‹ La Médication Opiacée RationnelleChapitre 19 sur 35 · MOSS · texte numérisé non relu

MOSS

Jeune file tuberculeuse, atteinte de bronchite spécifique du poumon gauche, avec pleurite sèche, el sujette à des crises fréquentes de tétanie des membres supérieurs très douloureuses, J'avais essayé des lavages d'estomac et du chlorure de calcium, sans succès.

J'avais dù recourir, lorsque les crises étaient vraiment trop douloureuses el trop longtemps prolongées, à des injections dun demi à un centigramme de chlorhydrate de morphine, ou à l'héroïne, où à la dionine, qui calmaient évidemment très vile la crise, el amenaient une détente dans la contracture muscukure, mais produisaient des effets nauséeux pénibles, cUse prolongeant pendant une heure au moins.

Je lui administrai du Pantopon à la dose de 2 centigrammes eu injection hypodermique, Il produisit un effet calmant aussi

rapide, mais j'ai observé que les effets nauséeux étaient beat coup moins intenses, el même à peu près nuls, puisque la malade, qui était venue à mon cabinet, me prier d'apporter un soulagement à sa crise très violente, à pu reparüir chez elle peu d'instants après, landis que la morphine, l'héroïne, ou la dionine, lobligeaient à se coucher au moins une heure avant de pouvoir repartir. Aueun phénomène d'intolérance ultérieur.

OgsEervarioN VII

(Due à nôtre camarade M. Potty-Mével, interne en chirurgie à l'hôpital de Dijon.)

Néoplasme du rectum.

P..., tonnelier.

Antécédents héréditaires. — Son père est mort d’une tumeur dans le ventre (2). Sa mère est morte également d'une affection qu'il ignore.

Anlécédents personnels. —- If n'a jamais A6 malade avant le début de Faffection actuelle, qui remonte à une quinzaine d'années.

À celle date, le malade commence à souffrir de coliques venant par intermittences. Selles douloureuses ef légèrement sanglantes. Quelques douleurs stomacales peu fréquentes et peu accusées.

Ces phénomènes augmentent peu à peu d'intensité jusqu'en 1908, où le malade arrive à ne plus pouvoir aller à la selle qu'au prix de douleurs intolérables, Il se décide alors à entrer à hôpital, où on fait le diagnostic de néoplasme du rectum (juin 1908). Le malade est opéré, et on lui fait un anus artificiel en raison de l'étendue de la tumeur, qui envahissait le rectum et une grande partie de lanse sigmoïde.

Le malade sort de Fhôpital quelque temps après, ne souffrant plus du tout, et peut recommencer son travail.

Au bout d'un an, les mêmes phénomènes douloureux se re-

RG

produisent, eb il subil une seconde opération (Kraské) en no vembre 1909.

Depuis, le malade n'a pas cessé de souffrir, et n'a pu, à cause de cela, recommencer à travailler.

Il rentre de nouveau à Fhôpital, se plaignant de coliques violentes au bas-ventre, et de douleurs très vives au niveau de Ja fesse droite, et du sacrum : de plus, sciatique droite symplomalique très douloureuse. |

\ l'examen, malade cacheclisé profondément, teinte jaune paille caractéristique, ganglions nombreux dans la région inguinale, des deux côtés. Au toucher, on sent une énorme masse adhérente au sacrum, et très étendue sur les côtés. Suppuralion abondante. Le malade :a des nausées continuelles, vives douleurs stomacales el abdominales, constipation opimatre : le malade ne va plus à la selle que tous les quatre ou cinq Jours par son anus artificiel. La partie d'intestin qui avait été amenée à la paroi en 1908, pour lui faire cet anus arhficicl, est elle-même envahie par la tumeur néoplasique.

Où considère qu'aucun lraitement chirurgical n'est possible, el on se contente de lui calmer ses douleurs au moyen de morphine, dont on lui fait 3 centigrammes, en trois piqüres, par vingt-quatre heures, deux dans la journée (9 heures du matin, » heures du soir), el une la nuit (2 heures du matin). D'après Ie malade, l'action calmante de chaque piqüre se faisait sentir dix minutes environ après l'injection, et durait de sept à huit heures environ : l'effet de la seconde piqûre élail ecpendant plus durable que les autres. Cependant, le malade se plaignait de vertiges après chaque piqûre, et d’une sensation nausécuse durant deux ou trois heures après chaque injection, En outre, il était dans un élat de somnolence con- Unuel. C'est alors, il y à un mois environ, qu'on tenta de remplacer la morphine par du «€ Pantopon ». On lui fait lois injections de Pantopon par jour, aux mêmes heures que lt morphine, et à la dose de 0 gr, 02 chacune.

L'ellel calmant, d'après le malade, fut le même que celui de

li morphine qu'on lui faisait précédemment : mais il y l'ouva des avantages qui lengagèrent à réclamer dans la suite du Pautopon, et à refuser la morphine qu'on lui proposa de nou- Veau.

Le soulagement se faisait sentir plus rapidement que celui de Fa morphine (cinq minutes environ après la piqüre). Mais lelfet élail un peu moins durable ; cinq à six heures environ ; aussi, au bout de deux jours, on augmenta d'une piqûre.

On ue nola, ni à la dose de irois piqûres, ni à celle de quatre, aucun des phénomènes d'intolérance qu'on avait relevés avec le chlorhvdrate de morphine : suppression de fa sensalton nauséeuse. Suppression absolue des vertiges, el absence de cel état d'abrutissement et de somnolence dans lequel le malade était plongé lorsqu'on lui faisait de Ja mor

phine.

OBsERvATION VIII

(Personnelle.

# Fraclure de côle. —- Bronchile. — Bacillose.

Nr CuliNalent 351.

Aniécédents héréditaires. —- Frère mort à 21 ans de tuber-

culose pulmonaire, Sœur bien portante, Père alcoolique. Mère en bonne santé.

Anlécédents personnels. — Bronchite aiguë Fhiver précé dent, Le malade à beaucoup maigri. Sueurs nocturnes. N'a jamais eu d'hémoptysie.

Il n'accuse aucune autre affection avant ce € rhume ».

Le 11 septembre il est victime d'un accident à l’occasion de son travail de cultivateur : il a été serré entre un mûr et un brancard de sa voiture, Le lendemain, à Fexamen, je constate des contusions dans la région costale droite, une cecchymose de la grosseur de la paume de a main, à quelques centimètres au-dessous du sein droit, et une fracture de la 7° côte droite,

caractérisée par de la crépitalion et une vive douleur, bien

losalisée, à la pression. A l'auscultalion, craquements au sommet droit dans la fosse sus-épineuse, et quelques râles de brouchite disséminés dans loute la hauteur de la poitrine. Pas de signes d'épanchement.

Le malade se plaint de souffrir vivement de son côté blessé, el éprouve de violentes douleurs à chaque mouvement et à chaque sccousse de toux.

Je lui fais alors une injection de 2? cenligrammes de Paniopon. Au bout de quatre à cinq minutes, les douleurs se calment, el le malade peut se remuer un peu dans son lit sans éprouver des- souffrances comme celles dont 11 se plai- Sénat auparavant.

A noler une absence complète de nausées et de vonusseinents, Pas d'excitation n1 de somnolence.

Le pouls qui, avant la piqûre, élait à 108 est maintenant à 92, et plus fort, mieux frappé.

Pour maintenir sa fracture, comme il n'y a aucun déplacoment, je me contente de lu serrer le thorax dans une serviolte pliée en trois dans sa largeur.

Je revois le malade le 16 septembre : la servielle s'est desserrée, ct à chaque accès de toux, le malade ressent une vive douleur au niveau de sa fracture. I tousse beaucoup et a un léger mouvement fébrile, 37,9 au moment où Je le vois. À l'auseulalion, loujours mêmes signes sléthoscopiques au sommel droit : nombreux ràles de bronchite dissémimés dans les deux poumons : loujours aucun signe d’épanchement.

Japplique alors une bande de diachylon pour maintenir convenablement sa fracture : le malade accuse un soulagement sensible, et dit ne plus souffrir que lorsqu'il tousse.

Je lui prescris, pour calmer sa toux, une potion renfermant 2? cenligrammes de Pantopon, par vingt-quatre heures, et un badigeonnage à la leinture d'iode de son sommet droit tous Iles Jours. |

JC repasse voir ce malade le 24 septembre. Le bandage de diachylon est maintenu en place. Le malade ne souffre plus. Ii ne tousse presque plus. À lauscullation, mêmes signes sté-

it:

thoscopiques au sommet droit, et quelques petits ràles de bronchite disséminés dans ses poumons, Le malade est très content de sa polion qui le calme très bien, mieux que Je sirop thébaïque simple qu'il prenait fréquemment avant son accident à la dose de trois cuillerées à soupe par jour, et qui lu donnait de la constipation et de la sécheresse de la bouche

qu'il mellait sur le compte de sa fièvre.

OBservariox IX (très résumée)

(Due à M. Bonnefoy, externe suppléant à l'hôpital de Dijon, service du docteur Petitjean.)

Véoplasme abdominal.

\[®° M... 60 ans, ménagère.

Femme très cachectique.

Passé gastrique.

La malade entre parce qu'elle éprouve de violentes douleurs dans le ventre. À Fexamen, on fait le diagnostic de néoplasme gastrique (?) avec généralisation à tout le Périloine. On sent en effet des nodosités à Ja palpalion, réparties dans toute la paroi abdominale, Ventre gros et dûr. Ascite, ganglions nombreux.

Eu raison de l'étendue de Ia tumeur, de Page de Ia malade, et de son état cachectique, on se contente de Jui calmer ses douleurs au moyen de piqûres de L centigranme de chlorhydrate de morphine, au nombre de trois par jour, ce qui mel la malade dans un état de somnolence qui l'empêche de senür ses douleurs. On essaie de les remplacer par trois mjeclions de ? centigrammes de Pantopon. Sédation de la douleur, mais la malade préfère Ja morphine qui la met, en plus, dans un état d'euphorie qu'elle préfère. On est forcé de revenir à

la morphine.

OBsERVATION X

(Due à notre vieil ami L. Carlot, interne à l'hôpital de Dijon.) Fracture du bassin.

NM MIANOEIINTe, Men ans.

Rien à signaler dans ses antécédents. Rhumalismes articuluires à 13 et à 21 ans. Constitution robuste. L'auseultalion du poumon ne donne aucun renseignement, de même que lauscullation de son cœur.

Depuis un an, légère scialique gauche.

Le blessé entre à l'hôpital le 3 octobre 1910 à 7 heures et demie du soir : à 5 heures, il avait fait, d’une maison en cons- Lruction, une chute de 7 mètres de hauteur.

A son entrée, il accuse une violente douleur au niveau de x région lombaire gauche, douleur accrue par les mouvements qu'il fait lorsqu'il veut se déplacer dans son lit. Impotence fonctionnelle du membre inférieur gauche.

Pas de traces d'ecchymoses.

Où amet le malade dans une goutlière de Bonnet. Comme ne peut uriner, on est obligé de Ie sonder à deux reprises dans Fa nuit,

Le malade est très agité dans Ja nuit. Il se plaint de souffrir beaucoup des reins, sur lesquels on lui a mis des ventouses. En présence de cet état d'insomnie et de douleurs, la surveillnte de ronde lui fait une piqûre de 1 centigramme de chlorhydrate de morphine. Les douleurs se calmèrent, mais le malade he put reposér, gêné qu'il fut par un état nauséeux qui le prit une demi-heure environ après son injection de morphine, ei qui lui dura toute Ia nuit.

Le lendemain, le malade fut examiné par le chef de service, qui élimina le diagnostic de fracture du col du fémur qui avait été porté par l'interne de garde, ne trouvant rien au niveau de l'articulation de la hanche. En le faisant coucher sur ie côté, on entendit un craquement assez fort, que le malade perçut également dans son os coxal gauche, et accom-

LTS)

ee LOU be=—

pagné d'une vive douleur. De plus, douleur très forte à la palpalion de la région lombaire du même côté, et très locahsée.

En présence de ces signes, le chrurgien conclut & une fracture du bassin.

Le malade se sentit mieux dans la journée, put uriner seul. Pas d'hématurie., Mais, vers le soir, les douleurs recommeneèrent, au point que le malade poussait des cris au moindre mouvement, De plus, il se plaignait de violentes cohiques dans le ventre, Vers minuit, les douleurs lombaires et abdominales élant devenues plus vives, on lui fit une piqüre de 2? centigrammes de Pantopon.

Au bout d'une dizaine de minutes, le malade aceusa un grand soulagement : cessalion des douleurs lombaires et abdominales : 1] ne ressentait plus qu'une douleur vague dans la région blessée, ce qui ne l'empêcha pas de dormir d'un sommeil calme.

Le lendemain, les douleurs sont un peu revenues. On lui donne une purgalion qui lui procure deux selles abondantes le ventre redevient souple. 2

La nuit suivante, le malade réclama une nouvelle piqüre ‘ie Pantopon, non qu'il souffrit, mais 1l était agité et ne pouvaut dornur, Même heureux résultat que la veille quelques minutes après son injection de 1 cc. de Pantopon. Sommeil calme jusqu'au lendemain matin, sans rêves, et sans élat de somnolence au réveil. Pas de nausées, n1 de sécheresse de Ta bouche.

Le malade va actuellement beaucoup mieux, Il ne souffre

plus que lorsqu'il tousse.

OBsERvATION NE (très résumée)

(Due à M. Bonnefoy, externe suppléant à l'hôpital de Dijon, service du docteur Petitjean.)

Tuberculose pulmonaire.

NIPEN A0 0e ATIE:

Page 1