‹ La médicine, histoire et doctrinesChapitre 67 sur 109 · Ydv. |iUis haiil. p. 140-1 'i · texte numérisé non relu

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tant d'insurmontables difficultés, et qui devait traverser bien des siècles avant d'être définitivement acceptée par les naturalistes les plus éminents. » Celte phrase n'est pas très-explicite : si toute la force de la proposition réside dans les mots en partant de l'homme^ — et je crois, d'après ce qui précède, que c'est la véritable interprétation, — je veux bien admettre, jusqu'à plus ample information, qu'Albert est l'inventeur de cette manière de considérer la série animale ; c'est celle des théologiens et des naturalistes orthodoxes; mais si M. Pouchet appuie sur l'idée générale d'une échelle graduée des êtres , ascendante ou descendante, je dois objecter qu'une telle conception se retrouve nettement exposée dans Aristote. Qu'on lise , pour s'en convaincre, le passage suivant, tiré du VHP livre de V Histoire des Animaux , chapitre l :

c( La nature passe peu à peu des êtres inanimés aux animaux, de sorte que, dans la série continue, on ne peut reconnaître lesquels sont aux confins et lesquels occupent le milieu ; car, après les êtres inanimés vient d'abord le genre des plantes, et parmi elles les unes diffèrent des autres suivant qu'elles paraissent plus ou moins participet à la vie. Tout ce genre, comparé aux autres corps, paraît presque animé ; comparé aux animaux, il paraît inanimé. Le passage des plantes aux animaux est insensible; car parmi les êtres qui sont dans la mer, on peut se demander pour quelques-uns si ce sont des animaux ou des plantes. » Aristote étend les mêmes considérations sur la gradation des êtres aux manifestations générales de la vie : mouvement, sensibilité, nutrition; plus liaut il avait montré que les

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mœurs des .inini.nux sont un vestige de celles mieux dessinées de l'homme ; ici il ("'laMit que, sous ce rapport, les animaux et Tliomme ne diiïèrent que du plus au moins, «Du reste, ajoule-t-il, Tenfant n'a que les vestiges des mœurs qu'il aura plus tard, de sorte qu'à cet âge l'âme ne diffère guère de celle des brutes; aussi n'est-il pas étonnant que les animaux aient des mœurs ou identiques, ou semblables, ou analogues à celles de l'homme. :>■> De pareilles considérations se retrouvent aussi dans le Traité de i'utifité des parties, de Galien.

Autre exemple : M. Pouchet nous dit [ihid.) qu'Albert a le premier établi la classification des animaux sur l'idée de la stabilité ou incommutabilité^ ou encore, entité spécifique des espèces; mais cette idée est exprimée en termes non équivoques dans le troisième et surtout dans le quatrième chapitres du I" livre du traité Des parties des animaux d'Aristote.

Ce n'est pas non plus Albert, mais Aristote, qui isole les insectes des autres classes d'animaux ', Du reste, Albert n'est pas toujours à la hauteur de son modèle; ainsi il ne distingue pas les cétacés des poissons, et Aristote avait fait celte distinction, ir en est de même pour les chauves-souris , qu'Albert confond avec les oiseaux et qu'Aristote en avait séparées.

M. Pouchet est aussi d'avis que le Xvd.\[(i des Animaux d'Albert est supérieur à celui d'Aristote, nonseulement par l'abondance des faits, mais encore parla manière avec laquelle Albert développe ses idées; il- le

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