CÉLÈBRES APHORISMES
17° Le visage terreux indique que l’estomac 11e reçoit plus d’aliments, mort.
18° Yeux troubles, dents noires, maladie incurable.
19° Oreilles, yeux, narines, bouebe, langue noirs, mort.
20° Oreilles, yeux, joues rouges, mort le cinquième jour.
21° Couleur noire au front, au-dessous des narines et aux joues, mort après deux jours.
22° Au sortir d’une maladie, visage tantôt noir, tantôt blanc, la couleur pénétrant dans les yeux et les narines , mort après trois jours.
23° Visage devenant tout à coup très-noir ou bleu et noir, mort.
24° Visage noir, regard fixe et oblique, mort.
25° Visage noir, lèvres bleues, mort.
26° Visage bleu, lèvres noires, mort.
27° Visage noir, côtés pleins, difficulté à se tourner, mort.
28° Yeux tournés obliquement, mort après un jour.
29° Plénitude extrême , mouvement supprimé , vue trouble , crainte extrême, mort.
30° Rétine rétractée, mort.
31° Bouche ouverte comme celle d’un poisson, mort.
32° Bouebe entièrement ouverte, mort.
33° Lèvres bleues et sèches, maladie incurable.
34° Ongles bleus, mort.
35° Chairs des ongles noires, mort. *
36° Visage gonflé, perte de mouvement, mort.
37° Tumeur et visage noir, mort.
38° Lignes de la main effacées, mort.
39° Tumeur au nombril qui disparaît subitement, mort.
40° Pouls insensible, bouche béante, pieds gonflés, mort le cinquième jour.
41° Lèvres gonflées, dents noircies , mort.
42° Dents devenues tout à coup noires, mort dix jours après. 43° Langue tuméfiée, mort.
44° Sueur adhérente à la peau et tumeur noire à la langue, mort.
45° Cheveux hérissés, mort le quinzième jour.
46° Cheveux comme de l’étoupe et violentes colères, mort.
47° Genoux et pieds gonflés, mort.
48° Evacuation involontaire de matières fécales, mort.
49° Corps exhalant une odeur cadavéreuse , mort.
50° Peau noire, visage noir, mort.
51° Pieds et jambes enflés, vomissement, céphalalgie, mort.
52° Dans les affections du cœur, si les yeux prennent une teinte noire, mort.
53° Dans les maladies d’estomac, lèvres bleues, mort.
54° Dans les maladies du poumon, joues rouges, lèvres jaunes, mort.
55° Couleur rouge aux yeux indique maladie du cœur.
Couleur blanche aux yeux indique maladie du poumon.
Couleur noire aux yeux indique maladie de la vessie.
Couleur jaune aux yeux indique maladie de l’estomac.
Couleur bleue aux yeux indique maladie du foie.
§ XX. DES SYMPTOMES DES MALADIES PRONOSTIQUES PAR LA LANGUE
La langue est la fenêtre du cœur. Sa couleur naturelle est rouge. Cette couleur varie suivant les affections du cœur. Une matière visqueuse, appelée tay , qui souvent couvre la surface de la langue et qui apparaît quelquefois le matin , sert à indiquer la nature et le degré des maladies. Lorsque la langue est sèche et pour ainsi dire brûlée, cela indique que l’affection est externe; lorsqu’elle se couvre de tay , on peut être certain que la chaleur vitale gagne les parties inférieures. Si le tay est âpre et jaune, c’est signe que la chaleur s’amasse dans l’estomac.
La langue blanche correspond à l’occident et à la nature métallique des poumons. Cette couleur provient du froid et de l’eau, qui sont en trop grande abondance dans le corps. Le pouls est alors élevé et fort. Lorsque le tay est rouge, c’est signe de chaleur au-dessous du nombril et de froid dans l’estomac.
La langue jaune correspond à la rate et au ventre. Cette couleur est due à la pénétration de la chaleur dans l’estomac rempli d’humeurs. Si l’estomac ressent une grande chaleur, le gros in-
DES SYMPTOMES PRONOSTIQUÉS PAR LA LANGUE. 65
festin est dominé par le froid; lorsque la langue est jaune entièrement, c’est signe que l’estomac est enflammé , le ventre dur et le gros intestin sec.
La langue bleue correspond à l’orient et au foie ; elle annonce lin grand feu ou bien un refroidissement subit causant une altération de l’humide radical. Dans ce dernier cas, la langue devient sèche, ainsi que la bouche, et le malade ne peut supporter le froid.
La langue noire correspond à la vessie et aux reins. Elle indique grande chaleur interne et maladie sérieuse et dangereuse.
La langue noire, dans une maladie chaude, annonce la mort. Lorsque les pouls sont élevés, l’haleine brûlante, les lèvres sèches, que des mucosités coulent abondamment du nez, que les pieds sont froids, si à ces symptômes se joint un tay léger couvrant la surface de la langue, il y a chance de guérison ; mais si, sept ou huit jours après, le peu de chaleur interne se porte extérieurement, et que les pieds et les mains deviennent brûlants, il y a peu d’espoir de sauver le malade; et si, huit à dix jours après, la chaleur revient de nouveau, la maladie est difficile à guérir.
La langue jaunâtre au milieu, blanche sur les deux côtés et rouge au bout, indique changement dans la fièvre; le virus quitte l’intérieur du corps; le malade parle beaucoup; sueur peu abondante; inappéfence; plénitude; il faut de suite rendre le ventre libre, et le virus disparaîtra entièrement. ®
La langue blanche sans tay et jaune à l’extrémité indique inanition et faiblesse de l’estomac et de la rate , provenant d’un relâchement ordinaire du ventre. Il faut rendre à l’estomac la force nécessaire pour continuer ses fonctions.
La langue entièrement noire et sèche indique abattement général, surtout aux pieds et aux mains, dents serrées et par suite maladie grave; à peine sur dix malades un seul peut-il être sauvé. Si la langue s’amollit un peu , avoir recours de suite aux lotions ; si après les lotions la couleur noire tourne au rouge, il y a chance de guérison ; sinon , tout remède est inutile.
La langue avec le tay blanc à la racine, ensuite jaune et rouge à mesure que l’on avance vers l’extrémité, indique maladie par cause de refroidissement pendant l’hiver; par cause d’humidité, au
printemps; de chaleur en été, et de vent en automne; la médicamentation doit être conforme à la saison.
Le milieu de la langue noir et l’extrémité blanche indiquent excès d’eau ou d’humeur; affection profonde et dangereuse. Si le pouls est superficiel et petit, il faut faire suer; si le pouls est profond et ferme, il faut purger. Si le pouls est profond, faible, n’employez pas de remède.
La langue couleur bleu cendré, avec des points et des fils noirs , indique que la chaleur et son virus tâchent de pénétrer dans les reins et la vessie ; la troisième partie du corps triomphe de la chaleur (1) ; le malade sent sa vue se troubler; il tient des discours insensés ; le pouls est précipité et superficiel ; il faut avoir recours aux lotions.
La langue qui à la racine a une tache très-rouge, et sur le reste de la surface des taches rougeâtres couleur de chair corrompue, indique une maladie incurable. Plénitude, oppression, insomnie , pouls plein et faible , tels sont les symptômes généraux qui l’accompagnent.
La langue très-rouge avec des taches couleur de chair corrompue, indique grand feu interne; la bouche et les lèvres sont trèsrouges ; la gorge est enflammée. Il faut faire disparaître cette chaleur extrême par des lotions d’eau claire.
La langue avec des lignes noires indique maladie de la voie de l’humide radical diminué. Sept jours après, les lèvres noircissent et le froid gagne les pieds et les mains ; sueur extrême ; intestins vides ; pouls au Isaen et au telle très-faibles et lents (oey-ouan) .
Le milieu de la langue rouge pâle et son extrémité rougeâtre indiquent dominance de l’humide radical. Le cœur et les reins ou la vessie se combattent mutuellement; l’eau l’emporte sur le feu; il en résulte une fièvre maligne, dont la chaleur augmente le soir; quelquefois fièvre quarte ou continue; la langue n’est pas sèche; le pouls liien-chê (trémuleux, plein).
Le milieu de la langue noir et l’extrémité rouge indiquent malaise externe; chaleur et douleur à la gorge; la troisième partie
(1) Mais les esprits vitaux ne sont pas dans leurs voies respectives.
DES SYMPTOMES PRONOSTIQUES PAR LA LANGUE. G7
du corps triomphe du feu. Si en dix jours la maladie n’est pas guérie, la malignité de la chaleur fait que le malade cause beaucoup et éprouve des douleurs à la poitrine.
La langue entièrement rouge indique maladie dans la voie de la grande chaleur vitale, douleur générale , tète troublée, bouche amère, langue sèche, urine rouge et âpre, plénitude, insomnie, horreur du froid; si le pouls est hong-ta (débordant, fort), le mal domine intérieurement, la bouche et les lèvres deviennent rouges comme du feu, douleur à la gorge; si le pouls est feou (superficiel), la chaleur domine extérieurement.
La langue ayant au milieu un peu de tay blanc, sur les côtés un tay jaune et âpre, indique une affection des intestins; la figure jaunit peu à peu, la langue devient tuméfiée, le malade parle avec difficulté et le ventre devient tendu et gonfié.
La langue désignant une affection de la rate a généralement la partie médiane marquée par des lignes rouges qui se prolongent jusqu’à l’extrémité ; elle indique feu interne. Le malade parle beaucoup, aime à rire, fuit la chaleur, recherche le froid.
La langue jaune avec des points rouges à l’extrémité, semblables à de petites perles, indique chaleur extrême dans les intestins, qui fait que le malade prononce des paroles insensées', éprouve une douleur générale, céphalalgie, soif et tristesse.
La langue blanche sur le côté indique maladie produite par un vent froid, vomissement, toux, expectoration de matières visqueuses et épaisses; les humeurs sont en excès.
La langue rouge au milieu et pointillée indique dominance de l’humide radical, plénitude, soif, douleur au côté.
La langue bleuâtre d’un côté et jaunâtre de l’autre, et rouge à l’extrémité, indique lutte entre les deux principes naturels. Le premier jour, le malade éprouve de la céphalalgie, de la chaleur interne, de la soif et de la tristesse; le deuxième jour, le feu gagne les narines, et le troisième jour commence le délire.
La langue rouge pâle au milieu et noire à l’extrémité indique dominance du feu, bouche sèche, soif, tristesse, dégoût, nausées, insomnie.
La langue couverte d’un enduit blanc et ayant la forme d’une
râpe, en outre dure, sèche, âpre, indique fin prochaine; si le cœur de la langue est froid comme la glace, c’en est fait de l’existence.
La langue sur laquelle apparaissent les cinq couleurs indique maladie tenace et de longue durée : phthisie, maladie des intestins longue et dangereuse.
La langue rouge au milieu et sans tay, et dont l’extrémité est comme corrompue , indique que le feu a gagné les parties supérieures, peu de chaleur interne, tristesse, dégoût, fatigue.
La langue couverte de tay jaune, au milieu de lignes noires, et dont l’extrémité est rouge , indique chaleur dans les intestins , douleur nuit et jour, selles nombreuses, tantôt blanches, tantôt rouges.
La langue blanche à la racine, ensuite rouge, indique maladie de la voie de l’humide radical; le malade ne peut parler; surdité, perte de connaissance, pieds et mains roidis par le froid; cette maladie est incurable.
La langue noire à la racine, rouge à l’extrémité, indique abondance extrême d’humide radical, affection des grandes chaleurs. L’eau l’emporte sur le feu. Si après huit ou neuf jours, le mal n’a pas disparu, les conduits du ventre sont obstrués, le malade éprouve de la soif, du dégoût, et a des émissions involontaires d’urine .
La couleur blanche au côté gauche de la langue indique épuisement; salivation abondante, sueur; cette affection provient de trop de travail ou de trop de fatigue.
La langue jaune clair, et dont l’extrémité est blanche, indique dureté de l’estomac, constipation, sécheresse du gros intestin, urine rouge et âpre ; il est difficile de reconnaître encore la nature de la maladie.
La langue entièrement blanche sans tay indique maladie incurable. La langue est inerte; la bouche et la langue sont serrées aux extrémités; la langue dure, rétractée. Sur dix malades dans cet état, à peine un seul peut-il être sauvé.
La langue blanche, jaune, rouge, pointillée par parties, indique un grand feu interne. Le malade éprouve jour et nuit une grande
DES SYMPTOMES PRONOSTIQUÉS PAR LA LANGUE
chaleur. Peu de temps après, soif intense, urine rouge et âpre; le pouls feou-liong (superficiel, débordant) promet guérison; le pouls tchin-oey (profond, faible) annonce maladie très-grave.
La langue tachetée et couverte de points rouges obscurs et dure à l’extrémité, indique affection du foie; visage rouge, tristesse, soif, langue âpre, surdité, difficulté dans la parole, respiration difficile, plénitude.
La langue jaune au milieu, blanche autour et rouge à l’extrémité , indique froid interne ; vomissements , toux , céphalalgie , douleur aux reins.
La langue bleuâtre indique maladie des reins et de la vessie causée par un excès de fatigue ; tristesse , inappétence , sueur froide, tels sont les symptômes de cette affection, commune en été.
J P. Abel Remusat, doctoris medici Parisiensis, academiæ Graiianopolitanœ neenon academiæ Vesuntinœ socii , Dissertatio de glossosemeiotice , stoe de signis morborum quæ è linguâ sinnuntur prœsertim apud Sinenses (1813).
. I. Lingua morborum investigatori non levem utilitatem præbet, utpotè quæ cum yentriculo, viscerum animantium principe, sympathise vinculis intimé conjuncta , arctasque cum organis respirationi et digestioni inservienlibus connexiones habens , omni turbamento, quod in humano corpore accidit, interest, omnis defectionis, quam gravissimæ vitæ functiones patiuntur, conscia est atque particeps, morbos tandem ferè universos , sæpè penitùs declarare , saltem denuntiare valet. Nec igitur valdè mirum est, si indicia ex eâ sumpta plurimi semper fecerunt medici , tùm veteres cùni recentiores , eaque sedulo in suis operibus enarraverunt. Imprimis Hippocrates linguam urinis assimilât, eo quod humoris exuberantis vitium, ut et urinæ colore référât. Sæpè ad linguam ejusque signa reverlitur in variis operibus, eximiaque ex eâ prognostica profert, quæ mox ultro in locum suum examinanda venient. Eo duce, pariter linguæ signis confîsi sunt medici recentiores. « Magna sunt argumenta, inquit L. Duretus , quæ ex qualitatibus et actionibus linguæ petiuntur, cum perspicientiâ causarum res illas efficentium, ad cognoscendum et prædicendum quid cuique eventurum sit in morbis acutis, » Et Prosper Alpinus, hippocraticâ doctrinâ itidem imbutus : « Linguæ inspectio , ait, in acutis morbis ità utiliter observatur, ut non parvam
in quibusdam ægrotis partem præsagii habeat. » Idem etiam sentit J.Riolanus, Sanctorio adversatus , qui signa ex inspectione linguæ desumpta varia esse et fortuita contenderat. Haud minorem iis fidem tribuunt ævi nostri scrip tores , ut ex commentariis Leroy, Broussonet, D. Landrè- Beauvais aliorumque semeiologorum, necnon Bordeu, D. professons Pinel, omniumque medicorum illustrissimorum præcellentibus operibus eolligitur. Sinenses etiam medicos, prognosin sæpissimè è linguæ statu surnere, jam argumentum est quo ipsi non ità imperitos in morbis dignoscendis, eorumque signis deligendis esse demonstratur. Quinetiam, si de signis istis, principia prudentiæ plena protulerunt, ac varias prognoses apprimè posuerunt, quæ cum hippocraticis effatis conveniunt, res extra dubium omne feretur; quod , nisi fallor, postquam anatomicam linguæ structuram leviter commemoravero , luce meridianâ clarius patebit.
IL Lingua corpus est molle , carneum , symmetricum, magnitudine varium , retrorsum subrotundum et epiglossidi adhærens , antrorsùm solutum et in hebetem apieem desinens : illud musculi extrinseci très ex utrâque parte, nempè M. genioglossus , M. hyoglossus et M. styloglossus , musculusque intrinsecùs sive lingualis unus constituunt, fibris ope telæ cellulosæ densissimæ arctissimè connexis, et ità districtum inter se intricatis , ut aliæ ab aliis nequaquàm discriminari possint. Arterias ab externâ carotide, venas ab interna jugulari accipit; vasa lymphatica ad glandulas jugulares superiores immittit. Duplicem nervorum ordinem habet , alios i nono pari ramoque glossopharyngiano octavi venientes , qui musculos præsertim ineunt , alios à ramo linguali maxillaris inférions emissos , qui unà cum vasis sanguineis papillas faciei linguæ superioris infrà memorandas générant. Hæc sunt quæ ad internam linguæ structuram attinent , minus ad præsens nostrum institutum facientia quàm quæ sequuntur. Superficies externa linguæ membranâ mucosâ vestitur, quæ reliquæ oris membranæ continua est, tribusque partibus constat , nimirùm epidermate , corpore mucoso et glandulis sive folliculis. Faciès superior, sursùm versus palatinm respiciens , sulco sive lineâ medianà dividitur in du as partes quæ linguam duplicem sive Stcpinqv quadantenùs efformant, uti locutus est Gallenus , qui harumce partium alteram nullo ferè cum alterâ nexu jungi et nonnunquàm discretim affici benè novit. Sulcus iste posteriiis in depressionem abit , quæ vulgo Morgagnii vel cæcum foraminulum audit, atque plurium folliculorum mucosorum communem aperturam refert. Ex utroque sulci mediani latere, duplex linea cernitur ad exteriora et anteriora tan-
DES SYMPTOMES PRONOSTIQUÉS PAR LA LANGUE
dem et in intervallo varia papillarum généra quæ mucosæ , fungiformes atque conicæ dicuntur, quarum priores humorem mucosum, quo salivæ copia augeatur, atque masticationi faveatur, secernunt. Tota faciès superior aspera est et regulariter scabrosa. Faciès inferior, quæ retrorsùm ori tabulato musculorum ope adhæret, antrorsùm soluta est atque levis , sulco mediano signata , plicatura tantum membranæ buccalis quam frenum vocant moderata. Margines latérales crassiores a posteriori, tenuiores ad anteriora sunt. Apex ad formam orbiculatam plus minùsve accedit. Basis in imo ore latens oculorum aciem fugit , ideoque nulla signa medico largitur. Lingua præcipuum gustatûs , deglutitionis atque sermonis instrumentum est. Faciès ejus superior magis saporibus dignoscendis inservit; inferior tamen salium atque mineralium acritudinem gustumque metallicum bene percipit. Ut triplex suum possit adimplere munus , necesse est qualitatibus potiatur quæ slatum ejus physiologicum , ut vulgô loquuntur, constituunt, nempè justum volumen habeat, sordibus nullis infuscetur, colorem référât subtiis roseum et superiùs nonnihil cineraceum , maximâ mobilitate et libertate donetur, blandâ humiditate gaudeat, mollis denique sit et tamen rcnitens. Ex harum autem qualitatum vitiis , alia pathologica, alia merè semeiotica sunt : de his tantum hic agitur.
III. Signa quæ in inspectione linguæ capiuntur ad quadruplex genus referri possunt, scilicet : quæ ex ejus volumine adaucto vel imminuto sumuntur; quæ ex sordibus vel glutine quibus ejus superficies inficitur et color nativus immutatur ; quæ ex ejus humiditate vel siccitate, ex mollitie vel duritie , ex pustulis, sive scabris , sive ulcusculis ejus superficiel adnascenlibus ; quæ tandem ex ejus motibus imminutis , oppressis, tremulis. Tempericm etiam induxit Prosper Alpinus ex Hippocrate, de quâ, ut difficilia signa præbet semeiologo , verbum tantum faciemus. Gustatûs deniquè perversionem in hâc enumeratione mittimus, quæ non ad linguam tantum, sed ad totius oris superficiem pertinet, vel ex infectione linguæ pendet, ideoque ad alterutrum argumentum remittenda. Cæterùm, linguæ signa non tam hic absolutè et ex professo tractanda suscepi , quod jam multi ante me fecerunt, quam tanturnmodo commemoranda , ut comparationem instituerem prognoseos, uti à Sinis elicitur, cum nostrate. Quamobrem singula indiciorum généra perlustrabimus ; at ea præsertim quæ de colore linguæ capiuntur perpendemus, cætera leviter perstringendo , quibus minus incubuerunt Sinæ et de quibus nibil novi dicendum habemus quod dignum sit attentione.
IV. Ratio linguæ voluminis vix ulla apud medicos Sinenses habetur ; itaque satis erit strictum revocare quæ de signo isto dicuntur a nostratibus. Linguæ moles nonnunquàm ita adaucta visa est, uti refert P. Alpinus , ut vix ore potuerit contincri; sed illud morbus est simili atquesignum, et potiùs curandum quàm observandum. E contrario linguæ voluminis imminutio, præ nimio calore liumido, omni fere hausto, ut ejusdem scriptoris verbis utar, aliquando apparuit, quod est signum intensissimi caloris, morbique maximi timendi. Sed relictis exoletæ medicinæ effatis , verisimile est linguæ exinanitionem inter reliqua tabis et marasmi symptomata reponendam esse. Quippe, si totum corpus, in quibusdam emaciatis , mirabilem passum est extenuationem, quid vetat ne lingua, quæ naturâ succosa est et vaculosa, pariter exsiccetur et marcescat? Illud autem reverà evenisse observaliones non paucæ demonstrant.
V. Sordes quibus lingua inficitur naturæ ejus spongiosæ tribuit Galenus, quâ facilius fit ut bumores exsuperantes absorbeantur et ad exteriora prodeant. Vanitas hujus explicationis quâ Galenus observationem Hippocratis veritati et experientiæ consentaneam deturpasse videtur, in verbis potius (me judice) quàm in ipsâ re jacet; quandoquidem, posita sympathiæ causa , cujus ope colluviem gastricam vel intestinalem albedine vel flavescentiâ linguæ foris apparere credimus , circulatio tamen aliquantula bilis per vasa lymphatica admittenda est, quæ cutem conjunctivam et ipsam linguam tingit. Linguæ quidem alborem producere potest immutatio vel wtiatio secretionis mucosæ papillarum. Sed prorsùs alia est natura fuliginis quæ in febribus adynamicis , non linguam tantum, sed et labra gingivasque inquinat; namque in hoc morbo , velut in stomacace, summa habetur virium debilitatio ; bine solidorum relaxatio variaque in variis locis humorum transsudatio. Cruor igitur per raram gingivarum et linguæ structuram stillare potest, mox concrescere, nigrescere fibrillisque furvis oris interiora inducere. Quod subodoratus esse videtur Hippocrates , quum linguam nigram simul atque cruentam (yXtoccja peXaiva xat aiaarcoS'/jç) memorat. Quæque sit hujus immutationis causa et origo , cujus suprà memoratam explicationem lue dubius et obiter tantum amplector, si prognosis de colore linguæ capienda sit, cavendum est prius medico ne falsa rerum specie defraudetur; quod evenire possit , si merum nuperrimè hausisset æger, cujus color nigricans interno ori adhæsisset. Commemorandum est an ante morbum linguam habuerit roseam et nitidam ; sunt enim non pauci , præsertim inter eos qui lymphaticà temperie donantur, vel qui ore hianti , præci-
DES SYMPTOMES PRONOSTIQUÉS PAR LA LANGUE
puè horis pomeridianis obdormiscunt , quorum linguæ ardescere et albicanti glutine infuscari soient. Tentandum est denique an lingua derasa, abstersa vel abluta, iisdem denuô sordibus inficiatur ; mutatur enim aliquando signum istud vel omnino déficit, morbo vergente vel desinente. His ità præmissis, prognosis capi potest et à Sinensibus reapsè capitur ut sequitur.
VI. Lingua merè rubra , secundùm medicos Sinenses , « morbum indicat ex calore nascentem ; totum æquè corpus dolet, caput turbatur, oculi rotantur, os amarescit, lingua sicca est, magnus calor in interioribus babetur, lotium rubeum est et asperum, pectus aliquando occlusum est et oppletum, ægrotans diu noctuque non quiescit, pulsus est solidus , os et labra instar ignis rubicunda et unionum instar rotunda, guttur inflatum dolet. Si linguæ rubeæ pustulæ adnascuntur, febris magnum dolorem comitatur , æger horret frigore , dolet capite ; pulsus profundus est. Si lingua rubras in medio veluti guttulas habeat, calor invalescit magis , pectus oppletum videtur, sitit æger et dolorem sentit in latere. » In his linguæ rubentis symptomatibus concomitantibus, quæ ex variis locis in unam picturam collegi , generales febris angioneticæ atque phlegmasiæ nemo non agnoscet, quos bic ad comparationem instituendam breviter commemorare placet : acris cephalalgia , scotodinos , spontanea lassitudo , calor vividus c capite in reliquum corpus divergens , faciès rubra, sitis, cutis calor, pulsus frcquens, difficultas in deglutitione , etc., etc. Hæc omnia, quæ ex G. professons Pinel paradigmatibus excerpta sunt , mutatis verbis plané cadem sunt quæ à Sinensibus enarrantur.
VII. Si lingua alba est atque visco induta et in extremitate flava, ventriculi debilitatem indicari putant medici Sinenses; sæpè oritur frequens et diuturna ventris solulio , cui obeundum est, aptis cibis vim pristinam intestinis restituendo. Nihil, fateor, in hâc descriptione febrem adenomeningeam nominatim redolet. Attamen indicium et præceptum omnino cum ratione conveniunt; namque in diarrheâ levi, quam colluvies gastrica vel intestinalis ex alimentis pravis generavit, lingua vero albicans et in apice tantummodo flavescens indicat, pharmaca minus prosunt quam cibus blandus quo causa morbi tollatur, vircsque ventriculo restituantur. Res etiam applicari posset iis qui in morbis chronicis laborantes, linguam plerumque albescentem liabent.
VIII. Linguæ flavescentis cpipbenomena pari diligentiâ a Sinensibus cnumerantur. Si lingua tota flavescens est, aiunt , vel Iucido flava,
* ventriculus duras est atque solidus , venter occlusus , intestina sicca sunt, urina egeritur rubra vel aspera; aliquandô multùm garrit æger, non sudat, nec cibum nec potum cupit, pectus oppletum sentit; tune ventris laxatio prodest. Si lingua viscum album habeat in medio flavescentemque in lateribus , morbus est intestinorum ; faciès paulalim flavescit , lingua intumescit , ideoque ægre loquitur ægrotans , venter oppletus est et tumidus. Si lingua flavescens puncta in apice référât rubrea , instar margaritarum rotunda , signum est calorem intrasse intestina ; tune calor ingens effîcitur, æger loquitur absona, totum corpus dolet , caput montis instar gravatur, cor molestiâ opprimitur. Si in medio flava sit et circum alba, æger pluries vomit, tussit; caput gravatur, renes dolent, etc., etc. Faciliùs bis symptomatibus dignoscitur febris gastrica sive biliosa cum quibusdam ex ejus frequentioribus complicationibus , quam reapsè demonstrant , teste professore Pinel , cutis ardens , acris arida , os amarum , lingua albicans vel flavescens , os et labra turgescentia , sitis , dolor epigastrii , ceplialalgia , membrorum oppressio , vomitus, urina rubra , etc. Secundum complicationes , garrulitas, delirium, anxietas summa, oculorum torvitas, etc., etc., hîc denuô Sinenses cum Europeis omninô concordant.
IX. Infaustissimum signum Sinensibus ut et nobis videtur linguæ nigredo , sive totam ejus superficiem occupet, sive quamdam tantum partem teneat. Si media pars linguæ nigrescit , inquiunt, morbus est profundus et periculosus ; si pulsus sit profundus atque solidus , convenit expurgare ventrem ; si pulsus sit profundus , subtilis , debilissimus , nulla spes ex medicinâ superat. Si lingua nigris lineis signetur, septimo circiter die labra subnigrescunt , pedes atque manus frigent, pulsus valde subtilis est et remissus. Si pars media nigra sit et apex rubeat, dolet ex calore guttur, et spatio decem vel amplius dierum febris rnedicinis non superetur, æger ex calore multum garrit, pectus dolet. Linguam subrubram in medio et in extremitate solùm nigram comitantur sputum siccum , sitis , cordis molestiâ , tædium , vomendi cupido , insomnia diurna nocturnaque; urinæ modicæ sunt; si decem post vel novem dies nulla sit mutatio , signum est mali nullam flnem habituri. Si quidam veluti fili (fllamenta fuliginosa) supra linguam nascuntur, æger nil curât, dentes constrictos tenet, loquitur absona, ingens constipatio habetur, parum urinæ excernitur ; bis ita se habentibus , si pulsus viribus caret, æger morietur ; si pulsus natans sit, magnus et redivivus, quædam vitæ spes concipi potesl. Patientiâ lectorum abulerer, si huic tam accurato et adæquatæ febris adynamicæ descriptioni aliquid adjun-
DES SYMPTOMES PRONOSTIQUÉS PAR LA LANGUE
gerem. Satis erit annotare non solum febres, sed etiam aliquot complicationes ejus , apprimè hic è vario linguæ partium colore indicatas esse.
X. Elucent maximè Sinensium medicorum ingenium et perspicientia in eliciendâ prognosi è linguâ diversis, ut nonnunquam accidit, coloribus depictæ jam albedinis, flavescenliæ, ruboris, nigredinis mistionem memoravi, quæ febrium mucosæ, biliosæ, inflammatoriæ et putridæ, aliæque cum aliâ combinationem dénotât, nec negligitur a Sinensibus, qui varia symptomata pro caloris linguæ diversitate referunt. Sed aliis quoque generis varietatis nieminerunt, cujus observatio majorera semeiologiæ peritiam ostendit. Si lingua sit partim nigrescans, inquit medicus Sinensis, partim flavescit ad latera, primo die caput dolet, corpus æstuat, æger patitur sitim et molestiam ; secundo die ignis nares ingreditur ; tertio die loquitur absona. Nullum ex ataxiæ symptomatibus magismirum est, quam ea partium humani corporis symmelricarum inæqualitas , quâ fit ut oculus alter cæcitate percellatur, alter acie gaudeat insolita ; allera auris bebescat, altéra vero increscat sensibilitate ; altéra gena rubescat, altéra livescat. Nec ullum etiam habetur signum è quo gravis et arduus morbus confidcntiùs prænuntiari possit. Hæc est sine dubio Sinensium sentenlia, quum ceplialalgiam, æstuationem, sitim, molestiam, deliriumque tandem ex solo signo linguæ dimidiatum variegatæ præsentiunt. Alia quoque varietatis in linguæ colore généra memorant è quibus ipsi signa unius pulmonis affecta videantur inducere , uti solebat apud nos Bordcu. Sed res ab iis non adeb distinctè experiuntur, ut eam cæteris ingenii Sinici probationibus et exemplis adjungerc velim.
XI. Lingua sicca, scabrosa, contracta, rugosa, phrenitica dicitur ab Hippocrate. Et quidem asperitas linguæ calorem ingentem denotare solet, v. g. in febre inflammatoria, caumate, phlegmasiis, etc.; ut rectè sensisse videtur Galcnus. Lingua primùm sicca et arida fit, secundùm Prospcrum Albinum , mox inæqualis dura et horrida, et demùm immoderatâ siccitate scinditur et ulceratur. Lingua arida simul et nigra exitium indicat, præsertim si non sitiat æger. Qui cum aliis pessimis signis, inquit F tenus , linguam Jiabentes aridam, non fuerunt sitibundi , mortui sunt. De asperitate linguæ loquitur Celsus, sed pathologi tantum vices gerens. c< Lingua cinerei albi coloris, inquit Sinensis medicus, » cum punctis velut florum pictorum et filis nigris , indicat venenatum w calorem,... in oculis videtur æger scintillas ignis percipere ; paulatim » incipit loqui absona et de spectris; pulsus est frequens et natans. »
Mira cum hippocratico effalo conformitas ! « Lingua, cùm producit 33 viscum album, pergit idem Sinensis auctor, et formarn serræ refert, j) et prætereà est dura , non mollis , item sicca , aspera absque ullâ 3> humiditate , indicat mortem in proximo adesse; si pars linguæ media 3) ad instar glaciei friget, actum est de vitâ. » Principiorum convenientia per se prodit nec prolixiùs vult explicari. De aphtliis autem in febribus mucosis , tabe pulmonariâ, viscerum suppuratione , etc., aliquandô linguæ adnascentibus ; obscurè tractat medicus Sinensis , cujus doctrinam hîc cum nostrate comparandam suscepi , nisi maculæ carneæ , cujus apparitionem nonnunquàm memorat , pro aphthis habeantur.
XII. Quoniam signa quæ ex linguæ levitate vel scabritie , humiditate vel siccitate , duritie vel mollitie , articulo præcedenti, duce Hippocrate et naturâ, comprehendi, restât ut aliquid de motibus ejus dicam, quod paucissimis verbis faciam. Nulla eorum commemoratio reperitur in opéré medico Sinensi, quod hucusque secutus sum atque commentatus. Compléta linguæ résolu tio per se prodit et paralysim prænuntiat vel consequitur. Lingua tremula vel ad alterum latus declinans signum est pariter grave et membrorum resolutionem et bemiplexiam testatur. Illud videtur intelligisse Hippocrates, cùm ex impotentiâ linguæ melancholiam inducit. Tremula saltem lingua summam debilitalem manifestât, siquidem ægri vires organo tam exiguo et lot muscuiis instructo exerando et moderando non suftîciunt. Pessimum igitur signum in morbis acutis, ut rectè monet Leroy.
Conclusio.
Signa quæ de linguæ statu sumuntur à Sinensibus planissimè cum Europeanâ doctrinâ concordare demonstravi. Haud minus in indicationibus educendis modisque curandi deligendis eorum ingenium fulget. Quod vulgari opinioni prorsiis adversari, non mirabuntur ii qui vanitatem librorum hucusque de medicinâ Sinensium editorum noverunt. Plura de eâ re dicere potuissem, nisi plerorumque Europeorum scriptorum auctoritatem penitùs neglexerim et in hâcce dissertatione adhibere dedignatus sim. Nec illud superbiâ dictum est quis credat : quicumque enim inania Duhaldi , Cibot , Sartoux , Osbeckii , Buchoz et cæterorum commentaria legerit, medicam Sinarum tlieoricam, non in compilatorum vel viatorum Sinici sermonis ignarorum tomis quærendam , sed ex ipsis eorum voluminibus diù et attentissimè pervolutis hauriendam esse facile arbitrabitur.
MALADIES DES ENFANTS
Sentenliæ ex operibus Hippocraiis excerpiœ.
Hv ^ yXwacra s; aiovvjç dxpaTTjç yevrjTat, vj d7ro7rXv)XTOv ti tou gmiâoitoç p.sXayÿ'oXixov to toiouto yiyvsTca. (Aphor.} sect. VII , 40.)
rXtoToa pisXatva xai at^aTtoS/];, si ti twv toioutwv gtjjjisimv d7rscTt , tx'Xj <r^oopx xaxo'v • SyjXoï yàp voïïaov ffii.txpoT^py)v. ( Aplior ., sect. VIII, 9.)
rXwcrcra Ôs X7.t’ a pyàç jjtiv 7rs<ppixuïa , ti7> os y piouaTt Siau.£vouaa , 7rpoidvTOç Ss tou ypovou Tpay/jvousv/] , xai TusXtatvoasvT] , xai ^rJyvupt.£vrJ * Oavdaïuov. Zcpodpa os pt.sXatvotj(.sV/) • sv T£<7crapEçxai§ExdT7] xptotv yivsxai dv)Xot * yaX£7ro)TaTY] Ss satlv rj pisXaivx , xal yXwpv]. ( Prenot . coac., lib. II , c. vu , 1 .)
Ai Tpaysïai xaTa^yjpal yXwaaai • cppsviTixai. ( Prenot . coac., lib. II, c. vii , 6.)
01 ouTxoitpoi sv t to XajjtêdvEiv Tpop.to$esç, yXwooav 7Trapy.XsXujji.svoi • vwOpot xaxo'v. ( Prenot . coac., lib. II, c. ni , 9.)
§ XXI. MALADIES DES ENFANTS
Les médecins chinois reconnaissent les maladies des enfants au moyen du pouls, par la couleur du visage et par certains signes à la main. La constitution de l’enfant et de la mère, le nombre de mois après lesquels l'enfantement a eu lieu, doivent entrer en ligne décompté dans les observations. Lorsque l’enfant n’a pas dépassé siamois, on distingue scs affections en appliquant sur son front l’index, l’annulaire et le médius; l'index occupant la première place. Si la tète de l’enfant est tournée à gauche, on se sert de la main droite, et si elle est tournée à droite, on se sert de la main gauche pour faire l’application. Si les doigts ressentent de la chaleur au contact, c’est signe de lésion opérée par un mauvais vent; il y a alors narines bouchées, toux, chaleur. Si les trois doigts ressentent du froid, c’est signe que l’enfant a été saisi
par un mauvais vent, ou bien fatigué par le lait. Vomissement, dévoiement, tels sont les symptômes de cette affection. Si l’index et l’annulaire éprouvent seuls de la chaleur, c’est signe que la chaleur domine dans les régions hautes et le froid dans les régions basses. Si l’index et le médius ressentent cette chaleur, l’enfant a été saisi par une peur subite. Si l’index seul ressent cette chaleur, l’enfant éprouve de la plénitude et ne digère pas le lait. Lorsque l’enfant est arrivé à l’àge de un, deux, trois, quatre, cinq ou six ans, on reconnaît ses maladies en examinant avec soin l’index de la main gauche chez le petit garçon et de la main droite chez la petite fille. On prend l’index, on le frotte légèrement et on aperçoit distinctement de petits vaisseaux sanguins dont la position, la couleur et la forme indiquent exactement les lésions opérées par les désordres morbides. Ce petit vaisseau est tantôt blanc, rouge, jaune, bleu ou noir. Il se montre au début de l’affection à la partie inférieure de l’index, et monte progressivement vers la partie supérieure, affectant la forme d’une ligne ou droite, ou courbe, ou brisée.
La couleur rosée indique chang-lian, chang-fong , céphalalgie , frisson, enfant aimant à s’appuyer contre sa nourrice. Le petit vaisseau apparaît ainsi le premier jour à la partie inférieure de l’index comprise entre les deux premières raies du doigt et appelée fong-kouan. Le lendemain, habituellement, il gagne l’espace situé entre la deuxième et la troisième raie et nommé ki-kouan ; il change alors d’aspect et devient rouge.
La couleur rouge indique vomissement, ballonnement du ventre. Parvenu entre la troisième raie et l’extrémité du doigt (ming- Jiouan), le petit vaisseau devient rouge écarlate.
La couleur rouge écarlate indique affection grave principalement de l’estomac. Constipation rebelle, urine très-rouge, oppression, grande chaleur ; l’enfant refuse de prendre le sein.
La couleur blanche au fong-houan annonce pâleur, toux, affaiblissement, lassitude, oppression. Dans quelques jours l’enfant ne digère plus le lait. Au ki-kouan, somnolence; l’enfant prend peu le sein. Au ming-kouan, les quatre membres sont enflés, les yeux à moitié fermés ou ne voyant pas ; l’enfant ne prête aucune
MALADIES DES ENFANTS
attention et ne prend pas le sein. Lorsque le vaisseau continue à monter, s’il arrive à l’extrémité près de l’ongle , c’est un pronostic très-fàcheux. Sur dix enfants, quatre succombent.
La couleur bleue au fong-kouan indique soubresauts, face bleuâtre, fièvre, alternatives de chaud et de froid. Au ki-kouan , yeux fixes, portés vers le ciel ; en prenant le sein l’enfant cherche à mordre; agitation, changement continuel de place. Au mingkouan, convulsions , tête inclinée en arrière ; l’enfant ne prend pas le sein; le vaisseau parvenu à l’extrémité du doigt, sur dix enfants, huit succombent.
La couleur jaune au fong-kouan indique douleurs abdominales, éructations acides, baleine fétide, selles jaunes , noires ou bleuâtres et presque liquides; ballonnement du ventre ; au ki-kouan, pleurs conlinuels, caprices pour prendre et quitter le sein; agitation ; au ming-kouan , ventre comme un tambour, très-douloureux (l’enfant ne pouvant exprimer scs sensations, on reconnaît les douleurs abdominales par la contraction du front) ; la couleur jaune parvenue à l’extrémité, sur dix enfants, huit meurent.
La couleur noirâtre ou noire indique, au fong-kouan , face noirâtre, yeux toujours ouverts, tremblement, lassitude, soubresauts, débilité; l’enfant refuse le sein; au ki-kouan, dévoiement, diarrhée, urine très-abondante; corps enfié ; au ming-kouan, l’enfant ne digère pas le lait, diarrhée continuelle ou dyssenterie , l’enfant ne prend pas le sein ; la couleur noire parvenue à l’extrémité du doigt, sur dix enfants huit succombent.