Voilez p. 309, 3lC
232 LOUTS XIV
Journal Xpiïïi de faits circonstanciés, tant de détails minutieux qui inspirent le mépris et provoquent les nausées. Fagon surtout, plus « physicien » que courtisan, n'a pas craint de mettre sous le regard du roi un portrait fidèle, mais on ne voit pas que S. M. ait jamais eu lionte d'elle-même.
Fagon' a longuement argumenté sur le tempérament durci contre d'Aquin.D'Aquin supposait, contre Vallot, que le roi était naturellement bilieux; il voyait la bile partout, du moins il en parle sans cesse; mais Fagon, qui ne trouve jamais celte humeur'^, répondant en son propre nom et voulant aussi venger la mémoire de son ami Yallol, réplique d'une façon très-piquante et très-ferme :
« Les personnes dans le tempérament desquelles la bile prédomine ont les cheveux et les sourcils ardents et la peau très-souvent teinte de jaune. Elles ont assez de pente à vomir et à être dégoûtées pour peu qu'il fasse chaud ou qu'elles soient elles-mêmes échauffées, et naturellement elles ont un médiocre appétit, le ventre ordinairement libre, et souvent plus qu'il ne faudrait. Leur inclination les porte à la colère et à l'emportement, et rarement elles sont maîtresses de la première fougue de cette humeur et des passions vives et subites qu'elle excite, particuhèrement quand elle est secondée d'un sang abondant et bouillant. Pas une de ces circonstances ne convient au roi. Ses sourcils et ses cheveux bruns ont presque tiré sur le noir. La peau blanche, au delà des femmes les plus délicates, mêlée d'un incarnat merveilleux qui n'a changé que par la petite-vérole, s'est maintenue dans sa blancheur sans aucune teinte de jaune jusqu'à présent. Jamais personne n'a eu moins de pente à vomir ; môme