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qu’elle est masquée par les complications qu’elle à engendrées. Nous entendons par là les troubles dus aux irradiations, émanées du foyer primitif de la douleur sur les différents segments d’une même partie de l'intestin ou sur des parties différentes de ce-dernier: =.
Là, l’irradiation douloureuse, directement ou par voie réflexe, provoque un relâchement d'un segment intestinal ailleurs, souvent sur un segment voisin; elle excite des contractions anormales, toutes conditions éminemment favorables à la production de modifications dans les calibres, amorçant l’invagination ou de mouvements péristaltiques désordonnés, conditionnant torsions ou volvulus. Le diagnostic de ces accidents est particulièrement délicat. Tavernier, chez l’homme, signale de semblables difficultés, principalement chez l'adulte et en raison surtout du ballonnement abdominal. Sur nos malades, ballonnés, à paroi abdominale si peu aisément dépressible, nous avons la ressource de procéder à la fouille rectale. Mentionnons de suite que, dès que les symptômes manifestés par un de nos malades nous font craindre une lésion grave, nous faisons systématiquement l'exploration rectale pour être renseigné, autant que faire se peut, sur l’état de la masse intestinale explorable et tirer des indications extrêmement utiles
pour le pronostic du cas envisagé. Roger (! insiste
(4) TAVERNIER. — Presse Médicale du 26 novembre 1927. (1) RoGER. — Les coliqües du cheval, pages 88 el 89, 1921.
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très justement sur l'importance de cette méthode d'investigation et les résultats qu’elle procure.
Donc, pratiquement, dès qu’une crise abdominale est dominée par le signe « douleur aiguë »,'"avec retentissement sur le rythme cardiaque et la fréquence respiratoire, nous recourons d'emblée aux calmants; d'abord, pour mettre notre patient à l'abri des complications que nous relations ci-dessus, puis aussi, dans l’impuissance où nous sommes de traiter la cause du drame abdominal dans la majorité des cas, pour en modifier au moins les effets. Au surplus, et pour ne pas négliger le côté psychologique de la clientèle, il n’est pas sans intérêt que la présence du praticien se traduise par un arrêt ou tout au moins, une sédation des symptômes qui ont motivé son appel.
C’est au moment de mettre en œuvre la médication calmante que l'embarras du praticien commence. Il lui faut, en effet, sans hésitation visible. faire la sélection de l'agent thérapeutique qu’il croit le mieux adapté au cas envisagé.
Dans la grande majorité des cas, c'est l’opium, et l'un de ses alcaloïdes, la morphine, qui ont notre préférence. L'opium, sous forme de teinture, per os, dans les circonstances où nous n'avons pas lieu de suspecter la surcharge stomacale, où les crises douloureuses sont coupées de moments d'accalmie, permettant l'administration d'un breuvage, avec les précautions d'usage. La morphine, pour le cas de patients
en proie au paroxysme de la douleur et qu'il faut
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calmer à tout prix, avant toute chose pour faire cesser un spectacle impressionnant et pouvoir aborder un sujet égaré par la folie de la souffrance. L
Dans de telles circonstances, tous les inconvénients, souvent réels, qu'on à reprochés à l’opium, disparaissent pour faire place à son pouvoir sédatif, vraiment incomparable. D'ailleurs, cette action apaisante des opaciés avait été mise à profit dans le traitement des coliques, il y a bien longtemps, par nos ancêtres hippiâtres. Un bien vieux et empirique médicament, la thériaque, avec sa foule de composants dont l'énumération nous fait sourire aujourd’hui, était en définitive, un médicament opiacé, Garsault, dans son « Nouveau parfait maréchal », en 1741, la préconisait dans la formule :
Fau-de-vie........ un demi-septier; Thériaque......... une once; DATA. tu UeUx-STOS:
Laudanum........ ‘ un demi-gros.
formule qui se présente comme une préparation opiacée, exclusivement. Puis, dans le « Guide du maréchal » de Lafosse, en 1768, nous retrouvons la thériaque, dans la savoureuse rédaction du conseil suivant pour la « curation des tranchées d’indigestion » : « Il faut bien se garder de saigner parce qu’on diminuerait les forces digestives et on exposerait le cheval à périr de suffocation. I faut lui donner un peu de thériaque délayée dans un demi-
septier de vin. »
noue
De nos jours, Dassonville ( s’est fait le protagoniste de l'emploi de l’opium dans les coliques du cheval. D’après lui, et son opinion est basée sur des constatations cliniques aussi bien que d’après des expériences scientifiquement conduites sur ‘les fermentations intestinales chez les solipèdes, — les coliques ont surtout pour cause des dégagements abondants de gaz. Ces gaz résultent de fermentations anormales au sein des réservoirs digestifs par l’activité de micro-organismes dont les diastases agissent sur les hydrates de carbone, sans les liquiéfier, mais en donnant principalement du gaz méthane et de l'hydrogène. Cet auteur envisage donc principalement, dans l'emploi de l’opium, le rôle antifermentescible de ce médicament, avant même sa fonction calmante. Ses vues n’ont pas été partout admises et les discussions qui ont eu lieu à la suite de ses communications à la Société Centrale en 1904 en sont la preuve.
S'il nous est permis d'émettre une opinion personnelle après celle de confrères plus autorisés, nous dirons que, pratiquement, nous n'avons pas observé, aussi souvent que Dassonville prétend l'avoir rencontré, le tympanisme des réservoirs intestinaux et que la ponction du cœcum, qu'il signale avoir employée, d'une manière presque systématique, ne s’est que rarement imposée à notre intervention. Malgré qu'il
nous souvienne le cas d’un cheval, tombé en immi-
(4) DassonviLze. — Traitement des coliques du cheval. Bulletin lin de la Société Centrale, 1904.
ANR (+ he
nence d'asphyxie par suite du tympanisme de son cœcum; un coup de trocart dans le flanc droit l’a sauvé d'une mort bien proche et nous avons profité de cette paracentèse pour lui injecter directement 100 grammes de teinture d’opium dans le réservoir cœcal,
Mais, nous répétons, les cas de tympanisme nous ont paru bien plus rares que signalaient les communications de notre savant confrère. Toutefois le rôle antifermentescible de l’opium est certain, et, en association avec un absorbant tel que le sesquicarbonate ou l’acétate d’ammoniaque, ainsi que préconise Caulton-Reeks , on obtient souvent la disparition des gaz de l'estomac et on prévient leur reproduction pour le plus grand avantage du tympanisé.
Notre pratique nous a enseigné qu’il ne fallait pas craindre de recourir aux fortes doses de teinture d'opium. Dassonville donne comme dose forte : 80 grammes. L'observation suivante montre — comme l'avait du reste signalé Deysine ® à propos du chloral -— combien l'organisme malade est tolé-
rant pour les médicaments calmants.