‹ La médicine chez les ChinoisChapitre 34 sur 89 · I . E M P 0 1 S 0 X X K M K XTS M I A S M A T I Q ü E S · texte numérisé non relu

I . E M P 0 1 S 0 X X K M K XTS M I A S M A T I Q ü E S

§ Ier. — Nio-ping (maladie cruelle), appelée vulgairement la-pay-isee (maladie qui abat).

On donne le nom de nio-ky aux effets fâcheux qui résultent d’un trouble violent produit dans l’équilibre des deux principes essentiels de la vie, par un excès de fatigue, de boisson, de chagrin, de nourriture, de coït, etc. ; ou bien par l’infiltration dans les organes d’un poison latent. Le caractère principal de cette maladie est marqué par une sensation anormale de froid ou de chaleur accompagnée des symptômes ordinaires des affections inflammatoires.

Lorsqu’elle provient de l’inflammation ou de la lésion d’un organe, causée par un refroidissement subit, par un excès, un effort, un travail trop violent de la nature, les symptômes suivants se manifestent brusquement, sans prodromes : céphalalgie, frissons dans le dos, suivis de chaleur; douleur aux reins, visage rouge, peau sèche et brûlante; soif, langue blanche, inappétence, urine rouge et peu abondante, pouls hien-tcliang (trémulcux, long). La durée de l’accès est de vingt à vingt-quatre heures au maximum. Le meilleur traitement pour guérir cétte maladie consiste à prescrire un régime sévère, tel que diète, abstention de coït, repos, etc., et à donner au malade le remède suivant : Maoouei-siao-tchai-lsay-hoa-hai-lang — tsay-liou (1) (11 grammes

(1) Voir, pour ce (pii concerne les noms scientifiques français, l’origine et les propriétés des différents agents thérapeutiques en usage en Chine, le dictionnaire d’histoire naturelle placé à la fin de cet ouvrage. Ce dictionnaire, que nous avons rédigé avec le concours d’une commission de savants, dont quelques-uns sont membres de l’Institut, contient les descriptions les plus intéressantes de sujets complètement inconnus jusqu’à ce jour en Europe.

4 centigr.), houang-kin (75,36), kan-lsao (7®, 36). Eau, deux verres; mettre sur le feu dans un vase et faire réduire à moitié; prendre tiède après l’accès.

Il existe une autre espèce de fièvre, nommée lao-nio (fièvre de la fatigue), dont les prodromes se montrent ainsi : céphalalgie, inappétence, fatigue, somnolence, éblouissements, tintements d’oreilles. Deux ou trois jours après, la maladie se déclare par un frisson suivi de chaleur, douleur aux reins et dans les membres ; soif très-vive, urine peu abondante et jaune; visage rouge, constipation, inappétence, langue blanchâtre, enflure au visage, mains tuméfiées et froides; ongles bleuâtres, pouls hien-tchang (trémuleux, long). La durée de cette maladie est de six à sept jours. Le traitement consiste à piquer certains trous désignés en acuponcture (voir au chapitre Acuponcture) , deux ou trois jours après que l’accès aura commencé , et à donner au malade , à la fin de l’accès, le remède suivant : liouei-tche-tsiang-ko-tang — - houei-tclie (7^,36), isiang-ko (75,36), fang-fong (75,36), kan-lsao (75,36); eau, deux verres; faire bouillir; prendre tiède.

Il est une maladie, dit le Houang-ly-nuei-king (1), dont le principal caractère est une sensation anormale de chaleur et de froid produisant des troubles très-graves dans l’organisme , et se manifestant successivement à des intervalles plus ou moins éloignés. Ainsi quelquefois les accès ont lieu périodiquement le matin ou le soir, à un jour, deux jours, trois, sept, quatorze jours de distance, ou bien tous les jours et même plusieurs fois dans un jour. L’accès peut également être continu avec des redoublements dans certains moments. La cause de cette maladie est due à un poison qui est latent dans l’air, dans l’eau, les plantes ou la terre, et qui, dans certaines conditions, s’infiltre dans les organes essentiels, principalement dans l’estomac et les intestins, où il produit de l’inflammation et par suite une lésion.

Cette lésion est caractérisée par une sensation extrême de froid qui peut durer quatre ou cinq heures. Cette sensation de froid

(1) Le plus ancien ouvrage de médecine, attribué à Y empereur Houang-ty (2637 avant J.-C.)

EMPOISONNEMENTS MIASMATIQUES.

est toujours précédée de signes précurseurs, tels que : douleur sourde au dos, bâillements, céphalalgie légère, bouche sèche, soif, corps tantôt un peu froid , tantôt chaud , somnolence ; étant couché, certaines parties du corps deviennent froides; peu à peu le froid gagne tout le corps. L’accès ne tarde pas alors à commencer. Le malade ressent un premier frisson qui est bientôt suivi d’autres frissons se succédant très-rapidement et produisant une sensation de froid si forte, que les dents se choquent involontairement et que tous les membres sont saisis d’un véritable tremblement. Oppression, haleine froide, lèvres blanches ou bleues; quelquefois urine coulant goutte à goutte, dévoiement, selles jaunes ou noires, visage couvert d’une teinte bleuâtre, taches marbrées sur le corps, yeux caves, éblouissements, paupières1 rétractées, aspect des objets avec une couleur noire, sorte de stupeur et d’engourdissement, parole sans force, douleur aux reins et au-dessous; douleur au-dessous des côtes, à droite et à gauche ; douleur à l’épigastre , tendance du malade à se replier sur luimême et à rapprocher ses membres, souvent vomissement de bile jaunâtre ou de mucosités blanchâtres, quelquefois saignement du nez, pouls hien-cho (trémuleux, précipité), tels sont les symptômes qui accompagnent cette affection.

A cette période de froid, dont la durée moyenne est d’une heure à une heure et demie, succède la période de chaleur. Cette chaleur augmente progressivement des extrémités au corps et finit par devenir très-intense. Le malade éprouve alors une soif ardente, de la céphalalgie; son urine, très-peu abondante, est rouge, quelquefois elle est arrêtée dans la vessie; les yeux sont fixes, la bouche souvent ouverte, la langue rouge, les lèvres sèches et tout le corps douloureux; le pouls est hien-onan (trémuleux, lent modérément). Vient ensuite la sueur, qui également peut être extrême. Dès quelle se montre, les symptômes précédents diminuent d’intensité; ainsi la céphalalgie et les douleurs sont moindres; l’urine devient abondante et Tes selles sont meilleures. La durée de l’accès peut durer jusqu’à quinze heures et n’est jamais moindre de cinquante-cinq minutes; l’accès terminé, le malade tombe dans un état de somnolence, sa parole n’a pas de force, son goût est nul,

souvent il ressent pendant quelques jours un peu d’oppression et d’essoufflement. Il arrive quelquefois qu’ après l’accès le malade n’éprouve aucun malaise. Du reste tous ces derniers symptômes disparaissent après trois ou quatre jours, si l’accès ne revient pas. Dans le cas où il apparaît de nouveau , il se manifeste à une des époques périodiques dont nous avons parlé plus haut. Dès la fin du premier accès, il faut faire suivre au malade un traitement qui prévienne le retour de nouveaux accès. Toutes les fois que la période de chaleur aura été forte, saigner au bras et piquer avec l’aiguille, fong-fou, ta-tchou (1), donner ensuite un des remèdes suivants :

My-lo-seng (363,8), réduire en poudre très-fine; mettre cette poudre dans des jujubes dont on aura enlevé le noyau. Mettre les jujubes sur le feu et les y laisser jusqu’à ce qu’ils soient carbonisés; les pulvériser et en prendre chaque fois (7 s, 36), lorsque l’accès est passé.

Autre remède : Kia-ouei-lou-ko-tang — tche-mou (7 s, 3 6),pe-mou

(73.3 6) ,jin-se?ig (5s), tsao-ko (113, 04), pe-tsee (73,36), ou-mey (7 3) , ping-lang ( 1 1 3 , 04 ) , tsay-hou ( 1 1 3 , 04 ) , kou-kin ( 1 4 3 , 72 ) , tchuen-clian-kia (7336), liiong-houang (O3, 368) ; faire infuser le tout ensemble , à l’exception de hiong-liouang que l’on pulvérisera et que" l’on ajoutera lorsque l’infusion sera terminée; boire tiède de suite après l’accès.

Autre remède : Pou-tchong-y-ki-lang — jin-seng (3 3 , 68) , houangkin (53), pe-chou (33,68), kan-lsao (5 3) , tang-kouei (113, 04), tchin-pi (113, 04) , ching-ma (3 3 ) , tsay-hou ( 7 3 , 36 ) , tcliang-chang

(7 3. 36) , tsao-ko (7 3, 36) ; faire bouillir et boire.

Autre remède : Sueur abondante, douleur à la tète, au cou et au dos, difficulté à se remuer , houei-tclie-isiang-ko-tang — liouei-tche (73,36), tsiang-ko (7 3,36), fang-fong (73,36), kan-lsao (73,36); faire bouillir. Dans le cas où il y a frisson sans sueur, ajoutez ma-houang (73,36).

Autre remède : Tsay-kou-houei-lche-tang — tsay-hou (113,04), houei-tche (73,36), liouang-kin (73,36), yn-tchin (83), cliô-yo

(1) Voir le chapitre de Y Acuponcture .

EMPOISONNEMENTS MIASMATIQUES. 85

(73,3 Q), pan-hia (5»), kan-tsao (5s), gingembre (3 morceaux) , jujubes (2) ; faire bouillir.

Autre remède : Fièvre le matin, chaleur extrême, pe-kou-houeitche-tcing — che-kao (15*), tche-mou (7s, 36), liouei-tclie (7s, 36), kan-tsao (3368), riz (3368) ; faire bouillir.

Autre remède : Fièvre la nuit, tsay-hou-tsse-ou-tang — Isay-hou ( 1 5 s) , seng-ty (113, 04) , jin-seng (3 3 , 68) , pan-hia (7 3, 36) , houangkin (1 13,04), kan-tsao (73,36), tchuen-hiong (113, 04), tang-kouei (113, 04), tche-chô (73,36), gingembre, jujubes (2) ; faire bouillir.

Autre remède : Fièvre le jour, tsay-hou-sse-kiun-lsee-tang — tsay-hou (113, 04), houang-kin (7 3 , 3 6), pan-hia (7 3, 36) , jin-seng (7 3 , 36 ) , pe-lchoti (113, 04) , tchin-py (113, 04) , fou-ling ( 1 5 3) , kantsao (73,36), hiang-fou (73,36), cha-jin (3 368) ; faire bouillir.

Autre remède : Fièvre durant depuis une dizaine de jours, tchang-chang-yn — tchang-cliang [ 113, 04), tche-mou (73, 36) , tsaokouo (53), leang - kiang (7 3, 36) ou-mey (33,68), houang - tsin (113, 04), tsin-ping-lang (23), kan-tsao (5 3) , gingembre (3), jujubes (2) ; faire bouillir.

Autre remède : Fièvre aujourd’hui à dix heures, le lendemain avant dix heures, tsay-hou-chin-ling-tang — tsay-hou (113, 04), houang-kin (73,36), pan-hia (5 3), jin-seng (73,31), fou-ling (113, 04), pe-tchou (7 3 ,36) , kan-tsao (53) ; faire bouillir.

Autre remède : Fièvre aujourd’hui à dix heures; demain après dix heures, tsay-hou-pan-hia-lang — tsay-hou ( 1 1 34) , pan-hia (53) , houang-lsin (73,3 Q>), jin-seng (73, 36) , tchin-py (73,36), koua-lou (5 v), fou-ling (7 3,36) , kan-tsao (5 3) ; faire bouillir.

Autre remède : Fièvre intermittente à accès régulier, tchinpy-yn — tsao-ko (113, 04), isay-hou (73,36), ho-po (113, 04), tchin-py (113), pan-hia (73,36), houang-kin (113, 04), fou-ling (113, 04), pe-tchou (113, 04), kan-tsao (53), ping-lang (73,36).

IIkmarque. — Tchin-py devra être mis sur le feu dans quelques gouttes de vinaigre; rejeter ensuite le vinaigre et garder tchin-py. Pe-tchou sera mis également sur le feu avec un peu de terre que l’on rejettera ensuite. Tsao-ko devra être mis sur le feu avec un peu de farine que l’on jettera ensuite; faire bouillir le

tout ensemble dans de l’eau ; prendre le remède sept ou huit heures * avant l’accès.

Autre : Ail broyé, soufre; faire bouillir dans du bon vin.

Autre : Hoa-kiao et jujubes ; faire bouillir ensemble.

Kia-ouei-tscng-hou-tang — tsay-hou ( 1 1 s , 04) , houang-kin ( 7» , 36 ) , houang-tsin (7s, 36), nieou-sy (7®, 36), tchang-eul-tsee (5s), pourpier (5s), ma-lan (7®, 36), hiang-fou (7s, 36), tsin-kao (Ils, 04), kan-tsao (5s) ; faire bouillir.

Autre remède : Jin-seng-pe-tchou-tang — jin-seng (3 s, 68), petchou( 7s, 36), ko-ken (8S), tchuen-hiong (7s, 36), tche-mou (Ils, 04), ouey-jouy (5s), nieou-pang-tsee (Ils, 04), seng-ty (5 s), tchang-pou ( 7s, 36) , siuen-seng ( 1 1 s, 04) , pe-ky (7,36) , kou-houang-lien (7s, 36) , fang-ky (5s), mou-hiang (5s); faire bouillir.

Antre remède : Cliou-kio-kan-isee-tang — chou-kio (5s), kan-tsee (7s, 36), tchou-yê (7s, 36), ty-kou-py (113), tchou-ling (7s, 36), fou-lmg (7s,36), che-kao (H3), chou-kou (7s), ou-tsy-kou (7s, 36), kouei-pan (7s, 36), pie-kia (73,36), mou-ly (7s, 36) ; faire bouillir.

Autre remède : Dans le cas où la période de froid est extrême, fou-tsee-ma-houang-tang— fou-tsee (3s), ou-teou (]s,50), io-ko (73, 36), tchin-tchou (113, 04), ma-liouang (73,36), kiang-ho (11 s, 04) , leang-kicing (7s, 36), ma-yê (5s), kan-kiang (3s, 68), gingembre; faire bouillir.

Autre remède : Dans le cas où la période de chaleur est trèsforte, ou-meiy-tchin-py-iang — ou-mey (113, 04), Ichin-py (73,3 6), houei-sin (5 s), ting-hiang (73,36), tche-clie (5 s), long~kou (113); faire bouillir.

Autre remède : Dans le cas de vomissement de bile, icliangseng-ta-Iiouang-tang — tchang-chang (73,36), yuen-hoa (5s), tai- \ouang (73,3 Q)ypa?i-hm (73,36), san-ling (5s), ngo-tchou (5s), seng-kiun (Ils, 04), me-ya (ïls,04), ping-lang { 11 s, 04), tao-jin (5s), hing-jin (53); faire bouillir.

Fièvre rebelle : Plusieurs mois de durée ou fièvre pernicieuse, pa-leou-py-dioang-ouan — pa-teou (croton-tiglium) (3s, 68), py-choang (arsenic) (ls,10), houang-tan (minium) (3s, 68). Mettre pi-choang sur le feu et le retirer dès qu’il n’y aura pins de fumée;

EMPOISONNEMENTS MIASMATIQUES.

réduire le lout en poudre très-fine ; mettre dans un peu d’huile de houang-la, la faire chauffer et en faire des pilules comme un petit pois ; en prendre une chaque fois ; s’abstenir d’aliments échauffants.

Autre remède : Fièvre rebelle ou pernicieuse, pa-teou-hionghouang-ouan — pa-teou (croton-tiglium) (7®), py-choang (sulfure d’arsenic) (1®, 47) , hiong -liouang (réalgar) (3s, 68); préparer comme le remède précédent ; en prendre chaque fois une pilule de O®, 36.

Autre remède : Hiong -tchou-tan — lie-teou ( 1 8 s, 40) , sulfure d’arsenic (3s, 68), réalgar (3s, 68), tchou-clia (cinabre) (3s, 68); en faire des pilules de Os, 36; deux chaque fois si le malade est très-robuste; une dans le cas ordinaire.

Autre remède : Kouei-yang-kieou-ki-tang — fou-Ung ( 1 1®,4) , petchou (73,36), Ichin-py (7s, 36), kan-tsao (7s, 36), mou-hiang (5s),

I cha-jin (7 s, 36), jou-houei (3s, 68 ), fou-lsee (3s, 68), kan-kiang (3s, 68), musc, fiel de cochon (fs); faire bouillir.

Autre remède : Ty-lang-tang — kuen-tang-kouei ( 1 9 s ,40) , taojin (Ils, 04), hong-lioa (Ils, 04), choui-tclie (3s, 68), mang-tching (3s, 68), Ickuen-Jiiun (Ils, 04), mang-siao (7 s, 36); faire bouillir.

Autre remède : Ho-hiue-chun-Jii-tang — soufre (0s,36), houeitche (3s), tsiang-ko (7 s ,36) , fcing-fong (Ils, 04), ma-houang (3s), hing-jin (3s, 68), p)e-chô (11®, 04), hoci-fen (113, 04), tang-kouei (Ils, 4), orpiment (03, 36), gingembre , jujubes (2) ; faire bouillir.

Autre remède : Tchai-tsin-tang — tsay-hou (7 s, 36), pan-hia (pJ8f3(y)1jin-se?ig (3s, 68), houang-kin (113, 04), tchin-py ( 113, 04), Iche-fou-ling (113, 04), liun-tsao (5s), gingembre, jujubes; faire bouillir.

Autre remède : Ssc-so-tang — jin-seng (3s, 68), pe-lchou (5s), pe-fou-ling (11®, 04), ichin-py (11®, 04), pan-hia (7®, 36), Isao-ko (7®, 36), kan-tsao (5®), ou-mey (73), gingembre, jujubes (4); faire bouillir.

Autre remède : Hing-fou-tang — ta-fou-tsee (11®, 04), gingembre; faire bouillir.

Au tre remède : Ping-lchin-tang — tching-tchou ( 7 3 , 36 ) , pan-hia ( 7 ® , 3 6) , ho-po ( 1 1 ® , 04) , iche-fou-ling (11®, 04) , kan-tsao ( 5 ®) , gingembre, jujubes; faire bouillir.

Autre remède : Siao -tchin-py -tang — lio-po (113, 04), ou-mey (113, 04), pan-hia (73,36), tcliin-py (73,36), leang-kiang ( 5 3 ) , tsaolio (53), han-tsao (33,68), gingembre, jujubes; faire bouillir.

Autre remède : Tchin-py (33,68), pan-hia (33,68), fou-ling (73,3G), ouei-ling-sien (7 3, 36) , tchin-tchou (33,68 ),ho-po (33,68), tsay-hou (3 3, 08) , ping-lang (33,68), han-tsao (53) , faire bouillir ; s’il n’y a pas de sueur, ajouter ma-houang (33).

Autre remède : Ho-clieou-ou (113,04), tchin-py { 73,36), hiangho (113, 04), fou-ling (73,36), tsai-hou ( 7 3, 36 ) , houang-hin (73,36), pe-tchou (33,68), tang-houei (33,68), ouei-ling-sien (33,68), gingembre; faire bouillir; si l’accès est fort, ajouter ngo tchou (3 3, 08) .

Autre remède : pe-tchou (33,68), jin-seng (33,68), houang-hin (53), tang-houei (73,36), tsay-hou (33, 68), ching-ma (33), han-tsao (33,68), ngo-tcliou (33,68), gingembre, jujubes; faire bouillir.

Autre remède : Ho-cheou-ou (113, 04), tche-mou (33,68 ); tsinhao (33,68), me-ya (7°, 36), faire bouillir.

Autre remède : Fièvre continue avec grande faiblesse, tsin-hao, ou-mey , urine d’enfant; faire bouillir.

Autre remède : Sang de tortue, tsiao-mè (farine de froment torréfiée); faire des pilules grosses comme un pois, en prendre sept ou huit par jour dans un peu de vin chaud, pendant sept ou huit jours.

Autre remède : Jin-seng-hiai-leao-yn — jin-seng (3 s, 68) , petchou (53), fou-ling (73,36), tang-houei (113, 04), tchin-py (7 3, 36) , ho-po ( 1 1 3, 04) , tsay-hou (H3), houang-tsin (113, 04), tche-mou (113, 04 ) , tchang-chang (73,36), tsao-ho (73,36), pie-hia (73,36), houei-tche (3 3), han-tsao (53), ou-mey (73), tao-jin ( 3 3, 68), gingembre, jujubes ; faire bouillir.

Autre remède : Dans le cas où la période de chaleur est extrême, lèvres sèches, langue inerte, poudre noirâtre dans les narines, urine rouge et rare, soif très -vive, long-hou-tang — tsay-hou (113, 04), houang-lien (53), houang-tsin (53), tche-mou (7 3, 36) , houang-pê (73,36), tche-lsee (73,36), pan-hia (53), hang-my (53), gingembre; faire bouillir.

EMPOISONNEMENTS MIASMATIQUES.

'La fièvre intermittente affecte quelquefois une forme pernicieuse qui enlève rapidement le malade. Ainsi, il peut arriver que la période de froid soit d’une intensité telle que le visage devienne jaune et d’une couleur cadavéreuse. Le malade se plaint continuellement, mais faiblement; bouche sèche; les boissons sont rejetées peu de temps après quelles ont été prises; les quatre membres froids, les doigts toujours courbés, mains inertes, ongles bleus, urine coulant quelquefois sans que le malade le sente; douleur très-vive à l’épigastre. Le malade cherche à se pelotonner; quelquefois il est insensible à tout, ou bien il comprend, entend tout, mais ne peut parler. Le pouls est ou très-accéléré ou trèslent. Cette maladie est très-grave. Prendre de suite après l’accès kouei-yang-liieou-ki-tang (vu), ou pa-leoii-hiong-houcing-oiian (vu), ou pa-teou-py-c/wang-ouan (vu). Si le malade peut échapper à ce premier accès, la chaleur revient, mais peu forte. Si un deuxième accès se reproduit, il est rare que le malade ne succombe.

Il arrive quelquefois dans une fièvre intermittente qu’après quelques accès la période de chaleur devient tout à coup extrême, avec une sueur très-abondante. La période de froid revenant, le froid est également extrême. Le malade alors tombe dans l’assoupissement et dans une somnolence continuelle. Il faut de suite après l’accès donner au malade che-liuen-ta-poii-tang (vu), et cela pendant plusieurs jours de suite, autrement le malade peut être enlevé très-rapidement.

Quelquefois la fièvre intermittente est accompagnée de syncopes qui frappent subitement le malade et à des intervalles peu éloignés; lui donner de su i te j in-ma-ping-ngan-san (vu) qu’on insufflera dans les narines ; l’étcrnument sera d’un bon pronostic ; donner ensuite à boire ty-lang-tang (vu).

La fièvre intermittente revêt quelquefois laforme suivante : l’accès est violent , avec période extrême de froid et de chaud ; après l’accès, le visage devient pâle, les yeux fixes, les mains fermées, le corps froid , avec assoupissement continuel. Si ces symptômes se représentent plusieurs fois, le pronostic en est très-fâcheux; donner de suite lio-hiue-cliun-liy-tang (vu). Celte maladie attaque plus souvent les enfants que les adultes.

Quelquefois, à la suite d’un accès intermittent, le malade éprouve les symptômes suivants : céphalalgie très-intense, petits mouvements convulsifs, vomissement des aliments, quelquefois de mucosités blanches et visqueuses; délire subit, souvent furieux ; yeux creux, avec un demi-cercle bleu au-dessous ; lèvres blanches, quatre membres froids. Après le délire, souvent assoupissement très-dangereux; donner de suite tchai-tsin-tang (vu); ajoutez tsaoho (113, 04), et dès que le malade ira un peu mieux, lui donner sse-so-tang (vu) ou king-fou-tang pendant un ou deux jours.

Il arrive quelquefois que dans une fièvre intermittente les accès sont tout à coup caractérisés ainsi : le malade croit ressentir un' grand froid et cependant la peau est chaude, ou bien il croit ressentir de la chaleur et la peau est froide. L’accès devient alors d’une intensité extraordinaire, avec vomissements de bile, diarrhée, douleur au ventre, froid dans les membres, quelquefois convulsion; donner de suite my-fang-tsin-pg-tang — pe-tchou (5 3), pan- Ma (7 3,36) , tcliin-py ( 7 s,36) , houang-tsin (113, 04), jin-seng (33,68), ping-lang (II3, 04), tsao-ho (73,36), ngo-tchou (53), ho-po (1 13,04), Jiiang-houang ( 33,68), Itan-lsao (5 S); faire bouillir et donner au malade. Le lendemain donner un fébrifuge trèspuissant, tel que pa-teou-py-choang-ouan y et en cas de rechute, iiia-ouei-siao-tsee-liou-iang (vu) .

Quelquefois les accès sont accompagnés de vomissements continuels de bile; les quatre membres sont enflés, ainsi que le ventre; douleur très-forte à l’épigastre, visage jaune, lèvres blanches, langue jaune, bouche sèche, peu de soif. Au deuxième accès , décomposition des traits , suivie souvent de mort ; prendre de suite ping-tchin-lang (vu), ajoutez iche-hio (il3, 04 ), pe-tcliou (33,68), chan-tclie [ 113, 04), seng-liiun (113, 04), tcliin-py (73,36), faire bouillir, et le lendemain, s’il y a un peu de mieux, donner isin-py-yn ou siao-isin-py-tang (vu).

§ 11. — Tchang-mè (fièvre continue).

La maladie appelée tchang-mè (fièvre continue) est primitive ou bien succède à une fièvre intermittente. Ses symptômes ne sont pas toujours les mêmes. Quelquefois elle débute ainsi : envies de

EMPOISONNEMENTS MIASMATIQUES.

vomir, lièvre continue , douleur à l’abdomen , qui augmente progressivement ; diarrhée, lassitude extrême, parole difficile; faire de suite l’acuponcture, piquer, kin-kin-yu-ye , et donner au malade jin-seng-pe-tou-san — jin-seng (33,68) , fou-ling (73,36), tche-kio (lls,04), kan-tsao (5 3), tchuen-hiong (8S), isiang-ko (73,36), lonho ( 73,36), tsien liou (5®), tsay-hou (7s, 36), kiê-keng (115, 04); faire bouillir et boire tous les jours.

Autre forme : Après une fièvre intermittente, douleur à l’abdomen, céphalalgie, douleur dans les bras, doigts bleus, visage bleu, essoufflement, fièvre continue, vomissement de bile, râle dans la gorge, émission involontaire d’urine, sueur souvent très-abondante ; saigner de suite et donner au malade jin-sing-pe-tou-san (vu) deux ou trois fois, et ensuite clie-kuen-ta-pou-tang (vu).

Autre forme : Douleur à l’estomac, fièvre continue, avec accès plus fort tous les deux jours ; vomissements, soif; prendre kiaouei-ping-ouei-san ( vu) , et ensuite ly-tcliong-tang — jin-seng (3S,68), pe-tchou (53), kan-kiang (33,68), kan-tsao (5s); faire bouillir, et pendant la convalescence, che-kuen-ta-pou-tang (vu).

Autre forme : Fièvre continue succédant à une fièvre internftttentc ; appétit, mais digestion très-difficile ; lassitude, visage pâle, langue sèche et blanche; quelquefois frisson, d’autre fois sueur très-abondante; douleur au dos, céphalalgie, amaigrissement, douleur à l’abdomen , bruit dans le ventre; la nuit accès très- fort, yeux rouges, enflés, semblant rétractés dans leur orbite; peau sèche , diarrhée , membres enflés , oppression ; peu de temps après visage jaune; faire l’acuponcture et donner Ichang-ki-lang — hosiang (73,36), tsao-ko (73,36), pan-hia (53), tcliin-py (113,04), ho-po (73,36), cha-jin (5 3), kan-isao (53) ; quelquefois cette fièvre est persistante pendant un an ou deux, prendre jin-seng-fou-tseetang — jin-seng (3» ,68) , fou-lsee (33,68) , tchou-clie (7 3,36) , tangkouei (73,36), chou-ty (33,68), kan-tsao (53) ; faire bouillir.

Autre forme : Fièvre continue succédant à une fièvre intermittente ; diarrhée , émission involontaire d’urine , redoublement d’accès après le repas, sueur très-abondante, à la suite de laquelle somnolence; donner au malade kan-kiang-fou-lsee-iang — kankiang (33,68), fou-tsee (33,68), tche-cho (73,36), tang-kouei

(113,04), ho-hi (73,36), houang-tsin (73,36), kan-tsao (&*), jinseng (33,68); faire bouillir; donner ensuite tous les jours ou-kysan — lang-kouei (73,76), ma-houang (3 3), tcliin-tcliou (73,36), tchin-py (113,04), ho-po (113, 04), kan-kiang (33,68), tche-cho (7S,36), tche-Mo (113,04), pan-hia (S3), pe-tsee (73,36), Mêkeng (113, 04) , h an-tsao ( 5 3) , fou-ling (113, 04) , fou-kouei ( 3 3) , jin-seng (33,68), tchuen-liiong (53); faire bouillir.

Autre forme : Fièvre continue après une fièvre intermittente; membres froids , chaleur dans l’estomac , douleur au dos , aux: reins, à la gorge, à la poitrine, à l’estomac, au-dessous des côtes; soif, langue jaune, toux, vomissement de bile jaune ou verte, quelquefois diarrhée ou constipation ; accès souvent très-violent et amenant la mort; donner au malade Isay-ta-hou-tang — tsayhou (73,36), pan-hia (53) , houang-tsin ( 1 13,04), tclie-cho ( 1 13,04), seng-Mang (113, 04), tche-Mo (113, 04), rhubarbe (113, 04), jujubes (3) ; faire bouillir, donner ensuite, pour activer la convalescence, pou-tcliong- y-h y-tang .

Autre forme : Fièvre continue succédant à une fièvre intermittente; inappétence, somnolence, éternuments, lassitude, pouls sans force, lèvres et visage bleus, membres froids, sueur à la poitrine et à la tète, donner au malade kan-kiang -fou-tsee- tan g (vu). Si le mal continue son cours , le malade éprouve ensuite des douleurs continuelles à l’estomac; vomissements, pouls très-élevé, visage rouge, douleur aux côtés; deux ou trois mois après, le malade peut succomber; donner ta-tchai-kou-tang (vu); quelquefois, dans la convalescence, les membres deviennent froids : ne pas s’en préoccuper; cependant, s’ils deviennent bleus, ce qui est d’un fâcheux pronostic, donner de suite kan-kiang -foutsee-tang (vu).

Autre forme: Fièvre continue après une fièvre intermittente; douleurs continuelles à l’estomac, toux, crachement et vomissement de bile, délire continuel, insomnie, ensuite langue sèche, noire, couverte de fuliginosités; baleine fétide, quelquefois convulsions et assoupissement; cette maladie est très-grave; donner de suite au malade jin-seng-pe-tou-san (vu) une ou deux fois, et ensuite che-kuen-ta-pou-tang (vu) deux ou trois fois, et enfin pa-

EMPOISONNEMENTS MIASMATIQUES.

ouei-Jiuen-ki-san — jin-seng ( 3 s, 68 ) , pe-tchou ( 53), fou-ling (11», 04), hin-py (73,36), tchin-py (1 13,04), pe-lclie (78,36), ou yo (5 %) ,kan-tsao (38,68), faire bouillir, donner ce dernier remède huit ou dix fois.

§ 111. — Tcheou-houang (visage jaune).

Prodromes : Pendant deux ou trois jours indispositions légères, fatigue, bâillements, douleur à l’épigastre et à l’abdomen, inappétence; deux ou trois jours après, accès de fièvre dans lequel le malade ressent un seul frisson suivi d’une chaleur extrême ; céphalalgie très-violente , quelquefois vomissement de liquide d’une odeur fétide, douleur très-vive à l’abdomen; au-dessous des paupières petites tumeurs rouges, le coin de l’œil jaune, langue jaune ou blanche, soif très-ardente avec grande difficulté pour avaler; vomissement de bile jaune, épaisse, quelquefois verte ; constipation ou diarrhée, lassitude extrême, somnolence, les yeux à moitié fermés, quelquefois délire; les yeux deviennent peu à peu complètement jaunes. Le malade alors ne distingue plus les objets, le visage se tuméfie, tout le corps devient jaune , la poitrine et l’estomac sont enflés; vomissements continuels, langue sèche et grisâtre , les quatre membres froids; quelquefois convulsions, souvent constipation rebelle , oppression, assoupissement ou délire suivi le plus souvent de la mort. Dans le cas où il n’y a pas d’oppression et que les vomissements ne sont pas très-répétés, cinq malades sur dix peuvent être sauvés; autrement la proportion de la mortalité est de trois à dix.

Traitement : Donner au malade yn-ichin-tang — tai-liouang (lls,04), yn-tchin (118,04), iche-lsee (78,36); faire infuser dans de l’eau, donner trois ou quatre tasses ; après quoi l’on fera prendre au malade Ma - ouei- ou- ling- san — pe - tchou ( 1 1 3 , 4) , tchou - ling (7 8 , 36) , fou-ling (7 3 , 36) , tso-sie (113, 04) , hoa-che ( 5 3) , yn-tchin (118,04), chan-tsee (73,36), tai-houang (33,68) ; faire infuser, donner trois ou quatre tasses. Dès que la teinte ictérique sera prononcée , insuffler dans les narines tcho-py-san — ling-hiang (33,68), /ioua-ty (53), che-hiang , chou-my ; pulvériser le tout ensemble.

La durée de la maladie est ordinairement de sept à huit jours. Lorsque le malade doit succomber, la mort arrive habituellement du dixième au quinzième jour.

§ I V . — Nio -ky-kia-lchin (fièvre avec plaques).

Cette maladie débute subitement par de la céphalalgie, delà fièvre, douleur au dos et aux reins, vertiges, bourdonnements et tintements d’oreilles. Le visage devient ensuite très-rouge et le blanc des yeux rouge-sang; douleur très-vivè dans les membres, soif, constipation ou diarrhée, quelquefois douleur très-forte à l’abdomen, oppression, vomissement de mucosités blanches, lèvres blanches, langue grisâtre et sèche avec l’extrémité très-rouge; chez quelques malades , délire ; chez d’autres, agitation ou somnolence, stupeur; quelquefois les malades remuent constamment la langue sans vouloir parler; souvent des soubresauts; ensuite apparition de petites taches rougeâtres grosses comme un grain de riz. Dès que ces taches apparaissent, donner de suite au malade Ttia-houeisy-kiao-ty-houang-tang } meme remède que sy-kiao-ty-houangtang (vu), auquel on ajoute houang-tsin (lis, 04), tsay-hou (7 s, 36); faire infuser dans de l’eau et en donner deux tasses au malade. Si les taches disparaissent ou se montrent en petit nombre , donner au malade teou-ly-kin-pan-tang (vu). Dès qu’il y aura un peu de mieux, donner tsay-hou-lsin-lsao-tang (vu) quatre ou cinq fois. Dans le cas où les progrès du mal continuent, la poitrine devient jaune; saignement de nez, vomissement de matières noires, émission de matières fécales liquides et noires; irritation continuelle, inappétence, quelquefois chaleur extrême et urine rare, douleur au bas-ventre ; peu à peu des taches coule une matière rougeâtre, sale et d’une odeur fétide ; le pouls devient très-faible ; le malade tombe dans le délire, qui varie de nature; la bouche devient sèche, la langue se fendille et se couvre de fuliginosités, ainsi que les dents; tout le corps prend une teinte ictérique, et cinq ou six jours après le malade succombe. Dès que la maladie est bien déclarée, donner au malade siao-tou-ly-che-iang — jin-seng (3 s, 68), fou-ling (11®, 04), pe-tchou (33,68), rhubarbe (75,36), chan-tsee (73,36); faire infuser dans de l’eau. Lorsque la convalescence

EMPOISONNEMENTS MIASMATIQUES.

commencera, afin de l’activer, faire prendre plusieurs jours de suite pou-tchong -y-ky-tang (vu) .

Ot(e affection est très-grave ; elle n’est point épidémique et n’apparaît guère que l’été , et souvent après une fièvre intermittente rebelle. La moitié des personnes qui en sont atteintes succombent. La durée de la maladie est de dix à douze jours.

§ V. — Ou-pe-lay (fièvre à taches violettes).

Cette maladie débute brusquement par de la céphalalgie et de la fièvre accompagnée de douleurs générales, et le plus souvent des symptômes suivants : lassitude, tintement d’oreilles, insomnie, quelquefois délire , quelquefois agitation continuelle ou somnolence, visage violacé, convulsions, langue sèche , rouge dans le principe, puis peu à peu noirâtre et fendillée; gencives couvertes de matières noirâtres; soif; inappétence, essoufflement, quelquefois toux, quelquefois prurit général, fourmillement, fatigue extrême dans les membres, nuages devant les yeux, soubresauts, paroles incohérentes, quelquefois stupeur, haleine brûlante après avoir mangé ou bu, râle dans la gorge, constipation, urine très-rouge et peu abondante, éruption de taches nombreuses disséminées surtout le corps. Ces taches sont de grosseur variable, les unes comme des grains de riz , d’autres plus petites , de couleur violette ou rouge foncé. Cinq ou six jours après l’apparition de ces premiers symptômes , convulsions , douleur extrême au dos et aux reins ; quelquefois douleur très-vive à la peau, essoufflement, yeux larmoyants. Dix jours après le malade succombe. La durée de la maladie est d’une vingtaine de jours. Pendant la convalescence, le malade éprouve généralement de la somnolence, avec évacuation abondante d’urine.

Traitement : Donner au malade ta-lie-chin-kao — cheveux torréfiés et pulvérisés (11», 04), tchuen-ou (11®, 04), houang-lien (7 3 , 36 ) , houang-pe (7 ® , 36) , fang-lsy (7 ® , 36) , cliing-ma ( 3 3 , 68) , ly-lou ( 1 1 ®, 04) , pa-teou ( 1 4 ®) , liing-jin ( 1 4 3) tsee-houang ( 3 ® , 68) , hiong-houang (33,68), pe-fan (3 3,68), yuen-fen (33,68), graisse de porc (2 livres) ; réduire toutes ces matières en poudre, et avec la graisse de porc chauffée en faire un onguent avec lequel on frottera

tout le corps du malade ; lui faire prendre en meme temps pe-kouaclie-san, pe-lioa-clie f houai-tsee , tien-ma , tche-kio, man-kin-tsee , fang-fong , tsiang-ho, ouey-ling-sien, pe-sien-py , kan-tsao (chacun 3 3 ,68) , tsan-ngo (36'®, 8) ; pulvériser le tout ensemble et en donner chaque fois au malade 7S,36 dans un peu d’eau.

Autre remède : Kouan-ky-san — ou-clie (19g,70), pe-lioa-clie (193,70), i y -long (19 s, 70), tang-kouei, sy-sin, pe-tche, tien-ma, man-kin-tsee , ouey-ling-sien , kin-kiê-cliouy , tien-men-tong , tchechô , lio-cheou-liou , clie-tsang-pou , hou-ma-tsee , tsao-ko, ichintchou, mou-pie-tsee , tchuen-liiong (chacun 7S,36); pulvériser le tout ensemble et en donner 19^,70 dans un peu d’eau.

Autre remède : Ling-siao-koua-san — tchuen-kiao (119,04), t y -long (19 s, 70), pe-kiang-seng (199,70), tchuen-liiong (93), ling liiang-koua (19^70); pulvériser et en donner chaque fois 7 &,36 dans un peu d’eau.

Cette affection est assez grave et très-contagieuse; la mortalité est de trois sur dix. Elle apparaît généralement au printemps; ses ravages frappent indistinctement adultes, vieillards, enfants de l’un ou de l’autre sexe.

§ VI. — Ouen-tchin-lsee (peste à petits boutons et à taches, fièvre typhoïde).

Cette maladie, qui est due à un empoisonnement miasmatique, débute ainsi : faiblesse générale, perte de l’appétit et du goût, agitation continuelle, quelquefois des frissons, les membres sans force, somnolence ou insomnie, sorte de stupeur et d’engourdissement, air étonné et indifférent, ennui s’il faut parler, quelquefois dévoiement, ensuite céphalalgie, douleur à l’épigastre, froid dans tout le corps, paupières rouges, douleur au bas-ventre, urine jaune, fièvre, vomissement des aliments, langue sèche et blanche, soif ardente et vomissement après avoir bu, inappétence; peu à peu la langue devient jaune; toux, crachats jaunes ou blancs, souvent noirs, mucosités coulant du nez; souvent ces mucosités sont remplacées par du sang.; vertiges, bourdonnements et tintements d’oreilles , parfois un peu de délire , pas de sommeil ou sommeil très-agité, yeux rouges et larmoyants, tout le corps

EMPOISONNEMENTS MIASMATIQUES.

quelquefois glacé et sueur froide à la tête; quelquefois grande chaleur avec sueur, vomissement de matières jaunâtres ou verdâtres très-amères, gorge et lèvres sèches, toux avec râle dans la gorge, selles liquides, jaunes ou vertes, peau et haleine brûlantes, insomnie continuelle. Dès que les yeux deviennent rouges et larmoyants et que la toux est déclarée, apparition sur le corps de petites taches très-difficiles à distinguer au début. Pour les reconnaître, prendre un morceau de papier trempé dans l’huile, l’allumer et l’approcher successivement du ventre , de la poitrine, du dos, de la tête et des membres. Ces taches sont, à leur apparition, rosées et réunies par cinq ou six, sept ou huit, de un à quatre millimètres de diamètre; elles disparaissent sous la pression; leur durée ordinaire est de deux à trois jours, mais souvent elles reviennent ; elles sont très-prurigineuses et quelquefois accompagnées de pustules de la grosseur d’un pois et de couleur rouge écarlate ou rouge. Lorsque ces taches sont très-nombreuses à la poitrine et au dos, eefte éruption est d’un bon pronostic. Les autres symptômes de cette affection sont les suivants : oppression, constipation, urine très-rouge, langue grisâtre et dure; les gencives, la langue et les lèvres se fendillent et se couvrent de mucosités noirâtres; les narines sont remplies de poussière; la face se couvre d’une teinte jaune ou bleuâtre; peu à peu les traits s’altèrent, le malade devient insensible à tout, l’oppression augmente, le corps se couvre de sueur froide, et la mort ne tarde pas à arriver. Au début de la maladie, le pouls est feou-cliô (superficiel, précipité); à l’apparition des taches, il est feou-liong (superficiel, débordant) ; le nombre des pulsations augmente progressivement et va jusqu’à dix.

La fièvre typhoïde présente quelquefois des caractères particuliers. Ainsi parfois les symptômes que nous avons décrits sont les mêmes jusqu’au moment de l’apparition des taches; mais alors si les taches ne se montrent pas, la peau devient sèche et couverte de petites plaques rouges de diverses dimensions; les yeux deviennent fixes , le malade n’entend plus et tombe dans des convulsions, ses mains cherchent quelque chose dans le. vide; oppression extrême, constipation rebelle, pouls très-accéléré; puis arrive le

coma , ensuite la mort. Dans le cas où une réaction favorable se produit, le corps se couvre de sueur et les taches rosées apparaissent; les douleurs d’estomac diminuent, ainsi que la chaleur extrême qui avait gagné le corps; l’appétit revient, le pouls perd de sa fréquence, et cinq ou six jours après le malade peut entrer en convalescence. Pendant les premiers jours de la convalescence, il désire dormir, sa parole est sans force; mais avec un régime très-sévère on évite facilement une rechute , qui est toujours trèsdangereuse.

La fièvre typhoïde débute quelquefois ainsi : pouls feou-hong (superficiel, débordant), douleur à l’épigastre, grande chaleur, yeux rouges, larmoyants et enflés, peau très-rouge, visage très-rouge, haleine brûlante, douleur au bas-ventre, qui est très-dur à la pression; urine peu abondante et très-rouge; la parole est arrêtée dans la gorge par une sorte de râle ; on distingue au-dessous de l’épiderme de petits points rouges qui apparaissent en plus grande abondance au dos et à la poitrine; langue jaune , bouche sèche, toux, crachats épais et d’une odeur fétide, inappétence. Les autres symptômes sont les mêmes que ceux de la fièvre typhoïde ordinaire, seulement leur marche est plus rapide, et il n’est pas rare de voir le malade succomber du quatrième au septième jour. Dès que le traitement peut amener l’éruption des taches rosées , le malade a beaucoup de chances de guérison.

La fièvre typhoïde se présente encore sous la forme suivante : tous les symptômes que nous avons décrits jusqu’au moment de l’apparition des taches rosées sont les mêmes, seulement les taches n’apparaissent pas ; alors la peau est sèche , brûlante et rouge ; la bouche amère, la langue sèche et jaune; le visage se couvre d’une teinte ictérique, les vomissements deviennent très-fréquents, le pouls est très-élevé ; toux, douleur au cou, sueur au front, douleur générale, yeux à moitié fermés; les mains cherchent dans le vide; urine peu abondante et épaisse, constipation rebelle. Cette affection n’est pas aussi grave que les affections précédentes. On parvient facilement à amener l’éruption des taches , et le malade ne tarde pas à entrer en convalescence.

Autre forme : les taches n’apparaissent pas , la peau est sèche

EMPOISONNEMENTS MIASMATIQUES. 99

et rouge; essoufflement, faiblesse très-grande, visage fort pâle , joues enflées , langue blanche , bouche sèche , douleur au basventre , pesanteur à l’anus , selles dyssentériques , démangeaison à la gorge, toux continuelle, crachats jaunes et visqueux. Cette affection est très-grave. Dès que l’éruption des taches a commencé, le malade peut être sauvé.

Autre forme : pas d’éruption de taches ; la peau est sèche et d’un rouge cuivreux ; selles noires , vomissement de sang , haleine fétide, visage rouge, vertiges, prostration, pouls faible, corps froid; ni soif ni appétit; douleur au bas-ventre, très-forte à la pression. Cette affection est peu grave. 11 est facile d’amener l’éruption ; seulement il arrive quelquefois que , dans la période de convalescence, le malade est pris par la dyssenterie; cet accident n’est pas dangereux, et facile à combattre.

Autre forme : mêmes symptômes que ceux dont nous avons parlé en décrivant la première forme de celle affection ; principalement chaleur extrême, délire, visage très-rouge, yeux très-rouges et larmoyants, toux, mucosités coulant du nez, convulsions, éruption de taches. Dès que ces taches apparaissent, la toux diminue, les autres symptômes disparaissent peu à peu, et, huit ou dix jours après, le malade entre en convalescence. Cette affection, qui est peu grave, atteint principalement les enfants.

Traitement de la fièvre typhoïde : Le traitement de cette affection consiste à donner au malade, au début de la maladie, le remède sy-kiao-ty-houang-tang — sij-kiao (113,04), seng-ty (153), tan-py (15 3), houang-tsi i (113,04 ),kan-tsao (73,36), kiangho (7 3,36) , kin-kiai ( 1 1 3, 04) , po-ho ( 1 5 3) , houang-kin (113, 04) , ko-ken (73,36) ; faire infuser dans de l’eau. Si les taches ont commencé à paraître et qu’il y ait de la constipation, ajouter rhubarbe (153) • donner ce remède deux jours de suite. Si un peu de mieux se déclare, donner au malade, jusqu’à l’entière convalescence, isay-kou-lsin-tsao-lang — Isay-kou (73,36), houang-kin (113,04), tchin-py (113,04), kan-tsao (53), hoa-feti (113,04), tche-mou (73,36), gingembre, jujubes; faire infuser dans de l’eau. Si le premier remède ne réussit pas, donner au malade siuen-chin-kiaitou-tang — siuen-seng (15»), seng-ty (113), tan-py (113, 04),

houang-tsin (113); nieou-tsee (7 s, 3 6), che-kao (73,36), tchuen- Tiiun (113, 04), pe-chô (73,36), kan-tsao (73,36); faire infuser dans de l’eau ; donner ce remède deux fois , le remplacer ensuite par tchai-kou-tsin-tsao-lang (vu) . Si le remède que nous venons de décrire n’opère pas l’effet que l’on doit en attendre, donner au malade siao-tchin-tsin-tay-yn — houang-tsin (113,04), yuen-tchin (153), tche-mou (113,04),- seng-ty (113,04), kin-kiai (5»), tsaykou (73,36), sy-kiao (5»), faire infuser dans de l’eau ; donner ce remède trois jours de suite. Un remède excellent lorsque les symptômes s’aggravent et lorsque la langue est devenue noire , est ta-tchang-ky-tang — rhubarbe (363), tclie-che (193,40), ho-po (193,40), mang-siao (153); faire infuser dans de l’eau. Si la femme est enceinte, lui donner de préférence pa-tchin-iang — iang-sin (7 3, 3 6), pe-tchoa (73,3 6), fou-ling (113,04), tchin-py (7 3,36), seng-ty (113,04), tang-kouei (153), tcliuen-hiong (1 13) ; faire infuser.

Un autre remède qui réussit très-souvent est le suivant : ieouly-kin-pa n-tang — pe-clio (113,04), tang-kouei ( 1 1 3, 04) , pe-tsee (73,36), tsay-kou (33,68), teliuen-chan-kia (53), gingembre; faire infuser et le donner tiède au malade. Le deuxième jour, on lui ajoutera jin-seng (33,68).

Dans le cas où le malade n’éprouvera pas de douleur à l’estomac , on pourra lui donner d’abord ta-tchang-ky-tang (vu) , et ensuite kiang-ky-tang — sou-tsee (11 3, 04) , ou-yo (73,68), mouhiang (33,68), tclie-kio (113, 04), tchin-py (113,04), kan-tsao (33,68) ; faire infuser. Le traitement de la fièvre typhoïde chez la femme ne diffère pas de celui que nous venons de donner; cependant, si la femme est atteinte de cette affection au moment de la menstruation , on devra lui donner de préférence ta-tchang-kytang (vu) mélangé avec kia-sse-ou-tang — seng-ty (113,04), tchuen-liiong (7 3,36), pe-cho (73,36), tang-kouei (113, 04); faire infuser les deux remèdes ensemble.

La fièvre typhoïde, en général, est une maladie assez grave; la mortalité est de deux sur dix. La durée de la maladie varie de cinq à quinze jours. Epidémique et contagieuse, elle sévit le plus souvent au printemps; elle atteint rarement les vieillards et frappe

EMPOISONNEMENTS MIASMATIQUES. 101

le plus souvent les adultes de vingt à trente ans; l’homme y est plus exposé que la femme. On a remarqué également que la classe pauvre était plus souvent atteinte que la classe riche, et que les porte-faix et les laboureurs fournissent le plus de victimes.

En temps d’épidémie , tout le monde se sert d’une poudre qui a, suivant les médecins , la propriété de préserver de la contagion. Cetle poudre, appelée jin-ma-ping-ngan-scin, est ainsi composée : tchou-cha (29 3), hiong-liouang (36 3), ya-tso (7 s, 36), tcliin-tchou (3 3, 68) , ping-pien (5®), musc (5®), yuen-ming-fen (113), pongcha (113); réduire en poudre très-fine, que l’on prisera.

Cette poudre est également excellente pour calmer toute céphalalgie et toute affection provenant d’un refroidissement subit; on s’en sert contre le choléra, à l’invasion de la maladie.

§ VII. — Che-tou (temps poison).

Cette maladie réapparaît qu’à des époques fort rares; depuis 1821 elle ne s’est point montrée. Elle s’annonce toujours par des brouillards d’une odeur fétide, très-épais, s’élevant le matin et disparaissant le soir. Les individus qui en sont atteints ressentent subitement une lassitude extrême, de la courbature , des vertiges et de l’inappétence. Deux jours après ces premiers symptômes, une douleur très-vive à l’estomac, à l’abdomen et dans les cuisses, des frissons, une céphalalgie très-intense, indiquent l’envahissement du mal. Des boutons ou d’énormes anthrax apparaissent ensuite sur le dos et sur la poitrine. Ces boutons et ces anthrax, de différentes dimensions, sont les uns rouges, les autres bleus. Lorsqu’on les presse, le malade éprouve une douleur très-vive, qui souvent est suivie de la perle des sens. Le malade ressent ensuite une chaleur extrême dans l’estomac; la peau devient froide, la bouche sèche, la langue grisâtre et la parole difficile. Le troisième ou le quatrième jour, le mal élant parfaitement diagnostiqué par ces symptômes, on devra de suite avec une aiguille piquer les boutons et anthrax, d’où sortira un sang très-noir. On piquera en même temps les trous suivants, appelés en acuponcture Ichong-ouan, changouan y hia-ouan, hi-kê, kin-lchc , ouei-tchong (voir Acuponcture ). L’opération terminée , on devra donner au malade le remède sui-

vant : sin-hiue-kiai-tou-tang — tchuen-kiun (15*), tche-che (II3, 04), ho-po (113, 04), nieou-sy (113), houang-lien (73,36), liiang-hieou (II3, 04), tao-jin (73,36), hong-hoa (73,36), koueisin (73,36), kan-isao (113), ichou-cha (O3, 36); faire infuser dans de l’eau; on ajoutera ichou-cha à la fin; le malade devra prendre ce remède deux jours de suite. Si un peu de mieux se déclare, donner ou-fou-tchou-tou-tang — clia-jiu (7 3, 36) , hingjin (53), pan-liia (113, 04), mou-koua (113, 04), tclie-ling (113), houang-lien ( 1 03) , ou-tchou-yu (113), ho-siang (19 3,40) , iang-jin (113), pien-teou (113), kan-isao ( 7 3, 36) ; faire infuser dans de l’eau et donner deux tasses , le matin et le soir. Lorsque ce remède ne parvient pas à arrêter les progrès du mal, la peau devient bleuâtre , les narines se remplissent de poussière ; la langue est rétractée, petite, sèche, rouge à la racine et noire partout ailleurs; la soif est excessive, et cependant l’estomac ne peut rien recevoir; vomissements de matières verdâtres ou noirâtres, essoufflement, oppression, douleur très-forte à l’épigastre et aux reins; l’épine dorsale est enflée dans sa partie inférieure ; urine très-rouge et mélangée d’un peu de sang, constipation rebelle, et si par hasard une selle peut avoir lieu , elle est composée de matières noires comme de la suie; visage blanc bleuâtre; des boutons et anthrax coule un pus visqueux, jaune, d’une odeur fétide, et parfois un sang noir et corrompu ; ces boutons et anthrax s’ulcèrent peu à peu et deviennent énormes ; sur tout le corps et principalement autour des boutons apparaissent des taches de diverses largeurs, bleues ou grises; la bouche reste toujours ouverte, la respiration est très-difficile, l’haleine froide ; mouvements convulsifs des pieds et des mains , les genoux rétractés et portés vers les cuisses , jambes inertes et roides, sueur froide au front; pouls petit, quelquefois insensible , glissant et remontant sous le doigt ; puis arrivent le coma et la mort.

Dans le cas où ou-fou-tchou-tou-tang ne réussit pas, donner au malade kia-ouei-ou-ling-tang — pe-tchou (193,50), fou-ling (113), tso-sie (H3), jou-kouei ( 1 1 3) , ho-siang ( 19 3,40) , mou-kouey (193,40), cha-jin (73,36), yn-hoa (73,36), tche-mou (113), tangkouei (113), kan-tsao (73,36), hiong-houang (03, 73) ; faire infuser

EMPOISONNEMENTS MIASMATIQUES.

dans de l’eau. Si une réaction s’opère, donner au malade ou-fou tcliou-tou-tang (vu), auquel on ajoutera hiong-liouang (19,10), yn-hoa (119,04), tche-mou (79,36), liouang-tsin (369,8); faire infuser; le malade devra prendre ce remède trois ou quatre fois.

La convalescence est très-courte. Lorsque la mort est la terminaison de la maladie , le malade succombe du cinquième au sixième jour. En 1821, cette sorte de peste a duré quarante jours. Au début de l’invasion, qui a commencé avec les grandes chaleurs, dans les provinces du nord, d’où elle a gagné successivement l’ouest, l’est et le sud, exerçant des ravages effrayants; peu de personnes atteintes par le fléau purent échapper. Plus tard , lorsqu’on connut le traitement que nous venons de donner, la mortalité ne fut plus que de deux sur dix ; les enfants furent respectés, les vieillards payèrent le plus large tribut.

Dès que le levain pestilentiel commence à se développer, dit le Kou-kin-y-tong , il se répand rapidement d’une maison à l’autre, du quartier de l’orient à celui de l’occident, d’un village de la plaine à celui de la colline, gagne de proche en proche plusieurs districts à la fois, parcourt les provinces, attaquant toutes les conditions, multipliant les maladies d’un jour à l’autre, et laissant à peine assez de vivants pour enterrer les morts. En deux mille ans, on compte cinq ou six de ces pestes dans les annales.

§ VIII. — Oucn-y (sorte de peste).

Celte maladie débute subitement par de la céphalalgie, douleur au cou et au dos, courbature, mal dans les membres. Ces premiers symptômes sont suivis d’un accès de fièvre avec frissons et chaleur d’une durée de vingt-quatre heures ; le pouls est tchang hong (six ou sept pulsations) ; la langue, blanche d’abord, devient ensuite jaune; selles bonnes, urines très-rouges. Donner alors au malade le remède suivant : ta-yuen-yn — ping-lang (159), ho-po (79,36), tsao-ho-jin (79,36), tche-mou (159), pe-cho (79,36), liouang-tsin (II3, 04), kctn-tsao (79,36); faire infuser dans de l’eau, en ayant soin de réduire au tiers la quantité d’eau au moyen de l’ébullition. Si les progrès du mal continuent, le malade éprouve les symptômes suivants : douleur au côté, vomissements,

bouche amère, mal aux reins, douleur aux yeux, nez sec, insomnie. On devra aussitôt faire prendre au malade le remède précédent, ta-yuen-yn, auquel on ajoutera tsay-kou (113, 04), kiang-ko (113, 04), ko-ken (113, 04), rhubarbe (113, 04); faire infuser dans de l’eau. Il peut arriver que ce remède produise chez le malade un tremblement excessif ; ne pas s’en préoccuper de peur d’arrêter la sueur, ce qui serait très-dangereux. Si la sueur ne vient point, le pouls ne tarde pas à devenir profond et précipité; essayer alors ia-tchang-ky-lang — rhubarbe (36 3, 8), tclie-tsee (193,40), ho-po (193,40), mang-siao (15 3) ; faire infuser dans de l’eau. Lorsque le malade aura pris ce premier remède, on lui donnera le soir pe-kon-tang — che-kao (36 3, 8), tche-mou ( 1 93, 40) , kan-tsao (193,40), millet (une pincée), gingembre, jin-seng (7 3,36); faire infuser dans de l’eau. Si ces remèdes ne réussissent pas, surviendra le délire, et les extrémités deviendront peu à peu froides; on fera prendre alors au malade tchai-kou-isin-lsao-tang

— tsay-kou (193,40), houang-tsin (II3, 04), tchin-py (1 13,04), hoa-fen ( 1 5 3) , tclie-mou (15a), kan-tsao (73,36), gingembre (33), jujubes (2) ; faire infuser dans de l’eau . Lorsque les extrémités seront très-froides , on pourra remplacer Jioa-fen et tche-mou par ko-ken (113,04).

L’apparition de la sueur est le meilleur pronostic que l’on puisse désirer. Pendant la convalescence, quelquefois le malade ressent des douleurs au ventre et dans les parties où s’étaient formées des tumeurs; ces douleurs disparaissent peu à peu d’elles-mêmes.

Il peut arriver que dans cette maladie il se produise un flux de sang par l’anus ou par les voies urinaires ; il faudra de suite l’arrêter en donnant au malade lao-jin-tchang-ky-tang — rhubarbe (153), mang-siao (73,36), tao-jin (113), tang-kouei (113), pe-chô (113), tan-py (73,36) ; faire infuser dans de l’eau.

Dans le cas où le malade prendra une teinte ictérique et qu’il aura une rétention d’urine, on devra lui donner yen-tchrn-tang

— yen-tchin (73,36), cliin-iche (113), rhubarbe (193,40); faire infuser dans de l’eau. *

Dans le cas où le malade aura des envies de vomir sans pouvoir vomir, on devra provoquer les vomissements au moyen du

EMPOISONNEMENTS MIASMATIQUES.

remède suivant : Jioa-ty-seng — (39,68), tien-koua-ty (39,68), tche-siao-teou (7 9,36), tehe-lsee (79,36); mettre dans un vase les deux premières et la quatrième matière avec deux tasses d’eau ; faire réduire par l’ébullition à une seule tasse, ajouter tche-siaoteou, faire bouillir de nouveau jusqu’à réduction aux trois cinquièmes et faire prendre tiède au malade.

Le retour de la fièvre à la meme heure, ou bien des convulsions accompagnées d’une absence complète de sueur, sont de très-mauvais pronostics. Quelquefois le malade ne peut remuer le corps, ses yeux sont fixes et sa bouche fermée; éviter de le déranger; cette position indique que la sueur viendra cinq ou six heures après. Si après l’apparition de la sueur le malade ressent une douleur très-vive au bas-ventre, on devra la calmer au moyen du remède suivant : cho-yo-tang — pe-cho (79,36), tang-kouei (1 19,04), ping-lang (159), lw-yo (79,36), kan-tsao (79,36), gingembre (3) ; faire infuser dans de l’eau. Il peut arriver également que la sueur étant revenue , cctle sueur soit trop abondante et persistante; on donnera alors au malade pe-kou-tang (vu); également si la sueur ét/int revenue , le malade éprouve de la somnolence , lui donner y-jong-tchai - hou- tau g — tsay-hou ( 1 5 3) , houang-tsin (79,36), tchin-py (79,36), han-tsao (7 », 36) , gingembre (3), jujubes (2); faire infuser dans de l’eau.

Il est une maladie appelée hy-tchivg-ky-hong , sorte de ouen-y, qui offre les symptômes suivants : pouls précipité, grande chaleur, fièvre continue , langue couverte d’une matière blanchâtre , très-épaisse ; quelques heures après, langue très-jaune ; douleur à la poitrine qui devient enflée; soif; le malade ne veut garder aucun vêtement. Lui donner de suite ta-yuen-yn (vu), auquel on ajoutera rhubarbe (259) ; si une heure après la langue devient noire, donner tel- tchang-ky-tang (vu) ; le lendemain le malade sera guéri, ou bien il y aura peu de chances de le sauver.

Avant de terminer la description de la maladie appelée nio-ky, nous dirons quelques mots sur les symptômes les plus graves qui servent aux médecins chinois à établir leur pronostic de vie ou de mort.

Dans un accès chaud , si après la sueur le pouls reste plein et

dur, le malade est en danger; si au contraire le pouls devient naturel, uniforme, égal, il y a chance de guérison. De même si avec un pouls plein le malade ne peut suer, danger. Il en est de même si avec le pouls plein la sueur arrive , qu’il y ait intermittence sans que le pouls change, seulement que la chaleur cesse pour revenir plus forte. Dans la fièvre chaude, la sueur et le calme après l’accès sont de bons signes. La sueur apparaissant seulement à la tête est dangereuse. Il en est de même si cette sueur se montre des reins aux pieds ; si cette sueur ne cesse pas ; si avec cette sueur le malade a la bouche et les narines froides. Mais si la sueur est accompagnée de flux de ventre , il y a chance de guérison. La sueur avec un pouls plein, ou la grande chaleur sans sueur, accompagnées d’écoulement de sang par les narines , sont de très-bons signes. Si le malade a le pouls subtil, petit et profond (tchin-oey-sy) , qu’il éprouve de la somnolence, que la sueur vienne pendant le sommeil, que le cinquième ou sixième jour la diarrhée se déclare avec nausées et vomissements , que la sueur revienne sans cesse et que le sommeil soit très-rare, on peut dire que la mort n’est pas éloignée. Dans la fièvre chaude, si la diarrhée s’arrête, que les pieds et les mains d’abord glacés reprennent leur chaleur naturelle, on peut espérer la guérison. Il en est de même si le malade a les pieds froids, si le calme revient de temps à autre, s’il désire se vêtir, sortir de son lit et marcher. Dans la fièvre pernicieuse, une grande chaleur persistante et sans diarrhée annonce la mort après quelques jours; mais si l’urine est chaude, on a des chances de sauver le malade. Si d’un autre côté la sueur cesse et que la diarrhée persiste, le malade est difficile à guérir. Il en est de même si dans l’accès le corps du malade est froid et humide. Dans la fièvre pernicieuse, le pouls éparpillé ( san ) accompagné de toux annonce la mort. Dans la fièvre chaude, lorsque pendant sept ou huit jours le pouls reste petit, faible, avec diarrhée, bouche sèche, soif ardente, la mort n’est pas éloignée. Il en est de même si après dix jours de diarrhée le pouls devient plein. Si le corps et la face se couvrent d’une teinte ictérique et se tuméfient, si la bouche devient sèche, que des tumeurs se forment sur la langue , qu’une odeur désagréable sorte du corps , on

EMPOISONNEMENTS MIASMATIQUES.

peut être certain que les poumons et l’estomac sont attaqués sérieusement et que la mort est prochaine. Il en est de même si la sueur ne vient pas , ou bien si apparemment les pieds restent froids, que le malade salive abondamment, qu’il éprouve de l’agitation, de l’insomnie; dans ce cas, le mal est dans le foie et souvent incurable.

§ IX. — Ho-louan (choléra).

Cette maladie est due à un empoisonnement miasmatique; une mauvaise nourriture, des aliments trop froids, des fruits aqueux et verts, développent le germe de cette sorte de peste, qui se présente souvent sous la forme épidémique. Elle se divise en deux espèces :

1° Kan-ho-louan (ho-louan sec). — Les prodromes du kan-holouan sont : malaise, lassitude, inappétence, douleur à l’abdomen, diarrhée, insomnie, froid dans les os, soif, tristesse. La durée des prodromes est très-variable; quelquefois ils apparaissent dix jours avant que la maladie soit déclarée. Il ne faut pas les négliger et observer surtout la diarrhée. La maladie se déclare par les symptômes suivants : douleur subite à l’estomac, coliques très-fortes, soif ardente, vomissement de matières blanches et visqueuses comme de l’eau de riz ; lièvre, céphalalgie, vertiges, yeux égarés, i sueur froide, cercle bleuâtre autour des yeux, évacuations alvines de même nature que les vomissements et mêlées de matières fécales dures et noires. Les vomissements et les évacuations ont lieu en même temps que les douleurs de l’estomac et du ventre; peau froide et bleuâtre, crampes aux jambes et surtout aux mollets, gagnant peu à peu le bas-ventre, bourdonnements d’oreilles, plénitude extrême, prostration de forces, sueur froide coulant des cheveux qui sont hérissés, suppression d’urine, peau de plus en plus froide, face violacée, autour des ongles cercle bleuâtre, langue bleue et sèche, rétractée; peu à peu émission involontaire de matières fécales, mais dures et de couleur jaunâtre, oppression; pouls feQu-hong-oey-tche (superficiel, débordant, lent); vue trouble, quelquefois du délire, hoquet continuel, convulsions et enfin la mort, qui arrive après un temps plus ou moins long. Lorsque le

malade ne succombe pas, son visage se colore peu à peu, la peau perd sa teinte bleuâtre et reprend sa chaleur naturelle. Il y a une petite émission d’urine, et le malade entre promptement en convalescence. Dès que les premiers symptômes apparaissent, il faut de suite avoir recours à l’acuponcture, piquer les trous suivants : kin-tchai, ouey-tcliong , tchang-seng, yang-ling-suen, tchong-ouan, chang-ouan, hia-oucin, tien-chou, hy-hai; piquer également la langue au-dessous et des deux cotés ; donner en même temps au malade le remède fou-tsee-kouei-yang-tang — tai-chin (113,04), pe-tchou (73,36), tchin-py (113), cha-jin (43,50), mou-hiang (33,68), han-kiang (33,68), jou-kouei (33,68), fou-tsee (3s), kan-tsao (53); faire infuser ensemble, prendre froid deux fois.

Autre remède : Lou-ko-tang — ou-tchou-yu (113, 04), houanglien (33,68), ho-siang (113,04), ho-po (73,36), hing-jin (33,68), cha-jin (7»,3 S),pan-hia (73,36), mou-koua (7 3,36) , iche-jbu-ling (113), tang-chin (113,04), pien-teou (7s,36), kan-tsao (73,36), sou-ye (73,36); faire-infuser dans de l’eau.

Autre remède : Ho-siang-tchang-ky-tang — ho-siang (113,04), sou-ÿe (7 3,36), tchin-py (113,04), pan-hia (73,36), fou-ling (1 13,04), pe-tsee (7«,3 6), kic-kang (15®), ta-fou-py (7 s, 36) , kantsao (53) ; faire infuser.

Autre remède : Prendre d’abord du sel, le chauffer et le mettre sur le ventre; prendre ensuite des graines de kiai-tsai , les pulvériser, les humecter et en frotter le creux de l’estomac, faire en même temps bouillir de ces mêmes graines et en donner au malade. Le gingembre cuit dans du vin est également bon.

Cette maladie est très-grave; la mortalité est de 20 pour 100; sa durée est très-variable, de deux à dix jours.

2° Clie-ho-louan (ho-louan humide). — Les prodromes de cheho-louan sont : malaise, douleur au ventre, soif, inappétence, quelquefois un peu de diarrhée ; d’autres fois il n’y a pas de prodromes, la maladie débute brusquement par des douleurs à l’estomac, coliques tellement violentes que le malade reste courbé; douleurs dans tous les membres, chaleur extrême, vomissements d’aliments et de matières bilieuses, vertes, jaunes ou noires, évacuations alvines de même nature, très-fétides et très-douloureuses,

EMPOISONNEMENTS MIASMATIQUES.

sueur froide à la tête , les membres froids , convulsions , crampes aux jambes, aux mollets et aux bras, défaillances, soif très-ardente, langue presque inerte, verge et testicules rétractés, yeux levés vers le ciel, essoufflement, oppression; pouls feou-liong (superficiel, débordant) ou oey-tclie (faible, lent) : ce dernier pouls est d’un très-mauvais diagnostic , sueur froide , extrémités froides et violacées, suppression d’urine, face violacée; enfin survient le hoquet, et le malade ne tarde pas à succomber.

Meme traitement que kan-ho-louan.

Cette maladie est plus grave que la précédente. La mortalité est de 50 pour 100 si l’on ne donne pas des soins très-prompts au malade; autrement, si l’on administre les remèdes à temps, à peine en perdra-t-on 10 sur 100. La durée est de quatre ou cinq jours.

Si la femme est enceinte, on pourra faire l’acuponcture en piquant les trous indiqués plus haut, mais on ne devra administrer que les remèdes suivants :

Kan-ho-louaii — fou-tse-ly-lchong-tang (vu).

Chc-ho-loiian — iy-ouey-pe-tc/iou-san — pc-tchoii (7 3,36) , jin-seng (73,36), Jou-ling (113,04), mou-hiang (5 3), ho-siang ( 1 1 3) , lian-ho (73,36), kan-tsao (53); réduire en poudre et en donner 73,36 chaque fois dans un peu d’eau.

§ X. — Tchou-hoa ou tcou-tchin (petite vérole, variole).

La maladie appelée Icliou-hoa (maladie qui produit des fleurs sur le corps) est causée par un virus interne ( tai-tou , venin du sein maternel) dont le germe se développe dans certaines conditions atmosphériques ou hygiéniques très-difficiles à reconnaître. Elle est ordinairement précédée d’une période d’incubation dont la durée varie de deux à huit jours.

Cette période est caractérisée par les symptômes suivants : céphalalgie, douleur dans les membres, fièvre, éternuments, pleurs, oreilles froides, apparition de petits filets rouges derrière l’oreille. La maladie se déclare ensuite sous quatre formes différentes :

1° Chun-hoa (ou variole bénigne). — Trois jours après l’apparition des prodromes que nous venons de signaler, de petits hou-

tons rouges, isolés et distincts , se montrent d’abord discrètement à la face, aux joues et au menton, mais peu à peu ils gagnent les bras, la poitrine et tout le reste du corps. Ces boutons sont entourés d’une aréole rouge; les symptômes de la période d’incubation disparaissent. Le quatrième jour, les boutons se tuméfient un peu, deviennent durs et rougissent; grande chaleur dans tout le corps. Le cinquième jour, les pustules augmentent ; fièvre légère, un peu de salivation. Le sixième jour, les boutons deviennent jaunes, renferment à leur sommet un liquide jaunâtre, et sont entourés à leur base d’une aréole rouge ; le sommet est plat et déprimé légèrement au centre; fièvre. Le septième jour, la tète légèrement enflée, yeux fermés; le liquide est toujours jaune , mais un peu plus clair et purulent; salivation; parler et manger difficiles; quelquefois de la diarrhée. Le huitième jour, tous les boutons sont remplis de liquide ; tout le corps légèrement enflé ; tous les boutons sont sortis ; sur la figure ils sont larges , sur les testicules petits; dans le creux de la main, gros et carrés; sous le pied, rouges et entourés d’une aréole bleue ; dans la bouche , petits points blancs et durs; fièvre. Le neuvième jour, tête désenflée; quelquefois pieds et mains légèrement enflés ; yeux ouverts ; la peau des boutons se durcit; la dessiccation commence par la face. Le dixième jour, la peau des boutons tombe et fait place à une croûte rouge ou blanche; dans le cas où la croûte est rouge, le malade est guéri; si elle est blanche, on peut craindre quelques complications.

2° Chân-lchong-hoa (variole un peu plus grave). — Prodromes : Pendant trois jours , fièvre , céphalalgie , filets rouges derrière l’oreille, douleurs dans les membres, toux, nez bouché, vomissements ; puis apparaissent sur la tête et sur le corps de petits boutons rougeâtres entourés d’une aréole rouge. Le quatrième jour de leur apparition, tout le corps en est couvert; les uns sont gros, les autres petits ; quelquefois , ils sont très-abondants sur la figure, d’autres fois répandus en grand nombre sur quelque partie du corps; ils deviennent très-rouges et durs. Le cinquième jour, ils augmentent de grosseur : urine rouge, selles sèches, douleur légère à l’épigastre et à l’abdomen, fièvre. Le sixième jour, les boutons

EMPOISONNEMENTS MIASMATIQUES.

augmentent de dimension; on aperçoit à leur sommet, qui est aplati et déprimé au centre, une vésicule remph ; d’un liquide jaunâtre ou verdâtre; à la base une aréole rouge;' la peau du dos, de la poitrine et des membres s’enfle; yeux entourés d’un cercle bleu; oppression, essoufflement, salivation, quelquefois soubresauts, somnolence. Le septième jour, tète légèrement enflée; quelquefois les yeux très-enflés, fermés ou à demi fermés; le pus n’est pas très-abondant dans les boutons; inappétence. Le huitième jour, presque tous les boutons sont remplis de pus , tout le corps enflé ; dans le creux de la main , les boutons sont gros et carrés ; sous la plante des pieds , ronds la plupart ; fièvre continue , démangeaisons, quelquefois frissons, douleur à la gorge. Le neuvième jour, le visage est moins enflé, les yeux fixés vers le ciel, la dessiccation commence, la peau s’épaissit, tous les boutons prennent la couleur de la cire* jaune, le pus est assez clair. Le dixième jour, une partie de la peau des boutons s’affaisse et fait place à une croûte rouge ou blanche. Les douzième, treizième et quatorzième jours, toutes les croûtes disparaissent.

3° Hien-lioa (variole dangereuse). — Prodromes : Cinq ou six jours frissons , fièvre, céphalalgie, filets rouges derrière l’oreille, éructations, vomissements de hile; symptômes : apparition de boutons en plus ou moins grand nombre sur le visage, de dimension différente et de couleur rosée , quelquefois formant plaques; démangeaisons; dans la bouche, éruption abondante de boutons blancs ou rouges, haleine brûlante, difficulté dans la déglutition, toux. Le quatrième jour, augmentation des boutons, peau sèche: l’éruption continue; selles sèches, urine rouge, soif très-ardente, toux, douleur à la gorge en toussant, sommeil agité. Le cinquième jour, la tète considérablement enflée, quelquefois une autre partie du corps est enflée; le sommet des boutons est blanc; il est aplati et déprimé au centre; dans le cas où il est excorié, il laisse échapper un liquide blanc clair, la base est entourée d’une aréole violette ; oppression, douleur à l’abdomen , selles sèches ou diarrhée, douleur très-vive à la gorge, inappétence. Le sixième jour, le sommet des boutons est rouge ou brun, l’aréole ou rouge ou blanche; oppression , ventre enflé, constipation , urine rare, quelquefois délire,

soif très-vive. Le septième jour, le sommet est rempli d’un liquide rouge ou blanc; quelquefois la peau se ride, le bouton s’affaisse un peu eu augmentant de largeur, la couleur devient alors noire, tout le corps s’enfle, soif ardente, vomissement des boissons, quelquefois frissons, choc involontaire des dents; constipation ou diarrhée, pas d’urine ou urine très-abondante. Le huitième jour, la couleur des boutons n’est pas la même, ou blanche ou rouge; cependant ces derniers généralement peu nombreux ; écoulement de liquide blanc, chaleur continuelle ou froid excessif, toux, vomissements, lassitude extrême, quelquefois convulsions. Le neuvième jour commence la dessiccation; les pustules ou se déchirent en laissant échapper un pus qui se concrète, ou bien s’affaissent, et la peau forme une croûte grise ou brunâtre. Le dixième jour, la dessiccation continue, la figure ne se désenfle pas, le malade ne voit pas; de la bouche coule du pus d’une odeur fétide, diarrhée, rétention d’urine, selles sèches et alors urine jaune ; douleur à l’abdomen, à l’estomac, fièvre continue. Le onzième jour, la dessiccation continue, douleurs dans tout le corps, céphalalgie, quelquefois croûtes élevées. Le douzième jour le corps se désenfle un peu, le malade ne voit toujours pas; quelquefois les croûtes restent adhérentes ; fièvre, délire, somnolence. Du quinzième au seizième jour, les croûtes tombent d’elles-mêmes et sont souvent remplacées par des écailles ; quelquefois il se forme des plaies blanchâtres couvertes de croûtes noires, à la suite desquelles les malades ont souvent des marques sur la figure; ordinairement les croûtes sont suivies d’une teinte rougeâtre qui disparaît peu à peu, ne laissant que la marque des boutons.

4° Ny-lioa (variole extrêmement dangereuse). — Prodromes : Quatre ou cinq jours avant, pouls feou-chô (superficiel, précipité), fièvre, filets rouges derrière l’oreille, peau sèche, céphalalgie, douleur aux membres et à la poitrine, éructations, vomissements; quelquefois délire, somnolence; quelquefois convulsions, perte de sang par les organes urinaires, ou par l’anus, ou par le nez ou la bouche ; apparaissent ensuite sur le front ou autour de la bouche des boutons rouges formant quelquefois une ou plusieurs plaques ; dans la bouche, éruption de boutons blancs, haleine brûlante,

EMPOISONNEMENTS MIASMATIQUES.

difficulté dans la déglutition ; quelquefois toux , voix rauque et voilée. Le troisième jour, chaleur dans tout le corps, fièvre; l’éruption continue peu à peu sur tout le corps, et les boutons deviennent plus rapprochés et même confondus par la circonférence; soif ardente, agitation, plaintes, vomissement des aliments, quelquefois douleur à l’abdomen, quelquefois vomissements continuels. Le quatrième jour, les boutons augmentent; la racine est bleue ou blanche, leur dimension varie; sur la poitrine et la tête, ils sont moins gros; quelquefois délire, quelquefois toux, crachement de sang, sang coulant par le nez, bouche sèche, douleur à la gorge, diarrhée, abdomen enflé, râle dans la gorge, soubresauts, grincement de dents. Le cinquième jour, les boutons sont plus nombreux et rougeâtres ; à la gorge, au cou , au front ou près des yeux, ils sont en très-grande quantité; leur couleur varie: ainsi, gris dans le nez, ils sont dans la bouche rouges ou blancs; les yeux fermés, la bouche ouverte, sang coulant par le nez, céphalalgie intense, grincements de dents, soubresauts continuels, soif très-vive. Le sixième jour, la peau n’est pas dure comme dans les autres cas ; le sommet des boutons aplati et déprimé au centre est rempli d’un liquide blanc ; écoulement de liquide noirâtre comme du sang ou jaune ; peu à peu la peau devient noire et ulcérée, la tète est très-enflée, yeux fermés; les boutons de la langue s’excorient, et il en coule un pus fétide, le cou très-enflé; quelquefois les boutons des reins s’excorient , quelquefois entre les boutons se forment de petites taches rouges. Le septième jour, une partie du corps ou tout le corps enflé, les yeux ouverts, tous les boutons durs et noirs avec le sommet en forme de croissant; quelquefois, ils s’excorient par plaque et il en sort un liquide jaune, d’une odeur fétide ; frissons, grincements de dents, quelquefois sur le corps apparition de tumeurs grosses comme un pois, de couleur violacée ou noire. Le huitième jour, les boutons s’affaissent, couleur noire, aréole grise, écoulement de liquide mêlé de sang, le malade ne peut ni parler ni manger; cette période est très-grave. Le neuvième jour, la dessiccation commence, la peau s’affaisse et se convertit en une croûte grise ou rougeâtre d’une odeur désagréable; écoulement de sang par la bouche et les yeux, constipation. Le dixième jour la

dessiccation continue, le visage ne se désenfle pas ; douleur violente si la peau tombe, grincements de dents et vomissement de sang; ces deux derniers symptômes sont très-graves. Le onzième jour, la dessiccation continue; le malade ne peut encore prendre aucun aliment. Le douzième et le treizième jour, la dessiccation continue; du quinzième au vingtième, les croûtes tombent d’elles-mêmes, et la maladie suit les dernières phases de liien-hoa.

La variole , en général , est souvent suivie d’autres affections , telles que abcès, otites, ophthalmies, inflammation des gencives; d’autres fois surviennent des diarrhées très-rebelles et la paralysie de certaines parties du corps, suivie de la mort.

La petite vérole remonte à la plus haute antiquité ; Houang-ty en parle dans le Nuei-king , et en attribue la cause à un poison miasmatique agissant principalement sur les enfants.

Traitement : A l’apparition des filets rouges derrière l’oreille, donner au malade tsee-ko-tang — tsee-chou-yê (7g,36), ko-ken (5 s), kan-tsao (33,68), pe-chô (5s), tchin-py (3î],68), cha-jin (1®,80), gingembre (3); faire infuser dans de l’eau.

Traitement de la variole appelée chun-hoa : A l’apparition des boutons, donner chin-chou-yu — tsien-kou (73,36), pan-Ma

(133.68) , tsee-kio (73,36), kie-kang (33,68), mou-tony (53), fang-fong (5s), kan-tsao (5s) ; faire infuser dans de l’eau; donner au malade deux fois , une fois le matin et une fois le soir. Le cinquième ou le sixième jour, on fera prendre au malade hoa-toutang — ko-ken (53), pe-chô (53), tchin-py (7 3,36), mou-hiang (33), tsee-kio (73,36), chan-lcha-jou (73,36), lien-kio (7s, 36), kan-tsao (3 s,68) ; faire infuser; ne pas prendre d’autre remède , donner peu à manger.

Traitement de la variole nommée chun-tchong-lioa : A l’apparition des boutons et jusqu’au quatrième jour, donner au malade houai-isee-ko-ken-tang — liouai-tsee (3 3) , ko-ken (3S), ching-ma (33), tche-cho (5s) , fang-fong (5®), kan-tsao (33,68), tan-teou-tsee

(33.68) ; faire infuser dans de l’eau. Le quatrième jour, donner kiai-kou-ko-ken-tang — ko-ken (53), hoa-fen (7 s, 36), ching-ma (113,04), me-tong (7s, 36), seng-ty (73,36), houang-kin (7s, 36), kan-tsao (3s,68); faire infuser. Le cinquième jour, tsee-tsao-hia-

EMPOISONNEMENTS MIASMATIQUES. 115

tou-tang — tsee-tsao (113), ching-ma (13,80), tsee-kio (7 s, 36) , kie-kang (73,36), kan-tsao (33,68); faire infuser. Le sixième jour, tsee-tsao-kouai-pan-lang — tsee-tsao (7 g,36), jin-seng (13,80), pe-tchou (3g,68), tang-kouei (73,36), tchuen-hiong (7 3,36) , clio-yo (73,36), fou-ling (53), mou-tong (73,36), kantsao (3g,68); faire infuser. Le septième jour, kouai-pan-tang — tang-seng (13,80), tang-kouei (3 3, 68), fang-fong (73,36), moutong (3g,68), mou-liiang (3g,68), tsee-tsao (3 3,68), tsan-toui (3g,68), kan-tsao (113,04); faire infuser. Le huitième jour, chinky-ko-ky-yn — jin-seng (13,80), houang-tsin ( 3 3 , 6 8 ) , lien-kio (7 3, 36), nieou-pang-tsee (73,36), houang-kin (7g,36), ko-fen (53), tsan-toui (73,36), tang-kouei (113), mou-tong (113), kie-kang (73,36), kan-tsao (73); faire infuser. Le neuvième jour, ta-tsi:,tang — seng-ty ( 3g,68), che-kao (33), yuen-seng (73,3 6), tykou-py (33,68), tche-mou (7g,36), mou-long (73,36), kin-kiai (53), kin-të (15 3), kan-tsao (3g,68) ; faire infuser dans de Peau.

Traitement de la variole appelée hien-hoa : A l’apparition des boutons et jusqu’au quatrième jour, donner au malade liouai-tsee ko-kou-tang (vu). Le quatrième jour, siao-tou-kouei-pan-tang — kie-kang (203), kin-kiai (53), fang-fong (53), tche-cho ( 33,68),

| houang-kin (53), nieou-pang-tsee (33,68), tang-kouei ( 7 3, 36) , yuen-seng (53), lien-kio (H3), tsien-kou (3 3,68) , mou-long (33,68), hoa-fen (53), kan-tsao (3g,68); faire infuser. Le cinquième jour, leang-hiuë-hoa-tou-tang — kouei-ouei (73, 36), tche-cho (53), seng-ty (73,36), mou-long (73,36), lien-kio (113), nieou-pang-tsee ( 7 3 , 36 ) , hon g-lioa ( 5 3 ) , tsee - tsao ( 5 3) , kie - kang (7 3 ,36) , chan-leou-ken (53) ; faire infuser. Le sixième jour, siao-pantchang-ky-tang — rhubarbe, Isee-kio, ho-po, houang-kin , houangpe, tche-tsee , lien-kio, mou-long, kan-tsao (chacun 53) ; faire infuser. Le septième jour, leang-hiuë-kia-tou-tang — tche-cho , tang-kouei, seng-ty, mou-tong, nieou-pang-tsee, lien-kio, tche-tsao, kie-kang, hong-hoa, chan-teou-ken, kan-tsao (chacun 3 3, 68); faire infuser. Le huitième jour, tao-tche-tong-ky-san — mou-long (7 3,36), seng-ty (7 3 ,36) , jin-seng (3g,68), me-tong (73,36), tang kouei-seng (113), che-tchang-pou (73,36), kan-tsao (53), faire infuser. Le neuvième jour, houang-lien-kiai-tou-lang — houang-

lien , liouang-pe, houang-kin, tche-lsee, seng-ty, nieou-pang-tsee, tang-sin (5s chacun) ; faire infuser. Le dixième jour, tche-tsaohiang-lang — tche-tsao (7 s, 36), mou-hiang (3 s, 68), jin-seng (3 s, 68), p>e-tchou (3 %), fou-ling (7 s, 36), kan-tâio (5s), chou-my (7 s, 36); faire infuser. Le onzième jour, kouai-pan-yu-py-lang

— houang-Jiin (5s), pe-cho (7 s, 36), lioai-lsee (3s), fang-fong (5s), kan-tsao (5s), jujubes (2) ; faire infuser; donner ce derfiier remède pendant deux ou trois jours.

Traitement de la variole nommée ny-hoa : A l’apparition des boutons et jusqu’au quatrième jour, houai-lsee-ko-kou-tang (vu). Le quatrième jour, kia-ouei-ko-ken-tang — ching-ma (lls,80), ko-ken ( 3 s , 6 8 ) , Iche-cliô ( 3 s , 68 ) , kia y-sou y ( 3 s , 6 8 ) , tsay-kou (3s, 68), nieou-pang-tsee (3s, 68), kie-kang (3s, 68), lien-kio (3s, 68), mou-long (3s, 68), fang-fong (3s, 68), kan-tsao (3s, 68); faire infuser. Le cinquième jour, chou-lien-tsee-tang — nieoupang-tsee (Ils, 04), lien-kio (Ils, 04), ty-kou-py (7s, 36); faire infuser. Le sixième jour, kin-fang-pe-lou-san — tsay-kou (5s), kin-kiai (7 s, 36), fang-fong (7 s, 36), tsiang-ho (7 s, 36), tou-ho (5s), kien-kou (3 s, 68), tcliuen-hiong (3s, 68), tsee-kio (7 s, 36), jin-seng (3s, 68), kan-tsao (3s), kie-kang (7s, 36), fou-ling (7 s, 36); faire infuser. Le septième jour, tao-chîn-lioa-tou-tang

— mou-long (Ils, 04), me-tong (7 s, 36), tche-tsee (7 s, 36), tsaojin (5s), tchou-clia (ls,80), kan-tsao (5s), tang-sin (ls,80); faire infuser. Le huitième jour, ou-fou-hoa-iou-tang — seng-ty (7s, 36), tien-men-tong (7 s, 36), me-tong (7s, 36), yuen-seng (113), chou-ty (Ils), kan-tsao (3 s, 68), salpêtre (3 s, 68), tsin-te (3s), faire infuser. Le neuvième jour, sy-kio-hoa-lou-tang — sy-kio (5s), seng-ty (7 s, 36), tang-kouei (7s,36), fang-fong (7 s, 36), kin-kiai (5s), nieou-pang-tsee (113), tclie-cho (53), lien-kio (7 s, 36), kie-kang (53), menthe (3s, 68), houang-kin (3s, 68), kan-tsao (7s); faire infuser. Le dixième jour, sy-kiao-san — sy-kio (7 s,36), kan-tsao (5s), fang-fong (7s, 36), houang-tsin (Ils, 04); faire infuser. Le onzième jour, pou-tchong-y-ky-tang (vu). Les douzième, treizième, quatorzième jours, che-kuen-ta-pou-tang (vu).

Dans le cas où la maladie ne suivrait pas exactement les différentes phases ordinaires que nous avons indiquées, on devra chan-

EMPOISONNEMENTS MIASMATIQUES.

ger le traitement et appliquer les remèdes suivant les symptômes.

Dans le cas où l’éruption ne se fait pas ou se fait trop lentement , il peut survenir de la constipation ou un dérangement de corps qui dégénère en diarrhée. Pour combattre eet accident, donner au malade lien-kio-ching-ma-ko-ken-lang — lien-kio , cliinq-ma, ko-ken, Iche-cho, kie-kang, liouang-kin, Iclie-tsee, mouiong, me-iong, nieou-pang-lsee, lioa-che, kan-lsao, Iclioii-yê, tangsin (chacun 33,08) ; faire infuser. S’il y a constipation, donner long-y eou-tang — tsee-tsao , liouei-ouei, seng-ty, ho-ma-jin, tchintsec, kio-yo, rhubarbe, ping-lang, hong-lioa, tao-jin (33,68 chacun) ; faire infuser dans de l’eau.

Il peut arriver que pendant la dessiccation les pustules s’affaissent tout à coup et se flétrissent; les malades ont alors une fièvre très-forte, de l’oppression, du délire, de la somnolence; toux, diarrhée fétide, langue sèche et noire. Donner de suite au malade kiaiiou-teou-ly-san — kie-kang , nieou -pang - Isee , kin-kiai-chouy , liong-lioa ,fang-fong , houei-oucy , tsan-iouy, cl tin g -ma, ko-ken, tcliecho, lien-kio, kan-lsao (chacun 5 3) ; faire infuser dans de l’eau.

Dans le cas où dans la période de convalescence se déclare subitement une paralysie, qui des pieds gagne peu à peu les parties supérieures du corps , on devra donner de suite au malade kiunkin-san — mou-hiang (203), isin-py (203), chan-tcha (113) kanlsao (53) ; faire infuser; donner trois ou quatre fois. Si ce remède ne réussit pas , donner che-lsuen-hoa-loa-tang — lang-seng, petchou, fou-ling, kan-lsao, tcliuen-liiong , lang-kouei, pe-cho, chouly, houang-kin, nieou-pang-lsee, kan-lsao (chacun 53), gingembre, jujubes; faire infuser.

Dans le cas où après la maladie survient une diarrhée de mauvaise nature, on devra donner au malade chin-lun-pe-lchou-tang — lang-seng, pe-lchou, pien-teou, tchin-py, c/ian-yo, lien-jo, kiekang, kan-lsao (chacun 7 3,36) ; faire infuser dans de l’eau.

Dans le cas où une otite se déclare, la combattre par le remède suivant : hong-mien-san — ma-houang ( 15 3), lien-ma ( 13,80), kin-kie (33,68), kan-lsao (33,68), tchuen-sie (33,68), menthe (13,80); faire infuser le tout ensemble et donner au malade; lui mettre en même temps dans l’oreille la poudre suivante : tsan-

kien-san — tsan-kien , (3 s, 68), kou-fan (9 s, 36), jin-tchong-pe (3s, 68), ou-pey-tsee (7s, 36) ; pulvériser le tout ensemble.

Il existe un traité analytique de la petite vérole , publié par les médecins du collège impérial de médecine. Ce petit ouvrage fort remarquable a été traduit par le père Cibôt, et inséré dans les Mémoires concernant! l’histoire, les sciences, les arts, etc., etc., des Chinois , par les missionnaires de Pékin. Nous avons pensé que ce travail compléterait ce que nous avons dit sur la petite vérole; le voici dans son entier :

« La petite vérole est une maladie épidémique en Chine, et connue par la médecine il y a plus de trois mille ans. On raconte quelle n’était pas dangereuse dans la haute antiquité, et qu’il était rare quelle fût mortelle. A peine la regardait-on comme une maladie, parce que quelques tisanes et un peu de régime suffisaient pour la guérir. Ce n’est, dit-on, qu’ après la décadence de l’ancien gouvernement, qui renversa tout dans les mœurs et dans la manière de vivre comme dans l’administration publique, que cette maladie eut un venin et une force qui s’annoncèrent par les symptômes les plus funestes, éteignirent en peu de jours les espérances des familles et dépeuplèrent des provinces entières en peu de semaines. Ces ravages si rapides alarmèrent les empereurs, consternèrent les peuples, et les firent tomber aux genoux de la médecine. Celle-ci avait perdu presque tous ses anciens livres dans les guerres civiles; elle travailla sur ceux qui avaient échappé au naufrage général et sur les observations nouvelles qui se multipliaient de jour en jour. Les premiers travaux la conduisirent, comme de raison, à des systèmes compliqués, obscurs, par lesquels on expliquait tout. L’embarras de les concilier avec les faits de tous les jours refroidit l’enthousiasme avec lequel on les avait loués et défendus, et le bon sens qu’on n’avait pas eu le loisir d’écouter, persuada peu à peu que la petite vérole tenait aux premières sources de la vie et dérivait d’un virus inné qu’il fallait étudier dans ses effets. On le fit, et on parvint peu à peu à en connaître les vrais signes , les crises , les périodes, les révolutions, les diverses espèces, et les remèdes efficaces pour sa guérison. On parvint à traiter la petite vérole

EMPOISONNEMENTS MIASMATIQUES.

avec méthode et par règle; mais cette méthode, il a fallu la modifier, la changer et la corriger d’un siècle à l’autre, parce que la petite vérole s’est montrée sous des formes différentes et a acquis une malignité nouvelle , soit que son virus change de nature selon les mœurs et les tempéraments des pères et des mères qui le transmettent; soit qu’il se développe différemment, selon l’àge des enfants et la manière dont ils sont élevés et nourris. La fatale nécessité d’avoir la petite vérole ou dans l’enfance ou dans un âge plus avancé, fit imaginer à un médecin d’aller au-devant de ses coups, pour ainsi dire, par l’inoculation, afin de vaincre sa malignité en s’y préparant. Le premier succès de cette tentative singulière étonna la médecine et enthousiasma le public. On crut ici, sur la fin du dixième siècle , que l’inoculation qu’on venait d’imaginer pour le petit-fds du prince Tchin-siang allait fermer pour jamais tous les tombeaux que la petite vérole faisait ouvrir. Le secret s’en répandit rapidement dans toutes les provinces de l’empire et pénétra jusque dans les villages. Tout le monde prétendait que quiconque avait été inoculé ne pouvait plus avoir la petite vérole, et tout le monde faisait semblant de le croire; mais cette opinion si consolante pour les pères et mères n’a pas pu se soutenir plus d’un demi-siècle. Les petites véroles épidémiques ont coulé à fond les systèmes et les raisonnements par des faits si décisifs et si multipliés qu’il a fallu se rendre. Leur malignité, qui tient beaucoup de la peste à certains égards , a cela de singulier et d’effrayant que la petite vérole est très-souvent différente d’une maison à l’autre , et qu’il faut la traiter autrement sous peine d’appeler la mort par les remèdes qui ont opéré les plus heureuses guérisons. Cette assertion peut étonner au delà des mers et paraître suspecte ; elle n’en est pas moins vraie, témoin ce qui arriva à Pékin en 1767 : la petite vérole se répandit en peu de jours dans toute la ville, et enleva en quelques mois près de cent mille enfants. La médecine n’eut alors aucun bouclier pour parer les coups de ce fléau : riches et pauvres payèrent leur tribut. Nous sommes témoins que l’inoculation ne peut pas sauver la vie à un grand nombre d’enfants ; ceux mêmes qui avaient déjà eu la petite vérole jusqu’à deux fois succombèrent comme les autres.

Comme nous serions au désespoir quon soupçonnât notre bonne volonté , nous avons imaginé de mettre la chose sous les yeux en donnant une notice exacte du traité analytique de la petite vérole, publié il y a quelques années par les médecins du collège impérial de médecine. Ce petit ouvrage en quatre volumes est comme un abrégé de tout ce que nous avons de mieux sur cette matière. 11 sera aisé aux gens du métier de voir le parti que l’on pourra en tirer.

Notice du livre Tcheou-tchin-sin-fa.

Le livre Tcheou-tchin-sin-fa , ou Traité de la petite vérole, fait partie d’une collection imprimée au palais. Il ne commence qu’au cinquante-sixième volume et en occupe quatre :

Page 1