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ET SES MÉIJECINS. :230
près criin quartier, a pu « contribuer autant que les lettres parfumées -ans. Ya])ems qui avaient incommodé le roi. ))
En 16o9, il est question de lassitudes; en 1660, de faiblesse et d'étourdissements; en 1662, les symptômes se caractérisent. « Le roi se trouva en une douleur de tèle sourde et pesante, avec quelques ressentiments de vertige, maux de cœur, faiblesse et abattement : » en 1664, il y a des « mouvements confus, des vertiges et faiblesses de tous les membres; » en 1665, les vertiges augmentent; mais durant la campagne de Flandre, où le roi n'est plus guère exposé qu'aux fatigues de la guerre, les vertiges disparaissent, et Vallot ne manque pas de s'en attribuer tout l'honneur. Au retour, le 24 mars 1668, il y a de grandes fêtes, des réunions galantes et de somptueux dîners à Saint-Germain pour le baptême du dauphin, etle 27, le roi éprouvesuccessivemenl « des syncopes d'estomac, un choléra-morbus avec des violences extrêmes, une forte dyssenterie et des tournoiements. » En 1670, le roi, la reine et toute la cour étaient partis de Saint-Germain pour les- réjouissances de Chambord ; « en suite de fortes chaleurs, S. M., iie s' étant pas bien ménagée, se trouva fort embarrassée de pituite, et était menacée d'un plus grand orage que de coutume du côté de la tête, qui pouvait causer des vapeurs, « et qui en causèrent en efïet. Durant une partie de l'année 1670, le roi est en proie à de petites ou à de grandes attaques de ses vapeurs pour avoir négligé les conseils de son médecin. A la fin de la même année, gardant plus exactement son régime de vivre et s'ahstenant d'ailleurs de tout ce qui était contraire à sa
sank!, S. M. n'eut plus de si fréquentes rechutes de ses vapeurs.
Kutin, le « pauvre Vallol, que l'affection et l'inquiétude avaient amené mourant en Flandre auprès de S. M., après s'être bien défendu, » abandonnait en mourant la charge de premier médecin à d'Aquin, qui reprend le roi comme Yallot l'avait laissé, c'est-à-dire avec ses fâcheuses vapeurs, et il déclare aussitôt (celle vue était pleine de justesse) que le moyen le plus assuré de proléger le cerveau est d'empêcher par les purgatifs réitérés les amas d'humeurs dans les voies inférieures, et d'en éviter la génération par l'usage de l'eau de fontaine. Le roi est en conséquence largement abreuvé et généreusement purgé : cependant d'Aquin , ne trouvant pas une explication suffisante dans la chaleur excessive du foie de S. M. qui avait tari un nombre infini de nourrices, ajoute, non sans une certaine finesse, « que si le cœur du roi voulait donner des nouvelles, nous apprendrions que, quoiqu'il soit plus maître de lui-môme que tous les héros qui ?ious ont précédés, 'la chaleur néanmoins de son sang et la sensibilité de ses esprits ne laissent pas de lui exciter des mouvements et lui produire des passions comme aux autres hommes. » Il y a du progrès de Yalot à d'Aquin : Louis XIV est devenu un homme et il en a toutes les passions et toutes les infirmités!
En 1072, quand Boileau chantait le passage du Rhin et promettait à Louis XIV de le conduire dans deux ans aux bords de l'Hcllcspont, d'Aquin remarque que, par suite du soin quelle donne aux affaires de rÉtat, S. M. a perdu <c la commodité et l'envie de
liiiie de l'exercice; « à Irenle-qiiatre ans le grand roi élait déjà lourd! Oaipotc alors une certaine plénitude qui cède au\ purgatrre. L'année 1674 débute par des « vapeurs vertiginales, telles que le roi est contraint de chercher où se prendre et à s'appuyer pour laisser dissiper cette méchante halenée qui se portait à la vue, alîaiblissail les jarrets et attaquait tellement le principe des nerfs, que par moments le roi ne pouvait marcher sans être soutenu. » Louis XIV avait alors sur les bras la Hollande, l'Empire , presque tous ses alliés, et madame de Montespan; il partit au printemps pour aller mettre le siège devant Besançon et devant Dôlc; « quand la réduction de la province lui donna occasion, faute d'emploi, de se venir délasser à A'ersailles', sa santé se trouva si bonne qu'il n'eut besoin d'aucun secours; » mais les fêtes « enivrantes » de A'ersailles ramènent les plaisirs et les indigestions, et du même coup les bâillements, les nonchalances, les pesanteurs de tout le corps, les angoisses d'estomac \ les violentes vapeurs, les tournoiements, les sommeils agités et des cauchemars « à faire mal à la gorge à force de crier. » En 1683, les vapeurs s'accompagnent d'une manière de frisson dans la peau ou deviennent sutl'ocantes après un ilux de ventre. En 1685, lesétourdissements et les vertiges sont tels, que, tout couché qu'était le roi, le lit lui paraissait tourner -, et que cette impression fâcheuse lui donna fort longtemps la peur de retomber dans cet accident. En 1711, au
I. l-'agon dit, \). 205, (ju'uii appi^Ue Mil-aireinciil ntpcursiin^ un- Roisses et ces noiiclialancc.-.
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iiioiiiciil où liiiil. le Journal, S, M. se phiignail trislciiieiil (le it'aooir phis la tète hoiu^.
Deux excès semblent produ^ ces vapeurs el ces vertiges qui font tant de peine au roi; ce soni, pour ini! servir des e\:pressions de d'Aquin, « des agitations d'esprit que les mouvements du cœur et de la gloire excitent souvent dans la vie, el la voracité naturelle du roi qui le fait beaucoup manger, » à quoi il ajoute, afin d'atténuer la sévérité de ces paroles, que le tempérament de Louis XIV penche assez à la mélancolie et que sa vie est devenue sédentaire pour la plupart du temps (on était alors en 1G75; pag. 124, 130); mais je ne vois pas qu'il ait jamais, comme le fait si souvent Yaljlot, attribué les vapeurs aux fatigues de la guerre : ce sont, au contraire, les bons moments de la sanlé du roi ; toutes les pages du Journal en rendent témoignage. A chaque expédition (il suffit quelquefois d'une chasse longtemps continuée, pag. 140), le roi se retrouve plusvigoureux et plus gaillard ; à chaque retour au palais, les tournoiements et les lassitudes recommencent avec les dîners de réjouissance et les parties de plaisir.
Les purgatifs et les cordiaux ou fortifiants triomphent toujours, au moins momentanément, de ces accidents, et si par hasard le ventre se resserre ', les vapeurs se montrent avec une nouvelle intensité; au contraire les saignées '-' ou les dérivatifs ^ les augmentent cruellement, et le roi lui-même, il avait de bonnes raisons pour cela, marque de très-bonne heure