‹ La médication par l'exerciceChapitre 38 sur 61 · AFFECTIONS DE L’APPAUEIL LOCOMOTEUR · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DE L’APPAUEIL LOCOMOTEUR

tiques, etc., il faut se hâter de mobiliser les surfaces articulaires, en prenant toutefois les précautions que nous indiquerons tout à l’heure. Et si le traitement préventif a été omis ou n’a pu empêcher tout à fait les suites de la maladie ; s’il reste de la raideur des ligaments, de la sécheresse des synoviales, de la rétraction des tendons, de l’engorgement inllammatoire des articulations, etc., le massage et la gymnastique médicale peuvent rendre plus de services encore que les eaux minérales pour faire disparaître tous ces obstacles qui entravent la fonction des membres.

Ce n’est pas seulement au fonctionnement de l’articulation que doit veiller le médecin à la suite des affections articulaires, mais aussi au fonctionnement des muscles qui la meuvent. Et c’est pour cette raison que des exercices actifs doivent intervenir dans le traitement, en outre du massage et des mouvements passifs. On sait avec quelle rapidité s’atrophient les muscles péri-articulaires à la suite des maladies de cause externe ou interne qui atteignent les articulations. Ces maladies semblent exercer sur les muscles qui mobilisent l’articulation malade une action atrophique spéciale, encore mal expliquée, mais universellement reconnue, qui s ajoute aux effets de l’immobilité pour amener la diminution de force et de volume des éléments musculaires. On peut voir en quelques semaines, — parfois môme en quelques jours, — à la suite d’une arthrite du genou, les muscles de la cuisse se fondre, pour ainsi dire, et se réduire k leur trame fdjreuse. 11 est urgent de provoquer dans ces muscles des contractions volontaires pour activer leur nutrition. C’est dans ce but qu’on emploie si souvent l’électrisation, moyen inliniment moins puissant que le mouvement actif.

Dans les affections traumatiques comme les contusions articulaires, et surtout dans ces traumatismes où toute la région péri-articulaire a été soumise en masse à une violente

L’APPLICATION OU TUAITEMIÎNT.

distension, comme dans \Q?,e7itorses, les foulures, il faut avoir recours au massage dès le début pour faire cesser les douleurs et favoriser la résorption du sang extravasé. Le massage immédiat est le meilleur moyen d’éviter les épanchements dans les jointures, les exsudais péri-articulaires, et de rendre promptement au membre la faculté du mouvement. 11 n’y a pas bien longtemps que l’entorse la plus légère entraînait toujours la prescription d’une immobilisation sévère du membre, et môme du séjour au lit quand il s’agissait d’une entorse du pied ou du genou. Aujourd’hui beaucoup de spécialistes vont jusqu’à permettre la marche aussitôt après la première séance de massage, même dans les entorses graves. C’était la manière de procéder des rebouteurs dont le succès dans le traitement des foulures n’a jamais été nié. La seule objection qu’on ait pu faire à la manière de procéder de ces « braconniers delà médecine », c’est le danger que couraient, disait-on, les malades d’être massés et mobilisés quand l’entorse s’accompagnait d'une fracture méconnue du péroné. Or des observations d’une authenticité incontestable, — plusieurs, entre autres, rapportées par le D" Rosenblith, — prouvent que de*s fractures du péroné, prises pour des entorses et traitées par le massage et la marche, ont guéri plus rapidement et avec des suites plus heureuses qu’elles ne le font d’ordiaaire avec les procédés classiques d’immobilisation (1).

L’application du traitement.

Toutes les formes de la médication par l’exercice peuvent avoir leur indication dans les affections de l’appareil locomoteur. On a recours tantôt au massage, tantôt aux mouvements actifs et passifs, suivant le genre de maladie et le degré du mal.

(1) Voir Chainpioniiière : Le massage et la mobilisation dans le traitement des fractures.

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