OBSERVATION
Jument. 1/2 sang. 6 ans. Nous sommes appelé auprès | d’elle pour des crises de coliques. Nous trouvons un b animal en état d’hyperexcitabilité générale, mais Sans signe positif de coliques. Il n’a été, soi-disant, fait aucun à traitement avant notre arrivée; la jument est dans cet
CSA
état depuis deux heures; elle est presque inabordable. Nous tentons et réussissons une injection intraveineuse de morphine, laquelle ne produit aucun effet calmant. Comme il est impossible de lui donner ni bol, ni breuvage, ni lavement, nous essayons l’injection intrapéritonéale de chloral et, malgré les instruments de contention habituels, celle-ci est très laborieuse. Cent grammes de chloral sont ainsi administrés et donnent rapidement un assoupissenrent marqué de la jument qui, sur une épaisse litière, se couche lourdement et paraît dormir, Quelques heures après, nous sommes rappelé. L'animal a été calme pendant trois heures puis, brusquement, il s’est relevé et a présenté à nouveau des signes d’excitation générale aussi violents que précédemment. Nous tentons un nouvel essai de la morphine sans résultat. Devant cet insuccès, nous recourons à nouveau au chloral intrapéritonéal à la même dose. Guérison. Il nous a été impossible de découvrir la cause de cet état de nervosisme intense parasites intestinaux ? Peut-être.
Nous avons encore employé le chloral dans bien d’autres cas, surtout des cas désespérés, pour faire cesser le spectacle terrifiant que donnent certains malades au paroxysme de la douleur. Il nous souvient d’un cheval qui avait exigé 250 grammes de chloral pour voir s’atténuer un tant soit peu les douleurs effrayantes qu’il présentait : à l’autopsie, lésions de gangrène mésentérique dues à une torsion en masse du grêle autour de la partie supérieure des lames mésentériques correspondantes. Les lésions étaient d’aspect impressionnant et furent mises, par le propriétaire, sur le compte de. « ce qu’on avait mis dans le ventre de son cheval ».. Encore là un trait de la psychologie de la clientèle rurale dont il y a lieu de tenir compte !