Durand-Fardel, Traité des eaux minérales
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mères on approprié le bain au tempérament et à l’état local du malade, et ainsi on peut faire supporter le traitement à des malades qui, par leur tempérament, étaient incapables de résister à des bains chlorurés. Il est même fréquent que vers la fin de la saison ces malades, très irritables au début, puissent supporter durant quelques jours un traitement salin peu intensif.
De toutes les affections utérines traitées, la métrite tient le premier rang : c’est tantôt une métrite liée à la chloro-anémie chez des sujets nerveux; dans ces cas-là, les eaux sulfatées agiront en premier lieu. C’est tantôt une métrite chez une lymphatique molle, sans réactions. Le traitement chloruré aura ici la première place.
Les fibromes, ou plutôt l’inflammation du tissu cellulaire péri-utérin, la pelvi-péritonite, qui se confondent dans le traitement thermal, sont également traités avec succès. L'état général s'améliore en même temps que les douleurs diminuent. Il est rare de constater des ménorrhagies à la suite du traitement, et sans doute ce fait est-il dû au peu de minéralisation des eaux chlorurées.
OBsERVATION IX (Larauza).
Congestion ulérine; leucorrhée; anémie; gastralgie; un mois de traitement. Forle amélioration.
X..., vingt-sept ans. Tempérament nervo-sanguin. Constitution moyenne. Il y a trois ans, à la suite d'un accouchement très naturel d’ailleurs, la malade fut prise d’une hémorragie considérable. Pendant un mois, à la suite de cet accident, elle fut plongée dans un état d’anémie considérable. Une convalescence difficile la laissa assez faible. La malade alla faire une saison à Bagnères-de-Bigorre, où elle prit des douches vaginales et générales. A la suite de la saison, ses pertes blanches augmentèrent; elle vomissait ses aliments et sa faiblesse augmentait chaque jour. L'année suivante, elle fut à Cauterets, mais elle en repartit plus souffrante.
A son arrivée à Dax la malade présente des pertes blanches abondantes, un léger prolapsus, pas d’ulcérations, pas de granulations du col. La malade fait des douches vaginales d’eau minérale, tièdes
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d’abord, puis progressivement froides, de dix à cinquante minutes, Le tout est suivi d’une douche générale de 26 à 16°.
La malade quitte Dax après un mois de traitement, très heureusement modifiée. Ses forces sont revenues, le teint est coloré, un embonpoint assez notable s’est produit. Enfin, la marche est facile et ne produit plus d’essoufflements,.
OBSERVATION X (Larauza).
Métrile chronique; prolapsus ulérin, anémie, slérililé; trois saisons. Très forle amélioration.
X..., quarante ans, est de tempérament lymphatique; sa menstruation régulière, mais très abondante. Quoique mariée depuis de nombreuses années, X... n’a jamais eu d’enfants. Depuis un an, la malade souffre de l’estomac; les digestions sont pénibles, douloureuses: actuellement, le phénomène douleur est surtout prononcé trois heures après le repas; la pression est douloureuse; flatulences, Leucorrhée abondante : les douleurs dans le bas-ventre sont fortes, la marche pénible; enfin les forces ont beaucoup diminué et la malade se trouve dans un état d’anémie très prononcé.
Trailement. — Pendant dix jours, bains d’eau minérale à 340 additionnés de 30 litres d’eaux-mères pendant quarante minutes, A partir du onzième jour, douches vaginales, douches rectales à pression faible. La malade a quitté Dax après vingt et un jours de traitement, fortement améliorée dans son état général, souffrant à peine de l’estomac. La douleur et la pesanteur dans le bas-ventre ont peu diminué.
L'année suivante, seconde saison. Depuis son dernier traitement, la malade est devenue enceinte; la grossesse a été fort heureuse et les couches normales. L’utérus n’est plus descendu depuis sa grossesse. Après son deuxième traitement, l'amélioration est encore plus grande.
Enfin, à la suite de la mort de son enfant, elle est venue à Dax complètement déprimée et ce dernier traitement a fait beaucoup pour l’état général de la malade.
OBsERVATION XI (Personnelle). |
Fibrome de l’ulérus. Guérison.
L. M.., trente-sept ans. Fibrome douloureux remontant à deux travers de doigt au-dessous de l’ombilic : névralgies tenaces, vomis sements incoercibles survenant par période de deux ou trois jours,
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Au bout du vingt-deuxième bain, les vomissements deviennent moins fréquents pour disparaître complètement au bout du vingtsixième bain. En même temps, les douleurs névralgiques cessent. A la palpation, on sent que le fibrome s’est ramolli. La malade prit trente-huit bains, elle avait retrouvé ses forces. Au bout de deux mois, l'utérus était du volume du poing. Depuis, la malade se porte très bien, et l’on ne sent plus, à la palpation, de tumeur. Traitement. — La malade a pris 35 bains; on est arrivé progressivement à 40 litres d’eaux-mères; la durée était de trente minutes. Douches rectales ascendantes,.
Il nous reste à parler du traitement par les boues et les eaux-mères d’affections articulaires et musculaires consécutives à des fractures s’accompagnant de la production de cal volumineux.
Les boues et les eaux minérales ont toujours donné de bons résultats dans les raideurs consécutives aux fractures et aux luxations; elles assouplissent les muscles, leur donnent de la force; rien d’étonnant à ce qu’ils fonctionnent mieux. Mais là s’arrête l’action des boues. La consolidation a-t-elle été défectueuse, le cal volumineux? plus rien à espérer. C’est dans ces cas-là que M. le D" Delmas a cherché à utiliser l’action résolutive des eaux salées et des eaux-mères. L’une médication agissant sur les muscles, l’autre sur les os, les résultats doivent théoriquement être bons. Et, de fait, voici les observations qu’il a bien voulu nous communiquer et qui sont les cas traités par lui depuis trois ans.
OBSERVATION I. — M. R.., vingt-huit ans, fracture du pied droit, cal vicieux. Traitement mixte, guérison.
Os. II. — Me L.., dix-sept ans, fracture du bras gauche, atrophie deltoïdienne. Application de boues, guérison.
Ogs. III. — Mme V.., quarante-six ans, fracture cuisse droite, atrophie et faiblesse des muscles du membre inférieur droit, Traitement mixte, guérison.
Ogs. IV. — M. D..., vingt-quatre ans, fracture du radius, extrémité supérieure, cal volumineux, déformation du poignet. Guérison.
OBs. V. — V.., cinquante-six ans, fracture de l’humérus gauche, atrophie des muscles du bras. Applications locales, amélioration, Perdu de vue,
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O8s. VI. — M. M.., quarante-sept ans, fracture des deux cuisses, atrophie considérable, cal énorme à droite, Bains de boues, douches salées, guérison au bout de trois mois.
Ogs. VII. — Mme P.., trente-sept ans, fracture de la clavicule droite, atrophie du grand pectoral. Applications locales, guérison.
Os. VIII — Mme R..., cinquante et un ans, fracture de la rotule, atrophie du triceps. Bains de boues, guérison.
Os. IX. — M. N.…., quarante-quatre ans, fracture de la jambe droite, cal énorme, déformation du membre, Traitement salin exclusif, amélioration.
Ogs. X. — Mlie B..., écrasement et fracture du pied gauche, cal vicieux, impotence fonctionnelle. Traitement salin exclusif, amélioration.
Ogs. XI. — M. T.., quarante-sept ans, fracture avec esquille de la cuisse gauche, trajets fistuleux, impotence fonctionnelle avec atrophie des muscles de la cuisse. Traitement mixte, [amélioration.
Ogs. XII. — M. M.., douze ans, fracture des os du bras, atrophie et impotence fonctionnelle .Applications de boues, guérison.
O8s. XIII — M. N.., soixante et un ans, fracture de l’extrémité inférieure du radius gauche, impotence fonctionnelle. Guérison.
O8s. XIV. — M. J.., vingt-sept ans, fracture du col du fémur droit, impotence fonctionnelle, atrophie musculaire. Bains de boues, douches de vapeur, guérison.
Ogs. XV.—M.., trente-sept ans, fracture par écrasement des os du carpe et du métacarpe, consolidation défectueuse, cal énorme. Traitement mixte, amélioration.
O8s. XVI. — Mlle V. de C..., fracture de la jambe droite, cal vicieux, impotence fonctionnelle. Traitement mixte, guérison.
O8s. XVII — M.V.R.., vingt-neuf ans, fracture des deux extrémités inférieures du radius, impotence fonctionnelle. Boues, amélioration.
Ogs. XVIII. — M. V. R.., fracture bimalléolaire droite, atrophie des muscles de la jambe et impotence fonctionnelle. Applications de boues, amélioration.
O8s. XIX. — Mme C.., vingt et un ans, fracture du bras gauche, atrophie du deltoïde et du bras. Boues, guérison.
O8s. XX. — M. R..., vingt-huit ans, fracture de la jambe droite. Traitement mixte, amélioration.
O8s. XXI. — X.., quatorze ans, fracture de cuisse, impotence fonctionnelle. Bains de boues et bains salés, amélioration progressive, puis au bout de deux saisons, guérison.
OBs. XXII. — M. C.., trente et un ans, fractures multiples de
cuisse droite, impotence fonctionnelle absolue, atrophie considérable, cal vicieux énorme. Traitement mixte, amélioration, puis guérison au bout de trois saisons.
OBs. XXIII. — Mme B..., cinquante-quatre ans, fracture cuisse, atrophie. Bains de boues, guérison.
OBs. XXIV.—B.., vingt-deux ans, fracture de la clavicule. Applications de boues, guérison.
OBs. XXV.— V.., quarante-sept ans, fracture cuisse droite. Traitement mixte, amélioration.
Os. XXVI. — M. S.., quarante et un ans, fracture double des malléoles par écrasement, cal énorme. Traitement mixte, aucun résultat.
OBs. XX VII. — Fracture des os de l’avant-bras, impotence fonctionnelle, cal vicieux. Traitement mixte, guérison.
O8s. XXVIII. — Mme À..., quarante-trois ans, fracture du bras droit, atrophie et impotence fonctionnelle, cal vicieux. Traitement mixte, guérison.
O8s. XXIX. — C.., dix-neuf ans, fracture clavicule droite, impotence fonctionnelle. Applications de boues, guérison.
Os. XXX. — S.., fracture du tibia et du péroné, consolidation vicieuse, cal énorme. Traitement mixte, guérison.
OBs. XXXI. — C. B.., fracture cuisse droite, atrophie du triceps. Applications de boues, amélioration.
Sauf dans un seul cas (obs. XXVIT), il y a toujours eu au moins amélioration. On associe souvent au traitement du massage et de l'électricité.
Ce traitement mixte a aussi été employé avec succès dans certaines localisations tuberculeuses, dans des tumeurs blanches notamment, lorsqu'on se trouve en présence de tissus morbides qui réagissent faiblement.
Nous avons déjà signalé les eaux chlorurées sulfureuses de Tercis; elles donnent les mêmes résultats que la médication chlorurée ordinaire et ses indications sont les mêmes en tout ce qui concerne les affections liées au lymphatisme ou à la tuberculose. Mais elles agissent aussi très bien dans toutes les affections cutanées se rattachant au lymphatisme ou à l’arthritisme. Nous en avons vu surtout les meilleurs effets chez des sujets atteints d’impétigo et d’eczémas.
Nous n'insisterons pas sur les contre-indications qui sont
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les mêmes que celles des autres stations chlorurées et thermales.
Il nous parait intéressant de citer les statistiques du Dr Barthe de Sandfort : s’il s’en faut que tous les sujets traités aient été améliorés, la moyenne est cependant très élevée : elle est de 74,2 0/0 dans les états liés au lymphatisme et à la scrofule; de 70 0/0 pour les affections utérines; de 75 0/0 dans les états anémiques.
Il est rare que le traitement soit interrompu par suite d’intolérance du malade : en dosant progressivement les eauxmères, on arrive, vers le dixième jour, à être en plein traitement el à ce moment-là le malade le supporte parfaitement d'ordinaire. On constate souvent, dès les premiers bains, de vives cuissons, parfois même des douleurs intolérables lorsqu'on se trouve en présence de plaies : c’est dans ces cas-là que l’on doit surtout surveiller le dosage des bains.
Les dermatites consécutives aux bains chlorurés peuvent se présenter sous deux formes : Ou bien un simple érythème survenant après le premier bain et disparaissant rapidement; il s'accompagne de cuisson, de prurit et siège plus particulièrement sur la face interne de l’avant-bras. Ou bien des éruptions papuleuses, pouvant également paraitre assez tôt et se localisant surtout aux extrémités; il n’y a dans ces cas-là qu’à recourir à des bains plus faibles. Cette dernière forme est rare.
Enfin, certains malades présentent des phénomènes d’intolérance plus graves : de l’insomnie, de la fatigue, de l’'inappétence, une excitation plus grande, et l’état général, au lieu de s'améliorer, devient plus mauvais. Le traitement doit cesser alors, et seuls les bains d’eau minérale seront autorisés. Mais, nous le répétons, ces cas d’intolérance sont peu fréquents si, dès le début, on tâte progressivement la tolérance du malade. A noter une sensation de froid très intense que le malade ressent en se plongeant dans le bain : il est toujours trop froid à son gré, Cette sensation disparait d’ailleurs rapidement,