‹ La médicine, histoire et doctrinesChapitre 66 sur 109 · ALBERT LE GRAND · texte numérisé non relu

ALBERT LE GRAND

plusieurs questions cl'liisloire naturelle, particulièrement pour ce qui regarde les poissons et les animaux des pays du nord, Albert est plus avancé qu'Aristote ; cela est incontestable. Mais Albert décril-il ce qu'il a vu ou ce que lui ont appris d'autres auteurs, c'est ce que je ne pourrais décider actuellement; toutefois, quand on le voit piller Aristote sans le nommer, on est en droit de soupçonner qu'il a agi de même pour des auteurs moins renommés, surtout si on se rappelle combien peu la connaissance des livres était répandue au moyen âge, et avec quelle facilité on pouvait prendre le bien d'autrui.

M. Pouchet est d'avis qu'Albert a trop de loyauté pour n'être pas cru sur parole. Assurément, j'ai la plus grande admiration pour Albert, mais il n'eût pas été de son siècle^ s'il ne se fût pas sans scrupule emparé du bien qui ne lui appartenait pas : c'était la coutume universelle; et le larcin littéraire (n'en avons-nous pas encore des exemples de nos jours?) n'était pas même une faute vénielle. Albert se distingue même particulièrement parmi les plagiaires; il emprunte (je voulais dire il vole) le bien de tout le monde et ne cite personne, à peu près comme faisait le m'oine Constantin l'Africain '.

Donrwns quelques exemples à l'appui de ces assertions.

M. Poucbet dit, page 278 : « Pour la première fois se trouvent posées dans Albert les bases de la série animale en partant de Tbomme; idée vraiment gigantesque pour une époque où l'observation présentait

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