conseillent certains auteurs anglais (0. Les résultats nous ont toujours paru mau-
(1) Turr. — Médication hypodermique dans les coliques du cheval. Veterinary Record, 1919.
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