‹ La médicine, histoire et doctrinesChapitre 44 sur 109 · Dedogm. Hipp. et Plat., i\, 7, I. V, p · texte numérisé non relu

Dedogm. Hipp. et Plat., i\, 7, I. V, p

est distraite par aucune autre ' : selon les sectateurs de Ghrysippe, la perception compréhensive (■/.a-aA-^'K-ïty.-r]) ; selon le vulgaire, la sensation et la perception évidente. Il semble que ces expressions, continue Galien, diffèrent entre elles; cependant, si on y regarde de plus près, elles signifient absolument la même chose. »

Galien connaissait-il assez peu fancienne philoso pliie pour ne pas savoir que l'expression des nouveaux académiciens était le fruit d'un système d'après lequel les sens ne pouvaient jamais nous fournir une science certaine, mais seulement un degré plus ou moins grand de probabilité; qu'au contraire, celle de Ghrysippe et des stoïciens procédait d'un système qui regardait les sens comme le seul moyen capable de nous conduire à des connaissances certaines ; que par conséquent ces deux expressions étaient, par leur essence, éminemment différentes, et pour ainsi dire opposées? Gela nous paraît peu probable ; nous croyons plutôt que Galien, méprisant à tort ces diff'érences^ 'es estimait des puérilités oiseuses qui ne contribuaient en rien à élargir le domaine de la pensée humaine.

Lui-même semble pencher vers l'opinion stoïcienne; car, dans le premier livre Sw les éléments d'après Hippocrate"^, on lit : « En vérité, s'il n'y a point de plaisir ni de douleur, ni même de sensation dans les éléments impassibles, il n'y aura pas de mémoire non plus, ni de réminiscence ni de perception; car la sensation est la racine et, pour ainsi dire, la source de ces

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facultés; s'il n'y a rien de tout cela, il n'existera plus aucune des fonctions de l'âme, de sorte qu'il n'y aura pas d'âme non plus. «

Cependant, revenant à ses habitudes d'iirsitation et de doute en matière philosophique, il ne se prononce pas aussi ouvertement dans le premier livre Sur les facultés naturelles ^ \ on serait même tenté de croire qu'il désapprouve la psychologie matérialiste. « Suivant les uns, dit-il, la nature existait avant le corps des plantes ou des animaux, elle les formait et les conservait après la formation; suivant les autres (les épicuriens), tout cela est faux ; il n'y a pas non plus dès le commencement d'idées innées dans l'âme, ni celle de la conséquence, ni celle de la contradiction, ni celle de la distribution et de la combinaison, ni celle du juste et de l'injuste, ni celle du beau et du laid, mais ils disent que tout ce qui se fait en nous dérive de la sensation, et que les animaux sont gouvernés par certaines déminiscences et certaines perceptions. Quelques-uns r'entre eux disent même sans détour qu'il n'y a dans l'àme aucune faculté qui nous fait penser, mais que nous sommes à la merci des sensations comme des brutes sans pouvoir consentir et nous opposera rien. »

MORALE m: (.ALIEN.

« Dans tout ce que nous faisons, dit Galien '^, nous recherchons ce qui nous paraît bien ; nous fuyons, au

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