‹ La Médication Opiacée RationnelleChapitre 32 sur 35 · MECS MANS · texte numérisé non relu

MECS MANS

Antécédents hérédilaires. — Son père est mort de tuberculose pulmonaire, Sa mère, encore vivante, est en bonne santé. Elle à un frère bien portant.

—Lniécédents personnels. -— Souffrante dès son jeune âge. \ 15 aus, elle doit garder le lit pendant longtemps pour une affection sérieuse qu'elle ne peut préciser.

Mariée à 27 ans. À39 ans, abcès froid de la symphyse sacro-1haque,

Pas d'autres affections à signaler.

Le 30 août 1910, elle entre à Fhôpital, se plaignant de violentes douleurs dans les jamhes, douleurs intolérables dont elle souffre jour et nuit, et qui l'empêchent de reposer. On porte le diagnostic de névrite périphérique (?). Rien à signaler dans les autres organes, sauf le sommet droit douteux.

On lui ordonne, pour calmer ses douleurs, une potion avec 2? grammes de bromure de polassium par jour, On continue cette médication pendant huit jours, mais sans aucun résullat, même en augmentant Ja quantité de bromure.

On Ja met alors au traitement de Trousseau, c’est-à-dire 12 pilules de 0 gr. 05 d'extrait d’oprum par vingt-quatre heures. Cessation des phénomènes douloureux, mais constipa- Hon et grande sécheresse de la bouche.

On arrêle cette médication quelques jours après, el on la remplace par 12 comprimés de 1 centigramme de Pantopon, dont elle prend un comprimé toutes les deux heures, Ce traitement, commencé le 7 octobre, est poursuivi Jusqu'au 1% novembre: là malade se trouve bien calmée, mieux même qu'avec extrait thébaïque précédemment prescrit. Elle ne souffre plus du tout de ces douleurs intenses qui la réveillaient la nuit, et n'accuse aucun symptôme d'intolérance où d’intoxicaUon. Elle préfère ce médicament au précédent, parce qu'il la calme mieux, et qu'elle n’éprouve, de ce fait, aucun majaise.

Le 1% novembre, on change ce médicament, que l'on remplace par 2 cachets, lun de 1 gramme d'antipyrine, et l’autre de O0 gr. 75 de sulfonal (pour le soir) par vingt-quatre heures. La malade dort Ja nuit, mais se plaint que ses douleurs réapparaissent fréquemment, et sous forme de véritables crises, pendant Ja journée,

OgservarioN LXIIT (Résumée) (Düe à l'obligeance de M. le docteur Guéneau, de Coulmier-le-Sec, (Côte-d'Or).

Ulcus gastrique.

Grandes douleurs en broche, et vomissements fréquents, On

fait sans succès une injeclion de 1 centigramme de chlorhydrate de morphine. Le seul résultat obtenu est un état d’excitation, ébriété et vertiges. De même avec 1 centigramme d’héroïne, On essaye le Pantopon en injection sous-cutanée de ? cenligrammes. Calme complet des douleurs et des vomissements en dix minulcs, sans aucun phénomène d’excitation ni d’intolérance pas de sensation nauséeuse ni de vertiges. Cette médication fut répétée à plusieurs reprises et avec le même

SUCCÈèS.

"OgservaTION LXIV

(Due à notre vieil ami M. Goudet, interne à 1 hôpital de Dijon.) Récidive de cancer utérin.

M"° G..., ménagère, 32 ans.

Entre à l'hôpital au commencement de Juin pour un cancer de l'utérus. On fait une hystérectomie totale par la voie abdominale, Les suites opératoires sont excellentes. L'état g

néral est bon et les douleurs dont souffrait la malade ont disparu.

En octobre, la malade ressent des douleurs lombaires qui s’acecntuent rapidement, Ces douleurs irradient dans les membres inférieurs et deviennent bientôt telles qu'on fait à la malade des piqûres de morphine (0 gr. O1 à 0 gr. 02 par Jour). L'examen objecuif révèle une récidive au niveau de la cicatrice vaginale. Les pertes réapparaissent et sous l'influence de l'anémie et de la morphine l'appétit disparait, L'état général devient mauvais, la malade maignit.

Au commencement de novembre on substitue à la morphine le Pantopon, sans prévenir la malade. Non seulement elle ne s'aperçoit pas de la substitution, mais elle ne réclame pas sa deuxième piqüre comme d'habitude. Depuis, on ne Jui fait plus qu'une piqûre par Jour.

L'appéüt a reparu et l’état général s’améliore. Chaque piqûre de Pantopon était de 0 gr. 02. On n’a noté aucun phénomène

d'intolérance.

OgsErvarion LXV

(Erûe à notre camarade Jeannel, interne à l'hôpital de Bourg.) Rhumalisme décalcifiant envahissant (tuberculeux ?)

M°° F..., 28 ans, domestique.

Antécédents hérédilaires. — Mère morte à 32 ans, d’une péritonite d'origine traumatique. Père, àgé de 59 ans, bien portant. Elle a eu cinq frères dont l'un est mort à quelques mois. Les quatre autres sont en bonne santé.

Anlécédents personnels. — À 8 ans, variole, dont elle ful longtemps malade. Rougeole. Coqueluche. La menstruation est apparue à 14 ans : quelques mois plus tard, chloro-anéinic : les règles disparaissent pendant plus de deux ans, pour réapparaître à 17 ans. Depuis, menstruation régulière. A 27 ans, laryngite qui dure un mois. L'hiver dermer, nouvelle larvngite qui lui dure plusieurs mois, pendant lesquels la malade est complètement aphone : elle ressent des picotements dans le larynx et tout le long de la trachée, et est sujelte à des quintes de toux sèche, n'aboutissant Jamais à l’expectoration.

La malade dit que, dans sa famille, on est sujet aux laryngites (père et frères).

Depuis trois mois, dysménorrhée, pertes blanches tachant le linge en jaune ; l'examen des sécrélions vaginales est négatif. La malade dit avoir une sensation de cuisson au méat urinaire à la miction.

Il y a trois semaines, la malade était occupée à repasser ; subitement, celle est prise d’une douleur vive au niveau du poignet droit ; puis, cette région se tuméfie, avec ascension thermique. Elle entre à l'hôpital le 6 avril 1910.

A l'examen, de poignet droit est tuméfié ; la palpation éveille de la douleur au niveau du poignet, douleur s'irradiant dans la paume de la main et jusqu'au niveau du coude. Pas de ganglions dans laisselle.

Rien d’anormal à l'appareil pulmonaire.

S avril. — L'articulalion est badigeonnée au salicylate de méthyle ; on donne, en outre, à l'intérieur du salol, puis de l'aspirine, mais sans aucun résultat ; les arhculations carpo-mélacarpiennes, mélacarpo-phalangiennes et phalangiennes deviennent à leur tour douloureuses et se tuméfient. Devaut les résultats négatifs de celte médication, et devant l'inlolérance gatrique, on est obligé de suspendre tout traitement interne.

9 mai. — Quelques douleurs fugaces apparaissent dans le genou droit ; pas de-tuméfaction.

La flexion des articulations du poignet et de la main devenant très douloureuses, on les immobilise dans un appareil plätré.

23 mat. — Les douleurs du genou persistent, mais celles du poignet s'atténuent.

3 juin. — Nouvelle poussée douloureuse dans le poignet, avec tuméfaction, On prescrit de nouveau du salol à linté rieur.

27 juin. — Douleurs dans le poignet et dans Favant-bras Anorexie à peu près complète. Insomnie. Vomissements.

Juillet. — L'état reste stationnaire. La main est œdématiée ; les ariculations sont immobiles ; la palpation très douloureuse. On lui donne successivement de laspirme, de la cryogé nine, mais celle médicalion est loujours sans effet.

20 aoûl. — On fait une radiographie de la main. Les épiphyses des phalanges el des os du métacarpe, les os du carpe, les extrémités inférieures du radius et du cubitus se présentent avec une couleur gris cendré :; le lissu osseux épiphysare semble très raréfié. Les diaphyses du 2° et 3° métacarpien, el surtout celle du radius présentent des bords ondulants et flous, dus probablement à un épaississement du pér10ste.

23 août. — La malade accuse de la douleur au niveau du coude, Le bras est immobilisé en flexion dans une gouttière plàtrée.

3 octobre. — On donne à la malade du Pantopon à la dose

de 3 comprimés de 1 centigramime par vingt-quatre heures. On continue cette médication pendant treize jours.

Ce médicament à été très bien loléré, alors que lous les autres remèdes occasionnaient des maux d'estomac. De plus, action manifeste sur les symptômes douloureux qui sont bien alténués. La malade, qui avait des insomnies, peut maintenant dormur einq à six heures par nuit: Sommeil calme. Aueun symptôme d'intolérance.

Mais Ja malade semble s'accoutumer au médicament, les douleurs augmentent, l'épaule se prend à son tour. Les douleurs deviennent intolérables au point qu'elle ne peut dormir la nuit, On suspend la médicalion.

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