L’INDICATION DE L’EXERCICE EN THÉRAPEUTIQUE
cice présente plusieurs faces. Elle est aussi com{)Iexe que sont variés les effets de la médication à appliquer; et on s’ex-r poserait, en pratique, à de singulières déceptions si on s’en tenait à cette notion sommaire que tel ou tel malade a besoin de « faire de l’exercice », sans préciser quels sont, parmi les eflets de l'exercice, ceux qui lui conviennent plus spécialement.
' La notion de l’opportunité de l’exercice ne suffirait pas au médecin pour le guider dans la pratique. Il est évident, toutefois, que cette question préalable doit être tout d’abord résolue, et que le praticien doit toujours se la poser. On peut y répondre, d’une manière générale, par cette formule : l exercice est formellement indiqué toutes les fois qu'il ne peut pas nuire.
Il faut entendre par là que l’exercice doit être appliqué aux malades dans la mesure, bien entendu, de leur résistance, non seulement en vue de rechercher des effets thélapeutiques spéciaux de nature à combattre les troubles apportés dans 1 organisme par la maladie, mais encore en prévision des dangers multiples qui peuvent résulter pour le malade de l’immobilité prolongée.
L’exercice et le mouvement sont les conditions mêmes de la vie, et aucun organe ne peut s’entretenir sans fonctionner. Cette vérité est utile à rappeler, car on l’oublie trop fréquemment dans la pratique, et il n’est pas rare, à la suite de longues maladies, de voir persister des états morbides secondaires, qui ne sont pas dus à proprement parler à la maladie elle-même, mais à la privation de mouvement qui en a etc la conséquence. Ces troubles secondaires sont parfois temporaires et peuvent disparaître par le retour des habitudes actives quand la convalescence est bien dirigée mais SI l’exercice est repris trop tard, il peut enrésulter'’des
lésions definitives et permanentes, et la maladie dégénère alors en infirmité. ®
Tout le monde a vu se produire, par suite d’une immobilisation trop prolongée, des ankylosés entraînant la perte irrémédiable d’une articulation. Bien d’autres faits sur lesquels l’attention des médecins n’est pas attirée avec assez d’insistance, pourraient montrer que si l’exercice appliqué à tort présente parfois des dangers, l’immobilité trop systématique ou l’oubli de la prescription des mouvements ont fréquemment des conséquences les plus graves.
Le défaut de mouvement ne fait pas sentir ses eflets nuisibles uniquement aux organes locomoteurs. Nous savons que l’exercice musculaire active toutes les fonctions et augmente la nutrition de tous les organes. La circulation du sang, la respiration, la digestion, le fonctionnement du système nerveux, subissent toujours des troubles graves par le fait de l’immobilité. Le défaut de mouvement favorise les stases sanguines, et on a signalé des pneumonies dites Injpostatiques qui résultent, chez les vieillards, d un décubitus trop prolongé. On sait aussi combien l’immobilisation totale du corps donne fréquemment de tristes résultats chez les tuberculeux atteints de coxalgie. L effet le plus habituel des moyens de contention tels que la gouttière de Bonnet, quand on en prolonge l’emploi, c’est de hâter chez ces malades la généralisation de la tuberculose primitivement localisée à l’articulation de la hanche, et de favoriser la marche de la phtisie pulmonaire.
On doit donc exiger du malade des mouvements actifs ou passifs et s’ingénier à lui appliquer l’exercice sous une lorme ou sous une autre, toutes les fois que les conditions de sa maladie ne font pas redouter du mouvement des dangers plus graves que ceux qui résullentdc l’immobilité. Dans cette dernière hypothèse seulement, la maladie porterait avec elle la contre-indication formelle du genre de médication que nous étudions ici..
Nous étudierons dans )e chapitre suivant les contre-indi-