AFFECTIONS DE L’APPAREIL LOCOMOTEUR
poumon. Poui* guéi’ir la coxalgie, on expose le malade à la phthisie pulmonaire. Aussi s’est-on ingénié à résoudre le problème de supprimer le mouvement de l’articulation malade sans immobiliser tout le corps. En dehors des périodes de douleurs d’une acuité extrême, et quand l’état fébrile est disparu, on a cherché des appareils qui puissent immobiliser l’articulation de la hanche sans condamner le malade à garder complètement le lit. Dans les cas subaigus, la plupart des chirurgiens suédois se contentent d’appareils qui rendent impossibles tous les mouvements de l’articulation
coxo-fémorale, mais qui permettent au malade de mareher en prenant appui sur le pied. D’autres, comme le professeur Lorenz, à Vienne, appliquent des appareils munis d’une double attelle en fer qui, placée parallèlement au membre ma-
lade, touche le sol et supporte le poids du corps, pendant • que le bassin repose « à cheval » sur une autre pièce de 1 appareil formant béquille sous-pubienne.
Dans les eoxalgies, comme dans les autres localisations
de la tumeur blanche^ l’ankylose est la terminaison la plus favorable qu’on puisse espérer, et l’immobilisation locale prolongée le seul moyen de l’obtenir. Mais, à part ces cas graves où on se résigne au sacrifice d’une articulation pour éviter des dangers plus grands, il faut avoir sans cesse
présent à l’esprit le danger de l’immobilité forcée dans les affections articulaires. 11 faut songer que l’immobilisation des jointures peut entraîner la perte partielle ou totale des mouvements quand elle se prolonge au delà d’un certain temps, — parfois d’un temps très court. Aussi est-il prudent, à la suite des traumatismes articulaires, des affections rhumatismales subaiguës, de faire subir à la jointure quelques mouvements passifs aussitôt que le malade peut les supporter, mtîme au prix d’une certaine souffrance, si on veut éviter de pénibles mécomptes. Trop souvent le médecin en relevant un appareil contentif qui a fait cesser comme par
LaghangI'.. — Méd. par I cxcrc.
L’APPLICATION DU TRAITEMENT
enoliantemenl les douleurs et les complications inflammatoires, et dont il a prolongé l’application par crainte du retour des accidents, découvre une ankylosé de la jointure; se trouvant ainsi avoir remplacé une maladie passagère par une infirmité qui pourra demeurer permanente.
C’est l’écueil de tous les appareils contentifs et surtout de ceux réputés les meilleurs, c’est-à-dire de ceux qui immobilisent le plus exactement. Il est assurément des cas où l’urgence de ces appareils s’impose, mais on doit toujours, avant de les employer, peser les dangers de leurs conséquences en regard des services qu'on en attend. Tous les praticiens ont rencontré des exemples des déplorables résultats de l’immobilisation prolongée appliquée trop à la légère. En voici un que nous avons récemment observé. — Une enfant de douze ans, rhumatisante, atteinte de torticolis rebelle, fut immobilisée dans l’appareil contentif appelé Minerve, ety demeura plusieurs mois. Quand on leva l’appareil, toute douleur avait disparu, ainsi que toute contracture musculaire, mais une soudure s’était produite entre deux vertèbres cervicales. La tête est demeurée légèrement penchée vers l’épaule droite, et, par suite de cette courbure anormale de la colonne cervicale, il s’est produit une courbure « compensatrice » en sens inverse dans la colonne dorsale. La jeune fille conservera toute sa vie une scoliotsc à concavité gauche. Le massage et les mouvements passifs appliqués à temps eussent évité ces graves conséquences, sans retarder la guérison.
La médication par l’exercice doit toujours intervenir de bonne heure dans le traitement des aflcctions articulaires. Aussitôt que la période aiguë est passée, et même quand il existe encore un état sub-inflammatoirc, on doit avoir recours au massage et aux mouvements passifs. Dans le rhumatisme articulaire subaigu, dans les liydartliroses, le rhumatisme poly-articulaire chronique, les arthrites trauma-