‹ La médicine chez les ChinoisChapitre 37 sur 89 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

Ce dernier livre traite des accidents qui surviennent après la petite vérole, de la manière de traiter les grandes personnes qui ont la petite vérole, car c’est surtout les enfants qu’on a en vue dans tout le reste ; et de la manière enfin d’inoculer ceux qui croient à l’inoculation.

On pose d’abord en principe que tous les accidents qui surviennent après la petite vérole, accidents que la négligence peut rendre mortels, viennent de ce que la suppuration n’a pas été assez complète pour épuiser le virus , soit à cause des accidents qui l’ont empêchée , soit à cause des remèdes donnés sans assez de précaution , qui ont détourné son cours au lieu de le faciliter. Ces accidents sont des ulcères, souvent très-malins, qui se forment en divers endroits; des maux d’yeux, de gencives ou de langue; une toux sèche, une fausse rougeole, d’autres maladies de peau, et le clioui-teou ou vérole d’eau. Cette dernière maladie vient, dit-on, d’un reste de virus qui est dans la poitrine et l’estomac, ou du séjour qu’il y a fait. La vérole d’eau commence comme l’autre et y ressemble beaucoup; le visage s’allume, les

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lèvres sont très-rouges, les yeux deviennent brillants , on tousse et on éternue , on a la roupie , on pleure , et il se fait une espèce de salivation; tout le corps est brûlant pendant trois jours, au bout desquels sortent des boutons ronds et pointus, pleins d’eau; ils s’enflent, se remplissent et sèchent en peu de jours, sans jamais donner de vrai pus. On indique des remèdes pour ces divers accidents.

La petite vérole est très-dangereuse après l’àge de puberté, non-seulement parce que la peau est plus serrée et plus forte , mais encore à cause de la puberté même. La crise la plus redoutable est celle de la suppuration. 11 faut y regarder de bien près, dit le livre, pour ordonner alors des échauffants ou des rafraîchissants. Si elle traîne jusqu’au septième ou huitième jour, il faut se bâter de secourir le malade par des remèdes qui absorbent ou dissipent la matière du pus.

Les plus habiles et les plus sages médecins ne le sont pas trop pour les personnes du sexe qui ont la petite vérole dans le temps de leurs évacuations, quand elles sont enceintes, durant ou après l’accouchement. Comme le Teou-teliin-sin-fa a été fait surtout pour les enfants, il ne fait qu’effleurer ce qui regarde la petite vérole de ceux qui ont passé l’àge de puberté et des personnes du sexe , d’autant plus qu’il est beaucoup plus rare ici qu’en Europe qu’on passe le premier âge sans l’avoir. Le peu qu’on dit cependant peut donner des lumières. Si on souhaitait quelque chose de plus détaillé, on trouverait tout ce qu’on peut désirer en ce genre dans nos grandes collections de médecine.

Avant que de parler de l’inoculation , observons en passant que ce secret, qui date ici de plus de sept siècles, et sur lequel on a eu tout le loisir d’interroger l’expérience , qui n’a ni enthousiasme ni préjugé, observons, dis-je, qu’il est relégué à la fin du livre dont nous avons donné la notice , et qu’il paraît supposer d’un bout à l’autre qu’on n’en fait pas usage. C’est à chacun à interroger ses réflexions là-dessus. Les nôtres ne sont pas faites pour l’Europe; mais nous croyons devoir à notre conscience de dire qu’un de nos néophytes, qui s’était borné aux maladies des enfants et qui excellait dans le traitement de la petite vérole , n’a jamais

voulu inoculer aucun enfant, quoiqu’on lui eût offert des sommes de cent et deux cents onces d’argent. Il y a bien des idolâtres qui en ont fait autant, quand ils avaient assez de réputation pour ne pas vouloir l’exposer. Du reste , comme nous ne voyons rien contre notre conscience à communiquer à l’Europe la manière dont on inocule ici , nous abrégerons encore moins celte notice que celle des traités précédents; nous tâcherons même de ne rien omettre qui en vaille la peine. Notre franchise va jusque-là. Le préambule dit deux mots de la fatale nécessité de payer tribut à la petite vérole, et observe que c’est tantôt l’altération de l’air, tantôt les aliments, tantôt un saisissement de crainte, tantôt le froid d’un vent piquant, qui réveille l’activité de son levain, qui, malgré tous les remèdes et tous les soins , tranche une infinité de vies. On raconte ensuite comment l’inoculation fut trouvée sous le règne de l’empereur Tchin-tsong y de la dynastie des Song , et répandue après dans tout l’empire. Le livre qui fut fait pour en enseigner la manière a été perdu; mais la tradition l’a conservée. Comme elle est devenue suspecte à bien des gens, on l’a examinée, jugée, et on’ la donne d’une manière assez sûre pour mériter la confiance du public. En conséquence, on en crayonne le précis raisonné dans le reste du traité.

Le choix des grains ou croûtes de vérole qui servent à l’inoculation est essentiel. On dit qu’il faut les choisir d’une vérole qui soit venue à un enfant sain , dans un temps favorable , et n’ait eu aucun accident fâcheux.

Conserver ces croûtes de vérole de manière que le levain vérolique ne perde point sa force et ne se corrompe pas n’est pas une chose aisée. 11 faut, quand elles sont bien sèches, avoir la précaution de les mettre dans un vase de porcelaine neuf, qu’on munit d’un couvercle qui ferme bien exactement, sinon on ajoute autour des bandes de papier avec de la colle ; puis on met le vase dans un endroit frais. On choisit, au moment de préparer l’inoculation , les croûtes les mieux conservées; celles du printemps servent pour l’automne, celles d’automne pour le printemps; le venin ou levain s’affaiblit trop quand elles sont vieilles. Le printemps et l’automne sont les deux seules saisons où l’on doive ino-

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culer, encore faut-il avoir égard à l’année. S’il y avait trop de pluies, de mauvais vents , des chaleurs ou des froids prématurés, il faut différer; la petite vérole demande un air qui ne soit ni froid ni chaud.

Quant aux jours heureux ou malheureux, nous ne pouvons que féliciter l’Europe de ne connaître de jours heureux que ceux où l’on sert Dieu avec ferveur, et de malheureux que ceux où l’on viole sa loi. Ici, qui le croirait? des sages, des gens de lettres, des médecins, entretiennent les peuples dans des superstitions insensées dont ils ne peuvent se dissimuler le mensonge et le crime. Les missionnaires ont réformé ici l’astronomie; mais les astrologues s’en tiennent toujours à l’ancienne, et le 5, le 9 de la première lune, sont des jours heureux pour inoculer.

Les soins que demande l’inoculation sont infinis. Le logement doit être sain et en bon air; quelle que soit la température de l’air au dehors , on doit faire en sorte qu’il soit doux et bénin au dedans. Pour les aliments, les habits, le lit, c’est au médecin à les régler. Le défaut et l’excès peuvent également appeler la mort dans toutes les crises et la faire entrer par la porte qu’on prétend lui fermer. Ceux qui ont l’intrépidité de faire inoculer un enfant à la mamelle doivent être bien sûrs du lait, des mœurs et du caractère de sa nourrice. La plus sage gouvernante ne l’est pas trop pour les autres enfants; il faut qu’elle puisse contenter le malade sans le satisfaire et surtout le délivrer des folles tendresses de ses parents.

Les soins ne suffisent pas, il faut des précautions, précautions au reste qu’on ne peut pas négliger impunément : 1° La chambre doit être dégagée, et tous les meubles doivent être propres; il serait dangereux d’y laisser ce qui aurait servi dans les fièvres pourprées et autres maladies qui laissent un levain dangereux. 2° Elle ne doit être ni trop éclairée ni obscure. 3° La garde ne doit jamais s’écarter de son malade ni jour ni nuit, et étudier avec soin tout ce qui se passe en lui , pour en rendre compte au médecin. 4° Il faut en écarter tout ce qui peut causer quelque impression vive ou subite , soit de joie , de crainte , d’étonnement, etc. 5° Il ne faut pas y laisser entrer ceux qui ont une

mauvaise sueur, des mœurs dérangées, des ivrognes, des personnes du sexe qui ont leurs règles, etc. 6° Il est essentiel qu’on n’y sente ni vin, ni parfum, ni aucune sorte de mauvaise odeur; la fumée d’une lampe ou d’une bougie mal éteinte peut devenir très-funeste. 7° Il importe de ne parler au malade que de choses qui ne puissent pas l’émouvoir, et, autant qu’il peut se faire, on doit lui épargner de voir de nouveaux visages. C’est exiger bien des choses, dit notre livre, mais on ne se joue pas avec la mort, et l’inoculé est aux prises avec elle. Cet article finit par indiquer un parfum qu’on doit brûler pour purilîer l’air.

Qui sont ceux qu’on peut inoculer? « Ceux qui ont le visage » frais, les joues vermeilles , le teint net et sans bouton, les pau- » pières saines , les tempes ni trop enfoncées ni trop droites , la » tête couverte de cheveux et sans calvitie, l’ouverture des na- » rines ni trop petite ni trop évasée ; la respiration libre , unie et » sans embarras; le son de la voix clair et plein, le col droit et » fort , la chair bien adhérente aux os , ferme et épaisse ; les par- » ties de la génération bien formées et saines ; les urines libres , » le ventre ni trop lâche ni trop serré; le pouls bon et uni, les ti parties nobles saines , un air de santé et l’action vive ; enfin » ceux qui n’ont ni ulcère, ni gale, ni dartre, ni furoncle, ni » clou. »

Qui sont ceux qu’on ne doit pas inoculer? « Ceux qui ont le a- teint bleuâtre, olivâtre, jaune; un air morne et sans épanouis-? » sement de joie, sans vivacité; dont les yeux sont battus, éteints » ou chargés ; les tempes ou enfoncées ou droites; la tête un peu » chauve; qui sont faibles, délicats, bossus par devant ou par » derrière, cagneux ou boiteux; qui ont la respiration embarras- » sée , le son de la voix faible ou rauque , les chairs flasques et » mollasses, ou sont secs et maigres; qui viennent d’être sevrés, » relèvent de maladie ou ont des signes d’épilepsie, des dartres, » des furoncles, des clous, la teigne, l’estomac faible, le pouls » altéré, inconstant, et peu de force et de vigueur, une santé déli- » cate, ou ont été trop choyés et élevés trop délicatement. » Si les pères et mères des enfants, dit notre livre en finissant cet article , ne veulent pas promettre les soins et les précautions que

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nous venons de demander, que leur médecin refuse absolument d’inoculer leurs enfants * et, quelques promesses qu’ils lui fassent, qu’il ait la probité de ne pas la tenter sur ceux que nous en avons exclus.

« L’inoculation avec l’eau se prépare avec vingt grains ou » croûtes de vérole , pour les enfants d’un an ; avec trente , pour » ceux de trois à quatre ans. On les met dans un vase de porce- » laine bien propre et on les écrase avec un morceau de bois de a saule, en les humectant de trois ou cinq gouttes d’eau bien claire,,

» dégourdie seulement si le temps est doux, chaude s’il est froid.

» A proportion que l’eau s’imbibe, on en ajoute; mais il faut tela lement la régler que la matière ne soit ni dure ni trop molle, a On la met ensuite dans un peu de coton , dont on l’enveloppe a en la serrant de manière quelle forme comme un noyau de jua jubé. Après avoir coupé les poils de coton qui débordent, on la a met dans la narine gauche aux filles, et dans la droite aux gara çons. a- On recommande bien de nouveau de ne le pas faire si l’enfant n’est pas en parfaite santé. « Il faut avoir attention de ne a pas trop boucher la narine de l’enfant , et surtout ne le pas a perdre de vue, de peur qu’il ne se débouche le nez. A moins » que le temps ne soit devenu froid, il ne faut laisser le coton dans a* son nez que douze heures. Dans le cas de ce changement, on a pourrait le laisser quelques quarts d’heure de plus, et s’il était a survenu un changement en chaleur, on pourrait le tirer quel- » ques quarts d’heure plus tôt. Le septième jour, au plus tard, » le levain, qui a circulé dans les cinq grands viscères, produira » la première crise, et puis les autres de suite, de trois jours en » trois jours. »

L’article suivant ne contient que l’explication physique et médicinale du pourquoi et du comment, mais elle est trop chinoise pour la traduire sans un long commentaire. L’inoculation à sec se fait en soufflant dans la narine gauche aux filles , dans la droite aux garçons , de la poussière de croûte de vérole. On se sert pour cela d’un chalumeau d’argent; on en met à plusieurs reprises , si on n’a pas réussi la première fois. Du reste, on avertit que cette manière d’inoculer manque souvent et n’est pas comparable à la

précédente, qui est la plus saine , la plus sûre, la plus efficace et la plus ancienne de toutes, et à qui le suffrage de Inexpérience doit assurer la préférence. L’inoculation par les habits est, diton, peu sûre et manque très-souvent. Lors même quelle réussit, la première crise ne commence guère que le neuvième jour, ou même le onzième. La meilleure manière de la faire consiste à faire porter jour et nuit, pendant deux ou trois jours, la chemise que vient de quitter celui qui est dans la crise de la suppuration. L’inoculation avec le pus vérolique se fait en trempant dans le pus frais d’une vérole de bonne espèce un peu de coton , qu’on va mettre dans le nez de l’enfant qu’on veut inoculer. Il est essentiel, dit-on, de le cacher à celui qui a la petite vérole et à celui à qui on veut la 'procurer, et même aux deux familles.

Le petit Traité de l’inoculation finit par quatre avertissements : 1° L’inoculation produit quelquefois des boutons qui ressemblent à des grains de petite vérole, et qui n’en sont que les avant-coureurs; ils poussent sur le visage, qui s’allume d’un rouge vif , enflent et s’aplatissent vite, puis durcissent et prennent la figure d’œil de poisson. Il faut se bâter de les piquer avec l’aiguille et donner le remède cheng-san ; alors ils n’ont pas de mauvais effet. 2° Soit que l’inoculation n’ait pas été bien faite, soit que l’inoculé ait un levain vérolique trop difficile à se déployer et à fermenter, l’inoculation manque quelquefois. Si la première crise ne commence pas le onzième jour, il est inutile d’attendre plus longtemps ; c’est à recommencer dans la suite , quand on trouvera un temps favorable. 3° Le délai de la première crise jusqu’au onzième jour est sans conséquence; mais quand elle commence avant le cinquième jour, comme on ne peut pas l’attribuer à l’inoculation , cela annonce une petite vérole qu’on se procure par l’inoculation, soit une espèce de remède contre la petite vérole, c’est toujours la petite vérole, et, dès lors, une maladie qui demande des soins infinis , sous peine de bâter rapidement la mort de ceux à qui on voulait en épargner le danger. C’est par là que finit le Traité de l’inoculation; nous finirons, nous aussi, en commentant cette dernière phrase par celle-ci du premier livre : Quand la vérole est d’une bonne espèce, elle ne demande presque aucun

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soin dans les enfants qui sont bien constitués. 11 suffit de les empêcher d’aller à l’air, ou de manger des choses peu saines, et de régler leurs repas. Les paysans laissent leurs enfants jouer et s’amuser à l’ordinaire. Quant à ce qu’on dit sur les ravages que fait la petite vérole en Tartarie, où elle était inconnue avant qu’elle y eût été portée par ceux qui avaient été inoculés à Pe-king, nous ne sommes pas assez sûrs du fait pour en parler.

§ XI. — Kiao-tchang-cha (violente colique).

Cette maladie , qui est due à un empoisonnement miasmatique, débute brusquement par une douleur extrêmement violente au ventre. Cette douleur est telle que le malade se figure qu’on lui arrache ou coupe les intestins ; l’abdomen devient enflé comme un tambour; tout le corps se couvre de sueur froide; le pouls est tchin-oey (sept ou huit pulsations); constipation, figure trèsrouge, respiration pénible, soif ardente, vomissement de matières liquides, noirâtres ou verdâtres et d’une odeur désagréable ; peu de temps après, hoquet. Cette maladie est très-grave. Le seul traitement efficace consiste à se servir de l’acuponcture et à piquer les trous suivants : tchou-san-hy , Ichong-ouan, hia-ouan, ky- Jiai ' , tchc-lsee (tirer du sang), et, à la fin, piquer avec l’aiguille les deux cotés du ventre.

§ XIÏ. — Ting - tc/iouang (ulcère venimeux, charbon).

Cette maladie est due à un virus particulier, latent dans les chairs en putréfaction , et communicable à l’homme par des miasmes , ou plus directement par la piqûre d’un insecte infecté de ce virus , ou bien encore par l’ingestion de chairs d’animaux en putréfaction et préparées comme aliments. Les premiers symptômes de cette affection commencent par une démangeaison trèsvive, qui ne tarde pas à devenir douloureuse et qui est accompagnée en même temps de céphalalgie, de fièvre, de vomissements. Apparaît ensuite une tumeur jaune , ressemblant à la tête d’un petit clou, très-dure, très-rouge à la circonférence, et présentant ensuite à son centre des pustules livides qui finissent par être

remplacées par une eschare noire. Cette tumeur grossit peu à peu et se crevasse après deux ou trois jours. Quelquefois le malade éprouve une céphalalgie violente, douleur dans les quatre membres, frissons , langue tachetée de points noirs , vomissements ; d’autres fois la tumeur n’est point douloureuse , la partie du corps où^se trouve la base de cette tumeur est paralysée : dans ce cas , la piqûre de la tumeur avec une aiguille n’amène aucun écoulement de sang , et le malade ne la sent pas.

Dès que la tumeur est reconnue, il faut la piquer avec une aiguille. Si le sang ne coule pas, piquer le trou pe-kouei (voir plus loin Acuponcture) ; si le sang ne sort pas encore , sucer la plaie jusqu’à ce que le sang coule un peu; piquer ensuite la plaie avec l’aiguille. On peut également cautériser avec armoise et ail (v. Acuponcture). On peut aussi enfoncer l’aiguille tout autour de la tumeur. Dès qu’un peu de sang aura paru , introduire dans le trou une sorte de petit clou appelé kouei-tchang-ting-tsee — isaoou (363,08 )y pa-teou (73), tchin-tchou (113), kang-my (73), musc (O3, 03) ; pulvériser, ajouter un peu d’eau et de farine de froment,

. - rouler et en faire un petit clou que l’on introduira dans la plaie. Si le malade est insensible à la piqûre et que le sang ne vienne pas, on composera le clou dont nous venons de parler de la manière suivante : tong-niu (33,68), nao-cho (33,68), tchin-tchou

(33.68) ; pulvériser et préparer comme précédemment. Ce clou porte le nom de py-hia-ting-tsee .

Autre remède excellent : Ly -ma-kouei-ting -tang — kin-fen

(33.68) , tchin-tchou (33 ,68), pe-ting-hiang (l3) , nao-cha (33,68), jou-hiang (13,90), hiong-houang (13,80), tchou-cha (13,80), cliehiang (13,04), ou-kong (O3, 01); iy-iing-py (13,80); faire de petits clous comme nous l’avons expliqué plus haut, les introduire dans la plaie , couvrir avec un emplâtre , et attendre que le pus sorte de la plaie.

Autre remède : Ty-ting , clous de girofle, oignons, miel; broyer ensemble, frotter.

Autre : Pourpier avec chaux ; frotter.

Autre : Fleurs du sophora , chaux, noix; broyer ensemble, frotter la plaie.

Empoisonnement par l’arsenic [jny-che-lou) . — Les individus empoisonnés par l’arsenic accusent, peu de temps après que le poison a été avalé , des douleurs atroces à l’épigastre , gorge serrée , soif vive, vomissements de matières liquides, quelquefois glaireuses et sanguinolentes, brûlant la gorge à leur passage; coliques semblables à celles des cholériques, évacuations alvines, liquides rougeâtres et d’une odeur fétide. Dans le cas où le poison a été pris en grande quantité, les selles sont sèches, peu abondantes et sanguinolentes ; pouls tsuen-che (plein), devient ensuite tchin-fou (profond, fuyant); absence d’urine ou urine jaune et peu abondante, oppression, soif ardente , peau froide et couverte de sueur et de taches livides, visage livide, écoulement par la bouche de mucosités sanguinolentes; quelquefois salivation continue, cercle noir autour des yeux , délire ou somnolence , convulsions ; chez quelques individus, paralysie : ces convulsions précèdent la mort de très-près; d’autres fois le malade semble privé de tout mouvement , les battements du cœur sont suspendus. Dans le cas où le poison a été pris en petite quantité, la mort survient après trois ou quatre jours; si le poison a agi avec toute sa force et en quantité suffisante, le malade succombe quelques heures après l’accident.

Traitement : Différentes substances sont employées dans ce cas comme antidotes. 1° Tchong-fen ; mettre dans de l’eau, faire dissoudre et donner au malade. 2° Plomb ou étain obtenu en frottant ces métaux contre un corps dur (150 3) dans une tasse d’eau. A0 Pc-lsee réduit en poudre dans de l’eau (une tasse). 4° Ngo-tchou (7^36) dans une tasse d’eau; donner en même temps hiang-yeou , saigner si le pouls est large, et empêcher l’assoupissement. 5° Luteou, choui-che, nan-hen ; pulvériser, faire infuser dans de l’eau, faire prendre froid au malade. 6° P e-pien-leou (36 3), kan-lsao (36^), tsin-lay (15 s) ; pulvériser, donner dans un peu d’eau froide; donner en même temps un peu du liquide contenu dans le fiel du cochon ; le sang de cochon ou de mouton peut être également donné pour activer les contre-poisons. 7° Excréments humains torréfiés.

Empoisonnement par kin-che ou kin-sin-che. — Traitement : Plomb (une livre), vin (une livre); lorsque le plomb est liquéfié, faire chauffer le vin, y verser ensuite le plomb et laisser bouillir jusqu’à réduction d’une demi-livre, boire ce vin; ensuite prendre me-men-tong (180®), jin-seng (150 s), kan-tsao (73®); pulvériser, en faire des pilules avec du miel, et en prendre (7®, 36) dans un peu d’eau.

Empoisonnement par yu-py-che. — Traitement : Ta-teou (150®); faire infuser dans de l’eau bouillante.

Empoisonnement par les matières d’or et d’argent. — Traitement : Oignons écrasés dans de l’eau, sang de canard, mercure, sont trois contre-poisons excellents.

Empoisonnement par nan-yê (feuilles de nan). — Traitement : Pa-teou (150s); faire infuser dans de l’eau bouillante, boire tiède.

Empoisonnement par tchou-cha (cinabre). Mêmes symptômes généraux que pour py-choang , auxquels il faut ajouter bouche sèche, chaleur excessive, toux, délire. — Traitement : Houaitsee ; faire infuser dans de l’eau bouillante et prendre froid ; donner ensuite une demi-livre de liiang-yeou.

Empoisonnement par clie-lchong-lou, — Symptômes : diarrhée, chaleur excessive , douleur à l’épigastre , soif ardente , urine coulant goutte à goutte, céphalalgie, délire, bouche sèche, quelquefois constipation. — Traitement : Hiang-yeou, une demi-livre d’eau; faire chauffer et prendre tiède; ou hoa-che (1503); faire infuser dans de l’eau, prendre froid; ou salpêtre (33,68); pulvériser et prendre dans eau de miel; ou oey-souy (1103), réglisse (733), sy-kio (36®) ; faire infuser et prendre froid.

Empoisonnement par ou-clie. — Traitement : Tsy-ly (150®); faire infuser, prendre froid; ou pien-teou (2503); piler, pulvériser et prendre dans un peu d’eau froide; ou kia-py (73®); faire infuser et prendre froid.

Empoisonnement par kin-yo. — Symptômes : la peau se fendille et devient semblable aux pattes du coq; un morceau d’argent mis dans la bouche du malade deviendra jaune après très-peu de temps. — Traitement : Kin-che (serpent doré) ; mettre dans de l’eau bouillante pendant un certain temps et boire l’eau.

Empoisonnement par hiong-houang. — Traitement : Fang-ky (150s); faire infuser, prendre froid.

Empoisonnement par kin-fen. — Symptômes : vomissements de matières mêlées de sang, douleurs déchirantes à l’épigastre et au bas-ventre, mal à la gorge, gencives saignantes, pouls très-petit et irrégulier, douleur dans les os, peau froide, syncopes, convulsions, absence d’urine. — Traitement : Plomb (5 livres), vin (15 livres), tou-fou-ling (2 livres) , jou-hiang (11*, 04); faire infuser dans le vin et boire le vin. L’urine devient comme de l’eau de riz. Cesser le traitement dès que les os ne seront plus douloureux. Prendre ensuite, pour guérir les gencives, touan-tchong (25s), houang-lien (25s); faire infuser; ajouter ping-pien (Os, 07) et se gargariser.

Dans le cas où la quantité de poison avalé n’est pas forte, donner au malade pien-teou (250s) pulvérisé dans de l’eau froide.

Empoisonnement par hing-jin (noyaux d’abricot). — Traitement : hing-cliou-py (peau d’abricotier) ; faire infuser dans de l’eau et boire l’eau ou nan-ye ( 1 50 3 ) ; faire infuser.

Empoisonnement par le soufre. — Symptômes : douleurs au dos et au ventre, éblouissements, vertiges, oppression. — Traitement : Plomb dans de l’eau , faire bouillir et boire, ou bien ou-mey-jou (363), sucre (25s); faire bouillir ensemble dans de l’eau et boire l’eau.

Empoisonnement par kou-lien. — Symptômes : diarrhée continue.— Traitement : Réglisse infusée dans de l’eau, avec du riz; prendre froid.

Empoisonnement par pan-mao. — Symptômes : vomissements continus. — Traitement : Lu-tcou (150s) , he-teou (150s), kiangmy (1503); pulvériser et prendre dans de l’eau.

Empoisonnement par ou-teou, par fou-tsee , par tchuen-hiong . — Traitement : Tong-py ; pulvériser et prendre dans de l’eau froide; ou kan-lsao (733), la-teou (150s); faire infuser dans de l’eau; ou fanrj-fong (150s); faire infuser.

Empoisonnement par clie-ouang. — Traitement : Kieou-yn ; écraser dans de l’eau, boire l’eau; ou ta-ma-tsee , en exprimer le jus et boire.

Empoisonnement par hj-lou. — Traitement : Hiong-houang (33,68) ; prendre dans un peu d’eau froide.

Empoisonnement par lang-tou. — Traitement : Sel dissous dans de l’eau, boire l’eau.

Empoisonnement par py-ho. — Symptômes : peau froide, écume autour de la bouche, bouche fermée, respiration difficile. — Traitement : Tong-kouei-lsee ( 1503); faire infuser dans de l’eau, verser l’eau dans la bouche.

Empoisonnement par kou-hoei. — Symptômes : visage livide, bouche fermée. — Traitement : Houai-py (733); faire infuser dans de l’eau bouillante; ou eau de poireaux; ou tsy-ly ( 1503); faire infuser dans de l’eau bouillante.

Empoisonnement par sien-mao. — Symptômes : langue enflée, qui sort ensuite de la bouche, quelquefois couverte de pustules donnant un peu de sang. — Traitement : Rhubarbe (113, 04), salpêtre (43); réduire en poudre et prendre dans de l’eau froide.

Empoisonnement par yuen-hoa. — Traitement : Fang-fong ( 1503) ; faire infuser dans de l’eau.

Empoisonnement par fang-kouei. — Traitement : Houai-ken y piler, mettre dans de l’eau et avaler.

Empoisonnement par pa-teou. — Symptômes : diarrhée continuelle, quelquefois vomissements. — Traitement : Réglisse (733), ta-teou (1503) ; faire infuser et prendre froid ; ou liouang-lien (25 3), kan-kiang (113, 04); réduire en poudre et prendre dans eau froide.

Empoisonnement par yu-kin. — Traitement : Houai-py (363); faire bouillir.

Empoisonnement par ye-yu. — Symptômes : douleur trèsforte à l’estomac. — Traitement : Excréments humains torréfiés et pulvérisés; prendre dans un peu d’eau; ou ia-teou (1503); faire infuser.

Empoisonnement par ye-kiun . — Symptômes : douleurs à l’estomac et au ventre, haleine froide, quatre membres sans force, délire, pouls à peine sensible. — Traitement : Fang-fong ( 73 3 ) ; faire infuser dans de l’eau bouillante; ou yuen-hoa ( 7 3 3 J ; faire infuser; ou jin-tong-tsao ; faire infuser; ou excréments humains.

Empoisonnement par yay-kio . — Symptômes : syncopes, dé-

faillances fréquentes. — Traitement : Sang de canard; le boire tiède.

Empoisonnement par touan-tchong-tsao . — Symptômes : hémorragie très-dangereuse. — Traitement : Sang de crêtes de coq, le boire.

Empoisonnement par champignons vénéneux. — Traitement : Tong-koua, fleurs en graines; faire infuser dans de l’eau; ou hohen, Tian-tsao, lait ; faire infuser les deux premières matières dans le lait bouillant; boire le lait.

Empoisonnement par clie-hou, — Symptôme : constriction de la gorge. — Traitement : Ta-ly-tsee (73®); faire infuser dans de l’eau; ou teou-ling (36®); faire infuser dans de l’eau.

Empoisonnement par Isao-ho. — Traitement : Ma-teou-ling (36®) ; faire infuser dans de l’eau ; ou pa-teou (150®) ; faire infuser.

Empoisonnement par hiuo-song . — Symptômes : douleurs à l’estomac et à l’abdomen. — Traitement : Ching-ma ; faire infuser dans de l’eau et boire.

Empoisonnement par yn-cliè. — Traitement : Hiong-liouang , tsin-taf ; réduire en poudre et prendre dans eau froide ; ou pongcha, réglisse (150®), hiang-yeou (une livre); réduire en poudre les deux premières matières et faire infuser dans hiang-yeou ; ou kan-tsao (36®), tsy-ly (36®); faire infuser; ou hou-seng (36®); faire infuser; ou cha-jin (11®, 04); faire infuser dans de l’eau bouillante.

Empoisonnement par viande de bœuf corrompue ou malade. — Traitement : Nan-tchou ; faire infuser dans de l’eau; ou tsin-kao ; faire infuser.

Empoisonnement par sueur de cheval. — Symptômes : pustules sur le corps, vomissements et diarrhée. — Traitement : Tingly-lsee (36®); pulvériser, mettre dans de l’eau tiède et avaler.

Empoisonnement par viande de cochon malade. — Traitement : Yuen-souy-lsee (une livre) ; faire infuser dans de l’eau.

Empoisonnement par viande gâtée de toute espèce d’animaux. — Symptôme : vomissement. — Traitement : Tong-py (150®); faire infuser dans de l’eau. Siao-teou (une livre)*, faire infuser et avaler.

Empoisonnement par de la viande sur laquelle il est tombé de l’eau de pluie goutte à goutte. — Kieou-tsai (une livre) ; exprimer le jus , que l’on boira.

Empoisonnement par viande de chien malade. — Traitement : Lou-hoei ; écraser, en extraire le jus et boire.

Empoisonnement par chair d’animal crevé par cause de maladie contagieuse. — Traitement : Honang-pc (36s); faire infuser dans de l’eau et boire.

Empoisonnement par viande de poulet ou d’oiseau malade. — Traitement : Pien-teou ; réduire en poudre, mettre dans eau froide ou vinaigre et avaler.

Empoisonnement par chouy-yn. — Même cas que pour kinfen; même traitement, auquel on ajoutera, comme contre-poison, graisse de cochon froide prise par le malade d’heure en heure.

Empoisonnement par ta-ky. — Symptôme : diarrhée continuelle. — 7’,s‘y-/y ( 7 5,36) ; faire infuser dans de l’eau bouillante; ou isang-pou (73,36); faire infuser.

Empoisonnement par iche-tche. — Tche-tsee (36 3) ; faire infuser; ou kan-tsao (363), ta-teou (363); faire infuser.

Empoisonnement par kan-souy. — Traitement : He-teou (1503); faire infuser.

Empoisonnement par pan-hia. — Traitement : Seng-kiang ; en extraire le jus et boire.

Empoisonnement par sy-kio. — Musc (O3, 03); mettre dans de l’eau et boire.

Empoisonnement par lou-yu (poisson). — Traitement : Lou ken (une livre) ; en extraire le jus et boire; ou kiu-py (36 3) ; faire infuser dans de l’eau.

Empoisonnement par ho-tun-yu . — Traitement : Tche-tche (36 3) ; faire infuser ; ou ail pilé dans de l’eau.

Empoisonnement par chan-yu. — Traitement : Ta-ieou-tiee ( 3 6 3 ) ; faire infuser.

Empoisonnement par kouei-yu. — Traitement : Koua-ty-seng ; faire infuser.

Empoisonnement par kin-yu (petit poisson doré). — Traitement : Menthe (363) ; faire infuser; ou tsee-chou (733) ; en extraire

le jus; ou kan-lan ; en extraire le jus; ou lou-hoei ; en extraire le jus ; ou excréments humains torréfiés et pulvérisés.

Empoisonnement par pie-yu. — Traitement : Tien-sin ; faire infuser. Teliin-py ( 36^); faire infuser.

Empoisonnement par pang-hio i (espèce de crabe). — Traitement : Tsee-cliou (73s); faire infuser; ou racine de nénuphar (une livre) ; pulvériser et prendre dans de Peau ; ou tong-koua ; en extraire l’eau et boire.

Empoisonnement par ho-yu. — Traitement : Tchin-py [!z)\ faire infuser dans de l’eau; ou menthe; faire infuser.

En général, pour tous les empoisonnements par les poissons, on peut se servir d c pa-teou-tsee (73^) infusé dans de l’eau.

Empoisonnement par l’opium. — Traitement : Tcm-fan dans de l’eau tiède ; sang de canard ; le boire tiède ; excréments humains torréfiés, pulvérisés.

Empoisonnements par les liqueurs alcooliques. — Symptôme : ivresse. Traitement : Tclie-kin-tsee (hovenia dulcis) (73 ^) ; faire infuser et prendre froid; ou ko-ken ; faire infuser.

Empoisonnement par le cuivre [long). — Traitement : Fiel de cochon, ou mercure, ou py-tsy (sorte de fruit); dans le cas où les malades ne peuvent l’avaler, l’écraser dans de l’eau.

Empoisonnement par l’étain. — Traitement : Hing-jin ; en extraire le jus et boire.

Empoisonnement par le fer. — Telle- telle; faire infuser et boire.

Empoisonnement par tous les végétaux vénéneux. — Traitement ; Ko-ken (363); faire infuser; ou lu-teou ; en extraire le jus et boire; ou liiang-yeou ; avaler; ou kan-tsao-tang ; faire infuser; ou lait; avaler.

Empoisonnement par les fruits vénéneux. — Traitement : Houei-sin (25 s); réduire en poudre ; elie-liiang (3ff,68) ; mélanger ces deux matières avec du riz et faire des pilules, en prendre 15 ou 20 grammes pour expulser le poison.

Empoisonnement par yn-hing (fruit) . — Traitement : Hiangyeou ou kan-tsao ; faire infuser dans de l’eau.

Empoisonnement par n’importe quelle cucurbitacée vénéneuse ( koua ). — Traitement : Che-tcliou-y u ; faire infuser dans de l’eau.

Empoisonnement par tao-tsee . — Prendre la peau de plusieurs pêches, les mettre dans de l’eau et boire.

Empoisonnement par les poissons en général. — Traitement : Racine de nénuphar avec ail broyé; en extraire l’eau et boire.

Empoisonnement par les minéraux. — Traitement : Hiangyeou (une livre), vin (une livre) ; mettre ensemble et boire.

Remède pour guérir de la maladie de fumer l’opium : Fou-ling (15s), chan-yo (7 s ,36), yn-lioa (lls,04), lou-tchong (7 s, 36), siuen-fou-hoa (Ils, 04), hoa-che (15s), poussière d’opium fumé ; faire bouillir ensemble et boire journellement.

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