‹ La médication par l'exerciceChapitre 2 sur 61 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

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L’aut re, intitulé X Exercice chez les adultes ,é\.\xù\Q\\, lesetTets du travail musculaire et du mouvement sur le corps arrivé à son développement complet. C’était encore, comme le précédent, un livre d’Hygiène, où l’exercice était considéré comme agent préve7itif \)\wio\. que comme moyen des mala-

dies. Toutefois, ce dernier volume, en cherchant à déterminer le rôle de l’exercice suivant les diverses conditions d’âge etde tempérament, nous avait conduit jusqu’aux frontières de la thérapeutique. Nous avions été amené à étudier les perversions de la nutrition qui résultent du défaut d’exercice, et les diathèses diverses qui constituent les tempéraments morbides. De plus, il nous avait fallu tenir compte des divers troubles fonctionnels, ou même des diverses affections organiques , qui peuvent créer des difficultés particulières dans l’application de l’exercice; il nous avait fallu tracer des règles grâce auxquelles on pût donner à certains malades les bénéfices de ce puissant modificateur hygiénique sans aggraver leur maladie. Mais ce n’étaient là encore à proprement parler que des études d’Hygiène.

Aujourd’hui nous nous proposons d’étudier l’Exercice, non plus comme moyen de prévenir les troubles de la santé, mais comme moyen de guérir ou d’améliorer les maladies confirmées.

L’étude de la Médication par l'exercice peut passer pour une nouveauté en France, mais non pas dans tous les pays. Dans bien des contrées de l’Est et du Nord de l’Europe, la thérapeutique par le mouvement est en honneur depuis de longues années. Aussi avons-nous tenu, avant d’écrire ce livre, à rechercher dans tous ces pays les documents qui y abondent sur les procédés divers et aussi sur les résultats de cette forme de traitement. Trois hivers consécutifs ont été consacrés à recueillir à l’étranger les documenls qui ont servi à la composition de ce livre, et dont la re-

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cherche a éLé facilitée par trois missions scientifiques que nous a confiées le ministère de l’instruction publique.

Nous sommes heureux de saisir l’occasion de remercier ici tous les savants étrangers dont l’obligeance et l’accueil si hospitalier nous ont permis de mener à bonne fin la laborieuse enquête scientifique que nous sommes allé faire en Suède, en Allemagne, enAutriche et en Suisse. Nous devons surtout un témoignage de vive reconnaissance à tout le corps médical de Stockholm et.en particulier aux D'-^Wide, Murray, Zander, Levertin, ainsi qu’au major Thure-Brandt et au professeur lôrngren, pour les précieux renseignements et les utiles leçons que nous avons trouvés auprès d’eux pendant notre séjour en Suède. Nous avons aussi a remercier le professeur Lorenz, de Vienne, et le professeur Dollinger, de Budapest, des documents spéciaux qu’ils nous ont permis de lecueillir chez eux. Enfin nous tenons à rendre hommage à la courtoisie des médecins allemands auprès desquels nous ont conduit nos voyages d’étude, et tout particulièrement à l’obligeance du professeur QEriel, de Munich, qui a bien voulu nous fournir tous les documents nécessaires à l’exposé de son système, et qui a obtenu pour nous du Commissariat de Reichnall, l’autorisation de publier un extrait de la carte régionale qui sert à l’application de sa Cure de terrains.

Les résultats de nos différents voyages ont été consignés dans notre livre, et y font l’objet de plusieurs chapitres. Notre mission en Suède surtout, nous a fourni les documents les plus précieux. Nous en avions déjà fait l’objet d’un mémoire manuscrit, la Gymnastique suédoise étudiée à Stockholm, que l’Académie de médecine a couronné sur le rapport présenté par son éminent secrétaire annuel, M. Cadet de Gassicourt (prix Mombinne, 1891). Mais, bien que ce mémoire occupe dans le livre une place importante, il était loin de pouvoir, à lui seul, constituer le fond de la Médication par l'exercice. Nous ne pouvions pas non plus nous bor-

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lier à présenter au leeteur une sorte de eompilation des divers systèmes de traitement par le mouvement que nous avions étudiés à l’étranger. Les documents recueillis dans nos voyages étaient comme des matériaux disparates dont la réunion ne pouvait former un tout complet. En ellét si la plupart des praticiens du Nord et de l’Est de l’Europe s’accordent à proclamer l’efficacité de l’exercice actif et passif et du massage dans le traitement des maladies, il faut reconnaître que chacun des maîtres qui a fait école dans la matière n’a vu, le plus souvent, qu’un seul coté des applications de ces agents thérapeutiques.

Certains systèmes, tels que la gymnastique suédoise, s’attachent surtout à la forme des mouvements et ne voient dans l’exercice qu’un moyen de mettre en jeu tel ou tel groupe de muscles et de mobiliser telle ou telle articulation, afin de modifier soit une région limitée du corps, soit un organe ou un appareil organique déterminés, sans viser l’ensemble des grandes fonctions vitales et la nutrition. Les autres, comme le système d’Œrtel avec son exercice de marche ascensionnelle, ont au contraire pour objectif les effets « généraux» de l’entraînement et n’arrivent à modifier un organe déterminé, tel que le cœur par exemple, qu’en modifiant du même coup tout l’organisme dans son ensemble. D’autres enfin limitent l’effet du mouvement à une étroite sphère d’action, ne visant que les aflléctions des organes locomoteurs, les maladies des articulations et des muscles, les déviations delà taille, etc., ou bien n’utilisant dans la thérapeutique qu’une portion restreinte des éléments de la médication par l’exercice, comme les mouvements passifs et le massage.

.\ucun système, parmi ceux que nous avons étudiés, n’a songé à utiliser méthodiquement dans leur ensemble toutes les ressources thérapeutiques olfcrtes par l’exercice au médecin. Et si l’on peut reconnaître «luelque mérile à notre travail, ce sera, sans doute, d'avoir recherché tous les

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effets primordiaux du mouvement musculaire et d’en avoir déduit des données thérapeutiques rationnelles, en montrant combien les indications en sont plus nombreuses et plus diverses que ne l’avait dit jusqu’à présent chacun des auteurs qui ont écrit sur ce sujet.

Ce livre n’est donc pas un simple résumé des méthodes de traitement gymnastique employées par diverses écoles, et nous pensons pouvoir prétendre à le présentercomme une œuvre, à bien des égards, personnelle.

Nous dégageant de toute influence d’école, nous avons tenté de rapprocher les enseignements de la physiologie de ceux de la clinique pour en déduire les indications à remplir et aussi les dangers à éviter dans l’application de l’exercice aux maladies. Cette étude fait l’objet de la I” partie du livre, qui a pour titre les Effets thérapeutiques de l'exercice.

Dans la IP partie, intitulée les Moyens d'exercice, nous avons présenté au médecin les divers systèmes d’exercices usités, parmi lesquels nous nous sommes efforcé de lui apprendre àfaire unchoix rationnel. Nous avonsmême ajouté au formulaire des exercices méthodiques bien des types de mouvements et bien des formes de travail empruntés aux actes naturels, aux travaux professionnels, aux jeux libres et aux exercices de sport.

Enfin, dans la IIP partie, qui étudie l' Application du traitement, nous avons abordé le côté vraiment pratique de notre travail. Quelles sont les affections médicales ou chirurgicales auxquelles le traitement par l’exercice doit être appliqué? A quelle dose et sous quelle forme faut-il prescrire le travail musculaire et le mouvement, suivant la gravité du cas et ta période de la maladie? A quel moment, enfin, et dans quelle mesure faut-il recommander le repose! 1 immobilité? 1 elles sont les questions auxquelles nous nous sommes efforcé de répondre dans cette dernière partie. Et nous n’avons pas besoin de dire à quelles

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difficultés nous nous sommes heurte, en en cherchant la solution.

Ces questions, en effet, n’ont jamais été nettement posées dans nos ouvrages classiques de thérapeutique, et si, parfois, quelques cliniciens les ont agitées, ils n’y ont jamais répondu que d’une façon vague et superficielle.

Aussi, quelque imparfaite que puisse être notre œuvre, elle aura rendu, au moins, le service d’ouvrir la voie à de nouveaux travaux, en attirant l’attention des médecins sur une importante lacune à combler dans la thérapeutique.

Il nous eût été difficile, dans bien des cas, de faire saisir, à l’aide d’une simple description écrite, les divers mouvements et attitudes qu’impliquent certains exercices et dont la précision stricte est parfois la condition essentielle de suc- ' cès. Nous avons donc eu recours à des figures. L’ouvrage contient 62 planches ou graphiques et une carte coloriée.

MM. Mauroy frères, médecins-gymnastes à Paris et élèves de l’Institut central de Stockholm, ont bien voulu poser dans tous les mouvements de gymnastique suédoise « manuelle », dont nous publions la photogravure d’après les clichés obtenus et reproduits par M. Méheux, le photographe et dessinateur scientifique bien connu.

Plusieurs des clichés qui ont servi pour nos planches sont dus à l’obligeance de M. Bouchet, étudiant en médecine, et quatre dessins au trait ont été exécutés d’après nature par M“® Lesou (de Limoges).

Le D' Zander, de Stockholm, nous a gracieusement autorisé à reproduire, d’après son album, les photographies de quelques-unes de ses machines, pour faire comprendre les mouvements de la gymnastique médicale « mécanique ». Les machines de Nycander ont été photographiées dans le gymnase de M. Soleirol, à Paris.

Les tracés sphygmographiques montrant les effets de l’exercice sur la circulation du sang sont empruntés les

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uns au bel ouvrage de M. Marey, les autres au livre de M. CErtel. Quelques-uns ont été pris sur nous-même, à Stockholm chez le D' Levertin, à Paris par M. Chevillot, élève de M. Huchard.

Enfin les poses relatives à l’effetorthopédique de l’escrime ont été photographiées d’après nature, l’une sur M. le professeur Prévost de Paris, l’autre sur notre ami M. Vavasseur, l’un de nos escrimeurs les plus renommés.

Nous avons tenu à citer les noms de toutes les personnes qui nous ont aidé dans l’exécution matérielle de notre ouvrage, et cela non seulement pour acquitter une dette de reconnaissance envers elles, mais aussi pour montrer combien leur compétence spéciale est une garantie sérieuse dans le concours qu’elles ont bien voulu nous prêter.

Vichy, l'r novembre 1893.

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