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réduit à son minimum, et une grande partie des vésicules pulmonaires reste dans l’inaction, se réservant pour le moment où la « soif d’air » se produira.
Si le sujet, gardant habituellement l’immobilité, ne fait jamais appel à ces vésicules « de réserve », celles-ci s’accoutument à l’inaction et perdent leur aptitude à fonctionner, ainsi qu’il arrive de tous les organes qui ne fonctionnent pas. 11 se crée ainsi des habitudes de respiration ralentie, et il arrive que les régions du poumon qui prennent part à la respiration se réduisent de plus en plus, un plus grand nombre de vésicules pulmonaires se désintéressant, pour ainsi dire, de la fonction.
De là la diminution si remarquable de l’aptitude respiratoire de l’homme habitué à l’inaction, et son essoufflement si prompt quand un exercice inaccoutumé vient à produire tout à coup cette « soif d’air » à laquelle son poumon n’est plus apte adonner satisfaction.
Si, au contraire, les muscles font chaque jour une quantité de travail suffisante, les vésicules pulmonaires de réserve se trouvent sollicitées à entrer chaque jour en jeu, et ce fonctionnement régulier augmente leur aptitude fonctionnelle. Ces cellules, fréquemment appelées à intervenir dans la respiration, sont, pour ainsi dire, toujours en éveil, toujours prêtes adonner leur concours. Et il arrive que, même à l’état de repos, elles prennent part dans une certaine mesure à la respiration. — De là accroissement de la fonction respiratoire par utilisation plus complète des forces qui y concourent.
Ce ne sont pas la des conceptions théoriques. L’augmentation de l’aptitude respiratoire chez l’homme qui s’habitue aux exercices musculaires est un fait dont un grand nombre d’observations méthodiques ont donné la mesure. Nous avons déjà cité les mensurations faites par MM. Marey et Demeny et qui attestent l’augmentation considérable de
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rampIiUide des respirations sous rinfluence de l’entrainemcnt. Un de nos confrères, amateur de vcMocipède, a l'iiabitude de mesurer de temps en temps, avec le spiromèirc^ sa capacité respiratoire, ayant soutfert de bronchites répétées qui avaient notablement entravé le fonctionnement de ses poumons. Il a constaté dans le volume d’air que peut emmagasiner son appareil pulmonaire des différences considérables, suivant qu’il fait son observation dans un moment où il est bien entrainé par ses courses vélocipédiques, ou bien dans une période où les nécessités de la clientèle l’ont forcé d’interrompre ses exercices. L’état d’entrainement augmente toujours d’un tiers sa capacité de respiration.
Ce n’est pas seulement dans les efforts volontaires de respiration ou dans les exercices musculaires violents que se manifeste l’accroissement de l’aptitude fonctionnelle du poumon. Si l’on s’en rapporte aux mensurations prises sur les gymnastes de Joinville par M. Marey, l’homme entraîné respire, même à l’état de repos, suivant un autre rythme qu’avant l’entraînement; sa respiration est plus lente en même temps que plus profonde. Preuve que le poumon utilise mieux ses cellules, et que celles-ci entrent en jeu en plus grand nombre, introduisant, cà chaque soulèvement de la paroi thoracique, une plus grande quantité d’air dans la poitrine.
Tel est le résultat le plus frappant des exercices qui activent la respiration. Ces exercices augmentent l’étendue du champ respiratoire, introduisent une plus forte dose d’oxygène dans l’organisme, et tendent, au total, à doter le sujet d’habitudes respiratoires plus parfaites, d’où perfectionnement des fonctions d’hématose, richesse plus grande du sang, et accroissement de l’activité générale des lonctions organiques.
Nous n’insisterons pas sur l’utilité des ellets thérapeutiques généi’aux d’une augmentation de l’aptitude respiratoire.'Nous avons eu à maintes reprises l'occasion de la
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faire ressortir. 11 suffira de rappeler que les étals morbides qui réclament le plus impérieusement les ellets toniques et reconstituants d’une grande absorption d’oxygène sont les allections chroniques de l’appareil respiratoire, qui atteignent si profondément la résistance de l’organisme et tendent si rapidement à appauvrir la nutrition.
Mais, à côté de leur ellet général sur la nutrition, les exercices qui activent la respiration ont des résultats locaux qui se font sentir à l’appareil respiratoire lui-même et à tous les organes qui s’y rattachent directement ou indirectement. Ces etfets locaux des exercices « de respiration » méritent d’être étudiés attentivement si on veut comprendre les indications thérapeutiques qui en dérivent.
Les éléments constituants du poumon, les vésicules pulmonaires, par le fait même de leur entrée en jeu plus fréquente et plus énergique, deviennent le siège d’une circulation plus riche et d’une nutrition plus active. La vitalité du tissu pulmonaire s’accroît en raison directe du travail du poumon, en vertu des mêmes lois qui président à la nutrition du muscle, et du reste à celle de tous les organes vivants. C’est ainsi que l’accroissement de l’activité respiratoire tend à accroître la résistance des organes de la respiration. Par contre, l’insuffisance de la respiration entraîne promptement l’affaiblissement de l’appareil pulmonaire, et augmente sa réceptivité pour tous les genres de maladie, notamment pour les germes de la tuberculose. C est parce que 1 immobilité forcée réduit à son minimum la fonction respiratoire, que la vie trop sédentaire, et surtout l’immobilisation systématique trop prolongée par les appareils contentifs, ont pu être comptées parmi les causes prédisposantes les plus redoutables de la plilisie pulmonaire. C est encore en privant le poumon de l’exercice continuel auquel doit donner lieu l’articulation des mots, que la privation du langage parlé rend la tuberculose du poumon si
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fréquente chez les sourds-muets. Enfin, comme corollaire des conditions défectueuses de nutrition qui résultent, pour le tissu pulmonaire, du ralentissement delà respiration, tout te monde sait que les régions des poumons qui offrent le moins de résistance à l’invasion des germes tuberculeux, sont les sommets des poumons, siège de prédilection des bacilles ; or ce sont justement les portions de l’organe qui demeurent habituellement inertes quand la respiration est ralentie, et qui n’arrivent à épanouir toutes leurs vésicules que dans les respirations très amples et très profondes.
Tel est le danger du ralentissement de la respiration pour l’organe respiratoire lui-même, et telle est l’urgence des procédés thérapeutiques capables de lutter contre les conditions qui diminuent l’activité de la fonction. Or ces conditions de fonctionnement amoindri se trouvent créées par toutes les maladies qui altèrent la structure de l’organe ou entravent son jeu.
On comprend l’importance qu’il y a, dans la convalescence des affections broncho-pulmonaires, à rendre à la respiration une ampleur plus grande, en sollicitant l’action plus énergique des muscles respirateurs. Par exemple, quand ces muscles ont été maintenus dans une inertie relative, par une affection qui rend la respiration courte^ ils tendent à tomber dans l’atonie, au même titre que les muscles qui avoisinent une articulation malade. Le malade, d’abord obligé par son mal de raccourcir les mouvements respiratoires, prolonge quelquefois cette habitude de « moindre fonctionnement » après qu’a disparu tout obstacle matériel à l’expansion du poumon. Les convalescences de pneumonie seraient bien souvent plus courtes, si le malade recommençant plus tôt à respirer profondément, rendait ainsi aux vésicules pulmonaires une activité indispensable à leur nutrition.
' En principe, tout organe qui vient d’éprouver une maladie inflammatoire est resté, de ce fait, dans un certain de-
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gré de paresse, d’inerlie, qui diminue sa capacité fonctionnelle, en dehors de toute condition matérielle capable d’entraver son jeu. C’est ce qui s’observe toujours dans les organes respiratoires. Mais, en outre, presque toujours la maladie, quelle que soit sa nature, laisse après elle des traces matérielles que le mouvement seul peut faire disparaître. Les lobes du poumon touchés par la pneumonie ont besoin de reprendre le plus tôt possible toute l’intensité de leur fonctionnement, pour que la nutrition des cellules recouvre son activité première, qui est le meilleur préservatif contre les processus de la pneumonie chronique et contre l’invasion des bacilles tuberculeux. Dans la pleurésie, le prompt retour des mouvements respiratoires profonds et énergiques est le seul moyen de lutter contre les adhérences qui menacent de brider le poumon ; c’est le procédé le plus efficace pour empêcher la paroi thoracique de s’aflfaiser à mesure que se résorbe l’épanchement. Enfin, après toutes les maladies inflammatoires, on voit persister des troubles de la circulation pulmonaire, une tendance aux stases, aux congestions passives, contre laquelle aucun moyen ne salerait être plus efficace que des mouvements très amples et très profonds d’inspiration. On sait, en effet, que ces mouvements agissent sur le contenu des vaisseaux capillaires des poumons à la manière du coup de piston d’une pompe aspirante pour activer le cours du liquide sanguin.
Mais l’exercice, dans les troubles de l’appareil circulatoire, ne vise pas seulement le contenu de la poitrine ; il a souvent pour effet de modifier le contenant, c’est-à-dire la cage thoracique, en mobilisant les pièces osseuses qui la composent. C’est là une indication qui se présente souvent quand une affection pulmonaire chronique a habitué le poumon à un fonctionnement très restreint. Ces habitudes de respiration raccourcie ont laissé les articulations costovertébrales et costo-sternaies tomber dans un certain degré
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(l anUylose (lui, au Ijoiit d'un cerLaiii nombre d’années, rend impossibles les moiivemeid,s respiratoires très amples, l/insnffisance fonctionnelle du soufflet thoracique s’observe aussi très souvent chez les vieillards, par l’effet même dé l'à^e qui tend à raidir les ligaments, à dessécher les synoviales, à ossifier les cartilages d’encrofdement. Il y a indication dans tous ces cas à provoquer localement des mouvements dans les articulations costales, comme on le ferait dans une articulation ankylosée.
11 est inutile d’entrer dans plus de details pour montrer la fréquence des indications de l’exercice dans les afïections des organes pulmonaires. On peut conclure de ce qui précède, que dans toutes les maladies des voies respiratoires il est indiqué d’activer le fonctionnement du poumon, — à moins que ces maladies ne s’accompagnent d’état inflammatoire aigu, ou ^'état fébrile, ou encore éé hémorrhagie très abondante. — Et ces contre-indications, comme on le sait, ne sont pas spéciales au traitement des affections de l’appareil pulmonaire : nous les retrouvons à propos de chacun des organes auxquels il s’agit d’appliquer la médication par l’exercice.
Application du traitement. — La gymnastique « respiratoire ».
Deux ordres de résultats peuvent être demandés au traitement gymnastique des maladies de l’appareil respiratoire :
1" Des effets généraux propres à combattre l’insuffisance de la respiration et cà améliorer la nutrition en introduisant plus d’oxygène dans le sang ;
2® Des effets locaux propres à modifier les conditions de circulation et de nutrition des poumons, et à lutter contre certaines altérations anatomiques de l’appareil respiratoire créées ()ar la maladie.