INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS. — INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES
Quelles conclusions pouvons-nous tirer des observations que nous citons au chapitre précédent ? Comment faut-il interpréter les résultats obtenus, et quelles sont les indications thérapeutiques du Pantopon ?
D'après toutes les observations qui nous ont été communiquées et d'après les cas qu'il nous a été donné de pouvoir suivre nous-même, nous pouvons dire, d'abord, que le Pantopon est moins toxique que la morphine ou ses dérivés, et que les autres préparations opiacées.
Nous n'avons, en effet, jamais observé de vomissements à la suite de son application. L'état nauséeux, si fréquent à la suite des injecitons de morphine, n’a été observé que 2 fois sur les 65 observations que nous reproduisons précédemment, une fois chez une malade (obs. IV) qui, suivant sa propre expression, a « le cœur très faible », et une autre fois chez une malade atteinte de troubles digestifs, et, de plus, bacillaire (obs. VI): et encore, chez ces deux malades, les troubles nauséeux ont-ils été si faibles que ce n'est qu'en attirant leur attention sur ce point que celles-ci, très nerveuses, d'ailleurs, ont signalé ce léger malaise
Nous voyons même (obs. I, II, IIL, IV, VI, X, XXIV, ANXVI, XXXIX, XLHI), des malades, chez qui on fit comparalivement de la morphine et du Pantopon, présenter, avec le premier médicament, des phénomènes d'intolérance, et mème d'intoxication grave, comme dans le cas de la malade de l'observation IT, et accuser, avec le Pantopon, l'absence totale de cet état d'intolérance, et en retirer même une disparition complète du symptôme douloureux qui avait nécessité l'emploi d'un calmant, el cela sans l'état d'abrutissement véritable et de stupeur où les mettait l'usage de la morphine ou de ses dérivés, héroïne et dionine, malgré les doses quelquefois élevées qui furent employées.
Nous avons même constaté que dans certains cas (obs. I, IT, XXII, XXIV, XXVIIT, LVI), les vomissements et nausées préexistant à l'usage du Pantopon ont cédé rapidement à l'emploi de ce médicament: c'est un point qui a une très grosse importance au point de vue chirurgical, chez les opérés entre autres.
De plus, le Pantopon ne provoque pas, contrairement à la morphine, d'accoutumance, ‘ce qui fait qu'il n'est pas nécessaire, si la médication se prolonge, d'augmenter progressivement les doses : c'est ce qui ressort des observations I, XI, XIIT, XVIII, XXVI, XXXVIII XLVI, L, LI, LIT, LVIT, où la médication par le Pantopon étant poursuivie pendant plusieurs semaines, les doses emplovées à la fin, el qui étaient les mêmes que celles du début, amenaient toujours les mêmes effets bienfaisants. Cette particularité du Pantopon n'est pas battue en brèche par ce fait que, pendant les derniers Jours des malades des observations XIII, XXIII, on fut forcé d'aug-