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CHAPITRE IX

LES MALADIES DES FEMMES

Historique delà méthode de Thure-Brandt. — Les procédés de Thure- Brandt. — Indications et applications du traitement.

Historique de la méthode de Thure-^Brandt.

C’est un officier de l’armée suédoise, le major Thure- Brandt, qui a imaginé le traitement des maladies de l’ulérus par les mouvements actifs et passifs et par le massage.

Cette origine, un peu étrange pour nous, a sans aucun doute beaucoup nui à la méthode dans l’esprit de nos médecins. Mais l’origine « militaire » du traitement est moins surprenante pour les Suédois, car les officiers de l’armée suédoise, — ainsi que nous l’avons expliqué en parlant de l’enseignement de la gymnastique, — étudient la gymnastique médicale et le massage en même temps que la gymnastique militaire.

Le major Thure-Brandt était donc déjà « gymnaste médical » quand il commença ses études spéciales. Il faut dire, du reste, que sa situation à' autodidacte c’est-à-dire de chef de doctrine dépourvu du titre officiel de professeur, lui a créé de grandes difficultés auprès du corps médical. Trente ans d’eflbrts ont été nécessaires, avant qu’on consentît à prendre au sérieux sa doctrine. Mais il a fallu s’incliner devant les résultats de son traitement, et, depuis plus de quinze ans, déjà, tous les praticiens de Stockholm en reconnaissent sans conteste l’efficacité.

Dès l’année 1886, le D'’ Profauter, assistant du professeur

ScliiiltzG, d Icnû, GstvGnu étudiGr surplcicG 1g troitGrnGntgyrnnastiquG dGS afTGCtions ulGririGS à Stockholm. Sur son rapport très favorable, le D‘‘ Schultze, professeur de gynécologie à l’Université d’Iéna, a mandé dans son service d’hôpital le praticien de Stockholm, qu il a fait opérer sous ses yeux. Un grand nombre de guérisons furent obtenues, dont quelquesunes dans des cas considérés comme au-dessus des ressources de l’art, ou voués à l’opération sanglante, et à la suite de cette épreuve qui a duré plusieurs semaines, la méthode de Thure-Brandt a pris faveur en Allemagne.

De l’Université d’Iéna la gymnastique gynécologique s’est rapidement répandue à toute l’Allemagne, et il n’est guère de service d’hôpital de l’autre côté du Rhin, où les déviations, les prolapsus, les inflammations chroniques de la matrice, ne soient soignés par le massage et par des mouvements méthodiques.

L’Autriche n’est pas restée en arrière. A Vienne, à Prague, à Budapest, il existe un grand nombre de spécialistes qui appliquent la méthode de Thure-Brandt, tantôt telle qu’elle a été instituée par son auteur, tantôt en lui faisant subir certaines modifications, ou en la débarrassant de certains détails jugés superflus. La méthode' de Thure-Brandt est appliquée notamment sur une grande échelle à l’hôpital Universel de Vienne, dans le service du professeur Chrobak. Son assistant, le D' Kump, privat-docent de l’Université de Vienne, est allé s’instruire à Stockholm chez l’auteur de la méthode, et l’applique chaque jour sur les malades de l’hôpital et sur celles, très nombreuses, qui viennent du dehors se faire soigner à la polyclinique.

En Suisse, la méthode de Thure-Brandt commence à se vulgariser depuis la publication du livre du D*’ Vnilliet et de celui du professeur Jentzer, de Genève, qui est allé étudier, à Stockholm, la méthode du major suédois.

C’est en France que la gymnastique gynécologique a

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trouvé le plus d’opposition, — peut-être à cause de son étiquette même, le mot de « gymnastique » éveillant toujours chez nous l’idée de mouvements violents, et choquant ainsi singulièrement l’esprit des médecins habitués à prescrire dans les afifections utérines le repos absolu et l’immobilité de la chaise longue.

Une autre cause aussi a nui, sans aucun doute, aux progrès de ce traitement dans notre pays : c’est le reproche qu’on lui a fait d’être une pratique « immorale ». Quand on a vu, comme nous, mettre ce traitement en pratique par Thure-Brandt lui-même, on se demande sur quelle apparence ce reproche a pu se fonder. Le manuel du traitement gymnastique des maladies utérines est assurément bien moins capable de blesser la pudeur d’une femme que l’application usuelle du spéculum si aisément acceptée chez nous, car pour les manœuvres du massage, pas plus que pour l’exécution des mouvements, les femmes n’ont pas besoin de se montrer à découvert. On ne voit pas surtout ce qui a pu attirer au traitement le reproche d’être une « pratique d’onanisme », car il n’exige absolument aucune manœuvre qui ne fasse déjà partie des procédés d'exploration usités en gynécologie.

C’est en 1889 que parut en France la première étude sérieuse qui ait été faite du traitement de Thure-Brandt. Cette étude est due à Goldspiégel-Sosnowska (1), qui est allée passer un an auprès du major Thure-Brandt à Stockholm, et auprès de son émule, le professeur Helleday, de Gothembourg. A son retour de Suède, M'"“ Sosnow^ska publia dans les Archives de tocologie une monographie du Traitement manuel des maladies des femmes, et nous donna ainsi, la première, une notion exacte de la méthode de Thure-Brandt dont il n’avait été présenté jusqu’à ce moment que des descrip-

(1) Voir: Archives de tocologie (novembre 1889).

L’APPLICATION DU TlUITEMENT.

lions absolument fantaisistes. Nous devons aussi à M'"® Sosnowska les premières tentatives de ^application du traitement qu elle a inauguré à Paris aussitôt après avoir obtenu son diplôme de docteur dans notre Faculté.

A la suite de ma mission en Suède en 1890, et du rapport à FAcadémie qui en fut le résultat, Fattention du public médical se trouva de nouveau attirée sur la gymnastique suédoise et ses applications thérapeutiques. Le Stapflér, à son tour, obtint une mission à Stockholm, et en rapporta, en 1892, une étude très complète du traitement de Tliure- Brandt. Parmi les auteurs qui ont travaillé à faire connaître cette méthode, il faut citer encore un praticien de valeur, le D' Norstrôm. Mais Fétude de Norstrdm ne porte que sur le massage de Futérus et laisse de côté la partie qui a trait aux mouvements, et qui est la plus originale de l’œuvre (1). Enfin, notre littérature médicale s’enrichit chaque jour de quelques traductions d’ouvrages étrangers écrits sur le sujet, tels que le livre de Procbownick, traduit de l’allemand par Relier et Nitot.

Les procédés de Thure-Brandt.

Le traitement de Thure-Brandt comprend trois ordres de pratiques: 1” le massage; 2" les mouvements passifs et actifs; 3“ la mobilisation de Futérus.

Le massage se pratique à travers les parois abdominales, soit sur le fond de Futérus, soit sur les ovaires, soit’ sur des exsudats inflammatoires péri-utérins, sur les brides cicatricielles qui font adhérer le fond de la matrice aux parois du bassin. A ces manipulations qui ne durèrent nullement des autres formes du massage, il faut ajouter le toucher vaginal et aussi Fintroduction des doigts dans le

(1) Norstrôm, Le Massage de ViUârus.

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reclum, soit pour explorer les lésions et les déviations utérines, soit pour repousser et réduire la matrice déviée, soit, entin, pour pratiquer le massage à travers les parois de l’intestin.

On le voit, il n’y a là rien qui diffère des pratiques ordinaires de la clinique. Tout le temps que dure le massage, un ou deux doigts de la main gauche demeurent dans le vagin, soutenant le col utérin, pendant que la main droite exerce, à travers les parois de l’abdomen, des pressions et des frictions sur les engorgements qu’on veut résoudre, ou fait subir des tiraillements méthodiques aux brides inflammatoires qu’on veut rompre. Ainsi que le fait observer Norstrôrn, le massage de l’utérus, qui a si fortement scandalisé quelques médecins français, prend absolument la forme d’une exploration « bimanuelle » prolongée.

Outre le massage direct de l’utérus et de ses annexes, la méthode de Thure-Brandt recourt aussi au massage de l’abdomen comme moyen de combattre les stases sanguines, et la constipation si fréquente, comme on sait, comme complication et cause d’aggravation des affections utérines.

Les mouvements passifs sont de deux sortes. Les uns consistent dans des déplacements des membres inférieurs ou du tronc, tout à fait semblables à ce qu’on emploie dans la gymnastique abdominale : ce sont des mouvements de « circulation » tendant à décongestionner l’utérus en activant le cours du sang, ou bien des mouvements de « désobstruction », ayant pour objectif de faciliter le déplacement des matières qui encombrent le gros intestin. Les autres sont tout à fait spéciaux à la méthode et consistent dans des déplacements imprimés à l’utérus, soit pour le mobiliser quand il est enclavé par des exsudais, soit pour rompre ou allonger les adhérences qui le fixent dans une position vicieuse, soit enfin pour le remettre dans sa position normale quand il est déplacé.

L’APIMJCAÏION DU ÏUAITEMEiNT.

Lgs niouvGrnGnLs actifs GmployGs par ThurG-Rrandt sont Gn glande partie tires de la gymnastique abdominale déjà décrite au chapitre des dyspepsies. Ils ont pour but essentiel de foi tifier les parois de 1 abdomen dont l’énergique soutien est nécessaire, comme on sait, pour empêcher la masse des viscères de venir peser sur les organes malades ou déplacés. C’est ainsi, du reste, qu’agit la ceinture hypogastrique, moyen de soulagement si efficace dans un grand nombre d’affections utérines.

Les mouvements actifs ont encore pour but d’agir sur la circulation sanguine, et cela, si l’on en croit l’auteur, de deux manières tout à fait inverses, suivant leur forme. On produirait, dit Thure-Brandt, la congestion active de l’utérus à l’aide des mouvements concentriques ^ c’est-à-dire ceux dans lesquels les extrémités des leviers osseux tendent à se rapprocher du centre comme les mouvements de flexion et d’adduction, et on décongestionnerait au contraire l’organe en employant les mouvements excentriques comme les mouvements d’extension et d’abduction. Nous avons expliqué précédemment que cette distinction dans les effets circulatoires des mouvements excentriques et concentriques n’était pas conforme aux lois de la physiologie.

La manœuvre la plus caractéristique de la gymnastique gynécologique, celle qui a excité le plus de controverses et de critiques, celle aussi qui a donné les résultats les plus surprenants, c’est {'élévation de l’utérus. Cette manœuvre consiste à soulever méthodiquement l’utérus abaissé en état de prolapsus, et à le remettre dans sa position normale. Pour exécuter la manœuvre de Thure-Brandt, il faut deux opérateurs agissant de concert : l’un qui introduit le doigt dans le vagin pour produire le premier degré du relèvement de l’organe, et l’autre qui saisit à deux mains au travers des parois de l’abdomen le fond de la matrice, pour le soulever à une hauteur assez grande, en tirant sur ses liga-

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ments. L’elTet de cette manœuvre n’a pas encore été expliqué d’une manière satisfaisante, mais les observateurs les plus désintéressés affirment qu’elle a donné des résultats surprenants dans un grand nombre de cas réputés incurables d’abaissement de la matrice.

C’est cette manœuvre « à deux » qui a été sans doute l’occasion des reproches d’immoralité faits au traitement de Thure-Brandt. Ces reproches tiennent à l’insuffisance de notions précises sur la manière dont elle est appliquée. Si on s’en rapportait aux planches qui accompagnent le texte dans les ouvrages écrits en suédois et en allemand sur la gymnastique gynécologique, peut-être la naïveté des dessins pourrait-elle induire en erreur ceux qui ne peuvent comprendre le texte, faute de savoir la langue dans laquelle il est écrit. En effet, dans ces gravures, l’aide chargé du relèvement de la matrice est représenté dans l’attitude indiquée par Thure-Brandt, c’est-à-dire un genou sur le lit où repose la femme, les bras tendus parallèlement à la paroi abdominale de celle-ci, les mains jointes par leur bord externe, de façon à pouvoir refouler la peau et les muscles; mais pour que le bout des doigts qui doit saisir la matrice puisse, en déprimant les parties molles, s’insinuer en quelque sorte dans la cavité du bassin en rasant la crête des os pubiens, il est nécessaire que l’aide se penche au point que son visage vient presque toucher celui de la femme couchée. De la un groupe dans lequel l’aide semble au premier abord en contact tout àfait intime avec la malade. Il suffit, pour que ce manuel opératoire n’ait rien de choquant, que Eaide représenté soit une femme, comme cela a lieu en réalité, le plus ordinairement.

L’application du traitement.

Trois ordres de lésions principales sont soignées par le traitement gymnastique ou plutôt par le traitement manuel,

L’API'LIGATION DU TRAITEMENT

car le mot gymnastique est ici, pour la plus grande partie des cas, tout à fait hors de la signification que nous lui attribuons. Ces trois ordres de lésions sont : V les déplacements de l’utérus et de ses annexes; 2" les exsudais inflammatoires péri-utérins, et 3“ les inflammations subaiguës et chroniques de l’utérus et de ses annexes.

Le plus souvent, les deux premières sortes de lésions ci-dessus énumérées n’en font qu’une, l’exsudât provoquant des adhérences qui fixent Lutérus ou l’ovaire dans une situation vicieuse. Toutefois les organes génitaux internes peuvent être déplacés par une cause non inflammatoire, et les exsudais inflammatoires peuvent être une occasion de troubles consécutifs sans déterminer des déplacements de l’utérus ou de l’ovaire.

A côté des déviations, des exsudais et des affections inflammatoires chroniques de l’utérus et de ses annexes, la cure gymnastique s’applique encore à certains troubles de la circulation sanguine, tels que la dysménorrhée et l’aménorrhée. D’une manière générale, ce traitement n’intervient jamais dans les cas aigus, mais seulement quand la période inflammatoire franche est passée.

Le massage a pour but de provoquer les résorptions des exsudats inflammatoires. A ce point de vue aucun médecin ne pourra en récuser l’efficacité. 11 est aussi utilisé comme moyen de rompre ou d’allonger les tissus fibroides qui l’ésultent de l’organisation de ces exsudats, et qui, pai leur rétraction, fixent l’utérus ou ses annexes dans des positions vicieuses. Là encore, il est impossible de refuser à des manipulations rationnellement faites, le pouvoir de remédier à certaines déviations utérines dues à des adhérences qui maintiennent l’organe dans une position et une direction anormales. On comprend qu’en faisant subir chaque joui à ces adhérences un allongement progressif, on arrive soit à les rendre assez lâches pour permettre à 1 organe dé\ié de

LES .MALADIES DES EËiMiMES.

ii!)

reprendre sa position normale, soi! même à les rompre et à rendre l’organe libre de toute attache pathologique. 11 n'e.Kiste pas, aujourd’hui, un seul praticien suédois qui n’ait reconnu l’efficacité du massage dans les déviations de la matrice dues à des adhérences péri-utérines. L’efficacité du massage utérin est encore incontestable dans toutes les affections inflammatoires caractérisées par l’engorgement de l’utérus et de ses annexes, la métrite et l’ovarite chronique. Enfin, à défaut de résultat objectif, le massage donne toujours, même dans les cas les plus rebelles, un résultat subjectif, celui de faire disparaître les douleurs et les sensations pénibles de toute sorte. Si bien que dans le cas où la malade n’est pas guérie, elle a, pour ainsi dire, l’illusion de l’être. C’est dire que l’indication du massage utérin se présente dans toutes les affections douloureuses qui ne s’accompagnent pas de fièvre, et ne sont plus à la période aiguë.

Les manipulations spéciales imaginées par Thure-Brandt ont, disent tous les praticiens de Stockholm, une très grande efficacité dans les cas de prolapsus utérin. Ces manœuvres sont encore très mal connues en France. Nous en avons déjà parlé et on sait en quoi elles consistent. L’utérus étant abaissé, il s’agit d’aller le saisir à travers les parois abdominales et de le relever jusqu’à la position qu’il devait occuper normalement. Et pendant qu’un opérateur e.xécute cette manœuvre, un autre en surveille l’effet, à l’aide du doigt introduit dans le vagin et mis en contact avec le col.

Le résultat de ces manœuvres est des plus surprenants et des plus difficiles à expliquer. Nombre de médecins suédois attestent qu’ils ont été témoins, sur leurs malades, de guérisons plus ou moins rapides de prolapsus utérins, dont quelques-uns allaient jusqu’à l’issue complète de l’organe entre les cuisses de la malade, et dataient d’un

Laoranoe. — Méd. par l'cxcrc. 29

1;AP1‘LK:ATIüN du TliAlTEMUNT.

î^raïul nombre d’années. On a vu ces guérisons se produire en quelciues séances ; on en cite (pii ont élé obtenues en une seule fois, l’utérus étant en quelque sorte réduit comme un os luxé qui rentre dans sa cavité articulaire. Plusieurs des praticiens de Stockholm, auprès desquels j’ai tenu à faire une enquête, après avoir vu moi-même opérer Ïburc-Brandt, m’ont affirmé avoir relevé des observations assez nombreuses de guévisons presque instantanées, et dans des cas déjà anciens.

Il est très difficile d’expliquer physiologiquement, dès aujourd’hui, les effets de ces manœuvres que j’appellerais volontiers du reboutage utérin. Mais ce n’est pas une raison pour en nier la réalité, quand elle est attestée par tant de témoins dignes de foi. La manœuvre de Tbure-Brandt a-t-elle pour efiet de réveiller l’énergie des éléments contractiles qui entrent pour une si grande part dans la structure des ligaments utérins? On ne peut se refuser à le croire. Il est permis de supposer aussi, pour expliquer certaines guérisons immédiates, que certains prolapsus sont dus au maintien de l’utérus dans une position qui change la direction des forces musculaires auxquelles il est soumis, et que son replacement dans la position normale redonne aux éléments contractiles la direction voulue pour maintenir l’organe en place, ainsi qu’il arrive parfois pour les muscles qui entourent un os luxé après que la luxation a été réduite.

Les mouvements, gijmnastiques actifs que fait e.xécuter Tbure-Brandt sont de deux portes : les uns ont pour but de fortifier les parois de la cavité abdominale et du périnée, afin de remédier au relâchement des plans musculaires qui soutiennent ou protègent l’utérus; les autres, de régulariser le cours du sang dans le petit bassin, en utilisant les masses musculaires des fesses et des cuisses comme agents de circulation.

11 est inutile de faire ressortir l’utilité des mouvements

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abdominaux et périnéaux dans ces manœuvres. Ceux qui visent les muscles abdominaux ont pour but de « refaire » leS parois antérieures et latérales do l’abdomen. Le résultat auquel ils tendent est, en somme, le meme qu’on obtient a 1 aide de la ceinture hijpog as trique, car il ne peut y avoir de meilleure ceinture que celle formée par des muscles abdominaux résistants. Les autres, qui visent les muscles du périnée, ont pour but de fortifier la paroi inférieure de la cavité du bassin, dont le soutien, on le comprend, est indispensable pour assurer la situation normale des organes qui y sont contenus.

Les mouvements qui visent à fortifier la paroi de l’abdomen sont les mêmes qu’utilise la gymnastique abdominale, et que nous avons déjà décrite. La gymnastique uténne les emploie toutefois avec moins d’intensité dans l’effort.

Quant aux mouvements qui ont pour but de fortifier le périnée, ils consistent dans des efforts d’adduction et s’exécutent de deux façons. Dans le premier procédé, la femme est debout, et le corps étant maintenu parfaitement droit, elle croise énergiquement les cuisses l’une sur l’autre, de manière à les mettre toutes les deux dans l’adduction forcée. Dans le second procédé (fig. 55), la malade est couchée, mais dans un décubitus actif; le corps repose d’une part sur les talons, d’autre part sur la nuque et la partie supérieure du dos, les reins étant creusés et le siège ne touchant lias le lit. Cette attitude a pour but de faire intervenir les muscles du plancher périnéal dans les efforts d’adduction qu’on va faire exécuter à la femme. Ces efforts d’adduction s obtiennent d’abord par la résistance d’un aide qui s’oppose a l’eflort que fait la malade pour rapprocher les genoux les cuisses étant écartées, et ensuite par la résistance de la malade qui s’efforce de maintenir les genoux rapprochés pendant que l’aide les écarte.

Nous ne citons, dans cette étude, nécessairement un peu

L’Al'lM.lCAriüN DU TIUMTKMUXT.

suimnaipc, que les moiivemenls types de la méthode de I liure-Ilraiidt. Elle eu coiuppeiid beaucoup d’autres j)lus généraux et notamment une foule de mouvements actifs et passifs destinés à régulariser la circulation utérine, soit dans le but de décongestionner l’organe dans toutes les méirites chroniques, soit dans le but de le congestionner, au

Fig 00. — Procédé de Thiire-Iirandt pour fortifier les muscles du périuée en même temps que les adducteurs.

contraire, dans les cas d’aménorrhée. A ces mouvements généraux, il faut joindre le massage général de rabdomen et des régions sacro-iliaque et lombaire, massage qui se fait par pression et surtout, à la partie postérieure du dos, par percussion de la main à demi fermée, et par tapotement des deux mains placées de champ et frappant alternativement de leur bord cubital.

Les efl’ets de la gymnastique générale active et passive a|)i)liquée aux alfections utérines peuvent s’obtenir au moyen des machines Zandei’. aussi bien que les elfets du massage

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par percussion et lapolement. L’ Institut Zander a des machines qui imitent le mouvement de l’équitation ; il en a d’autres qui, à l’aide d’un tabouret à siège monté sur un pivot, impriment au bassin des mouvements de circumdiiction et de latéralité dans le plan vertical, qu’on ne pourrait obtenir cà l’aide des mains d’un aide. Ces mouvements sont surtout employés comme mouvements de circulation. On voit quel contraste ils font avec le traitement classique des atîections utérines par rimmobilisation sur la « chaise longue».

Le traitement gymnastique des affections utérines a, dans tous les cas chroniques, une efficacité attestée par la vogue dont il jouit auprès des médecins suédois, allemands et autrichiens. 11 faut faire la part de l’enthousiasme, et rabattre, sans doute, une certaine partie des résultats qu’on lui a prêtés; mais cette part faite, la méthode de Thure- Brandt n’en demeure pas moins un moyen thérapeutique très sérieux et des plus efficaces, et l’on ne peut se défendre, après en avoir reconnu les résultats, d’un sentiment pénible en constatant l’hostilité avec laquelle l’ont accueillie les médecins français les plus autorisés.

Ce traitement n’est certes pas applicable à tous les cas, ' et il faut, là comme ailleurs, être bien sûr du diagnostic avant de faire subir des manipulations à des organes dont certaines maladies exigent impérieusement qu’on s’abstienne de toute manœuvre. Des accidents ont pu se produire, par exemple, dans des cas où une salpyngite méconnue a été mas.sée sous prétexte d’exsudat inflammatoire chronique des ligaments larges. — Mais est-ce à la méthode elle-même qu’d faut imputer les fautes commises par celui qui ne sais jias rappli([uer ?

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