‹ La Médication quinique et quinidique du CœurChapitre 39 sur 106 · SUR LA PRESSION ARTÉRIELLE · texte numérisé non relu

SUR LA PRESSION ARTÉRIELLE

Exprérrence I. — 24 octobre 1921.— Chien : 20 kgr. 500. Chloralosé. Dénudation de la carotide qui est reliée au manomètre à

mercure. Pression initiale : 7 mm. de Hg. Injection intravei-

neuse de 0 gr. 40 de quinidine, soit 2 centigr. par kilogr. (40 c. c. de la solution à 1 p. 110. La pression artérielle tombe à 0 en

quelques instants sans subir aucune réascension et le cœur

s'arrête en diastole,

II. — ETUDE DE L'ACTION DE LA QUINIDINE SUR LA VA- RIATION DE PRESSION PRODUITE PAR L'INJECTON INTRA- VEINEUSE DE NICOTINE.

On sait que la nicotine en injection intraveineuse donne les tracés manométriques suivants : d’abord une chute brusque de la pression et une ligne très basse, à peu près horizontale correspondant au stade d’arrèt du cœur et de fibrillation auriculaire. Puis, secondairement, la pression subit une ascension et reste très élevée, avec une multitude de petites oscillations brusques (tracé correspondant à la phase de tachycardie).

Nous avons été amenés à réaliser l'expérience, sui-

vante :

ExpPértence IX. — 19 décembre 1921. — Chien :8 kilogr. Chloralosé. Mise à nu de la carotide droite qui est mise en communication avec un manomètre à mercure. Pression initiale avant le début de l'expérience : 18 maxima ; 12 minima.

16 h. 30: — Injection intraveineuse de 0 gr. 001 (1 nulligr. de nicotine, soit 1 c. c. d'une solution aqueuse au nullième).

On constate l'effet habituel de l'injection intraveineuse de nicotine sur la tension artérielle : chute brusque de la courbe manométrique, puis nouvelle ascension et oscillations rapides

et amples.

16 h. 31. — Pr. Ar. : 32-19.

16 h. 45. — L'action de la nicotine est terminée. La Pr. Ar. revient à peu près à la pression initiale : elle est de 15-11.

16 h. 50. — Injection intraveineuse de 0 gr. 07 de sulfate de quinidine (10 ce. de la sol. à 1 p.110, { centigr. par kilogr.). Pr. Ar. avant l'injection : 15-11. Aussitôt après l’injection : chute brusque de la pression et diminution marquée d'amplitude de la pression différentielle. Puis la pression globale se relève un peu mais les oscillations de la pression différentielle restent minimes. <

À 16 h. 51. — Pr. Ar. : 8-7.

16 h. 53. — Injection intraveineuse de O gr. 001 de nicotine (1 c. c. de la sol. au millième). On ne retrouve plus du tout l'effet observé à la suite de la première injection de nicotine, Cette fois-ci la pression baisse un peu, puis remonte progressivement, mais on n'observe pas les grandes oscillations de pression de l’injection précédente, n1 l’élévation considérable de la pression maxima.

17 h. 8. — La pression reste régulière à 15 1/2:14.

17 h. 11. — /njection intraveineuse de 0 gr. 008 de nicotine (8 c.c. de la sol. au millième) ; on voit, à cette dose, apparaître la courbe caractéristique de l'éten de la nicotine sur la pression artérielle). Nous tentons d'arrêter la tachycardie par une injection de 0 gr.09 de quinidine, mais nous provoquons une para-

lysie immédiate du cœur et une chute de la pression à 0.

Que nous montre celte expérience ? Une injection de nicotine à 1/10 de milligr. par kilogr. produit la variation caractéristique de la courbe de pression nicotini-

que, puis un retour à la pression initiale. Nous injec-

tons alors une dose de quinidine égale à 1 centigr. par kilogr. Nous observons une chute de la pression, puis réascension progressive (faits analogues à ceux de Arrillaga, Guglielmetti et Waldorp). Nous faisons suivre la quinidine d’une dose de nicotine égale à la première : nous observons une baisse légère, puis une réascension progressive, mais sans observer ni la chute brusque, ni le stade d'hypertension avec oscillations courtes et ra-

pides. La pression revient ensuite à son niveau initial.

Au contraire, une injection intraveineuse d’une dose beaucoup plus élevée de nicotine amène l'apparition de la courbe de pression caractéristique de la nicotine.

Enfin une nouvelle injection de 1 centigr. par kilogr. de quinidine amène une chute brutale et définitive de la pression avec arrêt du cœur.

On peut donc dire que la quinidine neutralise l’action

de nicotine sur la pression artérielle.

3. — Analyse de l’action de la quinidine sur les vaisseaux et la pression artérielle.

AN

Il ressort, nous semble-t-il, des expériences réalisées sur ce point, que l’action de la quinidine sur la pression artérielle et les vaisseaux est absolument identique à celle de son isomère. Aussi renvoyons-nous au chapitre consacré à l’action vasculaire de Ja quinine.

Tout ce qui s'applique à l’une s'applique à l’autre. Nous insisterons en particulier sur ce fait que les obser-

vations des auteurs argentins touchant les effets de la

quinidine sur la pression artérielle, paraissent calquées sur les résultats que Stiénon, en employant une technique analogue, avait constatés avec la quinine; on s’en

rendra facilement compte en comparant les deux séries d'expériences.

IIT

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