‹ La médicine, histoire et doctrinesChapitre 100 sur 109 · DeÀntiq. rn^c/. , Helmst., llfifi. iii-4o, p · texte numérisé non relu

DeÀntiq. rn^c/. , Helmst., llfifi. iii-4o, p

voit OÙ conduit une pareille interprétation dont le critérium est dans l'imagination et non dans les textes ?

En résumé , la division rapportée par Celse est toute scientifique ' ; c'est une classification didactique fondée sur la thérapeutique comme d'autres ont été établies plus tard d'après des points de vue dilférents. Cette division n'a point de correspondance dans la pratique ; elle s'explique très^ bien par le développement de la science, par le besoin naturel à l'homme de classer les objets de ses connaissances et de ses recherches, afin de trouver un fil conducteur et de conserver dans sa mémoire ce que l'étude lui a appris ; ajoutons enfin que c'est une grave erreur de regarder la pharmaceutique conmie identique soit avec la pharmacie, soit avec la pharmacopolie et encore moins avec la rhizotomie.

Je remarque, en terminant, que la division dont parle Celse est plus ancienne qu'il ne semble le croire, puisqu'elle se retrouve déjà dans Platon - à quelques difTérences près, et dans le traité hippocratique De la Bienséance.

1. Le passage suivant, lire du livre attriliué à Galien (BeVartib. ariis medicœ, t, 11, p. 282, éd. de Charl.), me paraît venir en conllrmulion de celle opinion; il a d'ailleurs, dans une partie de ce passage, une analogie singulière et tout à fait curieuse, même pour la forme, avec la phrase de Celse : « Sunt enim quidam, quos pos- « sis audire, sécantes totam arlem in pharmacetiticen, et chirurgicen « et diœleliccn, id esl, in eani qu.c medicamenlis, et eam quie ma- « nuum opéra, et eam quœ viclus ratione medetur.,. Konnulli vero 11 in tlierapeuticen, id est in curationem, et in eam quœ hygiène, id ■j estsalubris appellalur, etc. »

2. Voy. Galien, Utrummed. an gymn. sit, an hyg., i.^, p. 847, l'd. Kuelm.— Voy. aussi, sur l'union intime delà médecine et de la chirurgie au temps d'Hip|Hicrate, M. L\l[vé, Argitni. du Serment, t. IV, p. 016-617.

n. — LISTE DES TRAITES CONTENUS DANS LE MANUSCRIT SALERNITAIN DE BRESLAU.

Voyez page 1 25.

Voici, d'après feu M. Henschel, la composition du Codex sakmitamis de Breslau : {. Liber simphcium medicinarum (c'est le Circa ùistans de Platearius; mais il y a entre le texte du manuscrit de Breslau et les textes imprimés de trèsgrandes différences. Nos manuscrits de Paris offrent aussi denomlneuses variantes). — 2. Tractatus de œgritudinum curatione. — 3. De febribus liber. — 4. Curœ Johannis Afflacii discipuli Constantini. — S. Liber urinarum {Magistri Joh. Afflacii). — 6. De febribus natura fragmentum. — 7. De nnminibus herbarum et sperÀerum quœ aliœ pro aliisponuntur. — 8. Definitiones rnorborum. — 9. De urina fragmentum. — iO. Matthœi Platearii Glossœ in Antidotarium Nicolai Prœpositi. — H. Liber deurinis. — 12. De oleis conficiendis. — 13. De modismedendi. — 14. De urinis etearumdem significationibus. — 15. De medicamentorum bonitate cognoscenda. — 16. De morbis IV regionum corporis. — 17. Liber Alcxandri De agnoscendis febribus et puhibus et urinis. — 18. De urifiis.

— 19. Item de urina. — 20. De observatione minutionis. — 2i . Dcmonstratio anatomica corporis animalis. — 22. De aquis medii'inalibus et earum differentiis. — 23. De complexionibus.

— 24. De medicamentis externis quibusdam prœparandis. — 23. De adventu medici ad œgrotum. — 20. Liber de corporibus purgandis. — 27. De saporibus et numéro eorumdem. — 28. De clysteribus, suppositoriis, syringis et pessariis. — 29. De sirupis eteorum divisione. — 30. Liber de simpUcium medicinorum. virtutibus. — 31. Quœ medicinœ pro quibusdam morbis dandœ sint. — 32. Liber de confectione medicinarum. — 33. De quatibus et earum effeciibus. — 34. Liber de puîsibus. — 35. Liber de rnorborum medicinis. — Les numéros 2, 4, 13, 14, 15, 21, 25, ont été publiés par M. de Renzi dans la CoUectio salernitana. 11 serait à désirer qu'on publiât encore les nu-

M)0 Al'PENDICE.

im'-ros 1,5, S, 11, 24, 28, 29, .32, 3t), fort iiiiporlanls pour l'histoire de l'École de Salerne. J'ai fait copier à Breslau et j'utiliserai pour mon Histoire de la médecine, les numéros 3, 7, 8, 16, 17 (par extraits), 22, 24, 27, 28, 29, 32, 35.

in. — SUR LES OUVRAGES SALERNITAINS RÉCEMMENT PUBLIÉS.

Voyez page 127.

Rappeler sommairement les ouvrages salernitains récemment découverts, c'est montrer à la fois combien l'École de Salerne mérite sa réputation séculaire, de quelle négligence les historiens de la médecine se sont rendus coupables en méprisant tant de sources précieuses d'informations, et de quel défaut de sens critique ils ont fait preuve, en supposant a priori qu'il ne restait presque rien de cette école, rien du moins qui méritât de fixer l'attention. Feu M. Baudry de Balzac, homme de beaucoup de zèle et degrande instruction, outre ses importants travaux sur le poëme intitulé Schola saleraitana (ils figurent en grande partie dans le cinquième volume de la CoUectio salcrnitana), a établi la pert^onnalité de Magister Salernus, auteur de deux ouvrages (le matière médicale [Tahulœ et Coimpendium) que nous avons imprimés pour la première fois d'après l'édition qu'il en avait préparée. — M. Henschel a trouvé, outre le Codex <alernitanus, l'abrégé d'un ouvrage de Musandinus, l'un des présidents de l'École de Salerne, Sur la manière de préparer les aliments pour les malades {Coll. salern., t. Il, p. 407-410), dont j'ai donnéle texte intégral d'après un manuscrit de Paris (Ibid., t. V, p. 254-268). —M. de Renzi

ÉCOLE DE SALEllNE. ' - 461

a publi(5 clans le t. IV de la CoUectio sakrnitana, d'aprûs les manuscrits de INaples, deux traites inconnus, l'un, des Tables de matière médicale, par P. Maranctius (fin du treizième siècle), l'autre des Consultations de Csesar Cappola (milieu du quatorzième siècle), et de plus, d'après un manuscrit de Paris, un ouvrage fort curieux attribué, sous le titre de Placita philosophorum, à Jean de Procida, médecin et ami de Frédéric II. Dans une longue dissertation, M. de Renzi cherche à défendre l'illustre Salernitain des accusations auxquelles il a été en butte [Ibid., t. III, p. 69-1 ?)0). — De mon côté, j'ai découvert à Venise, à Vienne et à Cambridge, les traités de médecine {Praticœ) de trois des maîtres cités dans le Com'>midium salernitanum : Bartholomœus, Copho , Petronius {Collect. salern., t. IV, 321-406, 438-50o). De la Practica de Petronius: M. de Renzi n'a donné que quelques chapitres, d'après un manuscrit assez mauvais de Milan); — à Oxford, le traité des Fièvres de Ferrarius (encore inédit) ; — àParis, la Pratique de Petrocellus; — à Baie, deux ouvrages de grande importance : les Commentaires de Bernard le Proviîfcial , sur les Tables de Maître Salernus (Collect. salern., t. V, p. 269-328); ]a Pratique d'Archimathœus [Collect. salern., t. V, p. 350-376), véritable clinique médicale (Voy. plus haut, p. 45). J'ai montré de plus, que le même Archimathœus est l'auteur d'un opuscule Sur la manière dont le médecin doit se comporter auprès des malades, et dont M. Henschel n'avait trouvé qu'un abrégé. A Vienne, à Paris, en Angleterre, j'ai copié plusieurs petits traités Sur le pouls et Sur les urines, rédigés par les personnages les plus considérables de l'École de Salerne : Romualdus (Co;/ec^ salern., t. IV, p. 413-414), Platearius [Ibid., p. 409-4t2), Matthœus de Archiepiscopo [Ibid.,^. 506-512), enfin Maurus {Ibid., p. 407-408), tant célébré par Gilles de Corbeil, et dont j'ai retrouvé aussi à Vienne le Commentaire inconnu Sur les Aphorismes d'Hippocrate (Ibid., t. IV, p. 513- 557). Notre Bibliothèque impériale vient de faire l'acquisition d'un manuscrit précieux de Maurus.

Peu d'ouvrages ont joui au moyen ilge d'autant de faveur

que les Gloses des Quatre Maîtres, sur la Chirurgie de Roger, qui écrivait à Salerne vers l'an 1220; il en est peu aussi dont les historiens de la chirurgie se soient plus occupés, sans les avoir jamais ni lues ni même vues, bien qu'on ait signalé divers manuscrits en Angleterre (il en existe un aussi à Munich). J'ai découvert ces Gloses en 1849, dans un manuscrit de la bibliothèque Mazarine. Elles sont aujourd'hui publiées dans la CoUeetio salernitana [iexie, t. H, p. i!)7-024; introduct., f. 111, 205-254), avec une introduction où je me suis vu forcé de démontrer que les Quatre Maîtres salernitains n'étaient pas quatre, mais un seul, qu'ils n'étaient pas Salernitains, mais Français, ce qui ne diminue cependant en aucune façon l'intérêt du Commentaire, puisqu'il porte sur un texterédigé à Salerne et qu'il est rempli de faits curieux».

M. de Renzi a aussi publié (t. H, p. 426-493) un nouveau texte de la Chirurgie de lloger, avec les additions de Roland de Parme. — Le poëme médical du treizième siècle (De secretis mulierum, de chirurgia et de modo medendi, Libri Vil ; Coll. salern., t. IV, p. 1-184), signalé et arfhlysé par M. Littré, dans le t. XXI de l'Histoire littéraire, n'est, ainsi que je l'ni démontré, qu'une traduction libre de la Chirurgie de Roger et de Roland, de quelques passages des Quatre Maîtres, de Trotula, et aussi, comme l'a fait remarquer M. de Renzi, de l'opuscule d'Archimatliaeus, Sur la manière dont le médecin doit se comporter auprès des malades.

Le poëme sur lasaignée, trouvéparM. Baudry dans un manuscrit de Paris et composé par Jean d'Aquila (De Fhlebotomiu liber; Coll. salern., t. 111, p. 255-270 ; voy. aussi les notes de M. Baudry de Balzac, t. V, p. 105-H2), médecin du royaume de Naples, qui florissait vers le milieu du quinzième siècle, est tout pénétré des doctrines salernitaines et tout parsemé des vers de ÏÉcole de Salerne.

1. Mon savant et vénérable ami, M. le docteur Pucclnotli, professeur à rinstiUit de Florence, a trouvé, dans une des bibliothèques de cette ville, un autre manuscrit qui fournit de nouveaux renseignements sur les Gloses des qucilre maîtres.

Un troisième poëme anatomique (l'auleur s'occupe surfout du nom des parties et des étymologies), découvert par moi dans un manuscrit de Baie {Coll. salern., t. V, 173-198), complète cette trilogie ; ce poëme a été composé au quatorzième siècle par un Italien fort au courant des écrils de l'École de Salerne. C'est un précieux monument de la philologie scientifique du moyen ftge; malheureusement il est incomplet.

Enfin, j'ai trouvé à Paris et à Cambridge deux poèmes français du treizième siècle, qui sont des traductions ou des imitations d'ouvrages salernitains. J'espère pouvoir les publier.

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